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Choroïde

La choroïde peut être divisée schématiquement en cinq couches:

i° La couche pigmentaire externe ou lamina fusca et suprachoroïdea. — Cette couche adhère fortement à la sclérotique. C’est un tissu conjonctif disposé en feuillets de 2 à 3 [x d'épaisseur qui sont reliés -les uns avec les autres par des anastomoses obliques el limitent des espaces assez vastes qui communiquent entre eux. On peut compter de cinq à neuf feuillets quand ces espaces sont distendus par du liquide. Dans le cas contraire, l i couche pigmentaire externe paraît dense et formée de s. rates superposées. Ces feuillets choroïdiens renferment de nombreuses cellules conjonctives el de volumineuses cellules pigmentaires, étoilées, polygonales ou arrondies, dont les granulations sont colorées en brun foncé ou en brun clair. Tous ces éléments sont englobés dans une substance filamenteuse qui constitue la substance fondamentale des lamelles. Celles-ci renferment en outre un assez grand nombre de fibres élastiques anaslomosées (Stutzer). La surface des lames choroïdiennes est recouverte de cellules endothéliales ; aussi Sciiwalbe assimile-t-il les espaces suprachoroïdiens à des espaces lymphatiques qui recueillent et charrient la lymphe issue des régions profondes de la choroïde. Ces lames se continuent insensiblement avec le tissu de soutien de la couche sous-jacente ou couche des vaisseaux.

2° La couche des vaisseaux ou lamina vasculosa. — Le stroma de cette couche est formé par des lamelles conjonctives, des fibrilles élastiques et des cellules pigmentaires étoilées. Les lamelles sont plus épaisses, plus résistantes qu’au niveau de la couche précédente et leur direction générale est parallèle à celle des vaisseaux sanguins. Ceux-ci sont de dimensions variables ; les plus volumineux sont situés en dehors et les moins volumineux en dedans; ce sont surtout des veines dont les grosses branches occupent l’assise la plus superficielle de la lame vasculaire (veines vorticineuses). Les artères sont moins nombreuses et sont pourvues d’une couche musculaire bien développée. II. Muller décrit également dans cette couche des faisceaux de fibres musculaires lisses qui forment par places des réseaux délicats. Les lames du stroma sont recouvertes d’un endothélium et les intervalles qui les séparent peuvent être homologués à des espaces lymphatiques. De plus, d’après Sattler, les veines de la lamina vasculosa sont entourées d’espaces périvasculaires

ORGANES DES SENS

qui sont revêtus d’endothélium et qui représentent ainsi de véritables gaines lymphatiques.

On distingue souvent dans la lamina vasculosa deux couches superposées : une couche supérieure de gros vaisseaux (couche des gros vaisseaux, tunique vasculaire de Haller), et une couche profonde de vaisseaux de calibre moyen (couche des vaisseaux moyens). Cette distinction serait justifiée s’il existait entre ces deux couches une membrane endothéliale presque continue, comme l’affirme Greeff. Dans tous les cas, Greeff et Sattler sont d’accord pour admettre l’existence d’une membrane en-

Fig. 346. — Choroïde au niveau de l’ora serrata dont les espaces supra-choroïdiens

sont distendus.

rèl, rétine ciliaire. — Ib, lame basilaire. — chc, couche chorio-capillaire, — lu, lame vasculaire de la choroïde. — Isupch , lames de la suprachoroïde. — esp, espaces de la suprachoroïde. x 125.

dothéliale sur la face profonde de la lame vasculaire. C’est la membrane de Sattler qui limite cette dernière de la couche suivante ou lame chorio-capillaire.

3° La couche chorio-capillaire est une rangée de gros capillaires très serrés, plongés dans une substance qui paraît vaguement filamenteuse et qui renferme quelques cellules disposées le long des vaisseaux. Les capillaires de cette couche mesurent de îo à 3o jx de diamètre ; ce sont les plus volumineux de l’économie. Ils s’anastomosent les uns avec les autres pour former des mailles dont les dimensions varient suivant les régions ; elles sont très étroites dans la région maculaire (3 à 18 (jl de diamètre), plus étendues dans la région équatoriale du globe oculaire, très allongées et très vastes au niveau de l’ora serrata (6 à 36 [x de large, sur 6o à 4oo [x de long) (Leber). Le nitrate d’argent ne décèle pas de contours endothéliaux dans ces capillaires d’après Venneman. Smirnow a décrit récemment, sur la face interne de la chorio-capillaire, un réseau serré de fibres élastiques resté jusqu’ici inconnu. Il appelle cette couche élastique « stratum élastique supra-capillaire » parce quelle est située entre la choriocapillaire et la couche sous-jacente ou lame basilaire.

