‹ Traité d'histologie :Chapitre 144 sur 267 · GG · texte numérisé non relu

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cytoplasma. Celui-ci présente chez l’Homme un léger épaississement situé au milieu du col (Spee) et rempli de granulations pigmentaires. Le filament de soutien se termine par une plaque ou cuticule en forme de phalange (Deiters) qui occupe la surface de la papille spirale. Le filament de soutien se divise, dans le voisinage de la phalange, en un certain nombre de fibrilles terminales; celles-ci s’épanouissent en éventail vers la face inférieure de la phalange et forment

Fig. 255. — Schéma d'une cellule auditive externe de la deuxième rangée et d'une cellule de Ueileis de la première rangée.

a , lame basilaire. — b, corps. — c, col. — d, tôle avec phalange d'une cellule de Deiters de la première rungée, vue en direction radiaire. — La phalange est représentée de face après torsion autour d'un axe horizontal ayant la direction ed. — cn cit c3, cols de cellules de Deiters voisines se rendant aux phalanges de la deuxième rangée. — e, cellule auditive externe de la deuxième rangée. — e, , e3,

tète de cellules auditives de la deuxième rangée. — /*, , fz, f3, phalanges de la troisième rangée. D'après V. Ebnek.

un épaississement en bordure appelé « anneau céphalique » de la cellule de Deiters (Spee). Le col des cellules de Deiters u’est pas dirigé verticalement vers la surface de la papille acoustique. Il s’incline vers la pointe du limaçon, suivant la direction spirale de l’organe de Corti. Sur une vue cavalière de cet organe, on remarque qu’une phalange donnée ne répond pas au corps cellulaire situé exactement au-dessous d’elle, mais au corps cellulaire situé en direction spirale quatre ou cinq rangées plus loin vers la base du limaçon (fig. 255).

Les phalanges se disposent à la surface de l’épithélium entre les cellules auditives et servent à les maintenir en place. Les cellules auditives du premier rang sont séparées par les prolongements phalangés des piliers externes; celles du deuxième rang sont séparées par les phalanges des cellules de soutien du premier rang; celles du troisième rang par les phalanges des cellules de soutien du deuxième rang. Les cellules de soutien du troisième rang (éventuellement celles du quatrième ou du cinquième) envoient à la périphérie un

système de petites plaques, « plaques terminales » de Deiters, qui ferment en dehors le système ajouré cuticulaire. Les phalanges des trois rangs et les plaques terminales sont solidement attachées les unes avec les autres et représentent dans leur ensemble la « membrana velamentosa » (Deiters) (fig. 256).

Les cols des cellules de Deiters laissent entre eux un espace libre dont le plancher est formé par les corps de ces memes cellules appliqués les tins contre les autres, et dont le toit est formé en partie par les phalanges. Cet espace est occupé par les cellules sensorielles, par les terminaisons nerveuses et par une masse liquide. Il communique avec le tunnel de Corti par les larges interstices compris entre les piliers externes. Il est clos de toutes

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parts et n’est pas en continuité avec l’espace endolymphatique cochléaire. Retzius le désigne sous le nom « d’espace de Nuel ».

Les cellules de soutien internes sont cubiques, assez élevées, se recouvrent légèrement les unes les autres, s’abaissent brusquement en dedans et se continuent avec les cellules basses qui revêtent le sillon spiral interne. Entre ces cellules et la cellule auditive interne existe un espace qui communique avec le tunnel de Corti ; il renferme des cellules étoilées et le plexus nerveux venu du ganglion de Corti.

d) L’organe de Corti est terminé en dehors par des cellules cylindriques très élevées, les cellules de Hensen. Les plus internes sont aussi hautes que les cellules de Deiters ; les plus externes s’abaissent brusquement. Leur surface est recouverte par une lame cuticulaire mince qui prolonge les plaques terminales de Deiters. Ces éléments se continuent avec les cellules basses et cubiques qui recouvrent la région externe de la membrane basilaire. Ce sont les cellules dites de Claudius.

