II. — Tendons
i° Tissu tendineux. — Le tissu tendineux est caractérisé par le parallélisme de ses fibres constitutives. Ces fibres sont des faisceaux conjonctifs volumineux, les « faisceaux tendineux », plus exactement les « faisceaux tendineux primitifs ». Entre ces faisceaux sont disposées les « cellules tendi-
Fig. 87. — Coupe longiludinale du ligament de la nuque chez un fœtus de Mouton à terme.
fe, fibres élastiques. — n, Doyaux de tissu conjonctif interposé aux fibres élastiques. — clc, cloison conjonctive séparant deux faisceaux ligamenteux, x 180.
ORGANES DE SOUTIEN
neuses »,qui sont plates et qui, appliquées à la surface des faisceaux, les entourent plus ou moins complètement de leurs expansions (t. I, p. 64i, fîg. 549). Du tissu conjonctif lâche et des fibres élastiques fines occupent aussi les interstices des faisceaux tendineux primaires.
Le tendon (fîg-. 88) est entouré par une couche de tissu conjonctif lâche, le péritenium , péritenonium , péritendineum ( pte .). Cette enveloppe envoie à l’intérieur du tendon des cloisons conjonctives de même nature, qui par-
Fig. 88. — Coupe transversale du tendon d’Achille du Lapin.
La coupe n’intéresse que l’un des faisceaux tertiaires du tendon. — ft, faisceaux tendineux secondaires ou tendons élémentaires, en lesquels se décompose le faisceau tertiaire. — fct , faisceaux conjonctifs ou faisceaux tendineux primaires, dont la réunion forme le faisceau secondaire. — pte, péritenonium externe. — pti, cloisons du péritenonium interne. — st, figures stellaires essentiellement formées par [les cellules conjonctives tendineuses comprises dans les interstices des faisceaux conjonctifs, x 60.
tagent le tendon en faisceaux dits « faisceaux tertiaires ». Des cloisons plus minces, se dégageant des précédentes, divisent les faisceaux tertiaires à leur tour en « faisceaux secondaires » plus petits ou tendons élémentaires (/.£.). De ces cloisons partent des travées plus délicates encore qui isolent dans ces faisceaux secondaires les faisceaux conjonctifs eux-mêmes ou « faisceaux tendineux primaires » ( f.ct .). L’ensemble de ces formations cloisonnantes a reçu le nom très impropre de péritenium ( péritenonium , péritendineum ) interne (p.ti.), par opposition au péritenium externe ( pt.e .), c’est-à-dire à l’enveloppe conjonctive générale. Certains tendons, tels que ceux de la queue de la Souris et des pattes de la Grenouille, sont réduits à un faisceau secondaire et sont en quelque sorte des tendons élémentaires. On a décelé, par l'imprégnation argentique de la surface de ces petits tendons, des figures endothéliales ; mais ces figures ont été attribuées à l’imprégnation de la couche la plus superficielle des cellules plates tendineuses et non pas à celle de cellules endothéliales distinctes.
On distingue d’après leur forme deux sortes de tendons : les uns étroits, cylindriques, sont les tendons ordinaires ; les autres, larges et aplatis, sont
les tendons membraneux ou membranes tendineuses, nommés aussi « aponévroses d’insertion ». Ces derniers diffèrent uniquement des tendons ordinaires, parce que si les faisceaux primaires conservent à l’intérieur des faisceaux secondaires le parallélisme caractéristique, leurs faisceaux secondaires et surtout tertiaires s’entrecroisent en divers sens ; il en est ainsi pour le centre phrénique, tendon d’insertion du muscle diaphragme.
2° Vaisseaux des tendons. — La vascularisation des tendons est peu développée. Les plus petits tendons, réduits à un faisceau tendineux secondaire, ne possèdent pas de vaisseaux sanguins. Dans les tendons plus volumineux, ces vaisseaux occupent l’enveloppe conjonctive ou péritenium externe, et leurs branches pénètrent dans les cloisons conjonctives entre les faisceaux tertiaires et secondaires, sans s’enfoncer cependant à l’intérieur des faisceaux secondaires.
Les vaisseaux lymphatiques, niés par Robin, Sappey, Ivoelliker, ont été injectés par Ludwig et Schweigger-Seidel, Sciiwalbe, Mays, Sciiiefferdecker. Ce sont, d’après Sciiiefferdecker, des tubes à paroi endothéliale, qui accompagnent les vaisseaux sanguins dans l’interstice des faisceaux secondaires et tertiaires. Ces lymphatiques profonds se jettent dans un réseau capillaire situé à la surface du tendon. Conformément à l’opinion régnante en Allemagne, Schiefferdecker ne considère pas les lymphatiques du tendon comme terminés en cul-de-sac ; ils communiqueraient avec des espaces lymphatiques sans paroi propre étalés à la surface des faisceaux secondaires et avec des lacunes du suc ou intervalles plasmatiques ménagés dans les faisceaux secondaires entre les faisceaux primaires.
3° Rapport des tendons. — Les tendons s’unissent, d’une part, aux muscles, d’autre part s’insèrent aux pièces squelettiques, fibreuses, cartilagineuses ou osseuses.
L’union des tendons avec les muscles sera examinée quand nous connaîtrons les muscles eux-mêmes.
Quant à l’insertion des tendons au squelette, ses caractères varient selon la nature de l’organe auquel le tendon s’attache. Dans le cas d’insertion des tendons sur une membrane fibreuse, la sclérotique par exemple, le tissu tendineux se continue avec le tissu fibreux de la membrane en perdant son orientation régulière. Lorsque le tendon s’insère sur un cartilage, les fibres tendineuses se prolongent par celles du périchondre. Le tissu tendineux et le tissu cartilagineux se pénètrent réciproquement, donnant lieu à un tissu de caractère mixte ou fibro-cartilagineux. Dans le cas le plus fréquent, le tendon s’insère sur un os. La disposition observée habituellement est alors la suivante. Le périoste, s’arrêtant au pourtour de la surface d’implantation du tendon, se continue avec les couches les plus superficielles du tendon, qui entrecroise ses fibres avec les siennes. Dans la partie centrale de la surface d’insertion, le tendon peut se comporter diversement. Souvent ses fibres s’insèrent directement sur l’os sans aucun intermédiaire (tendon d’Achille, tendons du grand pectoral, du deltoïde) ; les libres tendineuses, pénétrant dans l’os, y forment des « fibres de Sharpey » (p. 20^). Ailleurs l’insertion tendineuse à l’os se fait par l’intermédiaire d’un fibrocartilage, qui résulte de la transformation cartilagineuse du tendon.