COMBINAISONS CALCAIRES
La chaux, CaO, forme, avec la soude, la base inorganique la plus importante de l'organisme. Ses combinaisons sont très-nombreuses.
Phosphate de chaux.
L'acide phosphorique PO^ se présente sous des formes fort variables, mais on ne trouve dans Torganisme que Tacide phosphorique ordinaire ou tribasique. Cet acide, en se combinant à 5 équivalents de base, forme des
sels neutres ; quand il se combine à 2 ou à 1 équiyalcnts de base, le sel est acide. En s'unissant à 3 équivalents de chaux, il iorme le phosphate neutre de chaux ; il peut également se combiner à 2 équivalents de chaux et à 1 équivalent d'eau basique. Enfin, il existe des sels qui contiennent une proportion encore moindre de chaux.
Phosphate HBtrrRE se chaux , SCaO.PO,, et Phosphate aciinb de chaux, SCaO.flO.PO,.
Le premier de ces sels est presque insoluble dans Teau ; il est cependant légèrement soluble dans Teau qui renferme un peu d'acide carbonî* que ou des acides organiques, ainsi que dans les solutions de sels ammoniacaux, de chlorure de sodium et de gélatine. Il entre dans la composition des os et des dents ; il doit être également répandu dans le reste de l'organisme, car on le rencontre dans Turine.
Le phosphate acide de chaux, qui provient en général des substances alimentaires, entre dans la constitution de toutes les parties solides et liquides de l'organisme. Ce sel, en infdtrant les organes, leur donne une consistance pierreuse. Il est éliminé à Tétat amorphe.
On a trouvé le phosphate acide de chaux dans le sang, Turine, le suc gastrique, la salive, le sperme, le lait, ainsi que dans les liquides qui baignent les différents organes. De plus, le phosphate de chaux accompagne constamment les substances histogénétiques dans les tissus et les liquides de l'organisme. C'est ainsi qu'il forme une des parties les plus considérables de la masse osseuse. On en trouve encore de plus grandes quantités dans l'émail, substance la plus dure du corps (1).
Le phosphate de chaux jouit évidemment de propriétés histogénétiques, pijisqu'il est un des composés indispensables des tissus organiques.
CAEBOflATB DE CHAUX, CaO.GO,.
Ce sel se présente à l'état amorphe dans les os et dans les dents. On le rencontre également dans quelques liquides, dans la salive, dans Furine
~vvll> alcaline. On l'observe à l'état cristallin
^ "^Jj^vro ^ dans l'oreille interne de l'homme ; il y
y^^l/'^^'^^N forme les concrétions auditives connue:^
^^•J ^ ^ sous le nom d'otolithes. On le trouve
CJf^ 1 1 JB ô fka P'"^ fréquemment encore dans le cor|>s
" ^ ^9 ^iç;3 ^^* vertébrés inférieurs ; chez les gre-
^ ^ 0 A^**^^ ^ nouilles, par exemple, il existe dans les
*^ ^Viê f^^ ^ enveloppes cérébrospinales, a la partie
^JJvSP ^ 88* antérieure de la colonne vertébrale ,
aux points d'émergence des nerfs spinaux.
ri«. 36. - OU>Ulh« fonjjé» p.r d. airbo.,.ie , ^^ otolithcS (fig. 56) SOUt dcs Cris-
taux qui ont la forme de petites colonnes épaisses, constituées par la combinaison d'un rhomboèdre avec un
prisme hexagonal ; on observe cependant des rhomboèdres purs ou des scalénoedres.
La présence du carbonate de chaux à l'état de dissolution dans les liquides de l'organisme n'est pas encore démontrée d'une manière certaine. L acide carbonique qui existe dans ces liquides doit néanmoins seryir d'ageot de dissolution. Le carbonate de chaux ne semble destiné qu'à donner de la consistance à certains tissus des animaux supérieurs.
Le carbonate de chaux est tantôt absorbé .en nature, tantôt formé de toutes pièces, quand des décompositions organiques donnent lieu à un dégagement d'acide carbonique.
CHLCmURE DE CALaUM, GaCl.
Cette combinaison a une importance fort restreinte ; on ne Ta encore obserré que dans le suc gastrique. [Broconnot (2).]
Fluorure de calcium, CaFl.