e) Membrane réticulaire. — La surface libre de l’épithélium de la papille spirale est tapissée par une

différenciation cuticulaire. Les extrémités des éléments de la papille spirale s’impriment sur elle et produisent ainsi un dessin régulier et élégant. Des cadres réfringents délimitent toutes ces empreintes; ils sont continus entre eux « et tels qu’il s’en formerait sur une cire molle ou une lame de gélatine, frappée par un cachet à reliefs alternants juxtaposés les uns aux autres (Renaut) ». L’épaisseur de la cuticule augmente depuis les cellules auditives internes, où elle est le plus mince, jusqu’aux cellules auditives externes, où elle présente son épaisseur maxima. Elle s’atténue plus en dehors où elle forme le « cadre terminal » de Deiters. Les traits du roseau sont mal définis là où la cuticule est encore très mince, comme au niveau des cellules internes. Au-dessus de l’arcade de Corli, on voit les empreintes régulières de la tête des piliers internes, puis les bourrelets en fer à cheval de la tête des piliers externes, visibles au travers de la mince expansion des piliers internes. Le dispositif des cadres continus

Fig. 256. — Organe de Corli vu par sa face vestibulaire en perspective cavalière, au niveau du tour de spire inférieur (Homme).

a, cellules auditives internes. — 6, cellules de soutien internes. — c, cellules de soutien externes — d, prolongements phalangés des cellules de soutien internes. — ev e.2, e3, première, deuxième et troisième rangée des cellules auditives externes. — ft, /*>, f:i, phalanges de la première, de la deuxième et de la troisième rangée (fv prolongement phalangé du pilier externe). — g, cadres terminaux, — h, cellules de Hensen. x 700. D’après Retzius.

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commence en dehors de ces expansions. On trouve tout d’abord une série d’anneaux qui encerclent la première rangée des cellules auditives externes. L’aire des anneaux est occupée par une mince membrane à laquelle les soies acoustiques restent le plus souvent attachées dans les dissociations. Les phalanges du premier rang alternent avec les anneaux ; elles répondent aux expansions phalangées des piliers externes. Une deuxième série d’anneaux fait suite à la première; ils bordent les cellules sensorielles du deuxième rang et alternent avec les précédents. Ils correspondent aux phalanges du premier rang et sont séparés par les phalanges du deuxième rang qui appartiennent aux cellules de Deiters de la première rangée. De même les anneaux et les phalanges du troisième rang alternent avec les formations homologues du deuxième rang. Les phalanges du dernier rang répondent aux derniers anneaux et ne séparent pas de cellules sensorielles puisqu’elles appartiennent aux cellules de Deiters les plus externes. Les cadres sont ensuite de moins en moins nettement indiqués et répondent aux empreintes marquées par les cellules de Claudius. La membrane réticulaire s’amincit encore sur les cellules de Claudius les plus externes, puis disparaît complètement (fig. 256).

C. Paroi inférieure ou tympanique du canal cochléaire. — Nous avons vu que la paroi tympanique du canal cochléaire est formée par la lame spirale osseuse, la crête spirale et la membrane basilaire sur laquelle se trouve l’organe de Corli.

a) La lame spirale osseuse est constituée par deux feuillets qui sont réunis l’un à l’autre par des lamelles osseuses. L’espace compris entre ces deux feuillets s’élargit de dehors en dedans, s'infléchit en bas au niveau du point ou la racine de la lame spirale s’unit avec la face externe du modiolus, et se continue avec un canal arrondi surcoupe, le canal spiral du limaçon. Ce canal renferme le ganglion spiral ou ganglion de Corli , dont les expansions nerveuses périphériques se prolongent dans l’espace de la lame spirale osseuse et se dirigent vers l'organe de Corli où elles se terminent. Le canal cochléaire empiète seulement sur l’extrémité externe de la lame spirale osseuse.

b) La crèle spirale ou limbe de la lame spirale représente, comme nous l’avons vu, un épaississement périostique de la lame spirale qui dépasse celte dernière sur une certaine étendue. Elle montre en dehors un sillon ou échancrure profonde, le sillon spiral interne. Celui-ci partage la crête en deux lèvres, une lèvre supérieure, courte et tranchante, lèvre veslibulaire ( labium veslibulare, Huschke ou Habenula sulcala , Corti) et une lèvre inférieure ou externe, plus mince et plus longue, lèvre tympanique [labium tgmpanicum , Huschke ou habenula perforata, Kôlliker (fig. 257.

