COMBINAISONS DE LA SOUDE
Les sels de soude sont loin de posséder les caractères physiologiques ([uc nous avions assignés tout à T heure aux sels de chaux. Les sels de soude semblent prendre une part active aux transformations chimiques des tissus, sans qu'il nous soit possible de saisir ces transformations sur le fait. — Nous avons vu que la soude s'unit aux substances protéiques de l'organisme ; qu'elle les maintient en état de dissolution ; nous avons vu également la soude combinée aux acides de la bile, et jouer un rôk fort important dans la sécrétion de ce li([uide.
Chloruhe de sodium , NaCI.
Ce sel, très-soluble dans Teau, ne se dépose à Tétat cristallin qu*i h surface du corps. 11 se présente alors sous Taspect de dés, à faces excavées en forme d'escaliers, quelquefois sous l'aspect de prismes à quatre faces (fig. 38).
Sous l'influence de l'urée, le chlorure de sodium cristallise en octaèdres et même en tétraèdres. (Schmidt.)
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Le chlorure de sodium euste dans toutes les parties solides et dan3 tous les liquides de rorganisme. La quantité de sel contenue dans ces liquides est fort variable ; elle excède rarement 0,5 pour 100. Le liquide qui baigne les muscles en contient la plus faible quantité. Les liquides de Forganisme contiennent une proportion constante de ce sel même quand il est introduit en quantité considérable, car l'excès se trouve bientôt éliminé par l'urine. Les parties solides de Torganisme renferment également du chloruj'e de sodium ; les globules du sang en contiennent fort peu; les cartilages, au contraire, en sont richement pourvus. Il est un fait fort
intéressant au point de vue de la valeur "''• ''^e'*^t™^a:°SSr«m* """" physiologique du chlorure de sodium :
Bidder et Schmidt (1) ont, en effet, montré que Turine des animaux privés de nourriture ne renfermait bientôt plus de chlorure de sodium ; ce qui prouve que les tissus et les liquides de Torganisme en retiennent une certaine quantité qui leur est indispensable.
Les observations pathologiques prouvent également que, dans les cas de proliférations cellulaires et d'exsudations abondantes, le chlorure de sodium fait complètement défaut dans Turine, parce qu*il est devenu nécessaire au processus inflammatoire plastique. (Hellcr, Redtenbacher.) Citons enfin les observations recueillies sur les animaux domestiques, dont la nutrition générale se trouve accélérée par l'ingestion abondante du sel de cuisine. (Boussingault.)
Les faits que nous venons d'énumérer nous conduisent à regarder le chlorure de sodium comme un aliment et comme une substance histogénétique indispensable aux tissus et aux liquides de l'organisme (2).
Carbonate de soude.
On reconnaît habituellement la présence du carbonate de soude dans lorganisme après avoir incinéré des substances animales ; aussi le considère-t-on comme produit par la combustion elle-même, aux dépens d'autres sels de soude.
Cependant le carbonate de soude entre dans la composition de plusieurs liquides alcalins, du sang, de la lymphe, de l'urine des herbivores. Dans le sang, il sert à charrier l'acide carbonique; il dissout également plusieurs substances protéiques.
Phosphate de soude, ^NaO.UO.POs et NaO.2HO.POs.
La soude, de même que la potasse, forme trois combinaisons différentes avec l'acide phosphorique ordinaire : le phosphate neutre de soude
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3NaO.POs; le phosphate acide avec 2 équivalents de base 2NaO.H0.Pf),. et le phosphate acide avec 1 équivalent de base MaO.2nO.PO,. La première combinaison n'existe pas dans Torganisme; nous n'aurons donc qu'à nous occuper des deux dernières. C'est à coup sûr le sel bibasique qui est le plus répandu.
On Ta trouvé dans le sang, le lait , la bile, l'urine, les tissus. U sert peut-être de véhicule à Tacidc carbonique respiratoire; on peut ^[alemeot supposer qu^il tient en dissolution quelques substances telles que h gssâne, Tacide urique, et qu'il joue dans la formation des tissus un rùle encore peu connu.
Sulfate de soude, NnO.SO,.
Ce sel de soude se trouve dans les liquides organiques, dans Tnrine entre autres, ainsi que les sulfates alcalins en général; il existe égalemait dans les fèces. Il man(|ue dans plusieurs sécrétions importantes, dans le suc gastrique, la bile, le lait. On ne saurait lui assigner aucune valeur histogénétique, pas plus qu'aux autres sulfates. Il est plutôt un produit de décomposition, en ce sens que le soufre des substûices protéiques et de leurs dérivés passe à l'état d'acide sulfurique en s' oxydant, et chasse par conséquent Tacide carbonique des sels de soude. j
Du reste, plusieurs faits viennent à l'appui de cette opinion. Les sul- i fates introduits dans l'organisme sont bientôt éliminés. De plus, la quan- j tité des sulfates augmente dans Turine à la suite du régime animal (Lehmann); nous avons vu également, à propos de la taurine, que le soufre contenu dans cette subvstance était mis en liberté sous forme d'acide sulfureux lors de la fermentation, et, s'oxydant, se transformait bientôt en acide sulfurique. (Buchner.)
Remarques. — (i) Bidder et ScHmnT, YerdauungssUftc, etc., Sucs digestifs, etc.- (2) Voici combien difTérents tissus et liquides renferment de chlorure de sodium poir 100 : chyle, 0,55; lymphe, 0,41; sang, 0,42; lait, 0,09; salive, 0,15; suc gastrique, 0,13; bile, 0,36; urine, 0,33.