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CHAPITRE IX

Sclérotique, tractus uvéal et milieux transparents de l’œil.

Nous savons, par l’étude du développement, qu’autourde la rétine se différencient une série d’organes qui servent à la soutenir, à la protéger, à lui fournir les matériaux nourriciers, à diaphragmer les rayons lumineux, à condenser ces derniers en un point de sa surface. Ce sont la cornée, la sclérotique, la choroïde, le corps ciliaire et l’iris, le cristallin et son ligament suspenseur, le corps vitré. Nous étudierons successivement l’histogénèse et la structure de ces différents organes.

Article premier. — LA CORNÉE I. — Développement.

La cornée est une partie différenciée du tégument externe, comme le montrent sa structure et son développement. Elle provient en effet de l’épiderme situé au-devant de la vésicule oculaire et de la mince couche mésenchymateuse sous-jacente. Celle-ci est interposée entre l’ectoderme et l’ébauche cristallinienne (fig. 3i2). Une fissure verticale et étroite la partage bientôt en deux lames, une postérieure qui constitue la membrane pupillaire, une antérieure qui reste appliquée contre la face profonde de l’épiderme. Cette fissure est l’ébauche de la chambre antérieure de l’œil. La lame mésenchymateuse sous-épithéliale est semblable à celle qui existe partout au-dessous de l’ectoderme et qui contribuera à édifier le derme cutané. Elle représente le derme cornéen, dont l’épithélium antérieur forme la partie épidermique. Plus tard, l’ectoderme de la région cornéenne prend les caractères des épithéliums pavimenteux stratifiés. Une couche cornée ne se différencie pas à sa surface, les paupières jouant le rôle protecteur que la peau doit à ses couches superficielles. Le derme est formé de fibres conjonctives modifiées ; elles s’agencent en strates successives où elles montrent une disposition régulière que nous étudierons ultérieurement, et qui caractérise la structure normale du derme embryonnaire dans toute l’étendue du tégument externe, à une certaine période du développement. Il conserve pendant toute l’existence cette structure fondamentale chez certains Vertébrés inférieurs.

HISTOLOGIE ET ANATOMIE MICROSCOPIQUE

D’après Wolfraum, les cellules mésenchymateuses différencient les libres connectives de la cornée par un processus semblable à celui qui a été décrit à propos de la formation des fibrilles du tissu conjonctif (Flemming). La fibrillation débute à la périphérie des cellules mésenchymateuses, puis les fibrilles s’isolent des cellules qui leur ont donné naissance. Wolfraum admet qu’il se forme de nouvelles fibrilles jusqu’aux stades les plus avancés du développement embryonnaire, et il pense môme qu'un tel processus se rencontre encore chez l’adulte dans certaines conditions pathologiques.

Une couche dense, d'aspect homogène, apparaît bientôt entre l’épil hélium antérieur et l’ébauche dermique sous-jacente. Elle est constituée par de minces fibrilles qui s’amoncellent au-dessous des cellules épithéliales profondes et qui proviennent des fibrilles les plus superficielles du lissu conjonctif cornéen. Elles représentent le premier rudiment de la membrane basale antérieure. Le tissu conjonctif de la cornée embryonnaire est tapissé en dedans par une assise de cellules mésenchymateuses (pie l’on peut déjà distinguer alors que la chambre antérieure de l'œil n’est pas encore ébauchée. Cette couche s’organise en un endothélium qui sera l’épithélium postérieur ou de Descemel.

On voit donc que la cornée et la peau ont la môme origine et la môme évolution hislogénétique. L'étude histologique à l’état adulte va nous permettre de rendre ce rapprochement encore plus étroit, tout en insistant sur les particularités de structure qui font de la cornée un organe spécial et sans autre représentant dans l’économie.

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