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4° La lame basilaire (Henle), encore appelée membrane de Brucii, lame vitrée (Arnold), membrane élastique (Kôllikër), est un feuillet très mince, (i,3 jjl), anhyste et homogène, qui constitue la limite interne de la choroïde el qui se termine autour du nerf optique sans y pénétrer.

Certains animaux (Bœuf, Chien, Chat, etc.), ont une choroïde brillante et irisée quand on l’examine de face. La région où elle présente cet aspect est désignée sous le nom de « tapis » (tapétum lucidum). Celui-ci est formé par l'interposition, entre la chorio-capillaire et la lame vasculaire, dune couche très épaisse, (îooà 200 a d’épaisseur), de nature fibreuse chez les Ruminants et de nature cellulaire chez les Carnassiers. Le tapis fibreux est une assise de fibrilles conjonctives disposées parallèlement à la surface de la choroïde. Le lapis cellulaire est une couche de cellules polygonales, à six pans, de forme très aplatie, très volumineuses (4o de diamètre environ), désignées sous le nom d’ « iridocytes » ou « cellules irisantes ». Leur cytoplasme est farci de fins cristaux aciculés sur lesquels joue la lumière Tourneux). Brucke admet que le tapétum est utile aux animaux, surtout pour la vue crépusculaire. Il leur permet de voir dans des conditions où un autre animal sans tapétum se trouverait dans l’obscurité, tout en recevant la même excitation rétinienne. Bruche donne ù ce sujet l’explication suivante : la lumière traverse la rétine, l’excite une première fois, rencontre le tapétum, se réfléchit en arrière et excite à nouveau les mêmes endroits de la rétine. Celle double action île la même image permet la perception lumineuse dans des conditions oii une excitation simple n’aurait pu la produire. Putter pense qu’il ne peut s’agir ici d'une deuxième image, mais d’une lumière diffuse réfléchie de différents côtés par le tapétum. Celui-ci est particulièrement développé chez les Mammifères marins où il remplit presque tout le fond de l’œil Putter). L'existence du tapis chez ces animaux s’explique par la nécessité où ils se trouvent de poursuivre leur proie à des profondeurs marines où la lumière est extrêmement failde.

IL — Corps ciliaire.

Le corps ciliaire s'étend entre l’ora serrata et le bord supérieur de l’iris. Il comprend deux parties essentielles : le muscle ciliaire , ou muscle de l’accommodation, et les procès ciliaires qui jouent un rôle fondamental dans la nutrition du segment antérieur de l’œil. O11 peut distinguer à la région ciliaire deux parties quand on l'examine par sa face interne : une région antérieure, formée par une série de replis parallèles et radiés ; ce sont les procès ciliaires dont l’ensemble représente la couronne ciliaire ; une région postérieure, lisse, très foncée, qui s’étend entre la racine des procès ciliaires et l'ora serrata : c'est Vorbiculus ciliaris.

Le corps ciliaire nous montre la structure suivante sur une coupe méridienne :

i° En dehors, du côté de la sclérotique, on trouve la lamina fusca supraciliaris. Elle possède la même structure que la lamina suprachoroïdca, avec laquelle elle se continue ; ses lamelles sont seulement plus minces et limitent des cavités plus vastes.

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2° Muscle ciliaire. — Le muscle ciliaire esl situé au-dessous de cette couche et montre la forme d’un triangle sur coupe transversale; son angle droit est tourné du côté des procès ciliaires, son angle aigu en arrière vers la choroïde et son troisième angle vers la racine de l’iris. Ce dernier angle est son point d’insertion fixe. Le muscle ciliaire est constitué par des fibres lisses dont les unes ont une direction méridienne et les autres une direction circulaire; tous ces faisceaux s’anastomosent et forment des mailles très allongées.

