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I. — Cellules sensibles ganglionnaires

i° Cellules sensibles du ganglion vestibulaire ou de Scarpa. — Ce sont des cellules unipolaires ou en T dont le pédicule se divise en deux prolongements, un prolongement central et un prolongement périphérique. Les prolongements périphériques forment une branche appelée branche vestibulaire du nerf acoustique. Celle-ci se divise en rameaux (utriculaires, sacculaires, ampullaires) qui se terminent autour des cellules sensorielles accessoires des macules et des crêtes acoustiques.

Les prolongements centraux, au niveau de la pénétration de ce nerf dans la moelle allongée, sont rassemblés en une racine distincte, la racine interne ou vestibulaire. Ils parviennent au voisinage d’une masse grise volumineuse, le noyau à grosses cellules de /’ acoustique ou noyau de Deiters , et se divisent alors en deux branches, une branche ascendante et une branche descendante. La première se termine dans la substance grise de ce noyau; un certain nombre de ses fibres se rendraient jusqu’au toit du cervelet (Van Gehuchten, Ramon y Cajal). La seconde constitue la racine descendante de V acoustique. Ses fibres se ramifient et se terminent dans une colonne de cellules nerveuses située en dedans de la racine descendante.

Fig. 247. — Schéma de l'organe auditif.,

eau, cellule auditive. — est, cellule de soutien. — cg, cellule ganglionnaire. — fp, fibre du nerf auditif, prolongement périphérique d’une cellule ganglionnaire.

2® Cellules sensibles du ganglion spiral ou de Corti. — Ces éléments

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sont situés dans le canal spiral du modiolus. Ce sont des cellules bipolaires dont les prolongements périphérique et central se détachent des pôles opposés du corps protoplasmique. Les prolongements périphériques vont se ramifier autour des cellules auditives de la papille spirale.

Les prolongements centraux forment la masse principale du nerf acoustique. Ils en constituent la racine externe ou cochléaire dont les fibres arrivent dans deux noyaux gris de la moelle allongée, le « tubercule latéral » et le « noyau accessoire » et se bifurquent chacune en deux branches, l’une ascendante et l’autre descendante. Celles-ci s’épuisent par des ramifications collatérales et terminales parmi les cellules de ces noyaux. Les noyaux gris où aboutissent les racines vestibulaire et cochléaire renferment les cellules d'origine de la voie acoustique centrale.

IL — Les épithéliums sensoriels auditifs.

i° Les macules utriculaire et sacculaire et le vestibule membraneux. —

L’épithélium des macules comprend des cellules sensorielles et des cellules de soutien.

Les premières sont cylindriques. Leur surface présente une sorte de poil ou de soie allongée, le « poil auditif » (Retzius, Ranvier, Matiiias-Duval). Elles occupent environ la moitié de la hauteur totale de l’épithélium, la moitié superficielle, leurs noyaux formant une rangée située à égale distance de la surface et de la membrane basale.

Le poil auditif est constitué par une série de minces filaments parallèles disposés en un cône de fibrilles accolées, dont la base représente une sorte de croissant ou de plaque basale (N. Van der Striciit). Ces fibrilles se détachent d’une cuticule sécrétée par la cellule sur sa face apicale, au niveau de son diplosome. Certains auteurs admettent que le pôle inférieur des cellules ciliées envoie dans la profondeur un ou plusieurs prolongements très minces qui descendraient jusqu’à la membrane basale et s’y inséreraient (Siebenmann, Cannieu).

Les éléments de soutien sont très allongés (3o-4o jx), étroits et columnaires. Ils présentent un épaississement inférieur conique, coupé à angle droit, qui est appliqué sur la membrane basale; un renflement cytoplasmique qui renferme le noyau; un prolongement périphérique qui atteint la surface de l’épithélium et se termine par une cuticule épaisse. Le corps protoplasmique, au niveau du point où se trouve le noyau, envoie latéralement des expansions ramifiées. Les cellules de soutien sont encore dites cellules fusiformes (M. Sciiultze).

