‹ Traité d'histologie et d'histochemieChapitre 29 sur 56 · TISSU ADIPEUX. SU · texte numérisé non relu

TISSU ADIPEUX. SU

observe au pourtour des reins, dans les épiploons, dam le mésentère, au pourtour du cœur.

Le pannîcule adipeux répandu dans les différentes parties du corps sert à Umiter ses contours élégants et gracïeui; plus abondant chez la feinme et l'enfant que chez l'homme, il diminue également à mesure qu'on se rapproche de la TÏeillesse : représenté par une couche épaisse chez les gens gras, il est à peine sensible chez les personnes maigres. A la suite de privations prolongées, de maladies longues et débililantM, d'anasarque généralisé, le tissu adipeux disparaît rapidement, mais se reproduit tout aussitôt que les con- „ „ i ditions normales de l'existence se trouvent rétablies. Quand ou examine le tissu adipeux de cadavres émaciés, on y retrouve les cellules parfaitement conservées, mais ne renfermant plus aucune trace de graisse; ces éléments cellulaires semblent donc doués d'une vitalité très>grande, et il est probable que, lorsque chez un sujet amaigri on voit reparaître l'embonpoint, ce fait est dû à ce que les cellules se Mnt débarrassées de leur «mtenu liquide pour se l'Iiarger à nouveau de produits graisseux.

Chex des sujets dont l'embonpoint est très-prononcé, on trouve de la graisse dans des pointa de l'organisme qui n'en contiennent pas à l'état normal, test ainsi que l'on observe du tissu adipeux au milieu du tissu conjonctif lâche qui est situé entre les Gbres musculaires striées (Hg. 191); les fonctions do muscle peuvent même être altérées dans ces cas. Oa retrouve des altérations tout à fait sembUd)lcs dans les muscles qui sont restés pendant un certain temps à l'état de repos. Il Faudrait bien se garder de confondre cette surcharge graisseuse avec la dégénérescence liraisseuse du muscle, dans laquelle la masse musculaire elle-même se ctiarge de granulations graisseuses et finit par se détruire.

L^ tumeurs adipeuses ou lipomes (3) sont formées par un tissu conjonctif adipeux de nouvelle formation.

Le tissu adipeux se retrouve dans le corps de tous les vertébrés, mais ni quantité variable et dans des points différenla de l'organisme.

ttEHUiOES. — [1) Le tÎMu adipeux qui «'accumule au pourtour des capsules synovialt^s Sait louTenl par chasier la séreuse deiant lui ; elle forme alors des replis articulaires qui ■ont riHimu SMU le nom de glandes de Hivers. — (S) Les cellulei de la moelle des os ■Nil nn peu pliu pdilea ; leur euteloppe est ombllïquée et le noyau Irès-rapprodié de la périphérie. {KmuEEB, Hikroskopische Anat., «ol. Il, Ablheil. 1, p. 303.) Lii moelle, qui remplit le tissu spongieux, offre une struclure spéciale, sur laquelle nous reviendrons plus iinl. Les cellules de cartilage, les cellules glandulaires pcuvcht se charger de graisse au jioiai de ressembler i des cellules adipeuses ordinaires. — (3) Vojei Virchow, Traité des «inwan, toI. I, p. 564.

S34 TRAITÉ DHISTOLOGIK ET D^HISTOGIUMIE.

Propriétés chimiques et physiologiques des cellules adipeuses. — Le» cellules adipeuses sont des réservoirs destinés à renfermer les graisk^es neutres élaborées par Forganisme : à partir d'une certaine époque de la vie l'embonpoint est un état normal, la maigreur une exception. Les conditions qui rendent les cellules adipeuses aptes à se charger de graisse nous sont inconnues.

Nous avons déjà parlé, dans la première partie de cet ouvrage, Aea graisses neutres de l'organisme, et nous avons vu que nos connaissanco> étaient encore fort restreintes à ce sujet : il est donc inutile de revenir en détail sur cette question.