Les fibres musculaires longitudinales sont les plus externes; elles se prolongent en arrière au delà de l’ora serrata, s’insèrent sur les lames suprachoroïdiennes et, par leur intermédiaire, sur la sclérotique. Elles se jettent en avant sur des faisceaux conjonctifs rassemblés en un tendon aplati et annulaire qui continue la direction des faisceaux musculaires et se rattache à la zone postérieure du système trabéculaire scléro-cornéen. L’ensemble de ces fibres longitudinales porte le nom de muscle de Brücke, bien qu’il ait été découvert par Wallace (Chrétien). Les fibres circulaires forment le côté et l’angle internes du muscle ciliaire. Les anastomoses que ces faisceaux circulaires contractent sont beaucoup moins nombreuses que dans le muscle longitudinal. On désigne encore la partie circulaire ou annulaire du muscle ciliaire sous le nom de muscle de Müller, ou plutôt sous celui de muscle de Rouget qui paraît l’avoir observé le premier (Chrétien). Il existe, d’après Iwanoff et Artl, de nombreuses variations dans le développement relatif des diverses parties du muscle ciliaire. Les deux types extrêmes sont les suivants : a) le muscle est à peu près exclusivement constitué par des fibres longitudinales; son angle inféro-interne a presque complètement disparu. Une telle musculature s’observe surtout dans les yeux allongés, c’est-à-dire atteints de myopie forte; b) le muscle ciliaire annulaire est très développé, au contraire du muscle de Brücke qui est infiniment plus grêle que dans les conditions normales. Une telle structure du muscle ciliaire se voit surtout dans les yeux courts, c’est-à-dire chez les hypermétropes. Il est évident que tous les intermédiaires se rencontrent entre ces types extrêmes. Il faut ajouter aussi que ces variations musculaires ne peuvent servir pour caractériser les yeux myopes et hypermétropes, comme Iwanoff le reconnaît lui-même. Certains auteurs (Heine) admettent que la disposition du muscle ciliaire décrite par Iwanoff comme typique des yeux myopes ou hypermétropes est due à l’état de contraction ou de relâchement soit du muscle de Müller, soit du muscle de Brücke {fig- 344).

Entre les faisceaux du muscle ciliaire, on trouve un tissu vasculo-conjonclif assez développé avec des cellules conjonctives et quelques cellules pigmentaires. Celles-ci sont abondantes surtout du côté de la sclérotique, et en arrière du côté de la choroïde. On trouve aussi de nombreuses fibres élastiques (Stutzer) entre les faisceaux du muscle longitudinal. Il n’en existerait pas dans le muscle circulaire.

Les fibres du muscle ciliaire, chez les Oiseaux, s’avancent jusque dans le stroma cornéen (muscle de Krampton). Il offre tout d’abord, chez les embryons, la structure des muscles lisses ; il se transforme ensuite en muscle strié. Chez les Rongeurs, le muscle longitudinal se

prolonge en arrière en une lame qui se poursuit clans tout le stroma de la choroïde.

3° Procès ciliaires. — Le stroma conjonctif du muscle ciliaire se continue avec celui des procès ciliaires. On y rencontre un grand nombre de fibres élastiques surtout abondantes dans la couche qui limite en dedans le muscle ciliaire (Stutzer) ; cette couche est également remarquable, dans la majorité des cas, par une masse assez considérable de cellules

Fig. 347. — Coupe de la région ciliaire de l'œil humain.

