I. — L’épithélium et ses glandes
i° Épithélium. — C’est un épithélium cylindrique stratifié et cilié (Todd, Bowman). Il présente une épaisseur considérable et variable suivant les
Fig. 231. — Coupe du cornet inférieur un peu en arrière du milieu de ce dernier.
<?p, épithélium, — m, membrane basale qui le sépare du chorion sous-jacent. — gl, glandes. — cex, canal excréteur d’une de ces glandes. — a, vaisseaux du corps érectile. — pe, périoste. — o, os. X 66. D’après Schieffërdecker.
régions. Il atteint 3o y. environ dans les sinus et même i3 à i5(jl dans le sinus frontal ; il mesure 70 à 100 jj. dans presque toute l’étendue des fosses nasales (v. Brunn, Schiefferdecker, Tourneux). Cet épithélium est limité
du chorion sous-jacent par une membrane basale nette. Il est constitué par les éléments suivants en allant de la profondeur vers la superficie. On observe tout d’abord de petites cellules, dont le noyau est entouré d’une faible zone de cytoplasma. Des cellules plus allongées, en forme de fuseaux, s’étagent au-dessus des précédentes. Les cellules les plus superficielles sont très élevées et cylindriques et leur extrémité profonde, amincie, lamelleuse ou filiforme, s’insinue entre les faces latérales des éléments sous jacents. Leur extrémité périphérique est munie d’une garniture de cils vibra tiles. Dans les fosses nasales, le mouvement des cils est dirigé de dehors en dedans, c’est-à-dire vers les choanes ; dans les sinus, il est dirigé du fond de ces sinus vers leur ouver-
jj. . iduiipu.
ture (SCHIEFFERDEC-
ker).
Un grand nombre de cellules à mucus sont disséminées entre les cellules ciliées (Ecker). Schiefferdecker pense qu’elles produisent un mucus dense et concret ; celui des glandes serait beaucoup plus fluide.
Le nombre de ces cellules est également variable suivant les régions ; elles sont particulièrement abondantes au niveau de la région postérieure des cornets . Elles proviennent de la transformation des cellules cylindriques ciliées. Le mucus qu’elles sécrètent recouvre toute l’étendue de la membrane pituitaire. Il retient les poussières et les corps étrangers qui sont peu à peu chassés par les mouvements des cils vibratiles dans le naso-pharynx (Schultze).
Cellules ciliées et cellules à mucus dégénèrent et meurent fréquemment, surtout dans les cas de catarrhe pituitaire aigu. Il est vraisemblable que les cellules profondes les remplacent au fur et à mesure de leur disparition. Cet épithélium renferme souvent de nombreux leucocytes (fig, 232).
Disse a montré qu'il apparaît dans le territoire pigmenté de la muqueuse nasale, au niveau du toit, du septum médian et des parois latérales des fosses nasales, des bourgeons épithéliaux particuliers ou organes cupuliformes. Ces bourgeons sont situés au-dessous de la surface épithéliale et peuvent être distingués en deux catégories d’après leur forme et leurs
Fig. 232. — Coupe de la muqueuse pituitaire faite au niveau du cornet moyen , partie médiane (Homme).
ép, épithélium, avec ses cellules cylindriques ciliées et ses cellules à mucus. — c/i, chorion qui renferme un grand nombre de leucocytes. — mb, membrane basale. X 350.
dimensions. Les uns sont très volumineux, arrondis, Histologie II.
sphériques, compris
HISTOLOGIE ET ANATOMIE MICROSCOPIQUE
dans répithélium olfactif lui-même; les autres sont plus petits, elliptiques et se rencontrent parmi les cellules cylindriques qui entourent répithélium olfactif. Ils sont constitués par des cellules de soutien et des cellules sensorielles ciliées. Les nerfs se terminent librement dans ces bourgeons qui, par leur forme et leur structure, ressemblent aux bourgeons du goût.
2° Glandes. — Les glandes de la pituitaire sont constituées par des tubes ramifiés qui se pelotonnent en tous sens dans l’épaisseur du chorion.
Le canal excréteur débouche souvent dans une invagination plus ou moins profonde de l’épithélium. Elles sont limitées par une membrane propre homogène qui se continue avec la basale de l’épithélium.
Le canal excréteur de ces glandes est orienté perpendiculairement ou obliquement sur la surface épithéliale. Celte direction est en rapport avec l’épaisseur de la muqueuse. Elle est oblique quand la muqueuse est mince et perpendiculaire quand la muqueuse est épaisse. Le canal excréteur présente un orifice émissaire qui affecte souvent la forme d’un entonnoir. Celui-ci est tapissé par les éléments qui forment l'épithélium de la muqueuse, c’est-à-dire par des cellules cylindriques ciliées et des cellules caliciformes à mucus. Ces éléments deviennent de plus en plus courts au fur et à mesure qu’on se rapproche du sommet de l’entonnoir. Le reste du conduit excréteur est garni de cellules cylindriques ou cubiques, qui renferment quelquefois de petites cellules de remplacement entre leurs faces latérales.
