Terminaisons nerveuses dans la muqueuse linguale
Nous signalerons seulement les expansions nerveuses appartenant à la sensibilité générale et laisserons de côté les terminaisons motrices, vasomotrices et glandulaires qui ne présentent ici rien de particulier.
Les expansions nerveuses ont en général dans la muqueuse linguale la même distribution que dans le tégument externe. On y trouve deux réseaux nerveux : un réseau inférieur formé par des fibres myéliniques, situé dans la couche profonde du chorion. C’est le réseau sous-muqueux; un réseau superficiel, situé immédiatement sous le corps papillaire, constitué par des fibres sans myéline. C’est le réseau amyélinique sous-papillaire de Ruffini et Kiesow. Ces deux réseaux donnent des fibres qui vont se terminer soit dans des corpuscules du tact, soit par des expansions libres dermiques ou intraépithéliales.
On trouve des corpuscules terminaux de Ruffini dans le chorion proprement dit (Cegcherelli). Des corpuscules de Meissner se rencontrent dans les papilles simples du corps papillaire (Geber, Merkel, Krause, Rosenberg). Ils sont très abondants sur toute la surface de la langue, en avant du V lingual et sont tantôt monolobés, tantôt plurilobés. Les premiers se rencontrent surtout dans les petites papilles et les seconds dans les grosses papilles. Ils peuvent être réunis au nombre de plusieurs par des fibres nerveuses. Les mêmes papilles renferment aussi des floccules papillaires qui, dans certains cas, sont fournis par la même fibre nerveuse que le corpuscule de Meissner (Kiesow chez le Singe). Elles montrent également des réseaux ou réticelles de fibres pâles autour des vaisseaux sanguins, des expansions en anse de Ruffini, semblables à celles qui ont été vues dans d’autres muqueuses et dans le tégument externe par Kiesow, Dogiel, Sfameni. Ces papilles simples et aussi les papilles filiformes renferment également des expansions en grappe de deux sortes : i° une sorte à grosses varicosités terminales, fournie par une fibre myélinique; 2° une sorte à petites varicosités qui s’enchevêtrent souvent avec une grappe à grosses varicosités ; il résulte de cet enchevêtrement l’illusion d’un appareil de Timofeew (Ceccherelli).
Les papilles filiformes reçoivent des expansions nerveuses qui ne dépassent pas leur région moyenne et qui sont formées par une fibre myélinique qui se ramifie en rameaux variqueux; ce sont les « expansions en corymbe », qui rappellent celles qui ont été observées par Smirnow dans le péricarde des Mammifères.
Les expansions intraépithéliales ne présentent rien de particulier. Elles proviennent du réseau amyélinique sous-papillaire et se ramifient sans s’anastomoser dans la couche de Malpighi en formant des filets isolés ou de petits plexus fibrillaires (Rosenberg, Fusari et Panasci, Jacques, Cecche-
RELLl).
Histologie II.