La surface libre de ce neuroépithélium montre, sur une vue de face, des champs polygonaux de dimensions variables. Les plus grands renferment des diplosomes excentriques ; ils répondent aux cellules auditives ; les plus petits conservent le diplosome à leur centre ; ils correspondent aux cellules de soutènement (N. Van der Striciit).

Les macules sont recouvertes par une couche muqueuse molle, épaisse, appelée membrane otolithiqae (Retzius; . Elle n’est pas appliquée immédiatement sur l’épithélium sensoriel. Un espace large de 20 [x environ l’en

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sépare le plus souvent et cet espace est traversé radiairement par les poils auditifs ; ceux-ci s’enfoncent dans la zone inférieure de cette membrane, se coudent à angle droit, prennent une direction tangentielle et donnent à la zone qu’ils occupent un aspect strié dans le sens longitudinal (Brewer). La substance de la membrane otolithique est remplie de concrétions calcaires. Ce sont les « otoconies» (Breschet), les « otolithes », le « sable auditif». Elles sont composées par du carbonate de chaux qui imprègne une substance fondamentale organique. On n’en trouve pas dans la zone membraneuse tournée vers l’épithélium. L’existence de la membrane otolithique ne paraît pas constante. Denis ne l’a jamais vue sur les taches acoustiques du Murin.

L’épithélium qui tapisse le reste du vestibule membraneux conserve

Fig. 248. — Macula d'un embryon de Poulet du onzième jour de l’incubation avec les terminaisons

nerveuses.

/, limite de l’épithélium. — eau, cellules auditives. — n, nerfs. Méthode de Golgi. D’après Retzius.

les caractères qu’il possédait à l’état embryonnaire. C’est un épithélium bas, formé de cellules disposées sur une seule couche et polygonales quand on les voit de face. Il s’élève peu à peu sur les bords des taches acoustiques.

Le chorion du vestibule est peu développé (26-35 g d’épaisseur en moyenne, d’après Kôlliker). Il présente son épaisseur maxima au niveau des macules. Il est constitué par des fibres conjonctives et élastiques enlacées dans tous les sens. Il montre des papilles peu élevées en certains points, surtout dans la région périphérique des macules et au niveau de l’embouchure des canaux semi-cirpulaires. Ses faisceaux conjonctifs se continuent avec les mailles des espaces périlymphatiqueset des cellules pigmentaires se recontrent dans les tractus qui limitent ces espaces. Ceux-ci sont donc comparables, au point de vue morphologique et fonctionnel, à la « lamina fusca scleræ » et au tissu suprachoroïdien (Henle, Kôlliker, Sciiwalbe).

Les nerfs des taches acoustiques se ramifient dans le chorion et perdent leur myéline en traversant la membrane vitrée. Les cylindre-axes nus for-

menlun plexus au niveau de la base des cellules de soutien ; des branches nombreuses partent de ce plexus et se ramifient autour des cellules ciliées en un lacis de fibrilles terminées par des renflements en forme de bouton (Retzius, Ramon y Cajal, Leniiossèk, Cannieu). Cette disposition permet d’attribuer aux cellules ciliées seules la propriété sensorielle (fig. 248).

Les recherches récentes de Kolmer ont montré qu’il existe deux sortes de fibres nerveuses se rendant à l’épithélium sensoriel ; elles ont été vues par Cajal dans les crista. Ce sont les fibres épaisses et les fibres grêles. Les premières renferment des neurofibrilles qui seraient en connexion directe avec les neurofibrilles des cellules sensorielles. Les secondes, au contraire, s’épanouissent à la périphérie des éléments sensoriels, se terminent par de petits renflements aplatis et répondent aux terminaisons libres décrites dans les épithéliums en général. Kolmer assure en outre que les fibrilles intracellulaires d’une cellule sensible peuvent être en connexion avec les fibrilles d’axones différents. Cette union enlreles fibrilles des cellules et des nerfs paraît se réaliser chez l’embryon ; leur différenciation se ferait indépendamment dans l’axone et dans la cellule et la continuité substantielle s établirait ensuite (fig. 2^9).