La masse graisseuse de Torganisme est formée par de la tripalmitine et de la tristéarinc, substances qui sont maintenues en dissolution pr une graisse neutre oléagineuse, la trioléine. Plus il y aura de graisses mv lides dissoutes dans la trioléine, plus le point de fusion du mélange sera élevé, et plus aussi la graisse se figera avec rapidité après la mort. De lî les caractères physiques et chimiques variables que la graisse présente* non-seulement dans les différents points d^un même corps, mais également chez les divers animaux. Le tissu adipeux des carnivores se rapproche beaucoup de celui de l'homme. Mais celui des ruminants et des rongeurs en diffère par sa consistance beaucoup plus considérable. Le tissu adipeux des cétacés et des poissons est oléagineux : il devait en être ainsi chez des animaux qui séjournent continuellement dans l'eau.

On a cherché à déterminer la composition chimique (1) de la cellule adipeuse. Quand on a extrait les principes gras contenus dans la cellule à l'aide de Tcther et de Talcool bouillant, la cellule complètement vide revient sur elle-même. L'acide acétique n'attaque pas Fenveloppe, mais quand on la traite par cet acide, par Tacide sulfurique ou même par b chaleur, en en voit sourdre des gouttelettes de graisse. La membrane cellulaire résiste assez longtemps à l'action de la potasse. Elle est probablement formée par de la substance élastique ou un corps analogue.

L'importance physiologique du tissu adipeux ressort des propriéttV mêmes des corps gras en général; il sert à équilibrer les pressions, il forme de véritables cx)ussins protecteurs pour les organes, cédant, fuyant au moindre choc imprimé aux parties de Forganisme dont il remplit lo vides. Mauvais conducteur de la chaleur, le tissu adipeux empêche la déperdition du calorique et par cela même le refroidissement du corp^. Lorsque la graisse, abandonnant la cavité cellulaire, est chassée dans le torrent circulatoire, elle se décompose au contact de Toxygènc de T.iir. se transforme en acide carbonique et en eau, et fournit, comme résultat final, de la chaleur.

Les graisses neutres de Forganisme proviennent des graisses et df^ aliments destinés à se transformer en corps gras que nous absorbons a^ir

TISSU AMPEUX. 9»

les alimcnls; de là l'embonpoint des gens qui prennent une nourriture riche et succulente. La graisse absorbée dans le tube digestif pénètre dans Ifs premières ramifications des chylifères sous forme de graisse neutre; on la trouve saponifiée dans te sang; plus tard elle se présente à nouveau sous forme de graisse neutre dans les cellules; les physiologistes n'ont pu déterminer, jusqu'à ce jour, ce que devient la glycérine qui doit évidenunent se former au moment de la saponification, ni reconnaître la substance oi^nîque qui produit plus tard la décomposition du savon.

Remuwie. — (1) Vojei : Huideh, Chimie phjsiol., p. 619 ; Scblossbehges, toc- cit. ; l- partie, p. 140 ; Gordp, Chimie pbpiol.. p. ISt, 589.

Développement du tisiu adifieux. — Le développement du tissu adipeux l'hez l'tanbryon est en partie connu ; il se forme, suivant le si^e, tantôt aui dépens des cellules embryonnaires, tantât aux dépens des cellules de larlilage, e^mme dans la moelle des os Cliez l'adulte, les cellules adipeuses se forment au milieu du tissu conjonctif par transformation des fellulcs de ce tissu.

En décrivant le tissu osseux, nous aurons a revenir sur le développement des cellules adipeuses dans le tissu osseux de nouvelle formation ; aui!si ne comptons-nous parler ici ,,

qoe de la production des cellules idipeuses dans le tissu conjonctif embryonnaire. . .

Les cellules adipeuses ec forment sans doute aux dépens des ^ •vllules sphériqucs que l'on ob- " jt «ire dans les lacunes du tisssu iiHijonctif en voie de développement (fig. 192, c, c). Ces cellules, '' -

l'a se multipliant par division, , . .. ' u

forment des groupes qui comblent '

Ifs lacunes (1).

\ alcntin dit avoir observé des Fig. 19S. ~ Gelée dr WUrlon du «rdon ombilieil.

cellules adipeuses dépourvues de H»"!' «Wm«ique p.u..nt «rvir à «piiquer i.