La surface vestibulaire de la crête spirale, entre la membrane de Reissnêr et la lèvre vestibulaire, présente un système de sillons qui la parcourent les uns dans le sens longitudinal, les autres dans le sens transversal. Leur profondeur augmente rapidement de dedans en dehors. Ils découpent sur la crête spirale de petites surfaces quadrilatères qu’on appelle « dents auditives »

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ou « dents de Huschke ». Les sillons interdentaires sont plus larges au niveau de leur partie profonde qu’au niveau de leur partie superficielle. Les dents auditives sont donc plus larges au niveau de leur extrémité superficielle qu’au niveau de leur extrémité inférieure. Elles sont aussi d’autant plus hautes qu’on se rapproche plus de la lèvre vestibulaire. Les dents qui constituent la lèvre vestibulaire elle-même sont dites « dents de la première rangée ». Elles mesurent, d’après Corti, 45 ^ de long, 9 à 11 fx de large, 6 à 7 [x d’épaisseur dans le premier tour ; 33 [x de long et 6 à 7 [x de large dans le dernier tour. Elles seraient au nombre de 2.700 (Krause) ou 2.5oo (Retzius). Les sillons interdentaires sont occupés par des cellules qui prolongent celles qui revêtent la face inférieure de la membrane de Reissner.

ers , crête spirale. — Iso , lame spirale osseuse. — fn, faisceau nerveux. — II, labium tvmpanicum. — lu, lèvre vestibulaire. — ml, membrana tectoria. — ssi , sillon spiral interne. — te, tunnel de Corti. — pi, cellule de pilier interne. — pe, cellules de pilier externe. — cai, cellule auditive inlerne. — cae, cellules auditives externes. — cD, cellules de Deiters. — cH , cellules de Hensen. — cC, cellules de Claudius. — sse, sillon spiral externe. — Is, ligament spiral. — mb, membrane basilaire. X 150.

Le corps cellulaire et le noyau sont situés dans les sillons ; l’extrémité supérieure des cellules s’étale à la surface des dents et y forme des lames polygonales qui recouvrent la face vestibulaire de la crête d’un revêtement continu (Ranvier, Lavdowsky, Retzius).

On a admis pendant longtemps que les dents auditives dérivent des cellules épithéliales du grand bourrelet au niveau de sa région interne (Hensen, Kôlliker). On sait actuellement qu’elles proviennent du tissu conjonctif sous-jacent qui envoie des prolongements entre les cellules épithéliales jusqu’à la surface de l’épithélium. Ces prolongements s’élargissent au niveau de leur extrémité et remplissent les espaces laissés libres entre les rangées de cellules qui prennent une forme ovoïde (Rôttcher, Denis). De plus, ces cellules sécrètent une membrane épaisse, qui s’étend de dedans en dehors à la surface de l’organe de Corti. Chez l’adulte, cette membrane se détache du bord tranchant de la lèvre vestibulaire; mais sa base amincie recouvre toute la surface de la crête spirale comprise entre la lèvre vestibulaire et l’origine de la membrane de Reissner. Elle fait corps avec la sur-

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face des cellules interdentaires dont elle représente une sorte de cuticule. C’est la membrctna tecloria , dont nous nous occuperons plus loin.

La lèvre tympanique forme le bord terminal de la lame spirale osseuse. Elle se dirige en dehors et se continue directement avec la membrane basilaire. Elle est perforée par une série de petits orifices, dits « foramina nervina », qui livrent passage aux ramifications terminales du nerf cochléaire. Ils sont ouverts sur le bord supérieur de la lèvre tympanique, au niveau du point où elle se prolonge par la membrane basilaire, d'où le nom d’ « habenula perforata » que lui a donné Kôlliker. Ces foramina nervina sont très nombreux : Waldeyer en a compté 3. ooo; Retzius les évalue à 5.ooo environ.