20 Les crêtes acoustiques et les canaux semi-circulaires. — Les canaux semi-circulaires présentent une structure semblable à celle du

Fig. 2i9. — Coupe de crête acoustique de Chat.

Méthode de Cajal. Fibrilles des cellules auditives en continuité directe avec celles des cylindreaxes épais. Plusieurs cellules peuvent être en connexion avec un seul cylindre-axe. D’après W. Kolmer.

vestibule membraneux. Ils sont constitués par une membrane conjonctive, tapissée par un épithélium aplati unistratifié. Nous savons déjà par le développement que le plancher des ampoules est* soulevé par un repli con-

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jonctif transversal, la crête ampullaire, crista acuslica (Schultze) qui se termine latéralement par deux surfaces demi- circulaires, les Planum semilunalum (Streifensand). Crista et Planum sont recouverts par l’épithélium sensoriel qui offre la même structure que celui des macules (voir fig. 23q et 240). Il y a lieu cependant de remarquer que les cils des cellules auditives y sont particulièrement longs. Ils présentent une direction rectiligne dans le milieu de la crête acoustique et s’inclinent vers l’axe médian sur les parties latérales. Ils sont plongés dans une masse triangulaire sur coupe transversale, la cupule terminale. Celle-ci ne s’observe bien que sur les préparations fixées ; aussi certains auteurs doutent-ils de son existence (Hensen). D’après Kaiser, les soies auditives sont plongées dans une substance homogène et gélatineuse qui se coagule sous l’influence des réactifs fixateurs. Denis l’a également retrouvée dans les objets fixés et il remarque que son développement marche parallèlement avec celui de l’épithélium sensoriel de la crête. La cupule ne renferme pas d’otoconies.

3° La papille spirale et le limaçon membraneux. — Le limaçon membraneux est représenté par un long tube enroulé en spirale, le canal cochléaire. Il prend naissance dans le vestibule par une extrémité aveugle, le cæcum cochléaire, s’engage dans le limaçon osseux avec deux autres conduits qui se développent au-dessus et au-dessous de lui (rampes vestibulaire et tympanique), et se termine au niveau de l’infundibulum de la coupole par une extrémité en cul-de-sac, le cæcum terminal.

A. Topographie du limaçon. — Pour nous rendre compte des rapports de ce canal avec les deux rampes qui l’accompagnent, examinons une coupe longitudinale passant par le grand axe du limaçon(fig. 25o). Nous supposerons, pour simplifier les descriptions qui vont suivre, que la pointe de cet organe est tournée vers le haut et sa base vers le bas. Une telle coupe nous montre que l’axe du limaçon est constitué par une masse osseuse triangulaire ; c’est la colamelle ou modiolas qui se continue latéralement avec la lame des contours. Celle-ci forme une masse osseuse qui est appliquée sur les bords de la columelle et qui limite une série de cavités arrondies. Ces cavités représentent les sections du canal limacéen qui s’enroule autour de la columelle et décrit trois lours de spire. Chacune de ces cavités est cloisonnée par une lame qui part de son bord interne et qui s’avance à son intérieur jusqu’au tiers environ de son diamètre transversal. C’est la lame spirale osseuse. Le canal limacéen est tapissé en dedans par le périoste. Celui-ci s’épaissit considérablement sur la face externe du canal et sur la lame spirale, surtout au niveau de son extrémité. Le premier de ces épaississements est désigné sous le nom de ligament spiral ou stratum semi lunaire (Kôlliker) ; le second sous celui de limbe de la lame spirale ou crête spirale (Henle, Waldeyer). Une sorte de membrane part de l’extrémité externe de la crête spirale, se dirige en dehors suivant la direction de la lame spirale osseuse et s’insère sur le ligament spiral. C’est la membrane basilaire ou lame basilaire (Claudius). Une autre cloison se détache également de la face supérieure de la crête spirale, se dirige en haut et en dehors et s’insère sur le ligament spiral au niveau de son extrémité supé-