■^ 1 ■ , aéïelDppemenl du tissu conjonclif «mbrjoniMlre.

::rai$se a la plante des pieds ctala a.nrpuKDkdeibsDeonjoiictii: *.irib«0Diesd.ibtu

Plume des mains d'erabrvons hu- «nijonclif; e, ceUulniiÂériqueidnliDiesprolwbb!-

. , . ■ . 1 ■ ,rti ment ù jetransforincr en CL-Uiilcs adipeuiM.

■oams de trois mois et demi (^).

Gerlach n'a pu confirmer l'assertion de cet observateur, et je n'ai pas été

pltts heureux que lui.

Dans une période plus avancée du développement embryonnaire (Gg. 195, 2), le tissu adipeux se présente sous des aspects tout particuliers. On observe des cellules serrées les unes contre les autres d'une façon caractéristique (c), aplaties, de forme polyédrique, et enveloppées d'un ré-

Fig. 195.

seau vasculaire. Ces cellules sont sphériques, très-volumineuses (ofr), à noyau vésiculeux, à contenu Bnement granuleux, mais elles ne renferment

généralement pas de graisse. Chez des embryons de mouton de 10 pouces de long environ, ces cellules offrent des dimensions à peu près égales à la moitié de celles que présentent ces éléments chez râdulte; les noyaux, au contraire, mesurent en moyenne 0'"'',004 de diamètre. Il est fort curieux d'étudier la manière dont ces cejilules se chargent petit à petit de graisse, et de suivre un à un tous les degrés de cette transformation que Ton retrouve en examinant chez l'adulte des cellules adipeuses qui se débarrassent de leur graisse. On voit apparaître d^abord quelques petites gouttelettes graisseuses (d); ces gouttelettes deviennent de plus en plus nombreuses (g), se confondent de manière à former des gouttes {Cy f, h), et Ton voit ainsi diparaître finalement tout le contenu granuleux de la cellule. Le moment auquel les cellules se chargent de graisse est variable pour les différents animaux (3).

Les cellules adipeuses jeunes sont beaucoup plus petites que les cellules adultes, comme Pavait déjà vu Raspail. Harting (4) a mesure ces éléments avec grand soin, et a trouvé que chez Tembryon les cellules adipeuses de l'orbite avaient environ la moitié, et les cellules de la paume de la main le tiers du volume de celles de Tadulte. Harting conclut de ces recherches que Taugmentation de volume d'un organe dépend de Taugmentation correspondante de volume des celluUes. Il serait curieux de rechercher si les cellules adipeuses d*un sujet Fig. 194. — Corpuscules de ii»su amaigri ont un volume moindre que les cellules

conjoncUr »e transformanl eoit «.i* •<.«

cellules adipeuses dans un d UU SUJCt DieU nOUm et trCS-graS.

Sîîîleu^'**'" ^' *"'''"'^* D'autres observations sont encore venues cona, corpuscules de tissu conjonciif firmcr la Uaisou intime qui existe entre le tissu

jk peine altérés : b, cellules ■• . i &> • ««p tr* i -t<''<..* i

rommençant à ^ remplir do adipCUX et le tlSSU COnjOnctlf. VirchOW, nittich ot

proîongemenir d"iminuent de Fœrstcr (5) out montré quc Ics orgaucs atrophies îl*?iTtîie1,l formel.*'**^'*** «out fréquemment enveloppés et traversés en tous

sens par une grande quantité de tissu adipeux. Nous avons déjà fait allusion (fig. 191) à une transformation analogue que Ton observe dans le tissu musculaire dans le cas de surcharge graisseuse;

TISSU œNJONCTlF. S37

on i)eut suivre alors dans le tissu conjonctif lâche, qui sépare les fibres musculaires, tous les degrés de transformation des corpuscules de tissu conjonctif en cellules adipeuses (fig. 194). On les voit se remplir (à) de |)ctites gouttelettes de graisse (b) qui finissent par se confondre; les cellules d'abord fusiformes ou étoilées prennent peu à peu la forme sphérique (c) et constituent la cellule adipeuse proprement dite (d). Dans les lipomes, Fœrster a vu les corpuscules de tissu conjonctif se transformer en cellules adipeuses.