La crête spirale est un relief de tissu conjonctif dense, dans lequel se ramifient de nombreux capillaires. Le sillon spiral interne qui creuse cette crête spirale est revêtu par un épithélium cubique dont les éléments se continuent avec ceux des sillons interdentaires, lis proviennent des cellules primitivement très élevées du grand bourrelet de Kôlliker, qui se sont affaissées à la fin du développement, après avoir contribué à la sécrétion de la membrana tecloria.

c) La membrana tecloria ou membrane de Corti (Kôlliker) est une lame épaisse qui se détache de la lèvre vestibulaire, recouvre la papille spirale et s’arrête au niveau du bord externe de celte dernière. On doit lui considérer une région libre, qui s’étend de la lèvre vestibulaire au bord externe de la papille spirale; une région fixe qui s’étend de l’insertion de la membrane de Reissner jusqu’à la lèvre vestibulaire. La membrane de Corti possède une structure filamenteuse. Ses fibres se dirigent de dedans en dehors et obliquement vers l’extrémité aveugle du canal cochléaire. Elles font un angle de 4b° environ avec un plan radiaire. Elles sont assez fortes et volumineuses en dedans, s'amincissent en dehors et s’écartent les unes des autres. Elles forment un feutrage épais sur la face inférieure de la membrane et sont séparées par une substance intermédiaire, molle et homogène. La face inférieure de la membrane présente un sillon bas dont l'existence n’est pas constante. C’est la « strie de Hensen » qui est située en regard des cellules ciliées internes.

d) Membrane basilaire . — Elle fait suite à la lèvre tympanique de la crête spirale, se dirige horizontalement en dehors et se fixe sur une crête basse du stratum semi-lunaire appelée crêle basilaire. On lui distingue : i° une zone interne, zone lisse, zona arcuata ou habenula tecta (Kôlliker); 2° une zone externe, zone striée, ou zona pectinata (Todd-Bowmann). Elle comprend trois couches dans l’une et l'autre de ces deux zones: une couche moyenne ou couche des fibres basilaires, une couche limitante supérieure, une couche inférieure ou tympanale (Retzius) fig. 258).

Au niveau de la zone interne, les fibres basilaires de la couche moyenne sont extrêmement fines, parallèles les unes aux autres et très serrées ; elles continuent et prolongent en dehors les fibres conjonctives de l’habenula perforata. Cette zone supporte la papille spirale. Sa limite est marquée en dehors par la ligne d’insertion des piliers externes de Corti. Dans l’étendue

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de la zone externe ou pectinée, les fibres basilaires sont beaucoup plus volumineuses, plus épaisses, légèrement aplaties, tendues en direction rectiligne, disposées sur une seule couche et reliées les unes aux autres par une substance intermédiaire homogène. Elles sont constituées par les fibrilles de la zone interne qui se sont fusionnées en cordons plus volumineux. Leur longueur s’accroît du tour de spire inférieur vers le tour de spire supérieur (i35 p. dans le tour de spire inférieur, 220 p. dans le tour de spire supérieur chez l’Homme, Retzius).

Elles paraissent se dissocier en abordant la crête basilaire et se continuer avec les fibres du ligament semi-lunaire.

La couche supérieure est formée par la substance intermédiaire comprise entre les fibres basilaires ; elle représente une sorte de limitante vis-à-vis de l’épithélium sensoriel sus-jacent et renferme des noyaux disposés en séries dans l’étendue de la zone pectinée.

La couche inférieure ou tympanale est une assise de cellules très serrées, munies de prolongements étoilées et ramifiés, semblables aux cellules conjonctives jeunes. Elle renferme une veine (quelquefois deux) assez volumineuse, située au-dessous de l’organe de Corti et appelée vaisseau spiral. Elle est formée par les anastomoses des capillaires venus de la lame spirale osseuse.

D. Paroi externe du canal cochléaire.

— Elle est orientée vers la lame des contours et se trouve délimitée par la moitié supérieure du ligament semi-lunaire. Elle nous montre successivement de bas en haut : la crête basilaire ; le sillon spiral externe) une saillie du stratum semi-lunaire dans la rampe cochléaire, bourrelet du stratum semi-lunaire ou proéminence spirale; une gouttière large et peu profonde caractérisée par l’épaisseur de l’épithélium et par sa richesse en vaisseaux sanguins, la strie vasculaire ; une crête étroite sur laquelle s’insère la membrane de Reissner, la crête de Reissner.