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rieure. G’esl la membrane vestibulaire ou de Lteissner. Ces cloisons délimitent dans le canal limacéen trois canaux ou rampes :

i° La rampe ou canal cochléaire , compris entre le ligament spiral, la membrane de Reissner, la membrane basilaire et la crête spirale. Il dérive

Fig. 550. — Coupe longitudinale de limaçon de liai jeune.

col , columelle ou modiolus. — le, lame osseuse des contours. — Iso, lame spirale osseuse. - Is, ligament spiral. — mb. membrane basilaire — ers, crèle spirale. — mR, membrane de Reissner. — eu, canal ou rampe vestibulaire. — ce, canal ou rampe cochleaire. — et, canal ou rampe tympanique. — ne, nerf cochleaire. — gC, ganglion de Corii. — slv , strie vasculaire. — mC, membrana lectoria ou membrane de Corti. — ps, papille spirale ou organe de Corti. x 25.

de l’ébauche épithéliale cochléaire, évagination du saccule embryonnaire, dont les parois épithéliales se sont doublées de formations mésenchymateuses d’abord et fibreuses ensuite.

2° Les rampes ou canaux vestibulaire et tympanique, situés respectivement au-dessus et au dessous du canal cochléaire, qui se sont différenciés au sein du mésenchyme péricochléaire et qui possèdent la signification de conduits ou espaces périlymphaliques.

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Le canal cochléaire présente une forme à peu près triangulaire sur coupe transversale. Cette forme triangulaire s’observe seulement au niveau du tour de spire inférieur, où la paroi vestibulaire limite avec l’inférieure un angle de 45° environ. Il s’aplatit de plus en plus au niveau des tours de spire suivants. Il mesure, en effet, chez l’Homme, omm. 35 de hauteur sur o mm. 5o de largeur dans le dernier tour de spire, et o mm. 45 de largeur sur o mm. 8o de hauteur dans le premier lour (Retzius).

La paroi inférieure ou tympanique est constituée par la lame spirale osseuse, la crête spirale et la membrane basilaire. Celle-ci supporte

Fig. 251. — Organe de Corti d’an Cobaye adulte.

cCe, cellules de Corti externes. — cCi, cellule de Corti interne. — cD, cellules de Deiters ou de soutien. — pi, pe, piliers interne et externe et ni, ne, leurs noyaux. — t, tunnel de Corti. — mC, membrane de Corti ou membrana lecloria. — ch, cellules de Hensen ou cellules externes de soutien. — ci, cellules internes de soutien. — n, nerf qui traverse le tunnel de Corti.— f, fibrilles nerveuses se rendant aux cellules externes de Corti. — en, endothélium de la rampe tympanique du limaçon. X 370.

l’épithélium sensoriel, organe de Corti ou papille spirale, qui va retenir tout d’abord notre attention (fig. 25i).

B. Organe de Corti [ou Organon spirale , Papilla spiralis (Huschke), Papilla acuslica basilaris (G. Retzius)]. Il représente la région du canal cochléaire embryonnaire qui s’est différenciée en épithélium sensoriel. Nous avons vu qu’à la suite de cette différenciation l’organe de Corti paraît formé sur coupe transversale.: par deux cellules de soutien, les piliers de Corti; par trois ou quatre cellules sensorielles externes et une cellule sensorielle interne; par des cellules de soutien externes et internes; par une membrane mince et cuticulaire qui recouvre la surface de la papille spirale (membrane réticulaire) (fig. 25i et 257).

a) Les piliers de Corli (Waldeyer) ou fibres de Corti (Kolliker), fibres arciformes (Hensen), sont au nombre de deux sur coupe transversale de la papille spirale, un pilier interne et un pilier externe (fig. 252). Ils sont incli- IIistologie II. 36

nés obliquement l’un sur l’autre et délimitent entre eux un espace en forme de tunnel appelé tunnel cle Corti. Ce tunnel, ainsi que les pieds des deux piliers de Corti, recouvrent la zone interne ou lisse de la membrane basilaire, encore appelée pour cette raison habenula tecta.