On a vu les cellules adipeuses se transformer en corpuscules de tissu conjonctif fusiformes ou étoiles, et Kœlliker (6) a indiqué que les cellules adipeuses du tissu cellulaire sous-cutané, qui se remplissent de sérosité après la disparition de la graisse, peuvent se changer en corpuscules de tissu conjonctif.

Le tissu adipeux qui environne le hile du rein et qui se trouve étendu sous le péricarde peut, dans des circonstances analogues, se transformer en tissu muqueux. [Virchow (7).]

Rebaiiqoes. — (i) Voyez Schwahn, lœ, cit., p. 142; Virchow, Untersuchungen ttber die Enlwickluiig des Schddelgnmdes, Hecherches sur le développement de la base du crâne, Berlin 1857» p. -49. — (2) Valbrtin, Nandbuch der Entwickluogsgeschichte des Meoschen, Traité du développement de l homme, Berlin 1835, p. 271 ; Gerlach, lac, cit., p. 71. — (3) Wtirzburger Verhandlungen, vol. VII, p. 183. — (4) loc. cit., p. 51. — (5) Archives de Virchow, vol. VUl, p. 538 ; Virchow, vol. IX, p. 194, Wittich, et vol. Xll, p. 203, Fœrstbr. — (6) Ânatomie microscop., vol. li» p. 20. -* (7) Archives de Virchow, vol. XVII, p. 15.

•• Timiv eoBjoaetlf..

On comprend sous le nom de ixssu conjonctif (1) un tissu très-répandu dans l'organisme; il est également formé par des cellules ou des rudiments de cellules, et par de la substance intercellulaire. Cette dernière fournit presque toujours de la substance collagène par la cuisson; elle |)eut également contenir de la chondrine, comme dans la cornée. Elle a une grande tendance à se décomposer en fibrilles comme celles que Ton observe dans tout tissu conjonctif plus ou moins complètement développé; ces fibrilles, réunies les unes aux autres, constituent les faisceaux de tissu conjonctif. On trouve eniin dans le tissu conjonctif des fibres élastiques, également formées aux dépens de la substance fondamentale ; ces fibres forment des réseaux, des membranes cloisonnées, et servent à limiter les faisceaux de tissu conjonctif ou même les lacunes de ce tissu qui peuvent renfermer des éléments cellulaires.

Les caractères que nous venons d'indiquer appartiennent à toutes les nia^ïses formées par du tissu conjonctif, et nous voyons que ce tissu peut, à bien des points de vue, être considéré comme du tissu muqueux, qui

iSS TRAITÉ D'UISTOLOGIË £T DHlSTOCUiMlË

aurait subi un développement ultérieur. Mais souvent les caractères du tissu conjonctif diffèrent de ceux que nous avons énumérés ; et ce U^^u présente des aspects si variés qu'il est extrêmement difficile d'en tracer les limites ; plus d'un histologiste désigne de nos jours sous le nom de tissu conjonctif les parties dont la structure n'aurait certes pas été interprétée dans le même sens il y a quelques années.

Il est possible cependant d'indiquer les jalons qui pourront servir û suivre les modifications multiples dont nous venons de parler.

Le tissu conjonctif peut être formé par des corpuscules de tissa conjonctif complètement développés, isolés ou unis, sans former de réseaux, et plongés au milieu d'une substance fondamentale très-peu abondante: dans ces cas, cette substance ne se décompose pas généralement en fibrille>. La substance cellulaire est tantôt homogène, tantôt chargée de granulations de mélanine; les cellules forment alors des éléments pigmentain^ étoiles. Lorsque la substance fondamentale est peu abondante, les cellulo olTrent généralement une disposition tout à fait irrégulière; dans le ca^ contraire, les cellules prennent une direction déterminée, et la masse fondamentale se décompose en fibrilles qui suivent la même direction pour former des faisceaux.

