VIII PRÉFACE
supérieures telles que les Vertébrés. Il est bien évident, par exemple, que si, pour se faire une idée exacte des processus de la spermatogenèse ou du phénomène de la fécondation, on n'avait à sa disposition que les données obtenues par Tétude de THomme ou même du Rat, on demeurerait dans l'ignorance presque complète de la nature essentielle de ces phénomènes, dont il faut demander l'exemple et l'interprétation aux Ascarides et aux Oursins. « Les questions d'Histologie comparée, a dit Math. Duval, ne doivent être abordées, dans un ouvrage destiné essentiellement aux éludes médicales, que lorsqu'elles étendent, complètent et expliquent directement les faits histologiques ou histo-physiologiques relatifs à l'Homme et aux Mammifères. » C'est le cas, dans notre exemple ; et d'ailleurs nous n'avons pas encore dit que notre ouvrage ne s'adresse qu'aux étudiants en médecine.
Il nous faut justifier aussi les tendances physiologiques du premier volume de cet ouvrage. Nous n'avons pas eu ici à remonter un courant, mais nous avons pu céder à des tendances, bien naturelles d'ailleurs, de l'esprit en général, et spécialement de celui de l'étudiant. La description pure des formes en elles-mêmes et pour elles-mêmes ne suffit pas à retenir l'attention. C'est peu de savoir comment les choses sont, si Ton ne parvient pas à connaître pourquoi et comment elles se sont faites ainsi. C'est à cette idée de fonction que la raison accroche le fait purement formel et soulage ainsi la mémoire du poids d'une forme qui pèse d'autant plus lourdement sur l'esprit qu'elle est plus vide de sens. Tous les professeurs d'Histologie, et en général tous les pédagogues, savent combien la mémoire, déjà affaiblie par le jugement, d'un étudiant qui n'est plus un enfant, est rebelle à retenir le fait brut, la forme inexpliquée. C'est ce que certains auteurs ont bien compris, et c'est cette connaissance approfondie du public des cours et du lecteur qui a notamment poussé Math. Duval à faire dans son Précis d'Histologie une large place aux explications physiologiques. L'Histologie, pour être acceptée de l'étudiant, doit être une Hislo^ physiologie.
Telle est aussi la forme qui convient le mieux au génie français, celle que Robin, Ranvier, Rouget ont donnée à l'Histologie française, et que Math. Duval, Malassez et d'autres lui ont conservée. Nous considérons comme inséparables, dit en substance Math. Duval, certaines notions de constitution et de fonction des éléments anatomiques ; il n'est pas un seul de ceux-ci dont l'étude anatomique ne doive être complétée par l'indication de ses fonctions, ou du moins des modifications fonctionnelles que le microscope permet de constater.
Quant à l'introduction de la Physique et de la Chimie dans ce premier volume et à la présence d'un chimiste biologiste parmi nous, elle s'explique par les progrès même de l'Hislo-physiologie, ou, si l'on