Fig. 258. — Lame basilaire du tour de spire moyen d’Ecureuil. Vue vestibulaire.

a, dents auditives du Labium vestibulare. — b, partie interne du sillon spiral parcouru par les filets nerveux à myéline. — c, foramina neruina avec les endroits de pénétration des filets nerveux qui ont perdu à ce niveau leur myéline. — d , labium tympanicum. — e, vaisseau spiral. — cdf, Habenula tecta (région des piliers de Corti) avec sa fine fibrillation. — fh, zone pectinée dont les fibres ont été déchirées. — p, fibres de la lame basilaire rompues en h. — i, cuticule homogène, qui recouvre les fibres de la membrane basilaire, x 530. D’après v. Ebner.

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Les cellules de la poule externe de l’organe de Corli s’abaissent brusquement pour se prolonger sur le sillon spiral externe et sur la proéminence spirale ; elles forment un épithélium unislratifié. Ces cellules sont à ce niveau mal délimitées du tissu sous-jacent où elles envoient des prolongements ramifiés (Deiters, Bôttcher, Retzius), nucléés et striés longitudinalement (Prenant). Ils peuvent s’anastomoser les uns avec les autres. Prenant, comme Bôttcher, leur attribue des propriétés contractiles et les considère comme formant dans leur ensemble le « muscle cochléaire » de Todt et Bowman. D’après Denis, les ramifications protoplasmiques nucléées qu’on rencontre dans le lissu conjonctif sous-jacent à l’épithélium proviennent de cellules épithéliales qui oui émigré dans le chorion et s’y sont ramifiées.

La proéminence spirale et la crête de Reissner limitent entre elles un sillon large et peu profond.

C’est la strie vasculaire dont la morphologie et la signification ont suscité les recherches d’un grand nombre d’auteurs (1 ). Kl le est constituée par un épithélium stratifié, formé dans la profondeur de cellules basses cl ramifiées, à la surface de cellules hautes et cylindriques qui renferment des granulations pigme

bules de graisse dans certains cas.

Un réseau capillaire abondant se déploie dans l'épaisseuf do cet épi- I Indium et lui donne une structure particulière. C’est un épithélium vasculaire (G. Retzius). Ce réseau se ramifie non seulement dans la couche profonde, mais aussi dans la couche superficielle de l’épithélium; les cellules de la strie se moulent à leur surface et prennent les formes les plus variables. La question que certains biologistes se sont posée est de savoir s’il s’agit d’une pénétration vasculaire secondaire, ou si ces vaisseaux se sont différenciés au sein de l’épithélium pour s’anastomoser ensuite avec les capillaires du tissu conjonctif sous-jacent. Retzius et Prenant admettent l’origine épithéliale de toute la strie. Prenant a observé que la strie de l’embryon possède deux couches de cellules, une interne régulière, une externe irrégulière et plasmodiale. Des lumières vasculaires se creusent dans celte dernière couche. Plus tard, la couche plasmodiale prend une structure réticulée; c’est le « réticulum épithélial » qui se tasse et s’efface chez l’adulte en donnant sans doute naissance : i° à une sorte de membrane basale nucléée; 2° à des cellules interstitielles

(1) Reissner, Hensen, Loevenberg, Bôttciier, Gottstein, Schnvalbe, Retzius, Baginsky, Katz, Prenant, Denis.

ntaires brun jaunâtre et dcsglo-

c re

Fig. 259. — Strie vasculaire du limaçon chez un embryon de Cobaye de 10 centimètres de lony.

Grand développement des cellules propres de la strie, dont les prolongements s’enfoncent très profondément. Cellules épithéliales ce, interposées aux précédentes. Réticulum d'origine épithéliale, re, bien développé, reposant sur une couche plus claire c. En a, produits d'exsudation des cellules propres de la strie. — v, vaisseau avec globules rouges.

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situées entre les cellules épithéliales et qui sont soit des éléments de soutien, soit des éléments lymphatiques. La strie tout entière est donc d’origine épithéliale. Beaucoup d’auteurs admettent au contraire que les capillaires de la strie pénètrent secondairement dans les assises épithéliales (Baginsky, Benaut, Katz, Denis, etc.) et que le réticulum épithélial de Prenant est de nature conjonctive (Denis). V. Ebner considère, avec Prenant et Betzius, que les cellules profondes du réticulum appartiennent à l’épithélium et non au tissu conjonctif.