La disposition des éléments cellulaires, les caractères de la substance fondamentale qui, d'abord plissée, ne tarde pas à offrir un aspect strié i-t à se décomposer en fibrilles, servent à définir le tissu conjonctif arrivé à son développement complet. Mais dans le cours de ces transformations, les cellules de tissu conjonctif peuvent se modifier à leur tour, à ti*l point qu'elles semblent avoir disparu d'une manière complète, sauf It* noyau. Le nombre de ces éléments cellulaires ou les noyaux qui leur survivent, servent également à définir les différentes variétés de tissu conjonctif.

La présence des fibres élastiques vient également ajouter un nouv(*au caractère au tissu dans lequel elles sont tantôt isolées, tantôt accuniultv>« suivant la variété que l'on gamine.

11 reste encore bien des points à étudier et à approfondir, avant qu'il soit possible de bien définir et de bien limiter ce tissu dont le dévelopiM-ment demande à être suivi d'une manière plus complète qu'il ne l'a elr jusqu'à ce jour. Cette étude est rendue difficile par la constitution niéiin* du tissu dans lequel on rencontre des parties, comme les fibrille«« |Mr exemple, qui cachent aux yeux de l'observateur la plupart des autres éléments. Pour s'en débarrasser, il faut employer les réactifs chimiques, qui viennent à leur tour altérer la forme, les caractères des cellules. En <4ii* diant de pareilles préparations on est donc loin d'avoir sous les yeux U*^ éléments normaux et vivants du tissu conjonctif.

Reiiaiiqoe«. — (i) \a*s premiers hîslolo^'isles considéraient le tis&u conjonctif a»mj>*tine niasse formée de filaments tn'S-déliés, InmsparcntSy tantôt entre-croisés, bnlùt nMin:« en fiiiflceaot. La cellule ne fat décrite que bien après. Nous renvoyons, |Kiur riiislori«|ii«-. iu paragraplie 139.

TISSU (XWOHCTir.

FArilUi de tissu eonjonetif. — Passons immédialement à l'étude des divers éléments qui composeat ie tissu conjonctil' type. Nous commencerons pir les fibrilles. Elles se présentent sous forme de liUments très-déliés, eilnuibles d en même temps élas-

liques, tniupareate, de O^.OOOâ de { 1 n ^

diimètre, non ramifiés (1). / J* fh /

Les fibrilles de tissu conjonclif ' ' jT* ^n Â'

ili|.'. 195) se réunissent de manière f\ I > ' '7

i former des tractus et des faisceaux li'fpgisseur variable; mais il est lal'ik- de les dissocier mécaniquement iiu à l'aide de réactifs chimiques.

IRollett (2).] Grâce â l'^asticité de;^ tibrilles, les faisceaux présentent un J^poct onduleux, des contours irrcl^ulicrs; à l'œil du, ils apparaissent ■«tnent sous forme de rubans striés. ^

Les laisceaux ont quelquefois une

Jiredion parallèle et sont séparés __

|ar une certaine quantité de sub- j^iée,.) ^^

lUDcefoodameDlale, homot;ène,qui

■« présente sous forme de lamelles pâles et minces; dans d'autres cas, les ^ixeaux sont tellement serrés les uns contre les autres, qu'il ne semble |ilui> y avoir de masse intermédiaire ; on observe notamment ce fait dans In Icndons. Mais les faisceaux peuvent également s'entre-croiscr, tantôt irrégulièrement, tantôt dans un sens plus régulier, à angle droit par >'ieinple. Il est impossible alors de suivre la direction des faisceaux (sclérulique). Des différences dans la forme, la direction, le nombre des fais- >'>aui, dépend la variété d'aspect, de coimstance, etc., des parties forum de tusu eonjonetif.

U diamètre des faisceaux de tissu eonjonetif varie suivant le nombre il'? librilles qui les compose. En s'uniseant les uns aux autres, ces fais- '•3UX forment des tractus de plus en plus épais. On peut donc distinguer '|> faisceaux primitifs, secondaires et tertiaires.

