III. — Vaisseaux et nerfs de l’ovaire
i° Vaisseaux sanguins. — Les artères de l’ovaire pénètrent dans la substance médullaire en se pelotonnant sur elles-mêmes ( artères biliaires). Ces artères sont très volumineuses et à parois épaisses. Elles fournissent des ramuscules qui se capillarisent autour des follicules, dans les corps jaunes, et dans le tissu sous-épithélial. Les capillaires folliculaires forment un lacis serré dans la thèque interne, surtout au niveau du pôle profond des ovisacs; le pôle superficiel, au contraire, en est presque totalement dépourvu. Tous les capillaires se jettent les uns dans les autres et forment des veinules qui s’anastomosent en un véritable système caverneux. Ces veines sont entourées de nombreuses fibres musculaires lisses dont la contraction serait susceptible d’opposer un certain obstacle au retour du sang et déterminerait ainsi la turgescence de l'ovaire. Celle-ci pourrait contribuer à provoquer la rupture des follicules mûrs.
2° Les vaisseaux lymphatiques prennent naissance par des ramuscules capillaires et des espaces fermés par des cellules endothéliales; ils s’étalent en grand nombre autour des follicules de de Graaf et des corps jaunes. Ils sont situés en dehors de la thèque externe et ne pénétreraient pas à l'intérieur des corps jaunes.
3° Les nerfs de l’ovaire sont : des nerfs vaso-moteurs qui se terminent dans la tunique musculaire des vaisseaux sanguins, des nerfs sensitifs qui aboutissent à la superficie de l’ovaire et à la tunique des ovisacs, des nerfs moteurs qui innervent les fibres lisses du stroma ovarien. Les recherches réalisées à l’aide du bleu de méthylène et delà méthode de Golgi ont permi de mettre en évidence dans le stroma ovarien des plexus abondants de fibrilles nerveuses. Celles-ci se trouvent disposées en lacis très serrés autour des vaisseaux sanguins, artères et veines; certains auteurs les ont même vues se terminer sur la paroi des capillaires (Riese, v. Herff, Retzius). D’autres plexus nerveux abondants entourent les follicules de de Graaf, et Riese admet que, chez la Chatte, les ramuscules terminaux de ces plexus traversent toute l’épaisseur de la thèque et pénètrent entre les cellules de la granulosa jusqu’au voisinage de la cavité folliculaire. Ces résultats de Riese ont été confirmés par v. Herff. D’autres auteurs, au contraire, comme Retzius, v. Gawronsky, Mandl et de Vos nient la pénétration des ramuscules terminaux à l’intérieur de l’ovisac. Tous ces auteurs ont constaté, outre ces terminaisons vasculaires et périfolliculaires, des terminaisons libres de fibrilles nerveuses dans le stroma ovarien et sous l’épithélium superficiel. Enfin on a mis en évidence des cellules ganglionnaires dans le stroma ovarien. E. Winterhalter, à l’aide de la méthode de Golgi, a observé dans la substance médullaire des cellules nerveuses de forme variable, dont les prolongements entourent les parois des artères. Elles forment dans leur ensemble un petit ganglion qui a sans doute pour rôle de régler le débit vasculaire de l’ovaire.