IV. — Structure de l’Urètre
i° Urètre masculin. — A. Muqueuse. — a) IS épithélium n’offre pas les mêmes caractères dans les différentes régions du conduit urétral. Sa structure est celle de l’épithélium vésical dans la région prostatique et sur une
Fig. 499. — Muqueuse urètmle. Région spongieuse. Homme.
Ep, épithélium cylindrique stratifié. — ch, chorion. — v, veinules. — cex , canal excréteur d'une glande urétrale. — ql. glande. — fm, faisceau musculaire lisse de la muqueuse. — L , lacune de Morgagni. X 100.
plus ou moins grande étendue de la région spongieuse, en particulier à la surface du veru-montanum ; il est cylindrique stratifié dans tout le reste de la région spongieuse et pavimenteux stratifié dans la fosse naviculaire. La région spongieuse renferme quelquefois, par places, des îlots d’épithélium pavimenteux stratifié. Toutefois, cette structure n’est pas primitive. L’urètre de l’embryon et de J’enfant est toujours tapissé par un épithélium cylindrique, et la forme pavimenteuse est peut-être une modification structurale consécutive aux lésions inflammatoires dont la muqueuse urétrale est si fréquemment le siège (fig. 499)-
L’épithélium cylindrique stratifié. examiné sur des coupes transversales du conduit, montre un grand nombre de cellules superposées. Les éléments superficiels sont cylindriques et au-dessous d’eux se trouvent quatre à cinq rangées d’éléments polyédriques ou fusiformes. Les dissociations démontrent
que cette stratification n’est qu’apparente : tous les éléments sont en contact avec la base et la surface épithéliale par leurs deux extrémités. Les cellules profondes ont un corps cytoplasmique arrondi ou conique qui s’appuie sur le choiion et qui envoie en dehors une expansion filiforme ou lamelleuse ; les cellules moyennes sont le plus souvent fusiformes, avec corps protoplasmique renflé et deux expansions, l’une externe et l’autre interne, qui s’insinuent entre les cellules voisines; ce protoplasma est creusé de logettes laté- 1 aies où prennent place les corps cellulaires des éléments adjacents. Les cellules superfi-
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cielles sont columnaires et se prolongent vers la base de l’épithél i u m par un pied étroit qui s’élargit au contactdu chorion sous-épithélial L’épithélium pavimenteux strati fié de l’urètre est formé par des cellules profondes cylindriques ou fusiformes, et par des cellules superficielles aplaties qui
proviennent de la transformation des cellules cylindriques superficielles. On observe souvent des leucocytes parmi tous ces éléments, surtout au-dessus des îlots lymphoïdes du chorion de la muqueuse. L’épithélium pavimenteux urétral présente une épaisseur plus considérable que l’épithélium cylindrique. Il atteint i3o à 200 jx, tandis que le second mesure en moyenne 4o à 5o (x, et possède sa plus grande minceur dans les régions où se trouvent des glandes intraepithéliales (3o jx).
Fig. 500. — Glande intra-épithéliale de l'urètre, portion spongieuse . Homme
glié , glande intra-épithéliale. — ép , épithélium cylindrique stratifié. — ch, chorion. — v , vaisseau capillaire rempli de globules rouges, x 350.
b) Les glandes de l’urètre sont intraépithéliales ou extraépithéliales. Les premières sont figurées par des groupes de cellules qui dessinent dans leur ensemble une invagination basse, creusée de distance en distance dans l’épithélium cylindrique (fig. 5oo). Ce sont des éléments clairs, volumineux, à structure vacuolaire, dont l’extrémité périphérique renferme un amas de produit sécrétoire qui donne quelquefois les réactions de la mucine. On les trouve surtout dans le fond des invaginations de la muqueuse (Paschkis), en particulier sur les parois latérales et au niveau du fond des lacunes de Morgagni. Elles sont très nombreuses chez l’adulte et rares chez le nou-
HISTOLOGIE ET ANATOMIE MICROSCOPIQUE
veau-né. En outre, on observe quelquefois, parmi les cellules cylindriques ordinaires, des éléments qui offrent tous les caractères des cellules à mucus. Ce sont des glandes unicellulaires. Les glandes extra-épithéliales ou « glandes de Littré » débouchent dans les lacunes de Morgagni ou à la surface de la muqueuse. On les rencontre de préférence sur la face dorsale et sur les faces latérales de l’urètre spongieux. Elles s’enfoncent en arrière dans le chorion et pénètrent quelquefois jusqu’à la couche érectile ou musculeuse du conduit. Les canaux excréteurs de ces glandes se ramifient abondamment et aboutissent à desculs-de-sac tubulo acineux étroits et contournés. Ceux-ci sont tapissés par une seule couche de cellules cylindriques qui rappellent les éléments
qui revêtent les acinus des glandes de Cooper.