Ces piliers sont formés par une masse cytoplasmique très réduite, située dans leur région inférieure et par une substance rigide, cuticulaire, sécrétée par le cytoplasme, et disposée en forme d’S italique très allongée. Cette substance est étroite dans la partie moyenne ou corps et se renfle aux deux extrémités du pilier en une tête et une base élargie ou pied, implanté sur la membrane basilaire. Elle est traversée par des fibres assez volumineuses qui parlent d’épaississements triangulaires situés au niveau

du pied, convergent les unes versles autres dans la région moyenne du corps, puis s’écartent à nouveau et s’irradient dans la région céphalique. Elles se terminent à ce niveau et se fusionnent en un corps unique, le «corps interne céphalique » (Schwalbe, Joseph). Un certain nombre de ces fibrilles se prolongent toutefois dans les expansions phalangées qui se détachent sous forme de lames des extrémités céphaliques.

Les recherches récentes de Kolmer et de N. Yan der Stricht ont bien mis en évidence celte structure filamenteuse de la substance cuticulaire des piliers de Corti (fig. 252 et 253).

Le pied et le corps sont entourés par un cytoplasme granuleux, amoncelé surtout du côté du tunnel, et muni de un et quelquefois de deux noyaux.

Le pilier externe est plus long et plus épais que le pilier interne. Il est terminé par une tète arrondie, volumineuse, qui s’articule avec la tête du pilier interne creusée en sens inverse. Cette extrémité céphalique est limitée latéralement et en dedans par un bourrelet en fer à cheval. Ce bourrelet donne naissance à une expansion aplatie, dite « expansion phalangée », qui se prolonge en dehors sur une assez grande étendue et dont l’extrémité libre est découpée en forme de tête de phalange. La tête du pilier renferme un diplosome rejeté dans sa région la plus externe (N. Van der Stricht). La masse principale du cytoplasme est localisée sur la face interne du pilier externe, au niveau du point où le pied s’applique sur la membrane basilaire. 11 s étale sur la membrane basilaire, rejoint souvent celui du pilier opposé et renferme des granulations de pigment jaune. — L’expansion phalangée du pilier externe présente 8 à îo prolongements des fibres de piliers

Fig. 252. — Pilier de Corli de jeune Rat.

pi, pilier interne. — pe, pilier externe. — cy , cytoplasme des cellules de piliers. — En plus sombre, substance cuticulaire des piliers de Corti. — pph, prolongement phalange du pilier externe. — ne, noyau du pilier externe. — ni, noyaux du pilier interne. — I, tunnel de Corti. x 400.

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(Spee, Kolmer) (fig. 253). Elle est surmontée par un épaississement cytoplasmique pigmenté qui est lui-même recouvert par le prolongement du pilier interne (Spee). Les piliers externes possèdent une grande longueur, surtout dans le tour de spire supérieur. Iis mesurent 62 |x dans le tour de spire inférieur, 100 jx dans le tour de spire moyen, i3o jx dans le tour de spire supérieur (Retzius). Leur nombre serait de 3.85o (Retzius). Il correspond exactement à celui des cellules sensorielles de la première rangée (N. Van der Stricht).

Le pilier interne est plus court et plus mince que le pilier externe. Sa tête est creusée d’une sorte de cavité sigmoïde dans laquelle s’articule la tête du pilier externe. Elle envoie en dehors une expansion dont la forme, sur coupe transversale, rappelle celle d’un aviron ou d’une lame de rasoir (Renaut). Elle recouvre la face supérieure de l’expansion phalangée du pilier externe. Le cytoplasme du pilier interne forme souvent deux masses distinctes dont chacune renferme un noyau. La première est située au-dessous de la tête, la seconde en dehors du pied. La longueur des piliers internes augmente depuis l’origine jusqu’à l’extrémité du canal cochléaire.

Ils mesurent 48 [x dans le premier tour, 68 jx dans le deuxième, 70 [x dans le troisième (Retzius).

