‹ Traité d'histologie (volume 4)Chapitre 60 sur 173 · OD · texte numérisé non relu

OD

Un grand nombre de cellules, êtres unicellulaires ou cellules de tissas, oftrent des prolongements de la substance du corps, qui servent à la cellule d'organes de mouvement. Tantôt chaque cellule ne porte qu'un ou quelques prolongements très longs, appelés fouets ou flagellums. D'autres fois, elle est hérissée de petits prolongements très courts, très nombreux, doués d*un mouvement spécial, les cils vibratiles. Enfin, on peut considérer comme dérivés soit des fouets, soit des cils vibratiles, une série de formations variées qui sont caractéristiques d'espèces cellulaires bien distinctes. A. Flagellums. — Les flagellums se rencontrent chez les Bactéries, chez les Infusoires Flagellâtes et les zoospores de nombreuses plantes, dans certaines cellules de tissu des Métazoaires ; on peut leur rattacher les cils des anthérozoïdes et la queue des spermatozoïdes animaux.

Par certaines méthodes de préparation, on met en évidence, sur un grand nombre d'espèces de Bactéries (ou d'espèces considérées comme telles) douées de mouvement,

des expansions flagellaires, qui sont appelées ordinairement cils, d'une façon d'ailleurs impropre (fig. 162). Le nombre, la situation des cils varient selon les espèces, dans des limites assez fixes pour que les bactériologistes (Fischer, Migula) aient pu fonder sur ces caractères une clas-

FiG. 161. — Squelelle de Ceratium macroceros SciiRANCK, Ferty (Ceratium birundinella Beroh).

A, vu par la face dorsale de l'animaL II comprend i4 pièces en loul : la ceinture z, les pièces basâtes b, la pièce frontale /", les cornes c. — B, portion d'une pièce basale très grossie, montrant la constitution de la cuirasse cellulosique.

D'après Pénard.

Fig. 162.— Bacillus sublilis avec sea cilit. Méthode de Lôffler. X looa.

MORPHOLOGIE DE LA CELLULE

sificalion des Bactéries. On avait d'abord mis en tloute la nalure flagellaire de ces formations, que plusieurs observateurs avaient considérées comme des artefacts dus à Tétirement du corps de la Bactérie. Le fait que les colorants du corps des Bactéries ne suffisent pas à mettre leurs cils en évidence ne dispose guère à croire que ces cils ne sont formés que de la substance artificiellement étirée de la Bactérie. En tout cas, il faut faire aux cils des Bactéries une place tout à fait à part dans le groupe des organes flagellaires.

Des fouets véritables et authentiques se rencontrent d'ailleurs dans un grand nombre d'êtres unicellulai.res, tant animaux que végétaux. Tels sont les Infusoires Flagellés ou Flagellâtes, un grand nombre de végétaux unicellulaires (Algues et Champignons) soit sous leur forme végétative ordinaire, soit à Tétat de zoospores, soit enfin à Tétat de gamètes.

Euglena viridis (fig. i63) est un « Flagellate ». Cette Monade, commune dans les eaux stagnantes, qui se dislingue par son corps allongé vert, riche en chlorophylle, et par une tache pigmentaire rouge située en avant du corps, nage au moyen d'un unique fouet inséré en avant, près de la tache pigmentaire. Les Choanoflagellates se distinguent des précédents parce que le flagellum est entouré à sa base d'une collerette infundibuliforme. Chez les

Dinoflagellates (Cera//a/n, Peridiniuni) il existe deux fouets, ayant une allure

différente Tun de l'autre. Les Noctiluques, ces animaux photogènes qui produisent le phénomène de phosphorescence de la mer, sont aussi des Flagellâtes ; leur unique flagellum mérite du reste une place à part, en raison de la complication de sa structure.

Un grand nombre de végétaux inférieurs ( Protococcées, Chytridiacées , Saprolégniées , Péronosporées , Algues supérieures), produisent des corps reproducteurs ou spores auxquelles on a donné le nom de « zoospores ». A comparer en effet ces spores aux Infusoires Flagellâtes, on trouve entre les deux de grands traits de ressemblance ; comme eux, les

Fio. j63. — Eugleno viridis Eurcn.

