I. — ConNSTITUTION GÉNÉRALE
L'intestin, comme l'estomac, a un double rôle à remphr
C'est d’abord un rôle chimique. L'intestin sécrète en effet un suc digestif complexe, le suc entérique ou intestinal, que fournissent les innombrables glandes comprises dans l'épaisseur de la paroi intestinale et qui a de multiples effets digestifs. L'estomac joue en outre un rôle mécanique qu'accomplit le muscle intestinal, comparable au muscle stomacal.
Enfin, l'inteslin et spécialement l'intestin grêle est, par son épithélium, l'organe de l'absorption intestinale.
La texture de l'intestin est la même que celle de l'estomac. Il se compose donc de dedans en dehors :
De la muqueuse, lapissée par l'épithélium, et renfermant les glandes intesdinales ;
De la sous-muqueuse ou celluleuse;
De la musculeuse ;
Enfin de la séreuse péritonéale.
IT. — MuQUEUSE INTESTINALE,
1° CARACTÈRES MACROSCOPIQUES. — La muqueuse de l'intestin offre une épaisseur et une coloration différentes dans l'intestin grêle et dans le gros intestin. Celle de l'intestin grêle a une épaisseur de o mm.5 environ; elle est d'une coloration gris rosé, qui devient rouge pendant la digestion, en ne tenant pas compte de la couleur brur-jaunâtre que lui donne la bile. Plus épaisse, la muqueuse du gros intestin offre aussi une coloration plus terne, d'un blanc grisâtre.
Mais c’est surtout par les accidents de surface que présente leur face interne que les deux muqueuses diffèrent.
En examinant à l’œil nu la face interne de la muqueuse de l'intestin grêle, on observe des plis transversaux, permanents ; ce sont les valvules conniventes. Leur existence s'explique par l'inégal accroissement des tuniques de l'intestin ; l’épithélium, se multipliant avec plus d'activité, entraîne
avec lui le chorion de la muqueuse et la couche sous-muqueuse sous-jacente, qui sont obligés de se plisser. Leur présence a pour résultat d'augmenter considérablement, de doubler même la surface de sécrétion et d'absorption de la muqueuse intestinale.
On voit aussi à l’œil nu des plages très étendues et bien limitées de muqueuse, qu'on appelle les plaques de Peyer. Elles siègent surtout au voisinage de la valvule iléo-cœcale, dans la partie terminale du jéjuno-iléon; mais on les a vues aussi plus haut, même au niveau du duodénum. Elles occupent toujours le bord libre, non adhérent au mésentère, de l'intestin. De forme généralement elliptique, elles sont allongées daus le sens de l'axe de l'intestin ; leur longueur ne dépasse guère ordinairement 10 à 15 centimètres. Leur surface est tantôt lisse (« plaques lisses » de Sappey), tantôt irrégulièrement plissée (« plaques gaufrées » ou « plissées » de Sappey). Ces plaques de Peyer sont formées de nombreux follicules clos juxtaposées ; aussi les appelle-t-on encore « follicules agminés » ; en les examinant avec attention on peut distinguer les follicules clos ui les forment, comme autant de petits grains arrondis.
A la loupe, la muqueuse intestinale a un aspect velouté, dû à de petites saillies très fines, coniques et cylindriques, dont sa surface est toute hérissée ; ce sont les villosilés inlestlinales, La muqueuse de l'intestin grêle en est seule garnie. Cependant on a signalé dans l'estomac et surtout dans la région pylorique l'existence de villosités comparables à celles de l'intestin. D'autre part, si à l’état adulte l’intestin grêle est seul pourvu de villosités, celles-ci s'étendent aussi sur le gros intestin pendant la vie embryonnaire, mais disparaissent à la naissance (KüLriker, LANGER). Le nombre des villosités est extrêmement considérable ; on l’évalue à un millier par centimètre carré. Leur forme n’est pas toujours. la même; avec Saprey on peut en
distinguer deux types principaux : les villosités Jamelienses ou aplaties ; les villosités coniques ou cylindriques, digitiformes. Les premières existent seules sur la première portion du duodénum ; les secondes prédominént dans le reste de l'intestin. Leur longueur ou leur hauteur est en moyenne de 0,5 millimètre. BusarD, après Fusari, a attiré l’attention sur la forme des villosités, fonction du régime alimentaire ; très variable de forme chez l'Homme, la villosité a chez les Herbivores la forme de crête ; elle est lamelleuse chez les Omnivores, cylindroïde chez les Carnivores et les Lactivores.
La surface de la muqueuse intestinale est percée sur toute son étendue (gros intestin et inteslin grêle) d'une foule d'orifices très petits, circulaires. Ce sont les ouvertures des glandes de Lieberkühn ou mieux « glandes de
Galeati », du nom de l'auteur qui les a le premier décrites. Dans l'intestin
grêle, où la surface intestinale est hérissée de villosités, les glandes s’ouvrent dans le fond des sillons intervilleux, au-dessus desquels toutefois elles peuvent se prolonger en demi-gouttière sur les flancs des villosités voisines. On trouve en général, dans chaque sillon intervilleux, deux à sepl orifices glandulaires.
La muqueuse intestinale présente en grand nombre de petits corpuscules blanchâtres, arrondis, mesurant en moyenne 1 millimètre de diamètre ; ce sont des nodules lymphoïdes appelés improprement follicules clos. Ils sont de même nature que ceux dont la réunion constitue les plaques de Peyers