La région glandulaire proprement dite est constituée par des canaux ramifiés et pelotonnés, tapissés par une couche de cellules sur la signification desquelles les auteurs ont émis des opinions divergentes. Elles seraient de nature séreuse, d’après Heideniiaix, mais pourraient subir la métamorphose muqueuse; elles seraient muqueuses et séreuses d’après Paulsen ; cet auteur décrit dans ces glandes des acinus à cellules muqueuses et des acinus à cellules séreuses. Stüiir fournit une description analogue. Nous nous rangeons à l’opinion de Sciiiefferdecker qui considère tous ces éléments comme des cellules muqueuses aux différentes phases de la sécrétion. Comme Stôhr, Sciiiefferdecker a observé, dans la plupart des cas, qu’une partie de la glande renferme des éléments muqueux dont le produit remplit la lumière glandulaire et que l'autre partie est constituée par des cellules cylindriques, protoplasmiques, à noyau central; ces deux sortes de cellules peuvent se trouver dans le même tube glandulaire et l’on constate entre elles tous les stades de transition.
Ces glandes sont très nombreuses dans les fosses nasales. Elles sont moins abondantes et moins volumineuses dans les cavités accessoires, où elles peuvent cependant s’amonceler dans certains endroits, comme par exemple sur la paroi interne du sinus maxillaire. Schiefferdecker a vu qu’elles se rencontrent surtout vers l’ouverture des cavités accessoires dans les fosses nasales. — Quand ces glandes sont petites, elles se localisent dans les couches superficielles de la muqueuse, immédiatement sous l’épithélium. Quand elles sont volumineuses, elles pénètrent dans le tissu sous- j jacent et atteignent quelquefois le périoste ou le périchondre. On trouve I
ORGANES DES SENS
également des glandes de Bowman dans la pituitaire au voisinage de la muqueuse olfactive.
3° Membrane basale. — L’épithélium delà muqueuse pituitaire est appliqué sur une basale épaisse qui recouvre les invaginations glandulaires et s'amincit à leur surface; elle s’arrête au pourtour delà muqueuse olfactive.
Elle présente une épaisseur moyenne de 10 à 20 p. (v. BRUNN),mais cette épaisseur augmente dans les muqueuses hypertrophiées à la suite d’inflammation chronique et peut alors atteindre 3o à 5o [/. (Schiefferdecker). Elle n’est pas encore développée chez le nouveau-né, d’après Suchannek, manque par places chez l’adulte, et n’existe pas non plus dans la muqueuse des cavités accessoires (Zuckerkandl). Les extrémités amincies des fibres choriales et les prolongements protoplasmiques des cellules conjonctives pénètrent dans la substance de la membrane basale et se perdent dans son épaisseur. Il n’en est pas de même pour ce qui concerne les fibres élastiques. De fins canalicules basaux la traversent en sens oblique ou perpendiculaire. Ce sont les canaliculi perforantes (Heiberg, Chatellier, Schiefferdecker), qui sont parfois réunis par des anastomoses transversales et qui présentent souvent dans leur lumière des leucocytes en émigration et les prolongements des cellules conjonctives sous-jacentes. Ces canalicules ne sont pas caractéristiques de la membrane basale pituitaire ; ils existent également dans le larynx et la trachée (Heiberg) et doivent être considérés comme des chemins de la lymphe.
IL — Chorion.
Le chorion est un tissu conjonctif lâche qui renferme des globules blancs en grande abondance et de volumineuses lacunes sanguines dont l’ensemble représente le corps érectile de la muqueuse (fig. 23i).
Les faisceaux conjonctifs du chorion sont enlacés en tous sens. Ils sont adhérents au périoste ou au périchondre dans la profondeur et sont constitués, dans la couche périphérique, par des fibres très fines qui se perdent dans la membrane propre. Les cellules conjonctives renferment des granulations jaunâtres pigmentaires. Le chorion renferme, en outre, des fibres élastiques qui forment une couche épaisse à la surface du périoste et sont relativement rares dans la zone superficielle, où elles présentent une direction parallèle à celle de la membrane basale.
Cette région superficielle du chorion est infiltrée de leucocytes. Ceux-ci sont en nombre si considérable qu’ils constituent une couche presque continue, la couche adénoïde de la muqueuse pituitaire (Zuckerkandl). Les globules blancs sont amoncelés dans les mailles du tissu conjonctif; ils forment quelquefois des nodules lymphatiques (Schiefferdecker) surtout quand la couche adénoïde est peu développée. Ces nodules existent quelquefois en très grand nombre, surtout chez les sujets atteints de catarrhes fréquents ou de catarrhe chronique de la muqueuse. On remarque aussi l’abondance des globules blancs autour des glandes. Les amas périglandulaires et les nodules lymphoïdes paraissent exister dans les muqueuses nor-
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males. Le stroma des cavités accessoires renferme souvent des concrétions calcaires particulières (Kôlliker, Scheff,Schieffekdecker).