Infusoire Flagellé. X ^-

Fig. 164. — Zaotpores de diverses Algues j avec leurs cils (fouets) moteurs.

A, Monostome. — B, Ulothrix. — C, OEdogone. — p, point rouge pigmentaire. — b, bec, partie antérieure blanche, sans chlorophylle.

Ui

zoospores, outre qu'elles offrent fréquemment une tache pigmentaire, se meuvent à Taide d'un ou de plusieurs fouets différemment situés selon les espèces (fig. i64).

Dans les Thallophytes inférieurs, les « gamètes », c'est-à-dire les cellules qui devront se conjuguer pour reproduire un nouvel être, offrent souvent une complète similitude avec les zoospores (fig. i65).

Dans le cas où les gamètes prennent des caractères sexuels extérieurs qui permettent de les distinguer en mâles et femelles, la présence de fouets

ou cils, jointe à la petitesse de la taille , caractérise nettement les « gamètes » mâles, ou « microgaroètes ». Les fouets ou cils deviennent alors beaucoup plus importants, plus longs, et font souvent ressembler ces gamètes aux spermatozoïdes animaux, d'où les noms d' « anthérozoïdes », ou même de spermatozoïdes, sous lesquels on les désigne. Ainsi les anthérozoïdes des Characées ont une forme spiralée et offrent deux longs cils ou fouets à leur extrémité antérieure, au moyen desquels ils nagent en tournant autour de leur axe ; ceux des Fougères portent à leur extrémité amincie et enroulée en tirebouchon une touffe de cils (fig. 166).

Les gamètes mâles de certains animaux ressemblent beaucoup à ceux des végétaux. C'est ainsiqu'on a découvert récemment (Léger, Wasielewski ) que les microgamètes des Coccidies se prolongent en deux cils ou fouets, l'un antérieur, l'autre postérieur (fig. 167). Mais chez les animaux supérieurs, lorsque le gamète mâle ou spermatozoïde offre un organe flagellaire de mouvement, celui-ci, qui forme la queue du « spermatozoïde », est beaucoup plus développé que dans les cas précédents, et offre une structure très compliquée. La plupart des spermatozoïdes rappellent par leur tête et leur queue un Infusoire flagellé, dont le fouet, représenté par la queue, serait dirigé en arrière (fig. 168). De là ces noms de « spermatozoaires », spermatozoïdes, « zoospermes», presque aussi fabuleusement zoologiques que ceux d'animalcules spermatiques, de vers spermatiques que leur donnèrent, sous l'impression de leur étrange découverte, Ham et Leeuwenhoeck et leurs successeurs. La queue, organe de mouvement du spermatozoïde, très variable d'aspect suivant les espèces animales, a la constitution fondamentale suivante, que Jensen et Ballowitz ont mise en évidence. Elle se compose habituellement d'une enveloppe et d'un filament axile, auquel peuvent s'ad-

FiG. i65. — Botrydium fçraniilatum, gamètes el conjugaison des gamètes.

A, une petite plante de taille moyenne, grossie 38 fois.— B, une zoospore. X 54o. — G, gamètes ; a, une gamète isolée ; 6, deux gamètes venant au contact ; c, d. e, fusionnement ou conjugaison des gamètes ; /", zygospore résultant de leur conjugaison. X 5^0. D'après Strasbl'hger, emprunté à Hertwig.

MORPHOLOGIE DE LA CELLULE 1C5

joindre un ou deux autres tilamenls ; chacun de ceux-ci, et particulière-

FiG. 166. — AnIhérozoTde* (gamètes mâles) de diverses plantes. D'après Guignard.

A, Fucus serralus (Algue), avec des foueU dirigés l'un en avant el servant de rame, l'autre en arrière et fonctionnant comme un gouvernail. A côté du noyau se voit un corps réfringent, qui est le point rouge, oculiforme, de l'anthérozoïde. X 95o. — B, Pellia epiphylla (Hépatique). X lAoo. — C. Sphagnum fimbriatum (Mousse}. X j^oo. — D, Angiopteris erecta (Fougère); les cils ou fouets, formant une sorte de gerbe, sont insérés sur le demi-tour de spire aixitérieur seulemenl. X i^oo.

t/ïi

co-

-/il — I

Page 1