Il ait important de savoir si les fibrilles réunies en faisceaux man<|Uciil i^œplélement d'enveloppe ou si elles sont entouréi^s par une gaine hoiK^ne. En règle générale, il n'existe pas d'enveloppe. Mais dans les poiDtsoiJ le tissu eonjonetif est très-lâche, sous la peau, par exemple, et ^rtout à la base du cerveau, on observe fréquemment autour des lais^ <^ia une enveloppe tantôt très-mince, tantôt plus épaisse. Cette enveitluppe peut avoir conservé les caractères de la substance coUagène ou > être transformée eo masse élastique.

S40 TRAITÉ D'HlSTOfaOGlË ET D'HISTOCHQIIE.

L'acide acétique est un excellent réactif pour Tétude du tissu dont nous nous occupons. Les fibrilles sont composées de substance collagène, mais ne se dissolvent que difficilement dans Tacide ; ce dernier lait di^• paraître l'aspect fibrillaire en amenant un gonflement considérable dc> faisceaux qui deviennent clairs, transparents; ils offrent quelquefois une striation transversale. En même temps on voit apparaître les fibres élasr tiques et leurs réseaux, ainsi que les corpuscules de tissu conjoDctif modifiés par le réactif. On peut savoir, même sans microscope, si un tissu renferme beaucoup de fibres élastiques ; car, dans ce dernier ca>, l'acide acétique ne le rendra pas beaucoup plus transparent qu'à rêtat normal.

Il est facile de prouver que les faisceaux de tissu conjonctif ne se di>solvent point dans lacidc acétique. Il suffit, en effet, de laver à gran<iv eau la préparation traitée par cet acide pour voir reparaître les fibrille:». — Les solutions de potasse ont une adion analogue à celle de Facide acétique.

RiHARQUEs. — (1) Gomme les flbrilles de tissu conjonctif sont très-minces et toajoui» réunies sous forme de faisceaux, il est facile de comprendre qu'on ait nié leur existenif. il y a peu de temps encore, et qu'on les ait considérées comme le produit d*un arti6ce de préparation. Rkicbbrt avait coomiis cette erreur dans son travail si important et si remarquable k tous les autres points de vue. Pour cet auteur, la masse fondamentale du tiv^a conjonctif est constituée par une substance homogène, sans structure aucune, qui a uiit grande tendance à former des plis très-fins et à se fendiller dans le sens de ces pli5; n^ plis auraient été considérés, k tort, comme des fibrilles. Les anciens avaient, à ooup sti;. regardé le tissu conjonctif comme une masse d'une structure beaucoup trop onifomit ; la théorie de Heichert n'est pas plus soutenable que la leur. 11 suflît d'examiner uj petit morceau de tissu conjonctif vivant pour voir les fibrilles, et l'emploi du mîcro9o>(<. à polarisation vient encore confirmer la réalité de leur existence (Fret, le microst of» . p. 461). En faisant des coupes de tendons, on aperçoit un pointillé très-fin que œrtai' « observateurs ont attribué è la coupe transversale des fibrilles. — > (î) Huiui (Compte ren )■ pour l'année 1857, p. 35) avait montré qu'en traitant successivement les fatsceau par d* réactifs qui les gonflent et les font rétracter alternativement, Facide aiotiqiie ou 1 .•> cide chlorhydrique dilué et concentré, par exemple, on parvenait à isoler les fib^ltl'^ RoLLBT (Wiener Sitzungsberichte, vol. XXX, p. 37) indiqua ensuite que l'eau de chaui, « : surtout l'eau de baryte, ont la propriété de dissoudre rapidement le ciment interfihnibii de manière à permettre d'isoler facilement les fibrilles. Cet auteur prétend que la ch^*i\ et la baryte décomposent le tissu conjonctif en fibrilles ou en faisceaux, et que les fibr • ^ ne deviennent isolubies qu'après une macération prolongée. RoUet conclut de là i Tt n^ tence de deux formes de fibres de tissu conjonctil'. I^es premières se trouveraient suri > dans les tendons, puis dans la sclérotique, les aponévroses, les ligaments fibreux d<*» *n culations, la dure-mère, les ligaments interosseux. Les seconds eiisteraient dans le d«-r n * la conjonctive, le tissu cellulaire sous-cutané , le lissu sous-muqueux de rinle«Uii , t tunique adventice des vaisseaux. Mous croyons qu'il y a là une simple différenoe dju^ t nombre des faiK-eaux.

