‹ Traité d'histologie :Chapitre 132 sur 267 · III. — L’organe de Jacobson · texte numérisé non relu

III. — L’organe de Jacobson

L’organe de Jacobson est un organe olfactif. La structure de son épithélium, avec des cellules sensorielles dont les axones vont se joindre à ceux des cellules olfactives, ne laisse aucun doute à cet égard. Mais il ne présente tout son développement que chez certains animaux. Chez d’autres et chez l’Homme en particulier, il a perdu ses caractères morphologiques et représente un organe vestigiaire sans signification fonctionnelle.

Cet organe est situé au niveau de l’extrémité antérieure des fosses nasales et dans une cavité du septum médian. Kôlliker, Merkel et Anton

font étudié chez l’Homme et ont mis en évidence sa véritable signification.

11 est constitué par un canal dirigé obliquement d’avant en arrière et de bas en haut dans la muqueuse du septum.

Sa longueur varie entre 2 mm. 28 et , 8 mm. 43 (Anton). 11 ne pénètre pas dans le cartilage de la cloison (Hertwig), mais demeure dans le chorion de la muqueuse, où il s’entourerait d’une gaine cartilagineuse spéciale (cartilage de Jacobson). PAULETennie l’existence.

L’épithélium de l’organe de Ja- >

cobson présente des caractères différents suivant la paroi du canal que l’on considère. La paroi interne présente un épithélium dont la hauteur est considérable, tandis que celui de la paroi externe reste très bas. La première est formée par des cellules très allongées et étroites ; le second par des cellules larges et basses.

Chez les animaux, cette couche de cellules hautes et cylindriques renferme des cellules sensorielles semblables à celles de l’épithélium olfactif ; elles se continuent avec des fibres nerveuses qui prennent part à la constitution du nerf olfactif. Chez l’Homme, l’épithélium montre également des caractères qui le rapprochent de l’épithélium olfactif, mais il ne renferme pas de cellules sensorielles. Il est constitué par des éléments qui ressemblent aux cellules de soutien, parmi lesquels on retrouve des cellules fusiformes et courtes ; celles-ci représentent peut-être des cellules olfactives qui n’auraient pas atteint leur complet développement (Merkel).

D’assez nombreuses glandes existent dans le chorion de la muqueuse. Elles sont semblables à celles de la région respiratoire de la muqueuse

Fig. 229. — Coupe de la paroi interne de l'organe de Jacobson de la Brebis. Méthode de Golgi.

En noir les cellules sensorielles homologues des cellules olfactives et leur connexion avec les fibres nerveuses. Entre les cellules sensorielles se trouvent les cellules indifférentes de soutien. D’après v. Brunn.

Article 2.- MUQUEUSE PITUITAIRE

nasale et s’ouvrent le plus souvent sur les parois supérieure et inférieure du canal.

KôLLiKERa découvert des fibres nerveuses dans le chorion de la muqueuse chez l’embryon humain; ces fibres doivent provenir des cellules olfactives de l'organe de Jacobson et ces cellules doivent être bien développées à une certaine période du développement, comme le fait remarquer Schiefferdecker. Chez l’embryon humain, chaquetube jacobsonnien est le point de départ de plusieurs petits faisceaux ramifiés dont les troncules se dirigent séparément vers le cerveau. Ils abordent ce dernier organe au niveau de la face caudale du cerveau antérieur, dans la même région que le nerf olfactif (fig. a3o) (Paulet).

Le revêtement des fosses nasales, indépendamment de la muqueuse olfactive, doit être distingué en deux parties : une région antérieure qui se continue avec le revêtement cutané et qui tapisse le vestibule des fosses nasales ; elle présente la même structure que le

tégument externe; une Schéma établi à l’aide d’une série de trois coupes. — oJ, organe , • . , • . de Jacobson. — n, nerf de Jacobson. D’après Paulet.

région postérieure qui recouvre la plus grande

partie des fosses nasales et qui est revêtue par un épithélium cylindrique cilié; c’est une « muqueuse respiratoire », suivant l’expression de Schiefferdecker; on la désigne encore sous les noms de muqueuse pituitaire ou de membrane de Schneider.

La muqueuse pituitaire présente une épaisseur variable suivant les régions. Elle est le plus mince à l’intérieur des sinus, en particulier dans les sinus ethmoïdaux ; elle est le plus épaisse à la surface des cornets, surtout dans leur région postérieure. Elle peut atteindre alors 3 à 4 millimètres. Elle est adhérente au périoste sous-jacent. Elle est constituée par un épithélium qui s’invagine sous forme de glandes infundibuliformes dans un chorion épais et très vasculaire (fig. 23i).

Fig. 230. — Coupe de l'extrémité céphalique d’un embryon humain de 13 mm. 8.

HISTOLOGIE ET ANATOMIE MICROSCOPIQUE

Page 1