I. — Ligaments
Toutes les fois que dans une certaine région le tissu conjonctif devient plus dense, et que ses fibres s’orientent dans un certain sens, soit se disposant parallèlement les unes aux autres, soit convergeant vers un point déterminé, on peut parler et on parle de ligament. La cause de la modification du tissu est dans tous ces cas la tension subie habituellement par celui-ci. Le résultat est la formation d’un organe plus ou moins bien distinct de l’entourage et plus ou moins artificiellement isolable par le scalpel, qui est un ligament de l’anatomie descriptive. L’anatomie décrit par exemple : le « ligament alvéolo-den taire », le « ligament pectiné de l’œil », le « ligament spiral du limaçon », les « ligaments du côlon », les « ligaments articulaires », etc.
Ce sont surtout ces derniers que l’on a en vue quand on parle de ligaments. L’étude des ligaments articulaires sera faite avec les articulations. On verra qu’on peut les diviser en deux grandes catégories : les « ligaments interosseux » ou « intra-articulaires », les « ligaments péri-articulaires ».
Les ligaments articulaires peuvent se présenter sous la forme de cordons plus ou moins cylindriques ou revêtir celle de membranes aplaties, telles que les membranes interosseuses de l’avant-bras et de la jambe, la membrane obturatrice, etc. Ils sont souvent les vestiges de muscles qui, au cours de l’évolution phylogénique, ont subi la transformation fibreuse ; c’est ainsi qu’on interprète le ligament rond du fémur, la membrane interosseuse de l’avant-bras et de la jambe, etc.
Les ligaments péri-articulaires sont constitués par du lissu conjonctif auquel sont mêlées quelques fibres élastiques.
Les ligaments intra-articulaires ou interosseux, dont le ligament rond de l’articulation de la hanche, les ligaments croisés du genou sont des exemples, ont la même constitution histologique. Comme les ligaments péri-articulaires,ils offrent dans les parties voisines des os et sur une hauteur •d’un millimètre environ une transformation fibro-cartilagineuse ; des cellules
HISTOLOGIE ET ANATOMIE MICROSCOPIQUE
cartilagineuses paraissent entre les faisceaux fibreux qui les constituent.
A côté des ligaments qui sont formés essentiellement par du tissu conjonctif collagène, une place à part doit être réservée à ceux que le tissu élastique constitue presque exclusivement (fîg. 87).
Ces ligaments élastiques , auxquels leur coloration a fait donner le nom
de « ligaments jaunes », sont formés de réseaux de grosses fibres élastiques parallèles entre elles et à l’axe du ligament (fig. 87). Dans les ligaments élastiques des animaux jeunes, les cellules qui ont formé ces fibres, les « élasloblastes », sont encore visibles (t. ï,p. 634, fig. 543).
Elles peuvent avoir disparu dans les ligaments parvenus à leur complet développement. Quand elles persistent, (‘lies sont situées entre les fibres élastiques ; on constate alors (Spalteiiolz) que les prolongements de ces cellules entourent d’un manchon complet les fibres élastiques, (kt l’on a par conséquent la preuve de l’origine intracellulaire de ces fibres, puisque même à l’état adulte ces fibres demeurent intracellulaires. Les fibres élastiques sont plongées dans une matière amorphe, dense. Elles sont groupées en faisceaux et en fascicules par des cloisons de tissu conjonctif. Ces ligaments sont pauvres en vaisseaux sanguins. O11 peut citer comme ligaments élastiques : chez l’Homme, les « ligaments jaunes » des vertèbres, le « ligament suspenseur de la verge » ; chez les animaux, le « ligament de la nuque » ou « ligament cervical postérieur » des quadrupèdes.