LES ONGLES
les noyaux de ces cellules renferment chez le nègre une matière colorante brunâtre, en tout analogue à celle des cellules de la peau (g 88). On trouve souvent de jeunes cellules à deux noyaux (g). Inutile de dire que le réseau muqueux de Malpighi de Tongle se continue avec les couches jeunes de Tcpiderme de la peau au niveau des sillons latéraux de Tongle et de l'extrémité du doigt (fig. 151 c et 152, b). Mais si les couches inférieures n'offrent rien de particulier, il n'en est pas de même des couches superficielles qui constituent la véritable portion cornée de l'ongle. La X^^ face inférieure de la couche cornée présente C^^^^X y une série de petites dents qui pénètrent „. ^.« ^, .^. ^^, .
, j mi I • u- /n jft^j i-v '^'«* ^^' ■" ElemenU des ongles après
dans le reseau de Malpighi (tig, 151 /) ; raction de la »oude.
cette couche est plus mince et plus molle au «» f ""^«» **«« couches superOcieiies ym»
, - .* 1 1 » 1 » * 1 » • ^^ champ ; b, rellule vue de face ; c, vue
niveau de la racine de 1 ongle qu a la partie à moitié de champ; d, œiiuies poiyé>
extérieure. Au niveau du sillon postérieur,
Fépiderme de la peau se continue dans une
certaine étendue avec la surface de l'ongle
(fig. 152 î), de même que Tépiderme de
Textrémité du doigt se perd sous le bord libre (fig. 152, f).
Quand on fait de simples coupes au niveau de la portion cornée, on n'observe aucun détail de texture ; on n'aperçoit qu'une masse réfringeante, irrégulière, assez transparente, qui semble avoir été déchirée et arrachée en plusieurs endroits par le rasoir. En faisant agir l'acide sulfurique, ou, ce qui est bien préférable, la potasse ou la soude, sur une de ces coupes, on voit bientôt apparaître, surtout sous l'influence de la chaleur, un tissu épithélial parfaitement dessiné (fig. 155, a,e). Tout d'abord les cellules semblent polyédriques, serrées les unes contre les autres (d), puis elles se séparent. Le volume de ces cellules varie entre 0",022 et 0'",018.
De plus, on voit apparaître dans chaque cellule un noyau granuleux, arrondi, quand il est ((ig. 153, b, c, d, e) vu de face ; (a) lenticulaire, quand il est vu de profil. Le volume des noyaux varie entre 0™,00G et 0",009. Les réactifs chimiques détniisent quelquefois les noyaux.
Remai^ques. — (1) Voyez, à propos de l'ongle, TAnatomie microsc. de Kœlliker, vol. II, 2* partie, p. 79; puis Touvrage de Hrnle, p. 54-. — (2) Article Peau, p. 124.
driques serrées les unes contre les autre» ; e, cellule dont le noyau va disparaître; f, cellules des couches profonde^ (Malpighi) ; g^ cellule semblable avec double novau.
Composition chimique. — Les ongles se distinguent de la couche cornée de l'épiderme par leur dureté et leur solidité, bien que la composition chimique dans ces deux parties soit à peu près la même. Traité par les alcalis, l'ongle donne de la kératine (§ 94) .
Scherer (î), Mulder (2) ont analysé les onglets :
SCDBREn.
MULDKR.
2,80 àl,75
La quantité de sourre contenue dont la kératine est plus considérable que dans l'épiderme, où elle n'est que de 0*',74 pour 100. On trouve 1 pour 100 de parties minérales.
Le tissu unguéal est nourri par les vaisseaux du lit de l'ongle et des sillons latéraux ; du reste, les ongles s'accroissent d'une manière constante et active, et cet accroissement l'emporte sur les pertes de substances qui se produisent au niveau du bord libre de l'ongle. Il parait que chez les peuples qui ne coupent pas leurs ongles, les Chinois notamment, l'accroissement s'arrête à un momeiit donné ; quand les ongles ont atteint deux pouces de longueur, ils se recourbent en forme dégriffé [Hamilton (3)] et ne grandissent plus. Chez les enfants [E. H. Webcr (4)] , onvoitquelqnefois des bandesenformede croissantse détacherdu bord librede l'ongle. Berthold(5) a étudié la durée de l'accroissement d'un ongle, c'est-à-dire la durée do l'existence de la cellule cornée de l'ongle. Cet observateur a trouvé que la régénération est plus rapide chez les enfants que chez l'adulte, Tété que l'hiver. Il faut 116 jours, pendant la saison chaude, pour qu'un ongle se renouvelle; et 152 jours en hiver. Il semble également que les ongles de différents doigts et de doigts correspondants des deux mains s'accroissent avec une rapidité fort inégale.
Les cellules profondes de la couche muqueuse de Malpighi conservent toujours leur position ; la couche cornée, au contraire, glisse toujours en avant au-dessus des couches molles sous-jacentes, car au niveau de la racine se forment constamment des cellules nouvelles qui subissent la transformation cornée. L'ongle est plus épais en avant qu'au niveau de sa racine ; cela tient à ce que les cellules superficielles de la couche muqueuse de Malpighi subissent la transformation cornée et s'accolent à la couche cornée proprement dite de l'ongle de manière à la renforcer.
L'ongle se régénère à Tétat normal ; mais quand il a été enlevé accidentellement, il repousse parfaitement, pourvu que le lit de l'ongle ait conservé son intégrité. Quand le lit de l'ongle n'est pas intact, l'ongle nouveau devient bosselé.
Les vaisseaux du derme sous-unguéal président à la nutrition des ongles. On comprend donc comment les altérations du système circulatoire peuvent entraîner des malformations des ongles. Steinrûck (6) a observé qu'en coupant le sciatique à un lapin, on fait tomber les ongles du membre correspondant. Kœllikera également observé la dégénérescence atliéromateuse des capillaires de la partie antérieure du lit de l'ongle chez des sujets âgés dont les ongles étaient épaissis et déformés.
La première ébauche dé l'ongle apparaît au troisième mois de la vie
TISSUS DE SUBSTANGIi: CONJONCTIVE. 189
intra-utérine chez Tembryon humain ; on voit d'abord se former un sillon au niveau de la partie du doigt tapissée par les cellules épidermiques embryonnaires. Au quatrième mois, on observe au-dessous de Fépiderme embryonnaire et au-dessus du réseau de Malpighi du derme unguéal une couche de nouvelles cellules destinées à former les parties cornées de longle. Les couches se surajoutent et la couche cornée, bien que fort molle, atteint déjà une épaisseur considérable. A la Gn du cinquième mois la couche de cellules épidermiques ordinaires qui tapissait Fongle, disparait; en un mot, Tongle est mis à nu. Chez le noUveau-né on peut étudier la structure des ongles sans employer de réactifs. Au bout de la première année, les cellules des ongles présentent la même structure que chez ladulte (7).
Remarques. — (1) Annales, vol. XL, p. 57. — (2) Chimie physiologique, p. 556. — (5) Henle, Anatomie générale, p. 274. — (4) Uildebrandt, Anatomie, vol. I, p. 195. — (5) ArchiTes de Millier, 1850, p. 156. A. Cooper et Schwakn avaient déjà étudié ce sujet (loc, cU., p. 91). — (6) De nervorum regeneratione. Berolini, 1858. Diss. — (7) Kœl- UKER, loc. cit., p. 93 et 94.