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I. — Caractères généraux et développement

i° Caractères généraux. — L’appareil lymphatique se compose d’un système de vaisseaux lymphatiques , pourvus d’une paroi propre, où circule la lymphe, et d'organes lymphoïdes ou lymphatiques, qui sont placés sur le trajet des vaisseaux et dans lesquels se forment les globules blancs, éléments figurés de la lymphe. Les vaisseaux lymphatiques peuvent être divisés, d’après leur structure et leur calibre, en deux catégories : les capillaires et les troncs. Les capillaires lymphatiques ont une paroi très simple, réduite à une membrane endothéliale ; ils sont susceptibles de grandes variations et de grandes irrégularités de calibre et de forme. Dans les troncs lymphatiques, la paroi plus épaisse présente une structure plus compliquée, et la forme des vaisseaux est beaucoup plus régulière. A ces troncs peuvent être annexés des cœurs lymphatiques à paroi fortement musculeuse. Les organes lymphatiques ou lymphoïdes , disposés sur le trajet des vaisseaux lymphatiques et que la lymphe doit traverser, sont plus ou moins bien différenciés ; ceux qu’on désigne sous le nom de ganglions lymphatiques en sont le type le plus parfait.

Un coup d’œil jeté sur l’évolution phylogénique de l’appareil lymphatique dans la série des Vertébrés est très instructif. Chez les Vertébrés inférieurs, la distinction des voies lymphatiques en capillaires et en troncs n’existe pas encore et tous les vaisseaux offrent le même caractère structural. Cette distinction, esquissée chez les Oiseaux, n’est bien tranchée que chez les Mammifères. Quant aux organes lymphoïdes, ils ne prennent la forme parfaite des ganglions lymphatiques que chez les Oiseaux et les Mammifères ; et c’est seulement chez ces derniers que les ganglions sont à la fois nombreux et volumineux.

2° Développement. — Les vaisseaux lymphatiques apparaissent chez l’embryon avant les ganglions, qu’ils devancent ainsi dans le développement ontogénique comme dans l’évolution phylogénique.

Les opinions émises sur le développement des vaisseaux lymphatiques se partagent en deux catégories : ou bien on les fait naître indépendamment des vaisseaux sanguins, aux dépens de lacunes mésenchymateuses ; ou bien on en fait des diverticules des vaisseaux veineux.

La première manière de voir a été soutenue par Budge et par Sala. D’après ce dernier, les premiers canaux lymphatiques qui apparaissent chez le Poulet sont des cœurs lymphatiques, homologues de ceux qui existent chez les Batraciens adultes, et le canal thoracique. Ces cœurs lymphatiques ne sont d’abord que des fentes creusées dans le mésenchyme ; les cellules mésenchymateuses, qui avoisinent ces fent s, s’aplatiront et constitueront l’endothélium vasculaire. Le canal thoracique se développe dans un cordon plein, formé de cellules mésenchymateuses, qui se creusent pins tard.

Avec les opinions de la seconde catégorie, le lymphatique devient un diverticule vasculaire sanguin. Wyssozky et S. Mayer ont admis que, dans la queue du têtard, c’est par des excroissances des vaisseaux sanguins que débutent les vaisseaux lymphatiques, plus tard séparés de leurs conduits d’origine. Les recherches instituées par Sabin sur des embryons de Porc l’ont conduite à cet important résultat que le système lymphatique tout entier n’est qu’une excroissance des veines cardinales. Il se produirait quatre diverticules veineux, correspondant à quatre cœurs lymphatiques embryonnaires, qui seraient le point de départ de tout le système vasculaire lymphatique. H. IIoyer, sur le têtard de Grenouille, arrive à une conclusion analogue. Cette opinion est corroborée par les études de Favaro, Huntington, Allen ; ils admettent que les vaisseaux lymphatiques sont, chez les Vertébrés inférieurs, des bourgeons des veines de l’embryon. Ainsi se trouve vérifiée la proposition émise parBANviER, d’après laquelle le système lymphatique se développerait à la façon d’une glande aux dépens de l’arbre circulatoire veineux.

L’opinion de Lewis procède des deux précédentes, tout en se rapprochant plus de la seconde ; avec Sabin il admet que l’endothélium lymphatique dérive de celui des veines, et qu’ainsi les lymphatiques sont une partie du système veineux ; mais il se rapproche de Sala en ce que ces lymphatiques, s’étant détachés des veines, forment dans le mésenchyme des sacs clos et isolés, qui ne s’ouvriront que secondairement dans les veines, ainsi que dans d’autres lymphatiques.

Les premiers lymphatiques, une fois formés, s’accroissent comme les vaisseaux sanguins, c’est-à-dire émettent des expansions latérales pleines et plus tard creuses ; mais ils ne s’unissent pas avec des espaces mésenchymateux, et ceux-ci ne serviraient pas à l’extension du système lymphatique (Langer, Banvier, Mac Gallum, Sabin, Lewis). L’étude du développement des lymphatiques dans l’épiploon du Chat nouveau-né a montré à Banvier que la végétation lymphatique peut être suivie de phénomènes de régression ; en effet, il a trouvé des vésicules pédiculées appendues aux vaisseaux lymphatiques et des vésicules closes complètement séparées de ces vaisseaux ; ce sont selon lui des segments du système lymphatique en voie d’isolement ou déjà isolés.

VAISSEAUX ET ORGANES VASCULAIRES

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