CHAPITRE V
L'organe du tact. La peau ou tégument externe.
L’organe du tact ou organe tango-récepteur et caloro-récepteur est constitué par des cellules sensibles ganglionnaires et par des cellules accessoires (fig. 264).
Les premières sont renfermées dans les ganglions cérébro-spinaux, à l’exception des ganglions des huitième et neuvième nerfs crâniens dont le second participe cependant à la sensibilité générale. Les prolongements périphériques de ces cellules aboutissent au tégument externe formé, comme nous l’avons vu dans le tome I de cet ouvrage, par un derme et un épiderme. Au niveau de l’épiderme, ils se terminent entre les cellules par des ramifications libres. Au niveau du derme ils se terminent le plus souvent dans des organes particuliers, de nature conjonctive et à structure variable. Les éléments épidermiques et dermiques, au niveau desquels s’arborisent les dernières ramifications nerveuses, doivent être considérés comme des éléments sensoriels accessoires, bien que leur différenciation morphologique soit moins précise que dans les épithéliums sensoriels déjà étudiés (neuroépithéliums gusto-récepteur et phono-récepteur). Mais tous ces éléments cutanés épidermiques et dermiques se sont aussi différenciés en vue des autres fonctions qu’ils ont à remplir. Les cellules épidermiques en particulier constituent par leur superposition, par leur union solide, parla transformation cornée de leurs couches superficielles un revêtement qui protège l’organisme contre les violences extérieures. Elles forment en outre de petits organes qui concourent au même but ou qui jouent un rôle dans la régulation thermique Telles sont les glandes cutanées et les phanères. Celles-ci font saillie à la surface du tégument externe, s’adaptent aux conditions de milieu et présentent par suite les variations morphologiques les plus étendues. Ces variations peuvent être si considérables que les phanères suffisent pour caractériser les principaux groupes de la série des Vertébrés. Les écailles, les plumes, les dents cornées, les poils, les ongles, les cornes, représentent les plus importantes de ces formations phanériennes. Le derme partage le rôle protecteur que nous venons de reconnaître à l'épithélium superficiel. Non seulement il renferme les terminaisons sensorielles les plus différenciées, mais il s’infiltre dans sa profondeur de cellules adipeuses; celles-ci forment dans leur ensemble un véritable manteau Histologie II. 37
HISTOLOGIE ET ANATOMIE MICROSCOPIQUE
isolant, qui peut atteindre une épaisseur considérable et qui défend l’organisme contre les changements brusques de température.
Le tégument externe répond donc à de multiples adaptations fonctionnelles, ce qui explique la complexité de sa structure et les variations morphologiques étendues des organes qui en dérivent. Dans l’étude que nous allons en faire, nous analyserons tout d’abord la structure de l’épiderme et du derme et les terminaisons nerveuses qu’ils renferment; nous passerons ensuite en revue les dérivés glandulaires et phanériens des couches cutanées, en nous limitant aux seuls Mammifères.
Article premier. — DÉVELOPPEMENT DU TÉGUMENT EXTERNE
La peau est formée de deux parties histologiquement et embryologiquement distinctes: un feuillet superficiel, d’origine ectoblastique ; un feuillet profond, d’origine mésoblastique ou mésenchymateuse.