Les piliers internes et les piliers externes, en s’articulant les uns avec les autres, constituent Y arcade de Corti. Ils s’articulent de telle sorte que l’expansion du pilier interne recouvre, mais incomplètement, l’expansion phalangée du pilier externe. Comme les piliers internes sont moins nombreux (1) que les piliers externes, il s’ensuit qu’ils ne sont pas situés les uns vis-à-vis des autres; la tête d’un pilier externe s’adapte dans la cavité articulaire que deux têtes de piliers internes contribuent à former. Ce fait s’observe bien sur une vue cavalière de l’organe de Corti après dissociation. On voit alors l’expansion phalangée du pilier externe dépasser en dehors les expansions des piliers internes au niveau de leur ligne de soudure latérale.

6) Cellules auditives. — Les cellules auditives, pseudo-sensorielles, se distinguent en externes ou en internes selon qu’elles sont placées en dehors ou en dedans de l’arcade de Corti.

Les cellules sensorielles internes forment une rangée unique en dedans

Fig. 253. — Quatre piliers externes de Porc.

D’après une coupe parallèle à l’axe du modiolus. On voit nettement les filaments de soutien qui se prolongent dans la tête du pilier et dans l’expansion phalangée. D’après Walther Kolmer.

(1) Les piliers internes seraient, chez l’Homme, au nombre de 5.600, et les externes au nombre de 3.800 d’après Retzius. Waldeyer donne les chiffres de 6.000 et 4.500 ; Krause, ceux de 6.600 et 4.950. Ranvier compte, chez le Lapin, 7 têtes de piliers internes pour 5 tètes de piliers externes.

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des piliers internes. Leur extrémité supérieure est coupée à angle droit ; elle est limitée en dehors par des espaces curvilignes, comme sectionnés à l'emporte-pièce dans les plaques terminales qui dépassent en dedans la tête des piliers internes. Le diamètre transversal des cellules auditives internes est plus considérable que celui des piliers ; aussi plusieurs plaques sontelles nécessaires pour délimiter la circonférence supérieure des cellules auditives internes. On compte en effet cinq cellules sensorielles pour huit piliers. Le reste de la circonférence supérieure des cellules auditives est délimitée par les plaques cuticulaires terminales des cellules de soutien internes.

Le corps cellulaire des cellules sensorielles est cylindrique ; son extrémité inférieure est arrondie et renferme un noyau volumineux. Le cytoplasme présente dans sa région superficielle un amas granuleux, le corps de IIensen. Spee lui donne le nom d’« enclave céphalique » et Walter Kolmer le range dans la catégorie des corps intracellulaires désignés sous le nom de trophosponge. Des poils courts et roides partent de celle enclave céphalique, font saillie à la surface de la cellule et se disposent suivant une ligne légèrement courbe à concavité tournée en dedans. Ce sont les « poils auditifs » ou « soies auditives ». Leur nombre est variable suivant les espèces animales. On en compte une vingtaine au moins chez l’Homme, huit seulement chez le Chat et le Lapin, etc. (Retzius).

Les cellules sensorielles externes sont semblables aux internes. Elles sont disposées sur l rois rangées chez la plupart des Mammifères. Chez l’Homme et quelques Primates, on compte dans le tour de spire inférieur trois rangées de cellules sensorielles externes, quatre rangées dans h* tour moyen, cinq rangées dans le tour supérieur Scuwai.be, Retzius, Cannieu). Mais cette disposition n’est pas constante. Les poils auditifs des cellules sensorielles externes sont disposés en fer à cheval, à concavité tournée en dedans. Le corps de IIensen y est particulièrement net. Leur extrémité inférieure renferme une enclave homogène qui n’existe pas dans les cellules internes (Retzius). Spee a découvert dans toutes les cellules auditives un microcentre, constitué par un corpuscule (centriole) situé à l’extrémité supérieure de la cellule, en dehors du corps de Hensen, et sur le côté convexe de la ligne d’insertion des poils auditifs. D’après N. Van der Stricht, le corpuscule central le plus superficiel peut engendrer un petit flagellum qui fait saillie à la surface libre. Le diplosome primitif ou principal forme, au cours du développement de la cellule auditive, des corpuscules centraux multiples ou accessoires. L’un de ceux-ci s’éloigne légèrement de la surface du cytoplasme et donne naissance, chez le Cobaye adulte, à un corps volumineux formé par lin ou deux corpuscules centraux entourés par une couche épaisse et dense. Cet élément répond peut-être au corps de Hensen. Il est important de remarquer que les cils acoustiques ne naissent pas aux dépens de corpuscules centraux, sauf quelquefois un ou deux flagellums ; ils représentent donc des expansions non vibra tiles, conformément à la manière de voir de Henneguy. Leniiossèk, Joseph, Fuchs, etc. La région protoplasmique infranucléaire des cellules auditives renferme une masse plus Colombie désignée sous le nom de corps de Retzius. D'après W. Kolmer, cette masse répond à un épaississement du réseau fibrillaire inlracel-

