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III. — ZONULE CILIAIRE

C/esl un système de fibrilles tendu entre la région ciliaire et l’équateur du cristallin et qui a reçu pour celte raison le nom de ligament

suspenseiir du cris cp.r.j lallin. Les fibrilles de

lazonulesont d’épaisseur variable; les unes sont très fines et délicates ; les autres sont plus volumineuses ; d’autres peuvent atteindre un diamètre de 9 à 22 ;x Kôlliker) et même 35 a (Salzmann). Ces grosses fibres zonulaires sont généralement aplaties et paraissent dues à la fusion de fibrilles plus petites (Berger).

Lllessont très réfringentes, comme les fibres élastiques, mais s’en distinguent

Fig. 359. — Fibres cilio-crislalliniennes chez Tembrijon.

cra, cristalloïde antérieure. — êpa, épithélium antérieur du cristallin. — fer, fibres cristalliniennes. — pre , procès ciliaire. — cpvc , couche pigmentaire de la rétine ciliaire. — êpc, épithélium clair ciliaire encore appliqué contre la cristalloïde antérieure.— zo. fibres zonulaires étendues entre la cristalloïde et l’épithélium ciliaire. D’après Damianoff.

par leur inextensibilité presque complète et par leurs réactions microchimiques.

Le mode d’insertion des fibres zonulaires sur la rétine ciliaire et leur mode d’origine ont donné lieu à de nombreuses discussions.

Rappelons tout d’abord que l’opinion ancienne, restée classique jusqu'à ces derniers temps, faisait provenir ces fibres du corps vitré ou de sa membrane hyaloïdienne. D’après Petit et les anciens anatomistes, l’appareil suspenseur du cristallin est formé par la membrane hyaloïde dédoublée au niveau des procès ciliaires en deux systèmes de fibrilles qui se portent sur la face antérieure et postérieure du cristallin et limitent un canal, le canal de Petit.

ORGANES DES SENS

manière de voir, font également provenir les fibres zonulaires de la membrane hyaloïdienne et aussi du corps vitré (Ulrich, Kolliker, Aeby, Schrôn, Schwalbe, etc.) ; Retzius, puis Salzmann, concluent qu elles ne sont autre chose qu’une condensation des fibrilles vitréennes. Les recherches actuelles conduisent à admettre que ces fibres proviennent toutes de la région ciliaire et que le corps vitré n’a rien à voir avec leur origine (Gerlach, Czermack, Treatcher, Collins, W. Schrôn, Agababow, Terrien, Daminanoff, Mawas) . Celui-ci a montré qu elles s’insèrent toutes sur la rétine depuis l’ora serrata jusqu’à l’angle irido-ciliaire, et cela aussi bien dans le fond des vallées que sur les parties latérales et les crêtes des procès. Les auteuis sont moins d accord au sujet de leur mode d'insertion

sur la rétine ciliaire. Salzmann pense qu’elles s’attachent sur la membrane limitante. Schrôn et Collins les considèrent

Fig. 360. — Insertions ciliaires des fibres de la zonule.

êpp, épithélium pigmenté. — èpc, épithélium clair. — fz, fibres zonulaires. — v, vaisseau. 1, d’après Damianoff. — II, d’après Terrien.

comme des expansions issues des cellules rétiniennes superficielles. Terrien admet que ces fibres se dissocient chacune en un pinceau de fibrilles qui pénètrent dans les interstices limités par les cellules contiguës, traversent la couche pigmentée et vont s’insérer sur la vitrée de la choroïde (fig. 36o). De plus Terrien considère les fibres zonulaires comme des cellules de Millier extrêmement allongées. La zonule serait donc assimilable au système de soutien de la rétine. Damianoff et Mawas sont arrivés à des résultats analogues. Ils admettent que les fibres de la zonule sont une sécrétion de nature cuticulaire élaborée par les cellules claires dç larétine ciliaire. D'après Damianoff, les procès du fœtus sont accolés à la zone équatoriale de la cristalloïde par une substance hyaline sécrétée parles cellules de l’épithélium. Ils s’écartent ensuite de la périphérie du cristallin et la substance hyaline s’étire en minces filaments réfringents ou fibres zonulaires. Celles-ci conservent donc des points d’attache sur le cristallin au niveau des points de contact primitifs et se continuent plus ou moins profondément entre les cellules superficielles de la rétine (fig. 339). Mawas les a vues partir du sommet et des côtés des cellules ciliaires au niveau de leur tiers supérieur. — L’insertion des fibrilles zonulaires sur le cristallin se fait sur les deux faces de

HISTOLOGIE ET ANATOMIE MICROSCOPIQUE

cet organe, surtout sur la face antérieure, où elles occupent une étendue un peu plus grande que sur la face postérieure (1 mm. 5 environ). Les fibres zonulaires se subdivisent en fibrilles avant d’aborder le cristallin, s’insèrent sur la cristalloïde sans pénétrer dans sa substance et se soudent à sa surface d’une manière tellement solide qu’on ne peut les séparer sans arracher en même temps les couches superficielles de cette membrane.

Outre les fibres qui réunissent la rétine ciliaire au cristallin (fibres ciliocristalliniennes) il existe également des fibres zonulaires qui se rendent dans le corps vitré et se continuent avec la zone limitante antérieure de cet organe (Salzmann, Kôlliker) (fibres cilio-vitréennes). D’autres fibres enfin vont d’un point à un autre de la région ciliaire, réunissant les différents niveaux des procès avec fora serrata (fibres cilio-ciliaires).

Telles sont les opinions divergentes qui ont été émises sur la zonule ciliaire, dont l’origine et la signification morphologique sont un des sujets les plus discutés de l’histologie oculaire. Dans tous les cas, il semble définitivement acquis par les dernières recherches que les fibres zonulaires doivent être considérées comme des formations exoplastiques, élaborées par le cytoplasme des cellules ciliaires, et non comme des fibres conjonctives, des fibres élastiques ou des fibres de soutien (Manvas).

Article 5. — COUPS VITRÉ

Jusqu'à ces derniers temps, on a considéré le corps vitré comme un organe formé de tissu conjonctif ayant plus ou moins conservé une structure embryonnaire. Les cellules y seraient devenues très rares, une substance fondamentale abondante se serait développée et constituerait la masse principale de l’organe. Aussi le rangeait-on parmi les tissus d’origine mésenchymateuse. Actuellement la genèse du vitré est remise en question. De nombreux auteurs admettent son origine soit exclusivement ectodermique, soit à la fois mésodermique et ectodermique. Il est donc difficile d’attribuer au corps vitré une place définitive parmi les autres tissus. Quoi qu’il en soit, les affinités histologiques de cet organe nous permettent de le ranger à coté des organes de nature mésenchymateuse, d'autant plus que les données récentes tendent à faire attribuer au tissu mésenchymateux une part importante dans son édification.

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