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Fig. 562. — Villosité placentaire d'un embryon humain de 16 millimètres. Coupe transversale.
cap , capillaire. — pl, plasmodium. — cc, couche cellulaire. — si, stroma conjonctif de la villosité.
LES GLANDES GERMINATIVES
le tissu conjonctif, de préférence autour des vaisseaux sanguins (Pinto). Les couches compacte et spongieuse diminuent ensuite d’épaisseur : la sérotine, à la fin de la gestation, est moitié moins épaisse que vers le cinquième mois.
C. Structure du placenta à terme. — Des coupes de placenta à terme vont nous permettre de fixer quels sont les rapports qui existent à ce moment entre les villosités et le tissu utérin (fig. 563 et 564). Une telle coupe montre que le placenta fœtal comprend une lame de tissu chorial, plaque choriale, épaisse, recouverte de villosités rameuses, dont les branches sont coupées dans tous les sens. La plaque choriale est formée de tissu conjonctif disposé sur deux couches : une couche profonde ou stroma, recouverte de l’amnios et parcourue par les ramifications les plus volumineuses des vaisseaux ombilicaux; une couche superficielle, formée de fibres conjonctives délicates et serrées les unes contre les autres. Elle est tapissée par une assise de cellules qui se sont multipliées par places et forment de petits amas qui plongent dans les espaces intervilleux. Elles ne sont plus recouvertes par la couche plaSmodiale.
Les villosités choriales qui prennent racine et se ramifient à la surface de la plaque choriale sont sectionnées sur la coupe dans tous les sens. Ces ramifications plongent dans des espaces normalement remplis de sang, les espaces intervilleux ou lacs sanguins. Elles sont formées par un axe vasculo-conjonctif recouvert par la couche plasmodiale. Celle-ci est très mince sur presque toute rétendue des villosités, mais s’épaissit par endroits. Les vaisseaux de chaque villosité, issus de l’artère ombilicale, sont constitués par une artériole qui se ramifie dans les branches de la villosité et qui se résout en capillaires situés immédiatement sous le plasmodium. Ces capillaires se collectent en une veinule. Les veinules villeuses s'anastomosent dans la plaque choriale et sont l’origine des veines ombilicales. On comprend que cette structure rend faciles les échanges nutritifs entre le sang de la mère et celui du fœtus.
La sérotine est réduite à une bande de tissu assez mince. Elle comprend une couche spongieuse étroite, avec les culs-de-sac aplatis des glandes utérines, et une couche compacte mesurant environ î millimètre d’épaisseur. La déchirure se fait au niveau de la couche spongieuse au moment de a délivrance. La couche compacte et une partie de la couche spongieuse demeurent ainsi adhérentes au placenta fœtal ; elles constituent une lame désignée sous le nom de « plaque basale » (Winkler). Celle-ci envoie parmi les villosités des cloisons conjonctives (septa placentæ), qui suivent les espaces intercotylédonaires et qui s’arrêtent à une certaine distance de la plaque choriale dans la région médiane du placenta. Elles pénètrent au contraire jusqu’à la plaque choriale dans la zone marginale du placenta, et se réunissent au-dessous de celle-ci en une formation dite « plaque obturante » de Winkler ou « caduque placentaire » subchoriale (Kôlliker), qui demeure limitée à la périphérie de l’organe. Cette couche compacte renferme un grand nombre de cellules géantes qui peuvent exister aussi dans les cloisons intercotylédonaires. On trouve également dans le placenta fœtal et maternel des strates de fibrine qui courent parallèlement à la surface placentaire. C’est la « fibrine canalisée » de Langhans.Les bords du placenta
HISTOLOGIE ET ANATOMIE MICROSCOPIQUE
se continuent avec les membranes de l’œuf, amnios, chorion, caduque réfléchie, qui sont fusionnées les unes avec les autres.
Le placenta maternel reçoit ses vaisseaux artériels des artères utéroplacentaires. Celles-ci traversent les parois utérines en présentant de nombreuses sinuosités et abandonnant peu ou point de branches latérales. Leurs parois s’amincissent pendant leur trajet dans l’épaisseur de la caduque placentaire et sont réduites à l’endothélium quand elles pénètrent dans les cloisons intercotylédonaires. L’ouverture des artères dans les espaces intervilleux se fait dans les cloisons intercotylédonaires et aux bords des coty-
Fig. 563. — Coupe perpendiculaire passant au milieu du placenta d'an Macacus speciosus.