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lui aire avec lequel se continuent les fibrilles des terminaisons nerveuses. On discute encore la question de savoir si les cellules sensorielles sont munies d’une expansion inférieure qui se prolongerait jusqu’au niveau de la membrane basilaire. Baginsky, Nuel, Cannieu en affirment de nouveau l’existence. Nuel avance même que ce prolongement se divise en trois expansions qui s’attachent sur les trois fibres les plus proches de la membrane basilaire. Spee soutient aussi que l’extrémité inférieure des cellules sensorielles est découpée dendritiquement. Denis n’a constaté cette expansion inférieure à aucune phase de l’ontogénèse, pendant laquelle, cependant, elle devrait se manifester avec le plus d’évidence.

c ) Cellules de soutien (ou cellules de Deiters). — Les cellules de soutien se distinguent en externes et en internes.

Les cellules de soutien externes sont situées en dehors des piliers externes et sont disposées de telle sorte que chacune d’elles correspond à une cellule sensorielle. Elles possèdent une configuration générale fusiforme et on peut leur distinguer un corps, un col et une plaque terminale ou phalange. Le corps cellulaire est formée par une masse protoplasmique, dont la base s’appuie sur la membrane basilaire et dont les faces latérales se mettent en contact avec le corps cellulaire des cellules de Deiters voisines. Il se termine à mi distance à peu près entre la surface et la base de l’organe de Corti. Il est constitué par un protoplasme clair, finement granuleux, avec un noyau situé le plus souvent dans sa partie supérieure (Retzius, Ranvier). On y trouve également deux corpuscules centraux (Spee). Ce protoplasme renferme une fibre réfringente, surtout bien développée chez les animaux un peu âgés (Renaut) ; elle est située soit

dans l’axe, soit dans les parties latérales du corps cellulaire, sur lequel elle peut faire un relief longitudinal (Renaut). Elle se poursuit dans le prolongement périphérique ou col. C’est le filament de soutien de Retzius. D’après N. Van der Stricht, l’appareil filamenteux de soutien commence par un épaississement en forme de cône, se continue en droite ligne dans le corps cytoplasmique et se divise au-dessus du noyau en deux faisceaux, un faisceau principal et un faisceau accessoire ; celui-ci se continue dans le prolongement phalangé ; le premier s’épanouit en un cône fibrillaire dont la base est tournée vers le sommet excavé du corps cellulaire qui loge l’extrémité profonde de la cellule sensorielle. Les fibrilles de ce cône se terminent sur une plaque épaisse qui circonscrit la région profonde de la cellule acoustique (fig. 254).

Le col commence au niveau de l’extrémité supérieure du corps. Celui-ci se rétrécit brusquement à égale distance entre la membrane basilaire et la surface épithéliale. Il se prolonge vers le haut par une expansion très étroite constituée par le filament de soutien entouré d’une mince couche de

Fig. 254. — Cellule de Deiters de Porc.

Début du deuxième tour de spire du limaçon. On voit nettement la fibre de soutien.

En ca , cellules auditives.

D’après Walther Kolmer>

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