‹ Traité d'histologie :Chapitre 142 sur 267 · MV · texte numérisé non relu

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Fig. 244. — Développement de l’organe de Corti chez l'embryon de Vesperlilio murinus

de 19 millimètres.

Ci, cellule auditive interne, — cC, cellules de Corti. — cD , cellules de Deiters. — Cs , cellule de soutien. — Pi, Pe , cellules des piliers interne et externe. — mC, membrane de Corti. — Fs, vaisseau spiral. X 500. D’après Dems.

se prolongera en dehors de la cellule auditive correspondante et lui servira de point d’appui. Ce sont les cellules de Deiters. Les autres noyaux du petit bourrelet appartiennent à des cellules dont les plus externes s’allongeront et deviendront cylindriques (cellules de Hensen et de Claudius) et dont les autres s’abaisseront graduellement pour se continuer avec les cellules de revêtement plus externes.

Le gros bourrelet contient, en dedans de la cellule du pilier interne, un élément volumineux qui occupe en hauteur les deux tiers de l’épithélium et qui renferme un gros noyau sphérique. C’est la cellule auditive interne , le seul élément sensoriel qui se développe aux dépens du gros bourrelet (Gottstein, Denis, N. Van der Stricht) fîg. 244)*

A un stade plus avancé, les cellules de piliers se différencient complètement, s’inclinent l’une vers l’autre et délimitent entre elles un espace appelé tunnel de Corti. La cellule de pilier externe se forme assez longtemps après la cellule de pilier interne. Le grand bourrelet s’affaisse ensuite de plus en plus, se sépare de la membrana tectoria qui s’est édifiée à sa surface

ORGANES DES SENS

et limite ainsi une sorte de sillon désigné sous le nom de sillon spiral interne .

En résumé, le petit bourrelet donne naissance aux deux cellules de piliers de Corti, aux cellules auditives externes et aux cellules de soutien externes; le grand bourrelet fournit la cellule auditive interne, les cellules de soutien

Fig. 245. — Coupe d un

tour de spire du limaçon chez un fœtus âgé de Cobaye.

rt, ru, rampe vestibulaire et tympanique. — rm, rampe moyenne ou de Corti. — mR, membrane de Reissner. — stv, strie vasculaire. — spe, sillon spiral externe. — éH , épithélium de la protubérance de Huschke. — mt, membrana tectoria ou membrane de Corti.— ip, ep, cellules des piliers interne et externe adossées. — Cellules de Corti, l’une interne par rapport aux piliers, les trois autres externes. — 1, 2, 3, cellules de Deilers correspondant aux cellules de Corti exiernes. — n, nerf spiral à l’état embryonnaire. X 250.

internes et les éléments du sillon spiral interne. Les cellules auditives de l’organe de Corti se sont mises en rapport, pendant leur développement, avec les arborisations terminales du nerf cochléaire (fîg. 2^5).

Les diverses parties de l’organe auditif ont été progressivement acquises au cours de la phylogénèse. Leur étude comparative dans la

HISTOLOGIE ET AN VTOMIE MICROSCOPIQUE

série des Vertébrés permet de suivre les étapes de leur évolution morphologique. Un véritable limaçon existe chez les Mammifères seuls. Les Oiseaux et les Reptiles possèdent un conduit aplati à son extrémité qui part du saccule et qui est l’homologue du canal cochléaire. C’est la lagenci, qui renferme un organe de Corti et dont l’extrémité aveugle présente une tache d’épithélium sensoriel, la macula lugenæ. En outre, le plancher de l’utricule montre une autre lâche qui manque aux Mammifères; c’est la macula neglecta. Ces animaux possèdent donc huit terminaisons nerveuses : un organe de Corti rudimentaire et sept macules et crêtes acoustiques.

Le diverticule sacculaire homologue du limaçon est très réduit chez les

Fig. 246. — Schéma de l'appareil auditif (oreille interne) el de ses ganglions.

cl , canal limacéen ou de Corti. — v , /, rampes veslibulaires et tympanique du limaçon. — oC, organe de Corti. — sa, saccule. — ul, utricule. — m, tache acoustique (macula). — cc/c, canaux demi-circulaires. — c, crête acoustique ( crisla ). — na , nerf auditif. — gs, ganglions spiraux ou de Rosenthal. — gv, ganglion vestibulaire ou de Scarpa. D'après Mathias Duval, un peu modifiée.

Batraciens. Il est plus réduit encore chez les Poissons (cysticule, Renaut) où il ne possède pas d’organe de Corti. Le labyrinthe de ces animaux renferme cependant une macula lagenæ et une macula neglecta. Mais la première est située dans le saccule à côté de la macule sacculaire, et la seconde dans le canal utriculo-sacculaire ou dans une évagination du saccule. Ajoutons enfin qu’un épaississement semblable à une macule a été observé par G. Alexander chez l’embryon de Mammifères, au niveau du canal qui réunit le saccule avec le canal cochléaire. Il disparaît au moment de la naissance sans avoir présenté de connexion avec des terminaisons nerveuses. L’auteur le considère comme l’homologue de la papilla lagenæ des Batraciens et des Poissons. Le nombre des taches épithélio-sensorielles qui appartiennent au ganglion de Scarpa est donc plus considérable chez les Vertébrés inférieurs que chez les Vertébrés supérieurs; ce nombre diminue et se réduit à six chez ces derniers, en même temps que le canal cochléaire, l’organe de

Corti et le ganglion de Corti atteignent leur développement complet. Les organes phono-récepteurs (ou de Corti) deviennent donc de plus en plus importants au cours de la phylogénèse; ils représentent un perfectionnement organique considérable et une adaptation à des impressions auditives nouvelles et compliquées.

Article 2. - STRUCTURE DE L’ORGANE AUDITIF

Nous avons vu qu’il est essentiellement constitué par des cellules sensorielles ganglionnaires et par des cellules sensorielles accessoires. Les premières sont comprises dans les ganglions de Scarpa et de Corti. Les secondes sont situées au niveau des crêtes acoustiques, des macules acoustiques et de la papille spirale. Les crêtes et macules sont en connexion avec les cellules sensorielles du ganglion de Scarpa; la papille spirale est en rapport avec celles du ganglion de Corti ou de Rosenthal (fig. 246 et 247).

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