‹ Traité d'histologie :Chapitre 134 sur 267 · III. — - Vaisseaux et nerfs du chorion · texte numérisé non relu

III. — - Vaisseaux et nerfs du chorion

i° Vaisseaux du chorion. Le corps érectile. — Les vaisseaux du chorion présentent des dimensions considérables par suite du développement d’une couche érectile aux dépens des veines de retour. Zuckerkandl distingue trois systèmes de capillaires dans l’épaisseur du chorion, un système périostique, un système périglandulaire et un système sous-épithélial compris dans l’épaisseur de la couche adénoïde. Le calibre des artérioles afférentes qui se résolvent en ces systèmes capillaires est proportionnellement très étroit. Celui des veines efférentes, au contraire, est considérable ; elles constituent dans leur ensemble le corps érectile. Celui-ci est particulier à la muqueuse pituitaire. Il est surtout bien représenté sur le cornet inférieur, sur le bord du cornet moyen et sur l’extrémité postérieure du cornet inférieur. Sciiiefferdecker l’a trouvé également très développé sur la cloison du nez au niveau du tiiberculum septi. Il existe à peine dans les autres parties de la muqueuse.

Le corps érectile comprend deux couches : une zone superficielle formée par un réseau de veinules assez étroites ; une zone profonde constituée par les troncs veineux d’un plus grand diamètre. C’est le tissu érectile proprement dit. Les systèmes capillaires sous-épithélial et périglandulaire s’ouvrent dans la zone périphérique du corps érectile ; le système périostique débouche dans la zone profonde, ainsi que les veinules issues des réseaux capillaires qui entourent la région inférieure des glandes.

Les veines du corps érectile sont entourées par une paroi musculaire épaisse, dont les fibres sont agencées en faisceaux entre-croisés irrégulièrement les uns avec les autres, bien que la disposition circulaire soit prédominante (Sciiiefferdecker, Pilliet). Une couche de tissu conjonctif enveloppe la précédente et peut être considérée comme son adventice. Elle est traversée par un réseau élastique abondant et par quelques faisceaux musculaires qui s’entre-croisent dans le tissu conjonctif interstitiel. Celui-ci devient ainsi contractile dans son ensemble. La contraction ou le relâchement de ce système musculaire ont pour résultat de déterminer la vacuité ou la congestion du tissu érectile. Ils se produisent dans des conditions physiologiques déterminées et sous l’influence de certains réflexes. Le corps érectile aurait pour rôle d’échauffer l’air inspiré pendant son passage dans les fosses nasales. Il n’existe pas chez le nouveau-né, se développe après la naissance et son existence est limitée aux Mammifères terrestres (Pilliet).

Les lymphatiques forment dans la cloison un vaste réseau dont les mailles sont très serrées dans la couche superficielle. A. Key et Retzius admettent que les lymphatiques pituitaires communiquent avec la cavité sous-arachnoidienne de l’encéphale. Retzius pense que cette communication se fait par l’intermédiaire de fins canalicules qui traversent la lame criblée; il

ORGANES DES SENS

existerait aussi des gaines lymphatiques autour des faisceaux nerveux du nerf olfactif.

2° Nerfs de la muqueuse. — Les nerfs de la muqueuse pituitaire proviennent du trijumeau. Les plus gros troncs nerveux se ramifient dans le chorion et se dissocient en petits faisceaux de fibres dans la couche adénoïde. Ils constituent à ce niveau un plexus à mailles serrées qui donnent naissance à des fibres isolées ou groupées en buissons. Elles traversent la membrane propre, se ramifient une dernière fois dans les couches profondes de l’épithélium et se terminent entre les cellules par des extrémités libres (Retzius).

Page 1