Les conduits excréteurs sent recouverts par un épithélium cylindrique stratifié. Ces glandes sont beaucoup moins nombreuses dans l’urètre membraneux que dans l’urètre spongieux et peuvent déboucherdans les canaux excréteurs prostatiques (fig- 5oi).
c) Le chorion est un tissu conjonctif lâche dépourvu de cellules adipeuses et riche en fibres élastiques. Il se soulève en replis superficiels longitudinaux, recouverts de papilles, sauf au niveau despointstapissés parmi épithélium pavimenleux stratifié, llrenferme beaucoup de vaisseaux qui s’anastomosent en un réseau de capillaires sousépithéliaux ; ceux-ci reconstituent un plexus veineux à mailles serrées et irrégulières, qui occupe la région profonde du chorion et qui se continue sans ligne de démarcation précise avec le tissu caverneux du corps spongieux. Les parois de ces veinules : e distinguent par l’absence d’une tunique musculaire lisse qui existe toujours, au contraire, autour des lacunes veineuses du corps spongieux, mais sont revêtues par une véritable gaine de fibres élastiques, surtout au niveau du bulbe. — La couche sous-épithéliale du chorion renferme un grand nombre de cellules conjonctives, et aussi beaucoup de leucocytes qui peuvent se rassembler en nodules lymphoïdes (v. Ebner).
B. Musculeuse. — Le chorion urétral est limité en dehors par une première couche de fibres musculaires lisses, longitudinales, qui sont réunies en faisceaux indépendants les uns des autres, et qui sont surtout abondants au niveau de l’urètre prostatique. Une couche circulaire est située en dehors de la précédente. A peine représentée dans la région antérieure
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Fig. 501. — Acinus de glande de Liltre, tapissés par des cellules claires, à caractères de cellules muqueuses. Partie spongieuse de l’urètre. Homme. X 350.
GLANDES
de l’urètre spongieux, elle se développe autour de l’urètre membraneux et prostatique, surtout au-dessous de l'orifice vésical où elle forme un sphincter lisse de 6 à 8 millimètres d’épaisseur. La partie membraneuse de l’urètre est entourée de fibres musculaires striées qui constituent le sphincter de l’urètre membraneux ou rhabdosphincter urelræ (Waldeyer).
2° Urètre féminin. — A. Muqueuse. — L’épithélium offre les mêmes caractères que celui de l’urètre masculin. Il est le plus souvent cylindrique, en apparence stratifié ; quelquefois il est pavimenteux stratifié. Il n’est pas rare de trouver ces deux types d épithéliums sur le même sujet.
Des glandes existent dans toute l’étendue de ce conduit et débouchent au fond des replis longitudinaux ou dans les invaginations de l’épithélium (lacunes de Morgagni).Ce sont aussi des glandes intra ou extra-épithéliales. Les glandes extra-épithéliales sont particulièrement volumineuses et mesurent jusqu’à 4 à 5 millimètres; elles sont remplies d’une substance colloïde semblable à celle des concrétions prostatiques. Outre ces formations, il existe aussi des conduits ramifiés et terminés en culs-de-sac qui s’abouchent dans l’urètre à côté de son ouverture extérieure. Ces conduits para-urétraux (Skeise) possèdent la même structure que les invaginations lacunaires de l’urètre (Oberdieck) et peuvent atteindre des dimensions considérables (8 à îo millimètres). Nagel a montré qu'ils se différencient tardivement, chez les embryons humains de 7 à 9 centimètres, aux dépens d’invaginations épithéliales du sinus uro-génital.
Le chorion épais se relève en replis longitudinaux; c’est un tissu conjonctif dense avec un grand nombre de fibres élastiques et des capillaires qui forment un lacis serré immédiatement au-dessous de l’épithélium. Il existe en outre dans la région profonde du chorion un réseau veineux abondant, qui donne à la muqueuse une structure spongieuse (Kobelt). Ces veines sont dépourvues de fibres musculaires lisses.
B. Musculeuse. — Les fibres lisses de la musculeuse sont agencées en petits faisceaux longitudinaux. Il existe en outre autour du canal urétral des fibres striées à direction circulaire qui se disposent, dans la région supérieure du conduit, en un petit sphincter épais de 2 à 3 millimètres ; dans la région inférieure, elles forment un demi-cercle à concavité tournée en arrière, dont les extrémités se perdent sur les parois du vagin. C’est le « muscle urétral strié ». Ces fibres striées sont le plus souvent mélangées de fibres musculaires lisses et manquent totalement dans certains cas.
Les parois de l’urètre renferment un grand nombre de vaisseaux lymphatiques, surtout abondants dans la zone profonde du chorion et dans la musculeuse. Ils sont sous-jacents aux vaisseaux sanguins. Les nerfs sont sensitifs et moteurs. Ceux-ci aboutissent aux parois vasculaires et aux fibres musculaires de la musculeuse. Les nerfs sensitifs se terminent dans l’épithélium ou dans le chorion par des extrémités libres ou par des appareils corpusculaires (corpuscules de Meissner, Timofeew).