Fibies élastiques. — Toutes les libres élastiques, sous quelquo loip^ qu\»llo8 se présentent, résistent non-seulement à laction des acide^« ni.t

TISSU CONJONCTIF.

encore à celle des alcalis. La potasse est le- meilleur réactif pour l'étude lie ces éléments.

Les fibres élastiques sont très-répandues dans l'organisme ; tanlAt lines, lantât épaisses, elles peuvent être droitet« ou ramifiées.

On avait désigne autrefois, sous le nom de fibres de noyau [Gcrber (I), Uenlc (2)], les fibres élastiques les plus déliées; on avait cru, en effet, qu'elles se déveioppaimt aux dépens de noyaux fusifornies, allongés et soudés entre eux. On les observe dans plusieurs points du corps, et notamment dans le tissu tellulairc sous- cutané. Leur diamètre transversal est à peu près identique à celui d'une Gbrille de tissu conjonctif; mais on les distingue facilement par leur contour foncé et par leur direction : elles sont contournées souvent en forme de lire-bouchon, coudées, enroulées. L'enroule- rig. m. ment est dû à l'élasticité des '" """"q'ïiSt'e. ' fibres, à leur section et au

lionflement du tissu sous l'inHuence de l'acide acétique. On ne sait, jusqu'à ce jour, si toutes ces fibres déliées sont formées par des cylindres pleint» ou si elles sont creuses en quelques points (3j.

Ces libres déliées finissent par former des réseaux en se ramifiant et en s'anastomosant; elles peuvent atteindre alors de 0°,001 à 0°',002 de diamètre [b). Les mailles des réseaux {>euvent varier d'étendue, maie les libres principales n'ont jamais une longueur plus considérable que celle d'un fabceau de tissu conjonctif.

On peut observer tous les intermédiaires entre les fibres élastiques fuies et les fibres élastiques larges et épaisses {c), qui sont évidemment solides. Ces grosses fibres sont souvent cassantes, et, dans les préparations, on rencontre assez souvent des fragments de fibres assez courts.

Les ligaments jaunes de la colonne vertébrale renferment un nombre considérable de fibres élastiques de O'.OOi à O^OOS de diamètre, généralement arqués, ramifiés; ces ramifications très-nombreuses peuvent ae terminer en crochet, s'enrouler, et atteignent souvent une très-grande finesse.

Ces fibres élastiques ont un faible diamètre chez le nouveau-né. Il faut que les mammifères aient acquis de certaines dimensions pour que l'on

'243 THAITË U'UlSTULOtilK bT U'UISTOGHIHIE.

ubserve chez eux de larges fibres élastiques. Chez les pelils aoiiiiaus, vili?

ont toujours de faibles dimensions.

Le tissu conjonctif fibrillaire, situé entre les libres élasti()ues, peut être plus ou moins riche^ très-abondant dans certains points, on le vuil presque disparaître complètement en d'autres. De là le nom de l'uxu élastique donné par quelques anciens observateurs.

On ne saurait mieux choisir, pour étudier le tissu élastique sous tout» ses formes, que les parois des grosses artères des mammifères de grande dimension.

On y observe (fig. 197, a) des membranes élastiques très-minces, formées par un réseau de libres élastiques très-fines et par uue substanci' fondamentale homogène : dans certains cas, la substance fondamentale membraneuse est perforée en difTérents pointa (lig. 107, b) (membrani' fenêtrée de llenle). On observe aussi des membranes élastiques uniformes, sans fibres (fig. 198, l), également perforées (a), et dans ioquelles la substance élastique est représentée par des U-abécules ou |>ir de larges fibres élastiques, inégulières, (6, c). Aussi est-il fort diflicilc dans certains cas, de savoir si l'on a sous les yeux une véritable niciii-

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