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CHAPITRE V Les org^anes spéciaux de la cellule

Les parties de la cellule qui ont été examinées jusqu'ici étaient des organes cellulaires préposés aux fonctions générales de la cellule ; ces organes devaient être constants, ne manquer à aucune cellule, être représentés tout au moins sous une forme rudimentaire ou par des équivalents qu'il était facile de retrouver.

Il s'agit maintenant d'organes spéciaux, répondant à des besoins propres aux différentes cellules. Ils sont donc inconstants, n'existeront que dans certaines catégories cellulaires, et seront de plus de formes très diverses suivant le but à remplir. Malgré cette diversité des formes, on peut cependant distribuer ces organes variés en un assez petit nombre de catégories fondamentales. On doit de plus, quelque spéciaux qu'ils paraissent, ne pas les considérer comme tels, mais s'efforcer, en étudiant leur genèse, de montrer qu'ils ne sont que des parties spécialement adaptées et plus ou moins profondément transformées d'un organe cellulaire fondamental. Cette étude, qui n'est encore que commencée, doit avoir pour résultat, en dépouillant ces organes du caractère singulier qu'ils paraissent avoir, de rapprocher davantage les uns des autres les animaux et les végétaux qui les présentent, et de donner ainsi à la série animale ou végétale une unité plus parfaite, en la complétarit histologiquement.

A. vrai dire, il faudrait dans cet article sur les organes variés de la cellule passer en revue toutes les différenciations possibles que la cellule offre dans les divers tissus animaux et végétaux. Cette étude sera faite dans les chapitres de cet ouvrage consacrés à l'histologie spéciale. Il ne sera question ici que de ceux de ces organes qui ne trouveraient pas place dans des chapitres distincts.

Article premier. — SQUELETTES INTERNE ET EXTERNE.

Certaines cellules possèdent un squelette intérieur^ dû à Tépaississoment et au durcissement de travées de la substance cytoplasmique, qui en môme temps se différencient chimiquement ou s'incrustent de matières minérales et deviennent ainsi plus résistantes (fig. i58).

CYTOLOGIE GKNKHALE ET SPKCI.VLE

Plus fréquemment encore, il se forme un squelette externe^ une coque rigide, par suite d'une modification de la membrane cellulaire ou de la couche protoplasmique superficielle, qui éprouvent une modification chimique plus ou moins profonde ou s'incrustent de matières minérales.

C'est (îhez les Protozoaires que ces organes squelettiques sont le plus répandus.

Le squelette interne esl puissamment développé chez les Radiolaires (fig. 159). Dans la plu part des espèces de ce groupe , le corps renferme une membrane capsulaire, de forme typiquement sphérique .

de nature chitineuse, qui divise le corps en deux parties : Tune centrale, dite w capsule centrale » ou « noyau central » , l'autre externe ou « masse extra-capsulaire », contenant une gelée, le « calymna » ; des trous creusés dans la membrane capsulaire mettant en communication le protoplasme central et la gelée extra-capsulaire. Une charpente squelel-

Fio. i58. — Cellule de l'inleslin moyen d'un Cloporte (Oniscus sp 1) avec fibres de soutien formant un squelette intérieur.

c, culicule. — p, plateau strié. — m, membrane basale. — n, noyau.— /*, fibres de soutien attacliées d'une parla la membrane . basale, d'autre part au plateau strié. X^oo.

capi

Caps CLrl>-

cap? cirt.-

FiG. 159. — Squelette des Radiolaires. Schéma de sa formation. D'après Dkl.vge et Hérouard. N, noyau. — caps, ctrl, membrane capsulaire centrale - sq, première enveloppe squelettique, première coque sphérique grillagée. — sq\ deuxième enveloppa squelettique. — r, rayons squelettiques unissant les deux enveloppes. - En gris, le réseau protoplasmique et les pseudopodes.

tique, de forme le plus souvent très compliquée, soutient la masse du corps. Chez les Acanthaires, des tigelles formées d'une substance spéciale, l'w acanthine », rayonnent de la capsule centrale vers la périphérie (fig. 160). Chez beaucoup de Radiolaires, le squelette interne consiste typiquement en une

MORPHOLOGIE DE LA CELLULE

OU plusieurs sphères grillagées, de nature siliceuse, qui se forment successivemenl et que réunissent des liges radiaires.

Les squelettes externes se rencontrent chez des Ciliés (Coleps), chez des Grégarines et des Flagellâtes, dont la cuticule enveloppante peut acquérir la consistance d'une coquille. Chez les Rhizopodes testacés, la capsule qui entoure l'animal devient fréquemment une véritable coquille [Arcella), et même en s'incrustant de corps étrangers une vraie carapace (Difflugia), Les coquilles des Rhizopodes proprement dits et celles des Foraminifères oflfrent les mômes variations : tantôt simplement chitineuses [Gromia), tantôt au contraire encroûtées de calcaire et par conséquent très rigides'(Foraminifères).Ces coquilles, qui forment, selon les genres, une ou plusieurs chambres (Monoihalamia et Polylhalamia), où se loge l'animal, sont percées soitd'une ou deux grosses ouvertures, par lesquelles sort le protoplasma et sont émis les pseudopodes (Imperforaia, tels que Milliola, Grom/aJ,soitd'un grand nombre de pores très fins donnant issue aux pseudopodes (Perforata, tels que Globigerine, Rolalia), La cuirasse des Dinoflageilés est formée de cellules et se compose de plaques bien distinctes, régulièrement arrangées et en nombre défini (fig. i6i).

Drever a soumis à l'analyse physique la formation des squelettes intérieurs des Radiolaires et des coquilles des Foraminifères ; il a établi que ces squelettes s'édifient selon les principes qui régissent l'ordonnancement des cloisons d'une écume, c'est-à-dire selon les lois de la tension superficielle des liquides. Rhumbler a vérifié expérimentalement cette donnée et a été assez heureux pour pouvoir reproduire artificiellement des squelettes externes, tels que les carapaces de Difflugies.

Des formations squeletliques ne se rencontrent pas seulement chez les Protozoaires, mais aussi dans certaines cellules de Métazoaires. Ainsi les cellules épithéliales de l'intestin moyen des Isopodes présentent un système de fibres spéciales, puissantes, qui parcourent verticalement la cellule et que Ton a généralement considérées comme des fibres de soutien dues à la condensation et au durcissement de travées cytoplasmiques (Ide). On pourrait ajouter bien d'autres exemples de filaments du cytoplasme différenciés en fibres de soutien, plus ou moins indépendantes du reste de la trame et plus ou moins individualisées en organes cellulaires ; en sériant convenablement ces exemples, on pourrait établir une série ininterrompue depuis les fibresorganes de la cellule jusqu'aux travées ordinaires du cytoplasme. La dénomination de tonofibrilles (c'est-à-dire fibres de soutien), proposée par Heideî^- Cytologie. 11

Fig. 160. — Squelette d'un Acanthiire. Sphflerozouin piinctatum MOller. X 100.

HAiN, convient pour désigner toutes les fibres de la cellule qui sont différenciées en vue d'un rôle de soutien.

Ne faut-il pas allonger davantage encore la série de ces organes cellulaires de soutien, de ces squelettes externes notamment, en y ajoutant ceux dont la cellule végétale s'entoure si fréquemment, c'est-à-dire les membranes épaissies, durcies et profondément modifiées chimiijuement, qui entourent les spores, les grains de pollen et nombre de cellules des tissus végétatifs de la plante ? Il en a été question au chapitre deuxième, auquel on pourra se reporter.

Article ?. - FLAGELLUMS, CILS ET LEURS DÉRIVÉS.

MA

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