‹ Traité d'histologie :Chapitre 100 sur 267 · IV. — Gaines tendineuses · texte numérisé non relu

IV. — Gaines tendineuses

Les gaines ou coulisses tendineuses , appelées aussi gainés synoviales des tendons forment des manchons ou cylindres à double feuillet qui entourent les tendons. L’un de ces feuillets tapisse la face interne du canal ostéofibreux dans lequel glisse le tendon; c’est le feuillet pariétal de la gaine. L’autre, ou feuillet viscéral, revêt la face externe du tendon. Entre ces deux feuillets se trouve la cavité de la gaine synoviale, analogue à celle d’une séreuse. Le tendon, recouvert sur tout son pourtour par le feuillet viscéral, est librement contenu dans la cavité de la gaine ; ou bien il est rattaché au canal ostéo-fîbreux par un « mésotendon » fibreux, qui oblige le feuillet pariétal à se réfléchir sur le feuillet viscéral.

Les gaines tendineuses, bien que sujettes à des variations individuelles, sont des organes anatomiquement bien définis. Leur développement est très précoce, d’après Heinecke, Velpeau et Chemin. Il n’est donc pas exact de dire que ce sont les mouvements du tendon qui produisent ontogéniquement la coulisse tendineuse dans laquelle les tendons glissent; car à cette époque

ORGANES DE SOUTIEN

ces mouvements sont nuis. L’influence mécanogénétique s’est exercée autrefois, a été phylogénétiquement la cause de la formation des coulisses tendineuses, qui à présent apparaissent héréditairement dans l’ontogénie en même temps que les tendons (Chemin).

Le premier développement des gaines tendineuses s’opère, d’après Retterer et Chemin, de la façon suivante. La gaine est d’abord représentée par un cordon plein qui entoure le tendon. Puis le tissu intermédiaire à ce cordon engainant et au tendon se fluidifie ; les espaces qui se développent à sa place se remplissent de synovie et confluent en une cavité qui devient la cavité séreuse de la gaine (fig. n5, c.s.). En certains points, cette fonte et le creusement qui lui succède ne seproduisentpas; ces points demeurent pleins et formeront les mésotendons. La couchelaplus interne du cordon primitif devient le feuillet pariétal de la gaine séreuse, appliqué sur la face interne du canal ostéo- fibreux où glisse le tendon (fig. n5, f.p.). La cavité séreuse est due, d’après Chemin, à la raréfaction du tissu mésenchymateux, à l’agrandissement et à la fusion des espaces interstitiels de ce tissu.

Les gaines tendineuses sont formées d’une membrane fibreuse, épaisse pour le feuillet pariétal, à peine distincte pour le feuillet viscéral. La couche la plus interne de la synoviale tendineuse présente de grandes analogies avec l’assise correspondante de la synoviale articulaire.'Elle se compose en effet d’une matière amorphe ou striée renfermant des cellules conjonctives, dont certaines font saillie à la surface à la façon d’un épithélium. Ces éléments souvent aplatis se juxtaposent çà et là assez étroitement pour figurer une sorte d’endothélium ; il faut rapprocher de ce dernier celui que l’imprégnation argentique dessine à la surface des petits tendons (p. 190).

Fig. 115. — Coupe transversale, du médius chez un embryon humain

de 4 cm. 5 de long, pour le développement de la gaine tendineuse.

ph , cartilage de la 2e phalange. — gf , gaine fibreuse insérée sur ce cartilage et formant avec lui le canal ostéo-fibreux des tendons fléchisseurs. — fis , les deux languettes du tendon du fléchisseur superficiel ou perforé. — flp, tendon du fléchisseur profond ou perforant. — es, cavité séreuse de la gaine tendineuse , encore irrégulière et anfractueuse. — fp , feuillet séreux pariétal de la gaine ostéo-fibreuse. — ms, mésotendon. — v, vaisseaux collatéraux des doigts. — n, nerfs collatéraux des doigts, x 100.

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