On trouve le fluorure de calcium dans l'émail et dans les os, mais en laible quantité. Il en existe peut-être des traces dans le sang, le lait, I urine, la salive et la bile. [Nikles (3).] Il est absorbé en nature.
Reharooes. — (1) Voici la quantité de chaux que contiennent plusieurs substances pour lOO parties de matière : émail, 89,8; dentine, 66,7; fémur, 58,2, cartilage, 4,1 ; >|enne, 3,0; lait, 0,5; sang, 0,08.— (2) Ann. dechim. et de pliys.,tome XIX, p. 348.— •3) Comptes rendus, tome YI, p. 885.
La magnésie s'unit aux acides pliosphoriques dans des proportions analogues à celles de la chaux. La quantité de magnésie est cependant toujours inférieure à celle de la chaux.
Phosphate de hagrêsie, SMgO.POg+SHO ou 2MgO.HO.POg-l-i4HO.
Xous ne savons encore lequel de ces deux sels existe dans l'économie, (hi trouve les sels de magnésie dans tous les liquides et dans toutes les parties solides de l'organisme. Ils servent également à donner de la consistance aux os et aux dents. Le phosphate de magnésie l'emporte sur k phosphate de chaux dans les muscles (IJebig) et dans le thymus ; c'est là un fait fort intéressant. Le phosphate de magnésie pénètre en excès dans Torganisme avec les éléments de nature végétale ; une partie de ce sel ne fait que traverser le tube digestif, sans être absorbée.
Phosphate Aiuioiiuoo-HAGifisiEif , 2MgO.Mf40.P05 + 12HO.
Chaque fois que des substances se trouvent en putréfaction, chaque fois en an mot qu'il se dégage de l'ammoniaque dans l'organismci ce gas se
combine au phosphate de magnésie pour former une substance cristal- Une, le phosphate ammoniaco-magnésicn.
Ce sel (fig. 37) se présente sous la forme W^ ,^^B^ fondamentale d'un rhomboèdre : ce sont " ^^^JM généralement des prismes à trois pans, dan< ^^^1^ ^T ^^ lesquels deux des extrémités qui corrcspon- ^^^^^^ ^ ^^ dent à une même arête sont taillées obli- ^^r ^iù^ ^^^ quement, en forme de couvercle de cercueil.
Ces cristaux peuvent subir d^autres modi- '''■ Y™„-o'Sr;».^tr'-" fications : on voit quelquefois deux angles
polaires opposés et taillés ; les deux angles« restants sont quelquefois eux-mêmes coupés.
On observe des cristaux de phosphate ammoniaco -magnésien dans les fèces, dans Turine alcaline et les matières animales en putréfaction.
Carbonate de hagnésik.
Ce sel joue un rôle peu important dans l'organisme. On le rencontre dans Turine des herbivores à l'état de carbonate double : MgO.H0.2CO,. Il existerait peut-être dans les os. Il est, en effet, difficile de dire si ce:> organes renferment du carbonate ou du phosphate de magnésie.
GbLORDRE de MAGJfésiUlf, MgCI.
11 existerait dans le suc gastrique.
COMBINAISO^fS DE LA SOUDE
Les sels de soude sont loin de posséder les caractères physiologiques que nous avions assignés tout à 1 heure aux sels de chaux. Les sels de soude semblent prendre une part active aux transformations chimiques des tissus, sans qu'il nous soit possible de saisir ces transformations sur le fait. — Nous avons vu que la soude s'unit aux substances protéiques de l'organisme ; qu'elle les maintient en état de dissolution ; nous avons vu également la soude combinée aux acides de la bile, et jouer un rôle fort important dans la sécrétion de ce liquide.
Cblorure de flODini » NaCI.
Ce sel, très-soluble dans l'eau, ne se dépose à l'état cristallin qu'à U surface du corps. Il se présente alors sous l'aspect de dés, à faces e3[cavées en forme d'escaliers, quelquefois sous l'aspect de prismes à quatre faces (fig. 38).
Sous l'influence de l'urée, le chlorure de sodium cristallise en octaèdres et même en tétraèdres. (Schmidt.)
