‹ Traité d'histologie (volume 3)Chapitre 89 sur 198 · ARTICLE II. — OREILLE MOYENNE I. — GÉNÉRALITÉS · texte numérisé non relu

ARTICLE II. — OREILLE MOYENNE I. — GÉNÉRALITÉS

La muqueuse de l'oreille moyenne représente un prolongement de celle du naso-pharynx, La cavité de la première poche entodermique branchiale constitue, par l'accroissement de sa partie supérieure, un canal appelé canal pharyngo-lympanique. Sa portion initiale se dilate en une cavité aplatie de dehors en dedans, la caisse du tympan. La membrane tympanique où tympan se forme aux dépens de la membrane d’occlusion et de certaines parties des arcs hyoïdien et maxillaire ; c’est tout d’abord une lame épaisse de tissu mésenchymateux dans laquelle se différencient les osselets de l'oreille moyenne.Lereste ducanalpharyngo-tympaniques’ailonge, conserve sa forme tubuleuse, et constitue la {rompe d'Eustache. La caisse tympanique ne se creuse qu'à une période plus avancée du développement, grâce à l’atrophie du tissu muqueux et à une prolifération active de la muqueuse de la caisse. Celle-ci recouvre la surface des osselets à mesure que le tissu muqueux se résorbe (KüLLiKEeR, MOLDENHAUER, HOFFMANN). Il résulle donc de cet aperçu, tout d’abord que la muqueuse de l'oreille moyenne doit êlre rattachée embryologiquement à celle du pharynx, que la muqueuse de la trompe d'Eustache et celle de la caisse sont toutes deux issues d’une transformation de la première poche entodermique branchiale, et enfin que la chaîne des osselets n'appartient pas à la caisse du tympan ; elle est située en dehors d'elle, isolée qu'elle est par la réflexion autour d'elle de la muqueuse tympanique.

Il. — TromPE D'EUSTACHE.

1° Muqueuse. — La muqueuse de la trompe se continue avec celle du naso-pharynx et avec celle de la caisse dont elle gagne peu à peu tous les caractères. Elle diffère légèrement dans la portion cartilagineuse et dans la portion osseuse de la trompe : elle est beaucoup plus épaisse dans la première région que dans la seconde, présentant son épaisseur maxima dans la région juxta-pharyngienne. L'épithélium répond au type cylindrique cilié. Dans la première région, les cellules cylindriques sont très hautes, très étroites, munies de longs cils vibratiles. Des cellules basales ou de remplacement existent entre les pieds de ces éléments. On y rencontre aussi des cellules à mucus. Dans la seconde région, les cellules cylindriques ciliées sont plus basses ; les cils sont moins longs et ne sont pas constants.

Le chorion de la muqueuse est constitué essentiellement par du tissu adénoïde dans la portion cartilagineuse de la trompe. Il est d'autant plus abondant qu’on considère des régions plus rapprochées de l'orifice pharyngien de la trompe. Il occupe toute l'épaisseur du chorion à ce niveau et se continue, sans ligne de démarcation nelte, avec la tonsille pharyngienne. Son abondance est si grande chez les enfants et au niveau de l’orifice pharyngien de la trompe qu'on lui a donné le nom de {onsille tubaire (GERLAcu, TEeurTLEBEN). Une autre amygdale tubaire a été décrite par ANToN au pourtour de l'orifice tympanal. W. Axron a montré que ce tissu adénoïde présente son développement maximum chez l’enfantde un an et demi à deux ans. Son inflammation détermine souvent le catarrhe de la trompe dans le premier âge de la vie. Ce tissu adénoïde manque tout à fait dans la région osseuse de la trompe; le chorion est là de nature exclusivement connective, sauf au niveau du toit où il est infiltré de globules blancs en petite quantité (RüDiNGER).

2° (GLANDES. — La muqueuse de la portion osseuse de la trompe ne renferme pas de glandes. On y trouve cependant des espaces lacunaires ou « cellules tubaires », qui représentent des invaginalions de la muqueuse dans les anfractuosités osseuses sous-jacentes. Ces invaginations seraient des glandes muqueuses {rès simples (BEZOLD, SIEBENMANN).

La région cartilagineuse, au contraire, est riche en glandes. Celles-ci deviennent de plus en plus volumineuses et de plus en plus nombreuses vers l’orifice pharyngien. Leurs culs-de-sac se ramifient abondamment dans toute l'épaisseur du chorion et même presque dans le périchondre. Les canaux excréteurs el les culs-de-sac sont revèêtus d'un épithélium d'une hauteur exceptionnelle ; ceux-ci sont du {ype des glandes muqueuses mixtes.

3° SQUELETTE DE LA TROMPE. — La muqueuse repose directement sur l'os ou le cartilage sous-jacent. Le périoste et le périchondre se continuent

directement avec le tissu conjonctif du chorion. La zone centrale du carti=\ lage est constituée par du cartilage hyalin dont la substance fondamentale

est parcourue çà et là par quelques fibres conjonctives. Des nids de cartilage élastique sont inclus dans ce cartilage hyalin ; leurs chondroplastes très serrés sont plongés dans une substance fondamentale réduite et par- courue par un riche réseau de fibres élastiques. La zone périphérique du cartilage, du côté convexe, est un véritable fibro-cartilage, grâce à la pénétration dans sa substance de nombreuses fibres venues du périchondre.

Les caractères sus-indiqués apparaissent seulement avec l’âge ; le carlilage de la trompe est tout entier hyalin chez le nouveau-né {Ur8ANTs- CHITSCH).

LIT. — CaissE DU TYMPAN.

La muqueuse de la caisse du tympan est d'une grande minceur. L'épithélium est formé de cellules plates polyzonales, de dimensions variables suivant les endroits (KesseL). Cet épithélium devient cubique par places, cylindrique même ; il présente alors une garnilure de cils vibratiles. On observe aussi des cellules plates ciliées au niveau de la limite entre l’épithélium plat et l’épithélium cylindrique. Une telle modification de l'épithélium se rencontre en particulier sur le plancher de la caisse au niveau de - l’ostium tubaire, et sur le pourtour de la membrane lympanique. La mu-

queuse de la caisse se prolonge dans les cellules mastoïdiennes. Elle présente dans ces diverticules la même structure fondamentale : chorion très mince recouvert d'une couche de cellules aplaties.

Le chorion se continue avec le périoste sous-jacent ; il est riche en vaisseaux sanguins et lymphatiques.

La muqueuse de la caisse ne renferme pas de glandes, sauf au voisinage de la membrane du tympan (TrüLrscn, Fiscner, Buzce). Il est vraisemblable qu'il s’agit seulement ici de cryptes de la muqueuse qui s’invaginent dans les anfractuosités nombreuses du tissu osseux sous-jacent (SIEBENMANN). On a aussi décrit des cellules à mucus au voisinage de ces glandes.

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