‹ Traité d'histologie (volume 3)Chapitre 96 sur 198 · A EU · texte numérisé non relu

A EU

L'étude anatomo-comparative de l'estomac dans la série des Vertébrés et celle de son développement histogénique chez les Mammifères devraient jeter une pleine lumière sur la signification physiologique des diverses espèces cellulaires. Elles n'ont pas donné ce qu’on pourrait en attendre.

On sait bien que chez les Verlébrés inférieurs il n’existe qu’une seule sorte d'éléments; mais on ne peut dire à laquelle des deux espèces cellulaires des Mammifères celle-ci correspond, si c’est aux cellules de bordure (TRINKLER) ou aux cellules principales (R. HEIDENHAIN), ou s’il s’agit d’éléments indifférenciés (CATTANEO, Saccui). La structure des cellules principales se retrouve, d'après KRANENBURG, partout où la pepsine est sécrétée (cellules des glandes du fond et cellules pyloriques des Mammifères, cellules des glandes œsophagiennes de la Grenouille, quelques cellules de l'estomac des Oiseaux, des Reptiles et des Batraciens).

L'étude du développement n’a pas éclairé plus complètement le rôle des cellules de l'estomac. On sait que l'épithélium glandulaire est d'abord formé de cellules indifférentes (Saccur); les cellules qui se différencient les premières, en même temps que l'estomac acquiert pour la première fois un pouvoir digestif, sont pour quelques-uns (TriNKLer) les cellules de bordure, pour d'autres (SEwaLL) les cellules principales. D’après KRANENBURG, les cellules principales font défaut dans l'estomac des Mammifères nouveau-nés et des embryons, qui ne fournit pas de pepsine ; les cellules de bordure s'y trouvent, par contre, et produisent l'acide du suc gastrique.

On pourrait enfin espérer quelque éclaircissement de l’étude histologique de l’estomac faite dans des conditions fonctionnelles connues, chez les animaux hibernants par exemple. Les résultats obtenus par RozLerr, BONNET, KuLacx sur la nature des cellules glandulaires dans l'estomac des animaux plongés dans le sommeil hivernal sont contradictoires.

Suc gastrique. — Le suc gastrique renferme environ 10 p. 1.000 de matières solides, savoir: sels minéraux, 2 grammes ; acide chlorhydrique, .2 grammes; malières organiques, 6 grammes, parmi lesquelles se trouve la pepsine et la présure.

L'acide HCI s'y trouve à l'état libre ; il ne fait pas partie de la molécule de pepsine.

La pepsine n'existe à l’état parfait que dans le suc gastrique excrété ; dans les cellules des glandes gastriques, elle est sécrétée à l’état de proferment, la « propepsine » où « pepsinogène ». La pepsine fait défaut chez les embryons de Mammifères et chez les nouveau-nés ; mais leur suc gastrique est acide. Les qualités du suc gastrique sont, d’après KRANENBURG, en rapport avec la présence, l'absence ou la proportion plus ou moins faible des cellules principales et cellules bordantes.

La présure n'existe toute préparée que dans l'estomac des nourrissons ; chez l’adulle elle ne se trouve qu'à l'élat de proferment. Tous les estomacs en renferment, même ceux des espèces animales pour lesquelles e lait n’est pas un aliment normal.

d) Régénéralion de l’épithélium. — Les rares divisions cellulaires qu'on observe dans l’épithélium stomacal superficiel ne suffisent certainement pas à la tâche de réparation épithéliale imposée par les déchets continuels

qu'éprouve cet épithélium. D'autre part, le rôle régénérateur des « cellules de remplacement » demeure problématique ; la nalure épithéliale même de ces cellules n’est pas toujours certaine.