Les auteurs s’accordent mieux au sujet de la signification physiologique de la strie qu’au sujet de sa signification morphologique. On admet qu’elle sert à la sécrétion de fendolymphe. Prenant la compare à la portion ciliaire de la rétine, préposée à la filtration des liquides intraoculaires. Nous ferons remarquer qu’une formation analogue et particulièrement développée existe chez les Oiseaux et les Reptiles. C’est le tegmentum vasculosum (Deiters) qui se déploie en replis abondants, non pas au niveau de la strie vasculaire des Mammifères, mais au niveau de la membrane de Reissner.

E. Paroi supérieure ou vestibulaire du canal cochléaire. — La membrane vestibulaire du canal cochléaire ou membrane de Reissner est formée par une couche conjonctive dense tapissée en dedans par une couche endothéliale dont les cellules renferment du pigment. Ces cellules endothéliales deviennent cubiques de place en place et forment des amas qui font saillie en dedans. La lame conjonctive de la membrane vestibulaire renferme des vaisseaux chez certains animaux; elle en est dépourvue chez l’Iiomme.

Les rampes vestibulaire et lympanique sont tapissées également par une assise de cellules endothéliformes aplaties.

F. Terminaisons dans l’organe de Corti des prolongements issus des cellules sensorielles ganglionnaires. — Ces prolongements, venus du ganglion spiral, s’insinuent entre les deux feuillets de la lame spirale osseuse, sortent de la crête spirale par les foramina nervina, se dirigent vers l’organe de Corti et se terminent par des arborisations autour des cellules auditives ciliées ou cellules sensorielles accessoires.

La manière d’être des prolongements périphériques des cellules ganglionnaires est assez compliquée. Leur disposition à l’intérieur de la lame spirale montre qu’ils constituent des faisceaux épais de fibres, dont la direction générale est radiaire, mais qui s’entre-croisent cependant les uns avec les autres pour former un plexus à mailles très allongées. Ce plexus est beaucoup plus riche en fibres nerveuses dans la région inférieure du limaçon que dans les parties moyenne et supérieure. Cependant, comme les cellules auditives sont plus nombreuses au niveau du tour de spire supérieur qu’au niveau du tour de spire inférieur, et comme ces cellules auditives représentent les points de terminaisons des fibres nerveuses, celles-ci devraient être plus abondantes dans l’étage supérieur du limaçon. Il faut donc admettre qu’une partie des fibres du plexus inférieur est destiné aux cellules auditives du tour de spire supérieur. L’observation montre, en effet, qu’un certain nombre de faisceaux nerveux croisent les faisceaux

radiaires à angle droit et prennent une direction longitudinale, parallèle à celle de la lame spirale osseuse.

Les prolongements périphériques des cellules ganglionnaires de Corti présentent en outre des collatérales qui peuvent atteindre des dimensions considérables. Ce fait a été bien mis en lumière à la suite des études histogénétiques faites sur le ganglion spiral par Ayers, Retzius et Held. Dans un grand nombre de cas, ces collatérales se dirigent radiairement vers l’organe de Corti et s’y terminent, tandis que la fibre principale prend une

Fig. 260. — Schéma du trajet des fibres nerveuses dans la lame spirale et l'organe de Corti

vu d'en haut.

a, région de la lame spirale osseuse, avec le ganglion et les nerfs radiaires. — 6, fibres nerveuses spirales avec collatérales. — c, région des cellules auditives internes. — d. tunnel. — e, cellules auditives externes. — fe t y. orthoneures, c’est-à-dire cellules ganglionnaires avec ramifications terminales orientées radiairement. — h, spironeures, c’est-à-dire cellules ganglionnaires avec branches de division orientées en direction spirale — i, U, /. orthoneures svec branches terminales orientées en direction spirale. — ? fibres nerveuses ceutrifugales qui viendraient directement de la moelle allongée. D’après v. Ebner.

direction spirale, se poursuit dans la lame spirale osseuse et s’épanouit probablement dans l’organe de Corti à une distance plus ou moins grande de son origine. Toutes ces fibres, collatérales ou terminales, perdent leur gaine de myéline au voisinage de l’habenula perforata, traversent par faisceaux les foramina nervina, parviennent contre la face interne des piliers internes et constituent à ce niveau un premier plexus de minces fibrilles enchevêtrées.