Ch, chorion. — JR, espace intervilleux. — ChD, dechlua basalis. — Pf, partie fibreuse ou compacte. — Pg, partie glandulaire ou spongieuse de la decidua basalis. — M, musculeuse. D’après Strahl. et Heappe.
lédons. Etant donné le trajet sinueux de ces vaisseaux, ils débouchent toujours très obliquement dans les espaces intervilleux. — Les veines sont de larges fentes à trajet non sinueux, non ramifiées, ouvertes aussi très obliquement dans les espaces intervilleux, au milieu des loges cotylédonaires.
Le cours du sang se fait de la face utérine du placenta vers la face choriale, et du centre vers les bords de l’organe, où le sang trouve une large voie d’écoulement dans le sinus marginal (Kôlliker). Le courant sanguin devient d’autant plus lent qu’on s’éloigne plus des artères et qu’on se rapproche plus de la plaque choriale. On peut expliquer de cette manière les dépôts de fibrine qui se produisent à ce niveau.
Des fragments de villosités et même des villosités entières peuvent s’engager plus ou moins loin dans les veines utérines et parvenir jusqu’au muscle utérin. Cette migration ne détermine aucune coagulation san-
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guine. C’est un phénomène normal, puisqu’il a été constaté dans tous les cas de grossesse (Poten). Ces formations peuvent se détacher des villosités où elles ont pris naissance ; elles dégénèrent alors et disparaissent.
Au moment de la délivrance, les membranes de l’œuf se déchirent sous l’influence des contractions utérines ; le fœtus est expulsé; mais les enveloppes et le placenta demeurent encore dans la cavité utérine et sont réunies au nouveau-né par le cordon. Ils sont éliminés après leur décollement qui s’opère au niveau de la zone spongieuse. Le « délivre » est donc constitué des parties fœtale et maternelle du placenta, de l’amnios, du chorion, de la caduque capsulaire et de la caduque vraie. Les processus histologiques de régénération de la muqueuse utérine se produisent assez rapidement et ont été l’objet d’une étude antérieure.
La structure du placenta nous montre donc que cet organe est adapté pour puiser dans le sang maternel les substances nutritives nécessaires au développement del’embryon.
Cette absorption est réalisée par les villosités fœtales, qui, à ce point de vue, sont tout à fait comparables aux villosités intestinales. D’après Hofbauer, elles assimilent par leur activité par osmose ,1e matériel nourricier absorbent les substances grasses
ch..
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Fig. 564.
et.
Coupe totale d'un placenta humain à terme, passant au voisinage du centre de cet organe.
ei, espace intervilleux; v, coupe de villosité choriale; vu, veine utérine débouchant dans les espaces intervilleux. - ch, chorion avec ses vaisseaux (en noir); am, amnios. D’après Minot.
propre et ne reçoivent pas seulement fourni par l'organisme maternel; elles ; les granulations graisseuses que l’on peut mettre en évidence au-dessous de la bordure en brosse, se retrouvent ensuite plus loin, dans le stroma de la villosité, dans la membrane cho-
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riale et jusque dans le cordon ombilical. Les graisses proviennent surtout du sang* maternel, sauf dans les premiers mois de la grossesse, où la dégénérescence des tissus de la muqueuse utérine fournit une autre source de graisse fœtale. Les albuminoïdes passent dans les villosités sous forme d’albumoses ; les albumoses manquent dans le sang; leur présence dans le placenta fœtal est due, par conséquent, à l'intervention d’un ferment placentaire qui transforme les albuminoïdes. Le fer est également absorbé par le chorion villeux, qu’il pénètre sous forme d’un composé organique dissous et qui provient delà destruction des globules sanguins maternels. Les villosités placentaires jouent donc un rôle essentiellement actif dans l’absorption des matériaux nourriciers, et cette activité spéciale est due à la couche périphérique syncytiale, désignée pour cette raison sous les noms de trophoblaste ou trophoderme, comme nous l’avons vu antérieurement.