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U LYMPHE ET LE CHYLE

1000 parties de lymphe contiennent :

Sérum 955,2

Caillot 44,8

1000 parties de caillot contiennent :

Eau 907,5

Fibrine 48,7

Albumine . . j

Graisses et acides gras | 34,3

Autres substances organiques /

Sels 9,7

1000 parties de sérum contiennent :

Eau 957,(i

Albumine * 52,0

Graisses et acides gras 1,2

Autres substances oi^aniqucs 1,8

Sels 7,4

Les cellules et le plasma de la lymphe renferment des quantités tout à lit opposées de substances minérales, identiquement comme dans le sang (§ 75). (Schmidt.)

Le chyle est légèrement alcalin ; la graisse qu'il contient le rend trouble ; il est plus laiteux que la lymphe et plus riche en cléments solides; son poids spécifique varie entre 1012 et 1022. Il coagule, comme la lymphe, au contact de l'air, au bout de 9 à 12 minutes. (Nasse.) le caillot peut également prendre une teinte rougeatre en présence de Tair. La fibrine se contracte très-faiblement en général, se dissout plus facilement et prend une consistance molle, gélatineuse.

L'albumine, qui parait être l'élément constitutif le plus important du chyle, est très-abondante dans ce liquide ; la proportion d'albumine varie néanmoins ave(? le genre de nourriture. Une partie de l'albumine est destinée à former des enveloppes aux molécules graisseuses ; l'autre est dissoute dans le liquide.

Le chyle contient beaucoup plus de graisse que la lymphe. Dans les premières ramifications des chylifèrcs la graisse, à l'état de combinaison neutre, est tenue en suspension sous forme de fines granulations. Plus tard elle est saponifiée, comme nous l'apprend l'examen microscopique; car en ajoutant un acide au liquide transparent, on voit apparaître des gouttelettes de graisse. (H. Mûller.)

Le chyle contient en outre du sucre de raisin (7) et de l'urée (8). Suivant Lehmann, on y trouverait également de l'acide lactique.

Le chyle contient enfin une quantité assez abondante de substances extractives et de sels, tels que des sels alcalins et surtout du chlorure de sodium, puis des sels terreux. On y a également signalé l'existence du fer. Nous donnons ici une analyse ancienne de Rees (9), et en regard l'analyse de la lymphe.

Cliylc recueilli sur un jeune Ane sept heure» aprèb l'ingestion de fèves et de pois. (Liquide recueilli avant l'entrée des cbylifères dans le canal thoraciqua.) Recs.

Eau 902,37

Fibrine 5,70

Albumine 35,16

Extraits aqueux 12,33

Extrait alcooliques 3,32

Graisses 36,01

Sels 7,11

Lymphe provenant des eitrémitt-s du même animal.

traces 5,85

C. Schniidt, qui a étudié à nouveau la composition du chyle, est arrivé à des résultats tout différents en faisant des expériences sur le chyle pris dans le canal thoracique du poulain. Il considère le chyle et la lymphe comme deux liquides de composition très-analogue; le second contiendrait un peu plus de fer, et fort peu de graisse.

Voici la composition du chyle provenant du canal thoracique d'un poulain trois heures après Tingestion de foin et d^une bouillie de farine :

1000 parties renferment :

Sérum 967,4

Caillot 32,6

1000 parties de caillot contiennent :

Eau 887,6

Fibrine. . , 39,0

Graisse libre

Acides gras

Albumine

Sucre et autres substances organiques.

Hématinc

Substances minérales sans le fer. , .

1000 parties de sérum contiennent :

Eau 958,5

Fibnne 00,0

Graisse libre 0,5

Acides gras des savons 0,3

Albumine 50,9

Sucre et autres substances oi^^aniqucs . . 2,3

Hématine 00,0

Substances minérales sans le fer. ... 7,5

Le développement des corpuscules de la lymphe chez l'embryon ne nous est pas connu. Mais comme ces éléments apparaissent de très-bonne heure dans le sang, on peut supposer qu'ils existent dans la lymphe à une période fort peu avancée du développement. D'après Remak, les premiers corpuscules de la lymphe seraient formés par les cellules de Fun des vaisseaux primitifs, tout comme pour le sang.

DES ÉPITHÉLIUMS. 150

Remarques. — (i ) Quelques observateurs ont cherché à calculer la quantité de lymphe sécrétée dans les vingt-quatre heures en recueillant le liquide qui s*écoule par le canal Ûioracique d'un animal. S'appuyant sur des idées toutes théoriques, ils croyaient recueillir de la lymphe l'animal étant à jeun, et du chyle pendant la digestion. Mais ce procédé expérimental est très-infidèle : la courte durée de l'observation, les variations que subit la proportion de lymphe écoulée^ enfin le mode opératoire lui-même, rendent cette méthode trèsincertaine. 11 y a plusieurs années déjà, Magkhdik (Précis élémentaire de physiologie, 1. 11, p. 183) recueillit en cinq minutes, par le canal thoracique d'un chien de moyenne taille, ane demi-once de liquide ; ce chiffre représentait douze livres par jour, c'est-à-dire près d'un quart du poids total de Tanimal. Biddbr (Mtiller's Archiv, 1845, p. 46) recueillit pendant quelques minutes le liquide qui s'écoulait du canal thoracique de chiens et de chats sacrifiés en pleine digestion, et calcula ensuite, à l'aide de ces chiffres, la moyenne de lymphe rendue dans les vingt-quatre heures. Cet auteur admet que la quantité de chyle sécrétée dans les vingt-quatre heures est au poids total du corps comme 1 est à 5,54 et à 6,(*6. W. Rbacsb (Henle's und Pfeufer's Zcitschrift, nouvelle série, vol. Vil, p. 148) fit de nouvelles recherches dans la même voie. 11 obtint également une quantité considérable de lymphe. Yiebordt chercha à déterminer la quantité de chyle par une autre méthode, en s'appuyant sur cette hypothèse, nullement démontrée et vraisemblablement fausse, que tontes les substances protéiques digérées se rendent au sang en traversant le chyle. (Ârchiv nir physiologische Heilkunde, vol. VU, p. 281.) L'idée de Leomaihi n'est pas plus pratique. Cet expérimentateur chercha à calculer la quantité du chyle en déterminant le poids de graisse absorbée. (Chimie physiologique, 2* édition, vol. II, p. 254.) Enfin S. Schmidt (Schmidt's Jahrbttcber der gesammten Mcdizin, vol. CXIII, p. 7), se basant également sur des hypothèses incertaines, admet que la quantité de chyle et de lymphe sécrétée en vingt-quatre heures par un cheval est é^^ale à la quantité totale du sang. — (2) Voyez, pour la composition de la lymphe et du chyle, le Traité de chimie physiologique de Gokup, p. 355 et 565, ainsi que l'ouvrage de KOhne, p. 252. — (5) Voyez § 74, remarque 2. —

(4) PoisKuiLLE et Lefout, dans les Comptes rendus, t. XLVI, p. 677. — (5) Wdrtz, loc. cit., ?ol. XUX, p. 52. — (6) ScHHiDT, loc, cit, — (7) Poiseuille et Lefort, loc, cit, —

(5) WuETZ, loc. cit. — (9) London, Edinburgh and Dublin philosoph. Magazine, février \U\. — Voyez également l'article Chyle, de Nasse, p. 255.

B. TISSUS FORMÉS UNIQUEMENT PAR DES CELLULES UNIES PAR UNE SUBSTANCE FONDAMENTALE RÉSISTANTE ET PEU ABONDANTE.

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