‹ Traité d'histologie et d'histochemieChapitre 25 sur 56 · TISSU CARTILAGINEUX · texte numérisé non relu

TISSU CARTILAGINEUX

multiples; los cartilages qui persistent chez Tadultc se modifient ; ils se ramollissent, ils subissent la transformation fibreuse, la dégénérescence calcaire, et peuvent être envahis par le tissu osseux ; en un mot, ils peuvent être le siège de tous les processus que nous avons décrits en étudiant les cartilages transitoires.

Les phénomènes nutritifs qui se passent dans le tissu cartilagineux, généralement dépourvu de vaisseaux (1), semblent être p«u actifs. La nutrition de ce tissu se fait de deux manières différentes. Une partie du système cartilagineux est tapissée par une membrane conjonctive ou périchondre, dont les vaisseaux amènent au cartilage des éléments nutritifs ; mais, fait fort curieux à signaler, c'est justement la portion centrale du cartilage, c*est-à-dire la plus éloignée des vaisseaux sanguins, qui semble la plus développée. On n'a pas encore cherché à savoir si le cartilage peut se développer aux dépens du périchondre, et dans quelle proportion ce développement peut avoir lieu. D'autres cartilages de revêtement sont dépourvus de périchondre et reçoivent leurs éléments nutritifs par riotermédiaire des vaisseaux de l'os sous-jacent.

La substance fondamentale joue dans le cartilage le rôle essentiel ; les cellules, isolées, sont en effet presque des éléments accessoires au milieu de cette masse abondante qui offre une résistance, une solidité et une ébticité tout à fait remarquables. Ces propriétés physiques du cartilage ont une importance essentielle dans l'organisme ; en efTet, le cartilage sert de soutien à certains organes, il renforce les parois des canaux membraneux, il tapisse les surfaces articulaires des os, et forme des revêtements résistants, lisses, qui s'usent à peine ; il sert en outre à unir d'une manière solide les portions différentes des os.

Bien que le cartilage soit dépourvu de vaisseaux, il peut, quand il s'en- Damme, être le siège d'altérations tout aussi bien que les tissus les plus îi«culaires de l'organisme. On y observe une prolifération très-activc des éléments cellulaires, qui se multiplient par division, une augmentation de Tolume des capsules, la production de granulations graisseuses dans le mrps de la cellule. La substance cellulaire se décompose en travées, en fibres, ou bien se ramollit. Le cartilage peut également se calcifier ou se transformer en une masse de tissu conjonctif. [Redfren, Virchow (2).) Nous retrouvons ici les processus dont nous avons parlé g i04.

La substance des cartilages ne se régénère pas ; les fragments de cartila|?e sont toujours unis par du tissu cicatriciel conjonctif. 11 est assez fréquent d'observer des néoformations accidentelles de tissu cartilagineux. Ces néoformations peuvent se produire au niveau même du cartilage préexistant et portent alors le nom à^ecchondroses ; on peut également trouver des tumeurs cartilagineuses dans des points de l'organisme qui n en renferment jamais à l'état normal : ces tumeurs, connues sous le ^(^md' enehomlromes^ s'observent dans les os, les glandes, etc. On retrouve, dans les enchondromes surtout, et quelquefois dans la même tumeur, toutes les variétés de cartilage que nous avons décrites ; on y

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observe également des îlots de substance cartilagineuse unis par des masses flbreuscs conjonctives (5),

Il nous reste à étudier ic rf^fe/opp^ment du cartilage chez l'embryon, ainsi que les premières niodilications que subit ce tissu. Schnann (4), Kœlliker (5), Bruch (6), Ueidcnbain (7), etc., ont fait, à ce sujet, des recherches fort intéressantes et fort curieuses.

Le cartilage apparaît de très-bonne heure chez l'embryon : cola s'explique par la simplicité anatomique même de ce tissu, formé primitivement de cellules analogues aui autres cellules ou cellules embryonnaires. Le premier cartilage ou cartilage transitoire offre d'abord un aspect blanchâtre, assez semblable à celui des tissus environnants. Mais bientôt la structuire caractéristique du tissu se dessine.

Au début, les cellules de cartilage sont serrées les unes contre les autres, et l'on n'aperçoit pas encore de substance intercellulaire. Mais bientôt la masse intercellulaire apparaît d'une façon plus nette.

Chez des embryons de mouton de ]5 à 15 millimètres de longueur, Kœlliker a trouvé des cellules de cartilages de 0'°,013 à ()'°,022 de diamètre, séparées par très-peu de substance fondamentale. Sur des embryons plus volumineux, notamment sur un embryon de cochon de 2 pouces de longueur et plus, les cellules, dans lesquelles on observe d^ des cellules-filles, l'emportent encore de beaucoup sur la substance fondamentale (Qg. 172).

Chez les embryons de cochon de 5 pouces 1/2 de longueur, la substance intcrccllulaire n'occupe, d'après Schwann, qu'un quart environ du volume total. ^'ari"i%7u^)^'duné ^ "^''^ époquc le Cartilage est encore fort mou, et wn*bre ifun teiq» da par la plus légère pression on fait sortir les cellules dri«i"gueur. * """^ 1"i **^ répandent dans le liquide environnant. Plus tard, la substance intcrccllulaire augmente de plus en plus; les cellules deviennent plus volumineuses et se multiplient par prolifération endogène. Les cellules se multiplient également par division (8). Les capsules épaisses, distinctes par leur degré de réfringence, n'existent qu'à une période plus avancée dans les cartilages des mammifères; la graisse s'observe à peine dans les cartilages des nouveau-nés (ïoy. fig. 164}. Plus tard enfin apparaissent la striation et la transformation fibrillaire de la substance fondamentale.

Schwann (H] d'abord et lloppe (10) ensuite ont remarqué que la substance fondamentale du cartilage fœtal ne renferme, au début, ni chondrine, ni substance coUagène ; la différence de composition anatomique est donc liée à une différence de composition chimique.

On a surtout étudié jusqu'alors le développement du cartilage hyalin ; mais dans cette étude rentre implicitement celle du cartilage réticulé et fibreus. Ces cartilages sont également formés par une substance homogène au commencement de la période embryonnaire. La formation des

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