Le chlorure desodhim existe dans toutes les parties solides et dans tous les liquides de Torganisme. La quantité de sel contenue dans ces liquides est fort variable ; elle excède rarement 0,5 pour 1 00. Le liquide qui baigne les muscles en contient la plus faible quantité. Les liquides de r organisme contiennent une proportion constante de ce sel même quand il est introduit en quantité considérable, car Texcès se trouve bientôt éliminé par Tnrine. Les parties solides de l'organisme renferment également du chlorure de sodium ; les globules du sang en contiennent fort peu; les cartilages, au contraire, en sont richement pourvus. Il est un fait fort
intéressant au point de yne de la valeur "''• "• Te^JI^rd;"™»™! """" physiologique du chlorure de sodium :
Bidder et Schmidt (1) ont, en effet, montré que Turine des animaux pri?és de nourriture ne renfermait bientôt plus de chlorure de sodium ; ce qui prouve que les tissus et les liquides de l'organisme en retiennent une certaine quantité qui leur est indispensable.
Les observations pathologiques prouvent également que, dans les cas de proliférations cellulaires et d'exsudations abondantes, le chlorure de sodium fait complètement défaut dans l'urine, 'parce qu*il est devenu nécessaire au processus inflammatoire plastique. (Ilellcr, Redtenbachcr.) Citons enfin les observations recueillies sur les animaux domestiques, dont la nutrition générale se trouve accélérée par l'ingestion abondante da sel de cuisine. (Boussinganlt.)
Les faits que nous venons d'énumérer nous conduisent à regarder le chlorure de sodium comme un aliment et comme une substance histogénétique indispensable aux tissus et aux liquides de l'organisme (2).
Carbonate iie soude.
On reconnaît habituellement la présence du carbonate de soude dans I organisme après avoir incinéré des substances animales ; aussi le considère-tron comme produit par la combustion elle-même, aux dépens d'autres sels de soude.
Cependant le carbonate de soude entre dans la composition de plusieurs liquides alcalins, du sang, de la lymphe, de l'urine des herbivores. Dans le sang, il sert à charrier l'acide carbonique ; il dissout également plusieurs substances protéiques.
Pbospbâtb de soude, âNaO.UO.POs et NaO.SHO.POg.
La soude, de même que la potasse, forme trois combinaisons différnites avec l'acide phosphorique ordinaire : le phosphate neutre de soude
SNaO.POg ; le phosphate acide avec 2 équivalents de base 2NaO.HO.PO^^ et le phosphate acide avec 1 équivalent de base NaO.SIlO.PO,. La première combinaison n^existe pas dans l'organisme; nous n'aurons donc qu'à nous occuper des deux dernières. C'est à coup sûr le sel bibasique qui est le plus répandu.
On Ta trouvé dans le sang, le lait , la bile, lurine, les tissus. Il sert peut-être de véhicule à l'acide carbonique respiratoire; on peut également supposer qu'il tient en dissolution quelques substances telles que la caséine, Tacide urique, et qu'il joue dans la formation des tissus un rôle encore peu connu.
Sulfate de soude, NaO.SO,.
Ce sel de soude se trouve dans les liquides organiques, dans l'urine entre autres, ainsi que les sulfates alcalins en général ; il existe également dans les fèces. Il manque dans plusieurs sécrétions importantes, dans le suc gastrique, la bile, le lait. On ne saurait lui assigner aucune valeur histogénétique, pas plus qu'aux autres sulfates. Il est plutôt un produit de décomposition, en ce sens que le soufre des substances protéiques et de leurs dérivés passe à l'état d'acide sulfurique eif s' oxydant, et chasse par conséquent Tacide carbonique des sels de soude.
Du reste, plusieurs faits viennent à l'appui de cette opinion. Les sulfates introduits dans l'organisme sont bientôt éliminés. De plus, la quantité des sulfates augmente dans l'urine à la suite du régime animal (Lehmann); nous avons vu également, à propos de la taurine, que le soufre contenu dans cette substance était mis en liberté sous forme d'acide sulfureux lors de la fermentation, et, s'oxydant, se transformait bientôt en acide sulfurique. (Buchner.)
Remabqoes. — (1) BiDDER et ScBMinr, Yerdauungssâfte, otc:, Sucs digestifs, etc. — (2) Voici combien différents tissus et liquides renferment de chlorure de sodium pour 100 : cbjlc, 0,53; lymphe, 0,41; sang, 0,42; lait, 0,09; salive, 0,15; suc gastrique, 0,13; bile, 0,36; urine, 0,33.