Sel, sclérotique. — cSch, canal de Sclilemm. — Lp, ligament pectine de l’iris. - Co, cornée. — ca, chambre antérieure. — clip, chambre postérieure. — ir, iris, — pre, procès ciliaires. — mcl, muscle ciliaire longitudinal. — mcc, muscle ciliaire circulaire. — rc, rétine ciliaire. — ri, rétine irienne. — zo, fibres de la zonule. x 100.

pigmentaires. Salzmann a montré que la nappe élastique située dans la choroïde entre la chorio-capillaire et la lame basilaire se continue d’arrière en avant et se perd peu à peu dans la région inférieure des procès ciliaires. Le stroma des procès ciliaires renferme un très grand nombre de vaisseaux; ils proviennent tous, d'après Leber, du grand cercle artériel irien qui donne naissance à de petites branches qui se ramifient en capillaires pelotonnés; ceux-ci occupent la masse principale des procès ciliaires, s’anastomosent les uns avec les autres et forment des veinules qui se dirigent en arrière et se jettent dans les veines vorticineuses de la choroïde. 11 n’existe pas de chorio-capillaire au niveau des procès ciliaires (fig. 347).

4° Rétine ciliaire. — Le corps ciliaire est limité en dedans par une vitrée

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et un épithélium (partie ciliaire de la rétine). La vitrée prolonge celle de la choroïde. Elle est très mince au niveau de l’orbiculus ciliaris et devient beaucoup plus épaisse au niveau des procès ciliaires. Elle présente des épaississements en forme de plis qui s’anastomosent les uns avec les autres et forment une sorte de réseau à mailles inégales suivant les régions considérées [réliculum du corps ciliaire , H. Muller); elles sont très volumineuses à quelque distance en avant de l’ora serrata et diminuent de dimensions au fur et à mesure qu’on se rapproche et la région ciliaire.

La face interne de cette vitrée est tapissée par un épithélium qui con-

Fig. 348. — Coupe de la rétine et de la choroïde au niueau de iorbiculus ciliaris (Homme).

Bel, rétine ciliaire, avec ses deux couches, une couche externe formée de cellules cylindriques non pigmentées ; une couche interne formée de cellules cubiques pigmentées. — ch , choroïde vasculaire avec la chorio-capillaire en dedans. — sch, supra-choroïde, dont les lames constitutives sont écartées les unes des autres, x 250.

serve la même structure fondamentale qu’à l'état embryonnaire. Il est formé par deux couches de cellules : une couche externe pigmentée et une couche interne non pigmentée. La couche externe est une assise de cellules cubiques qui comble les mailles du réticulum ciliaire, et se continue en arrière avec l’épithélium pigmenté de la rétine. La couche interne s’invagine plus ou moins et par places dans la profondeur. Collins et Buchanan ont récemment considéré ces invaginations comme des glandes qui élaboreraient l’humeur aqueuse. Parfois on remarque, sur les expansions les plus développées des procès ciliaires, des cellules épithéliales dont les unes sont incolores et rappellent la structure des cellules muqueuses, et dont les autres paraissent sombres et finement granuleuses (Schwalbe) ; ces aspects font supposer l’existence de processus sécrétoires (Treacher, Collins). Mawas vient de montrer que de tels processus existent réellement. Examinés à l’état vivant dans le sérum isotonique, ces éléments

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sont bourrés de petites granulations réfringentes, semblables à celles qu’on trouve dans les cellules glandulaires. Après fixation et coloration, on voit que ces grains sont surtout nombreux dans la partie apicale des cellules; ils sont plus ou moins abondants suivant les éléments considérés; le cytoplasme renferme en outre très souvent des vacuoles incolores. Aussi Mawas admet-il que l’épithélium ciliaire joue un rôle dans l’élaboration de l’humeur aqueuse. Il admet en outre, à la suite de ses observations sur la structure

du corps ciliaire chez les sujets atteints de cataracte, que cette affection s’accompagne d’altérations profondes de la rétine aveugle. Ces altérations, en modifiant la constitution de l’humeur aqueuse, milieu nutritif pour le cristallin, déterminent un trouble dans la nutrition de cet organe et par suite son opacification. Peters et Sala avaient fait des observations analogues dans la cataracte tétanique ou naphtalinique chez le Lapin.

Les cellules de la couche interne sont très élevées, cylindriques dans les régions postérieures de l’orbiculus ciliaris. Leur hauteur

en avant. Elles ont une forme cubique et sont moins hautes que larges sur le sommet des procès ciliaires. La surface de cette couche cellulaire est recouverte par une mince cuticule, la membrane vilrée interne (Salzmann), que certains auteurs considèrent comme un prolongement de la limitante interne de la rétine lig. 348).

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