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III. ■ — Structure de la Vessie

Le réservoir urinaire ou vessie comprend une muqueuse et une musculeuse, qui est doublée extérieurement par une adventice conjonctive et la séreuse péritonéale (fig. 497)*

i° Muqueuse. — A. Épithélium. — Son épaisseur et son aspect diffèrent suivant que la vessie est vide ou distendue par le liquide qu’elle renferme. Il est très mince dans la vessie distendue, très épais dans la vessie contractée ; il peut alors atteindre jusqu’à 2 millimètres. Dans l’un et l’autre de ces états, il comprend trois assises cellulaires, suivant l’ancienne conception de Tourneux et Uerrmann, défendue récemment par Rigal. Leur structure s'étudie le mieux sur des vessies moyennement distendues.

La couche profonde ou génératrice est appliquée immédiatement sur le chorion sous-jacent. C’est une assise de cellules cylindriques peu élevées, dont le grand axe est orienté perpendiculairement sur le chorion et dont les extrémités périphériques sont effilées ou renflées en forme de massue. Leurs faces latérales sont entourées par des prolongements élastiques qui sont issus du réseau élastique sous-épithélial et qui ne les dépassent jamais (Obersteiner, Rigal). Cette disposition assure la connexion étroite entre le chorion et l'épithélium. Les cellules de cette couche montrent souvent des divisions mitotiques et amitotiques (Beltzow, Dogiel, Flemming, Renaut).

GLANDES

— La couche moyenne existe réellement, d’après Rigal; on l'observe toujours quel que soit l’état de distension de la vessie. (Contre Lendorff, Paneth, Albarran.) Elle est formée de cellules cubiques, polyédriques, fusiformes, dont les prolongements n’atteignent jamais ni la face supérieure ni la face inférieure de l’épithélium vésical. — Les cellules superficielles sont cubiques ou cylindriques et montrent souvent, au niveau de leur face profonde, des échancrures où se logent les extrémités des cellules sous-jacentes. Elles ressemblent aux éléments homologues du bassinet et de l’uretère et se présentent quelquefois sous la forme de cellules géantes qui renferment plusieurs noyaux, produits par la multiplication acinétique de l’unique noyau primitif (Do- GIEL, FlEMMING, SCZY- ' monowicz, Lendorff,

Dawson). Leur corps cellulaire est divisé en deux zones : une zone profonde, ou « endoplasme », formé d’un cytoplasme réticulé et de granulations qui ont été considérées à tort comme un produit sécrétoire ou comme Petersen) ; une zone superficielle ou « exoplasme », sorte de plateau hyalin et homogène, qui paraît être une substance de nature à la fois colloïde et muqueuse, comprise dans un réticulum cytoplasmique serré. Toutes les cellules de ces trois couches sont réunies par un ciment et par des ponts inlercellulaires peu développés, nets surtout au niveau de la couche moyenne (fig. 498).

L’aspect de l’épithélium vésical se transforme considérablement dans les vessies distendues. D’après London, l’ensemble de la stratification ne se modifie pas: les cellules de la couche profonde deviennent prismatiques basses ; celles de la couche moyenne cubiques, celles de la couche superficielle tout è fait aplaties, endothéliformes. La diminution du nombre des couches n’est qu’apparente dans les vessies distendues au maximum : elle est due à ce fait que les noyaux sont fortement écartés les uns des autres et que les corps cellulaires sont étirés en minces lamelles. Cette grande plasticité des cellules vésicales a été également signalée par Lendorff. Celui-ci décrit deux assises dans l’épithélium de la vessie distendue : une

du glycogène (

Fig. 497. — Coupe de vessie. Homme.

m, muqueuse. — ép, épithélium. — cmli, couche musculaire longitudinale interne. — orne, couche musculaire circulaire. — cm/e, couche musculaire longitudinale externe. — ad, adventice. X 20.

HISTOLOGIE ET ANATOMIE MICROSCOPIQUE

couche de cellules profondes et basses et une couche superficielle de grandes cellules plates qui recouvrent les premières. Paneth, Oberdieck, Kann ont fait des constatations analogues. Les résultats quelque peu divergents obtenus par ces auteurs sont dus sans doute à l’état de réplétion différent des vessies qu’ils ont étudiées.

La face profonde de l’épithélium vésical émet souvent dans le chorion des bourgeons tantôt pleins, tantôt pourvus d’une lumière. Beaucoup d’auteurs les considèrent comme des nids cellulaires sans signification physiologique (v. Brunn, Hey). Kôlliker décrit cependant de véritables glandes

dans le bas fond de la vessie et vers

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Fig. 498. — Épithélium vésical ; enfant nouveau-né

l’embouchure de l’urètre. Ce sont des invaginations profondes, en forme de cryptes, limitées par un épithélium cylindrique et remplies d’un liquide muqueux et filant. On nepeutguère douter qu’il ne s’agisse là de véritables glandes (v. Ebner), que certains considèrent comme constantes (Henle) et que d’autres regardent plutôt comme des formations assez rares (Oberdieck).

