PRÉFACE IX
aime mieux, par ceux de THistologie d'une part, de la Physiologie d'autre part. L'analyse microscopique, de plus en plus minutieuse et pénétrante, a amené THistologie à un point où, limitée désormais par les moyens optiques d'observation et par les difficultés croissantes de la technique, elle est obligée de faire appel à la Physique, de supposer au delà des structures microscopiques observables une structure physique hypothétique (HEmENHAiN), de se compléter et de se continuer par la Physique. De même, la Physiologie générale ne peut plus être qu'une Physiologie cellulaire, où les seuls facteurs de la fonction sont les énergies que la Physique distingue, les substances que la Chimie a classées. Matière vivante, énergie vitale, ne sont pas des entités étrangères à la Physique et à la Chimie, hors desquelles il ne peut y avoir ni substance, ni âme. Ce n'est pas trop s'avancer que de prétendre qu'on ne peut déjà plus écrire un ouvrage de Biologie et particulièrement d'Histologie, sans être physicien ou chimiste. De là la collaboration nécessaire de l'un de nous. Mais pour que celte collaboration fût efficace, il ne fallait pas que les données de la Physique et de la Chimie vinssent par surcroît et fussent séparées de la description histologique, ainsi qu'il en est dans l'ouvrage de Schiefferdecker et KossEL, Gewebelehre des menschlîchen Kôrpers, où chacun des deux auteurs a fait séparément sa partie. 11 fallait que la présence de ces données physiques et chimiques fût rendue nécessaire, que l'analyse chimique commandât la description morphologique de la substance, que l'interprétation physique fût le dernier mot de l'explication biologique, qu'en un mot la collaboration fût aussi étroite qu'il nous a été possible de la rendre.
Etendue à toute la série animale, cherchant dans l'explication physiologique sa raison d'être, reposant sur la Physique et la Chimie, l'Histologie devient ainsi une Biologie celluïaire. Cette dénomination n'est pas pour nous déplaire, mais elle nous effraierait beaucoup. Nous voudrions avoir écrit, au pohit de vue histologique, un ouvrage de Biologie cellulaire ; mais nous craindrions ce titre, qui nous engagerait trop et qui n'est pas mérité.
A défaut de résultats pour le justifier, nous avons du moins une intention ; on jugera de sa légitimité.
Il est temps, nous a-t-il paru, de faire comprendre au public scientifique que l'Histologie n'est plus la « science des tissus » (de tcRK et Xoroç) que nos pères 6nt cultivée et dont ils ont fait l'ornement bien plus que le substratum de leurs études biologiques, médicales ou autres ; qu'elle est la science des cellules, de la cellule en général, puisque les tissus se réduisent à des assemblages de cellules ; que la science de la cellule, la Cytologie, est provisoirement à la base de toutes les disciplines biologiques, de la morphologie aussi bien que de la physiologie, des sciences biologiques pures aussi bien que des