‹ Traité d'histologie (volume 3)Chapitre 152 sur 198 · PS, NN CNE I IE · texte numérisé non relu

PS, NN CNE I IE

RÉ

ment qu'elle est une différenciation normale et constante de la cellule

rénale chez tous les Vertébrés. Beaucoup d'auteurs considèrent que l'aspect strié est dû à l'existence de poils qui s'insèrent sur une rangée de fins corpuscules basaux (Nicoras, SaAuER) et se prolongent dans le cyloplasme par de très fins filaments radiculaires (Nicoras). Ce seraient de véritables cils noyés dans une substance intermédiaire qui les immobilise et qui serait de même nature que les ciments cuticulaires. La bordure en brosse serait ainsi assimilable à une cuticule traversée par des cils d'origine cytoplasmique (HeIDENHAIN, FLEMMING, HANSEMANN). Cette conception pour ainsi dire ciliaire de la cuticule striée s'appuie sur l'existence de granulations basales, qui seraient semblables à celles qui existent à la base de tous les cils vibratiles et qui auraient une valeur centrosomienne, Mais Pori- CARD et GARNIER prétendent que ces granulations basales sont artificielles et sont provoquées par les altérations cadavériques et l’action des réactifs. L'aspect strié du plateau apical des cellules rénales est dû à l’existence à ce niveau de deux sub-

stances, ou tout au moins de deux moda- F1G. 486. — Canalicules contournés du Rein de l'Homme.

lités de la même On voit la garniture en brosse des cellules rénales qui limitent une f 3 vaste lumière (canalicules à large lumière). Les limites cellulaires substance qui se dis- sont indistincles. X 500.

tinguent par leur

différence de réfringence et de chromaticité; il se produit sous l'influence du passage par osmose des substances élaborées par la cellule ; il est d’ailleurs variable suivant le stade sécrétoire. Les recherches d’un grand nombre d'auteurs ont montré que la striation cuticulaire est très nette pendant l'excrétion exocellulaire (lumière large, cellules de hauteur moyenne ou basse), et qu’elle est peu nette et même que la cuticule est homogène au stade de sécrétion proprement dite ou de mise en charge (cellules hautes, ‘lumière étroite). Ces faits permettent de conclure qu'il y a un rapport entre le développement de la striation et l'excrétion exocellulaire et semblent favorables à l'interprétation donnée par Poricarp et GARNIER sur la nature de la bordure en brosse des cellules rénales.

c) Modificalions fonctionnelles de l’épilhélium du tube contourné. — Malgré de nombreuses observalions et recherches expérimentales, on sait peu de chose sur les modifications cytologiques des cellules rénales pendant leur cycle sécrétoire. Les études faites chez les Vertébrés infé-

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rieurs ont donné des résultats intéressants sur les processus qui accompagnent la sécrétion endocellulaire et l’excrétion exocellulaire des produits élaborés par le néphrocyte. Les tubes urinaires des Ophidiens sont particulièrement favorables à ce genre de recherches (ReGaup et Poricar», TRri- BONDEAU). En dissociant de petits morceaux de rein dans du sérum physiologique additionné d’un peu de rouge neutre, ReGaup et Poricaro ont constaté qu'au niveau du segment tubulaire revêtu d'éléments à bordure striée, les cellules présentent dans leur cytoplasme des grains colorés en rouge intense. Certaines cellules renferment une grande quantité de grains dans leur zone supranucléaire ; d’autres montrent seulement quelques fins granules anguleux; d’autres enfin ont un aspect intermédiaire entre les deux précédents. Ces aspects différents des cellules rénales indiquent bien l'existence d'un cycle sécrétoire; mais, fait essentiel, on ne voit jamais de grains excrétés dans la lumière du tube. Donc, l'excrélion de la substance des grains ne s'opère pas par effraction de la cuticule striée, mais bien par érosmose à travers celle-ci, laquelle demeure permanente el intacle. Ce que l’on sait des processus cytologiques de la sécrétion urinaire chez les Mammifères permet de croire que les phénomènes sécrétoires s’y réalisent d’une façon analogue. L’excrélion s'opère également chez eux par dialyse et non par effraction de la paroi apicale de la cellule, mais on n’y observe pas l'existence de grains de sécrétion, dont l'abondance plus ou moins grande dans le néphrocyte serait la traduction du stade sécrétoire où il se trouve. On ne peut guère considérer comme définilivement acquis que les points suivants : 1° Le néphrocyte mesure une hauteur variable suivant les différents stades de la sécrétion; il est élevé immédiatement avant l’excrétion exocellulaire ; il est au contraire assez bas après celle excrétion. Ce fait a été démontré notamment par des expériences de polyurie expérimentale (Sauer, Disse, Mayer et RATHERY, RiBa- DEAU-Dumas, etc.) et par des observations faites sur le rein des animaux hibernants à l'élat de veille et de sommeil (Van Der Srricur, Disse, A. et R. Moxri, Ferrara). 2° Les diverses parties du néphrocyte ne subissent pas de modifications constantes pendant la sécrétion. Certains auteurs (Mayer et RarHery) admettent qu’une sécrétion abondante s'accompagne toujours de la dislocation des bâtonnels de Heidenhain et de l’«essaimage » de leurs granulations conslitulives dans le corps cellulaire. Ces mêmes auteurs décrivent dans le cytoplasme des formations qui, par leur constance, paraissent toujours corrélatives de la sécrétion. Ce sont de petites vacuoles, qui sont situées au-dessous de la bordure striée, et qui augmentent de nombre et de volume dans la polyurie provoquée. Mais ces modifications cytoplasmiques sont peu visibles au cours de la sécrétion normale et il y a lieu de se demander s'il ne s'agit pas ici d’altérations cellu= laires déterminées par l'exagération même des processus d'élimination. 3°La bordure en brosse ou cuticule striée ne disparaît ni ne se rompl à aucun moment du cycle sécrétoire. L'excrétion se réalise par une sorte d'osmose sans effraction de cette cuticule, qui est homogène ou mal striée sur Îles cellules hautes, avant la phase d'excrétion, qui est au contraire nettement striée sur les cellules de hauteur moyenne et basse, pendant et après la phase d'excrétion.

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