B. Le chorion renferme deux couches conjonctives : la couche profonde est un tissu conjonctif lâche, dont les volumineuses fibres se continuent avec celles de la couche musculaire sous-jacente. La couche superficielle, plus épaisse,

es, grosses cellules superficielles. — ép , cellules

épithéliales cylindriques stratifiées. — ch, cho- est composée (le fibres plus fines,

non. x 2oü. plus serrties }es unes contre les au-

tres, et de volumineuses cellules conjonctives dont les noyaux sont disposés parallèlement à la face inférieure de l’épithélium. Elle forme, de place en place, des plis assez élevés qui sont les supports de capillaires sanguins (Obersteiner, Bigal). On trouve en outre de nombreux leucocytes mononucléaires dans les mailles de ce tissu (Scymonowicz) ; ils sont très abondants autour des vaisseaux, leur forment quelquefois une véritable gaine, ou sont groupés en amas plus ou moins volumineux (Tourneux et Herrmann). Ils sont surtout fréquents au niveau du bas fond de la vessie (Krause, Weichselbaum). — Il n’existe pas de vitrée entre le chorion et l’épithélium ; des fibrilles conjonctives très fines s’insinuent entre les cellules de la couche profonde de l’épithélium, ne dépassent jamais la moitié de la hauteur des cellules cylindriques, puis se recourbent en anse et rejoignent le plan conjonctif sous-jacent. Elles servent à établir une connexion très intime entre le chorion et l’épithélium (Bigal). Le chorion vésical renferme un grand nombre de fibres élastiques (Luschka, Albarran, Bigal). Elles forment à la surface interne de la musculeuse un lacis irrégulier d’où partent des fusées de fibrilles qui accompagnent les vaisseaux sanguins, traversent en direction rectiligne toute

GLANDES

l'épaisseur du chorion, et s’enlacent en un nouveau plexus au-dessous de l’épithélium vésical. Ce plexus est composé par des fibrilles ténues, très serrées, qui figurent une sorle de limitante sous-épithéliale, et qui envoient des expansions en corbeille entre les faces latérales des cellules épithéliales profondes. — Les capillaires sanguins du chorion ont avec l’épithélium de la vessie les mêmes rapports que dans l’uretère et le bassinet (Albarran, Pasteau, Gerota, Rigal).

2° Musculeuse. — Elle est composée de volumineux faisceaux de fibres lisses qui se disposent sur trois couches : une couche externe longitudinale, une moyenne circulaire, une interne longitudinale La direction des faisceaux musculaires n’est pas régulière et la distinction précédente est schématique. De plus, les trois couches en question sont tellement intriquées qu’il est impossible d’établir entre elles une délimitation précise. La couche externe longitudinale est une nappe de fibres parallèles qui partent de l’ouraque et qui s’étalent sur les faces antérieure et postérieure de l’organe (Luschka). La couche moyenne circulaire comprend de gros faisceaux qui s’entrecroisent tout en conservant une direction générale transversale. Ils forment dans leur ensemble une couche épaisse et réticulée, qui présente son maximum d'épaisseur au niveau du col de la vessie, et qui se continue sur l'urètre pour édifier le « sphincter lisse » ou « sphincter interne » i Henle). Les fibres longitudinales internes se rencontrent seulement dans la partie inférieure de la vessie. Elles se rassemblent en une couche qui continue les fibres musculaires longitudinales des uretères, recouvre le trigone vésical et se prolonge jusqu’à l’origine du canal de l’urètre, au niveau de la valvule vésico-urétrale.

La musculeuse est doublée en dehors par une couche très mince de fibres conjonctives et élastiques entre-croisées en tous sens. Cette nappe est ellemême recouverte, dans la plus grande partie de la surface vésicale, par les cellules endothéliales aplaties de la séreuse péritonéale (fig. 497)-

3° Vaisseaux et nerfs. — Les artères de la vessie se ramifient tout d’abord dans l’épaisseur de la tunique musculaire et forment un plexus à branches volumineuses, qui envoie des rameaux plus fins au chorion de la muqueuse. Ceux-ci s'épanouissent dans les zones les plus superficielles du chorion en capillaires qui constituent un réseau très serré sousépithélial et qui entrent en connexion directe avec l’épithélium. Les veines ne suivent pas le trajet des artères ; elles se jettent en majeure partie dans le plexus de Santorini et les plexus périprostatiques.

Les vaisseaux lymphatiques sont surtout bien représentés dans la musculeuse; ils prennent leur origine au niveau de la face interne de cette couche, se réunissent en troncules de plus en plus volumineux qui traversent les parois vésicales et se jettent dans des ganglions situés sur le trajet des artères ombilicales et derrière le pubis (Gerota).

Les nerfs forment des réseaux de fibres à myéline autour des vaisseaux sanguins qui pénètrent dans les parois vésicales. De fines branches nerveuses s’en détachent, se ramifient dans le chorion, perdent leur myéline et donnent naissance à de petits faisceaux de fibres ; ceux-ci se dirigent perpendiculaire-

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ment sur la face profonde de l’épithélium, s’infléchissent à angle droit et suivent pendant un certain trajet cette face profonde, en abandonnant de place en place des ramuscules latéraux qui se terminent entre les cellules épithéliales de la muqueuse (Retzius).

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