Les cellules régénératrices de l’épithélium superficiel aussi bien que de l'épithélium des glandes de l’estomac sont situées dans les glandes mêmes (B1zzoZEr0). La zone régénératrice, dans laquelle sont presque exclusivement cantonnées les figures de division, occupe le fond des cryptes ou entonnoirs glandulaires et s'étend en outre dans la portion initiale du collet des glandes. La zone régénératrice a donc une situa-

. tion intermédiaire entre l'épithéhum superficiel et ses prolongements d'une part, les glandes proprement dites d'autre part (ScHaPper). Les cellules jeunes formées dans celte zone se dépla-

. cent les unes vers la surface,

- pour prendre peu à peu la place

- des cellules épithéliales dispa-

rues, les autres dans la profondeur, pour réparer les pertes en épithélium faites par lesglandes.

É C. Chorion. — Le chorion est or Ÿ gé cl - séparé de l'épithélium et des Diandes par une membrane ba- 19,29, Poor dons eue Panel de lee sale, dont on connaît la constitu- la couche compacte. . tion (p- 757). Les glandes gas- €, couche compacte (stralum compactum, membrane " de Zeissl). — p, prolongements de cette membrane triques occupant la plus grande vers le chorion de la muqueuse. — », vaisseaux de ’4pai a la muqueuse. — gl, fond des glandes de l'estomac. partie de l'épaisseur de la mu 5 Ë ë — cl, cloisons interglandulaires formées par des queuse, le chorion doit être dis- prolongements de la couche compacte et de la mus- : laire-muqueuse. — ml, couche de fibres longituüingué en deux zones : une zone Le 4 Log 8 hé dinales de la musculaire-muqueuse. — mc, couche interglandulaire etune zone sous- de fibres circulaires. — mlo, deuxième couche inndulai Ë ] 1 t'ai terne de fibres longitudinales ou obliques de la g'anautaire. Les glandes Sont SI musculaire-muqueuse. — sm, sous-muqueuse ou

serrées les unes contre les autres celluleuse. x 270.

que la zone interglandulaire du

chorion est réduite à de minces lamelles conjonctives qui séparent les tubes glandulaires. La zone sous-glandulaire est une bande assez étroite sur laquelle repose le fond des glandes. Sa partie profonde est formée par une lame de tissu conjonctif condensé, paraissant homogène et vitrée, colorable en rose par le carmin; c’est la couche compacte ou stratum compactum (OPPEL), autrefois décrite sous le nom de « membrane de Zeiss! » (fig. 389, c.e.).

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Le chorion de l'estomac est fortement infiltré, surtout pendant la digestion, d'éléments lymphatiques, qui peuvent même s'amasser çà el là en des corps lymphoïdes plus ou moins bien délimités.

Certains auteurs, tels que FREY, STôHR, GLINSKY, GAREL y ont même décrit, à côté de formations lymphoïdes plus ou moins diffuses, de véritables nodules lymphoïdes, analogues aux follicules clos qui seront étudiés plus loin dans l'intestin. Il est probable cependant qu'il n’y a pas dans l'estomac des follicules clos permanents, comparables à ceux de l'intestin ; ce ne sont sans doute que des formations temporaires dont l’existence est limitée à la période digestive.

La musculaire-muqueuse affecte dans l'estoutas la disposition typique : S elle est donc formée d’une couche externe de fibres longitudinales et d’une couche interne de fibres circulaires ; il s'y ajouterait même une lame de fibres obliques (TrinkLer) (fig. 389, m.1., m.c., m.l.0.). De la musculaire-muqueuse se dégagent de fins tractus musculaires (c/.), qui montent entre les glandes dans les minces cloisons de la zone interglandulaire au chorion, et qui, parvenus au-dessous de l’épithélium stomacal, se réfléchissent tangentiellement pour entourer les orifices glandulaires. Le grand développement que prend d'ordinaire la couche compacte arrive à interrompre toule continuité entre ces tractus et la couche principale dont ils deviennent indépendants. La musculaire-muqueuse est parcourue par un lacis très développé de fibres élastiques (Livini).

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