Une partie de ces fibrilles se dirigent vers les cellules sensorielles internes et se terminent par des arborisations variqueuses autour de ces dernières; une autre partie suit un trajet spiral; une troisième s’insinue entre les piliers internes, pénètre dans le tunnel de Corti, et forme un deuxième plexus sur le côté externe des piliers internes. Ce plexus renferme

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des fibres à direction spirale et des fibres radiaires. Celles-ci traversent le tunnel, en sortent par les interstices situés entre les piliers externes et forment un nouveau plexus au-dessous des cellules auditives externes de la première rangée. C’est le premier plexus spiral externe. Un deuxième et un troisième plexus font suite au premier et répondent chacun aux rangées correspondantes des cellules auditives. Il en existe autant qu’il y a de rangées. On en comptera donc quatre chez l’Homme et quelquefois cinq, dans le tour de spire supérieur. Tous ces plexus et les filaments radiaires qui les réunissent sont situés sur les corps des cellules de soutien, c’est-à-dire sur le plancher de l’espace de Nuel. Ils donnent naissance à des fibrilles qui se dirigent vers la base des cellules auditives et qui les enlacent de leurs ramifications terminales (Retzius). Ils diminuent tous de volume au fur et à mesure qu'ils s’éloignent de Thabenula perforat.a (fig. 260).

D’après Walther Kolmer, les ramifications nerveuses du nerf cochléaire se continueraient directement avec les fibrilles intracytoplasmiques des cellules auditives. Leurs fibrilles cylindre-axiles se comporteraient vis-àvis des cellules auditives de la même façon qu’au niveau des macules et des crêtes acoustiques (fig. 261).

D’après Schwalbe et v. Ebner, il y a lieu de distinguer deux types de cellules dans le ganglion spiral, tout au moins chez l’embryon et le jeune animal: ce sont d’une part les cellules avec fibre périphérique spirale et collatérales radiaires; d’autre part les cellules avec fibre périphérique radiaire, peu divisée.

On peut désigner les premières sous le

nom de spironeures et les secondes sous le nom d'orthoneures. Celles-ci peuvent à leur tour être distinguées en cellules avec ramifications dont la direction est en général radiaire, avec orthodendries , et en cellules avec ramifications qui deviennent radiaires après un trajet spiral plus ou moins long, avec spirodendries. Le schéma ci-contre fera bien comprendre la disposition des prolongements issus des cellules sensibles ganglionnaires (fig. 260).

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Fig. 261. — Coupe de l’organe de Corti d'une Souris nouveau-née.

On voit le réseau de fibrilles dans les cellules auditives et leur continuité avec les fibres spirales. Imprégnation des fibrilles par la méthode de Cajal à l’alcool ammoniacal. D’après Walther Kolmer.

G. Vaisseaux de l’oreille interne. — Les vaisseaux sanguins de l’oreille interne ne présentent pas de dispositifs histologiques particuliers. Toutefois, Schwalbe a décrit des sortes de pelotons à la terminaison des artérioles qui irriguent le limaçon. 11 les désigne sous le nom de « glomérules », dont les plus volumineux se rencontrent dans le territoire de la strie vasculaire, et dont les plus réduits se trouvent sur les vaisseaux qui se rendent à la lame spirale.

Les lymphatiques de l’oreille sont peu connus. Les espaces péri et endolymphatiques remplis de lymphe sont considérés comme tels. Les espaces périlymphatiques ont en effet la structure des espaces conjonctifs : ils sont revêtus d’endothélium et communiquent avec les espaces arachnoïdiens par

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l’intermédiaire de l’aqueduc du limaçon et du vestibule, et avec les espaces sous-arachnoïdiens par les gaines qui enveloppent le nerf auditif (Axel- Key, Retzius).

Les organes accessoires de l’oreille, pavillon, conduit auditif externe, membrane du tympan, d’une part, trompe d’Eustache et caisse du tympan, d’autre part, trouvent ailleurs leur description. Les premiers, en effet, représentent des régions plus ou moins différenciées du tégument externe. Les seconds représentent embryologiquement un diverticule du naso-pharynx. Leur muqueuse en constitue une expansion et offre avec celle du naso-pharynx une homologie morphologique évidente. Aussi sera-t-elle étudiée avec la muqueuse pharyngienne.

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