B. ORGANES DE LA VIE ANIMALF
6« Appareil osfteox*
Nous avons presque complètement étudie le système osseux en décriirant, dans la deuxième partie de cet ouvrage, la structure et les propriétés du tissu osseux (g 140 à 149). 11 ne nous reste donc plus qu'à compléter quelques lacunes qui portent sur Tensemble du squelette osseux, les vaisseaux et les nerfs des os, et la substance médullaire.
Les os se réunissent les uns aux autres d'une manière fort différente.
Chez l'embryon les os sont réunis les uns aux autres d'une façon presque continue ; les articulations ne se forment que dans une période plus avancée de la vie embryonnaire. C'est ainsi que se constituent les synarthroses des anatomistes, les sutures, les symphyses. Dans d'autres points, les masses qui unissent les os les uns aux autres se liquéfient à leur centre. Il se forme ainsi une cavité ; les cellules périphériques constituent les tissus de la capsule articulaire, le revêtement épithélial, etc. Ce mode d'union des os est connu sous le nom de diarthrose. Quelquefois, comme dans' les symphyses (amphiarthroses) la liquéfaction de la masse centrale s'arrête à un moment donné. [Luschka (1).]
Dans les sutures, les os sont réunis par une bande très-mince de tissu conjonctif fibreux, d'aspect blanchâtre ; on lui a donné improprement le nom de cartilage d'union.
Dans les symphyses les os sont réunis entre eux par des masses de cartilage hyalin mélangé'' de tissu conjonctif.
Les extrémités osseuses sont tapissées par une couche de cartilage hyalin. A la périphérie, le cartilage est enveloppé par du tissu conjonctif qui complète l'union des extrémités osseuses ; ou bien le cartilage hyalin se transforme insensiblement en cartilage h substance fondamentale conjonctive, mélangé de tissu conjonctif pur en certains points. Nous avons déjà décrit le cartilage à substance fondamentale conjonctive en parlant de la texture des articulations du corps des vertèbres (§ 109). Les articulations pubiennes, sacro-iliaque, celles des cartilages costaux avec le sternum, à partir de la seconde jusqu'à la septième côte, sont des symphyses (2). Dans les symphyses, on observe souvent une couche de cartilage calcifié appliquée immédiatement sur l'os. On trouvera les autres détails dans les traités d'anatomie descriptive.
Nous avons décrit avec soin les cartilages articulaires dans les paragraphes 107 et 109 de cet ouvrage.
Très- souvent on trouve au-dessous du cartilage articulaire une couche
particulière de tissu osseux non développé*. Cette coucho, dont Tépaiiss^r est, en moyenne, de 0°*,4, est composée d'un tissu fondamental jaunâtre, généralement fibreux, résistant. On n'y rencontre, néanmoins, ni caïUDi lie Ilavers ni corpuscules osseux. On y observe toutefois des capsules it cartilage qui sont remplies d'air, quand on les examine sur des coupes usées sur la pierre.
Nous avons étudié déjà la structure des capsules synoviales g 55. Elle< reçoivent un grande nombre de vaisseaux sangyins et de canaux lymphtiques. [Teichmann (5).] La capsule synoviale est renforcée par unecoodH de tissu fibreux résistant. L'épithéiium,qui tapisse les cavités articulaires, et la synovie ont été décrits précédemment paragraphes 88 et 06.
Voyez, pour la structure des cartilages et des disques interarticulaircf. le paragraphe 109. Les ligaments articulaires sont formés par du ti$<i conjonctif (g 155).
Le tissu conjonctif qui enveloppe les capsules synoviales est souTnt rempli de cellules adipeuses (g 120) ; quand ces cellules sont aggloroém elles poussent devant elles la synoviale qui forme dans la cavité articulm des plis auxquels on a donné le nom de glandes de Ilavers. On les rencontre surtout dans le genou et dans l'articulation coxo-fémorale. On rencontre fréquemment dans presque toutes les articulations des replis formel par le tissu de la synoviale ; ils sont très-vasculaires, ne renferment goiéralement pas de cellules adipeuses, et quelquefois des cellules de cartilage qui se sont mêlées au tissu conjonctif. On leur a donné le nom de franges synoviales.
On rencontre également ces franges dans les symphyses ; maisellr^ ne renferment pas de vaisseaux. (Luschka.)
Remarques. — (1) Luschka, Les symphyses du corps humain , Die llalbgelenke li^ mcnschlichoii Korpers. Berlin, i8r)8;H£?iLE, Knochenlehrc, Ostéologie^ p. il 8. — jîfToi. iEBY, in Hcnic's und Pfcufer's Zcitschr., 3" série, vol. IV, p. 1. La cavité de la sympbyjp pubienne n'existe pas avant la septiènne année : elle ne manque presque jamais thei b femnne, quelquefois chez Thomme. — (3) Loc. cit,y p. 100. — (4) Ces franges ont^éo^ paiement des formes extrêmement variées. Elles donnent très-probablement nais$aoce an corps étrangers des articulations, qui sont si fréquents dans rarticulation du genou et qoi sont formés de masses cartilagineuses plus ou moins calcifiées. Voy., à ce sujet, le Tnilr des tumeurs de Virciiow, vol. 1, p. 419.
La couche ossiforme qui, toujoui*s chez Tadulto, sépare l'os du cartilage hyalin ne doit pK être rogardéo coinnie du tissu osseux incomplétcmont dévclopp*. Sa dureté seule pourrait k îmxt admettre, car, ù rexanieu niicrosciipique, on n'y trouve rien dp la structure du tissu odseux ; clr no c-ontiirnt in curpuscules étoiles ni systèmes de lamelles. Par contre, elle renferme des capsules (le cartila^M' dont les séries ?a\ continuent avec celles du revêtement cartila{|^neui bnlio. Lor3(|ue les sels calcaires ont été enlevés par un acide, les capsules de celle couche ne dilÊrivflt pas notahlemetit des autres capsules de cart'la«:e, elles cuiitieuuent des éléments cellulaires senblables. De plus, il y a toujours entre l'os et la couche calcifiée une limite trvs-nette.
1.0 cartilage calcifié présente une résistance trt*s-^rande aux pro(*essus pathologiques qoi fint disparaître les os et les carlilajri's. Dans les ostéites épiphysaires. jiar exemple, il arrive as^ei vnvont que, le cartila)re hyalin (>t le tissu spon<rieux de l'os ayant subi la résorption inflammaloir;, la couche calcifiée se trouve isolée et encon* intacte au milieu du pus qui remplit la cavîtc* articulaire. R,
'^i Le périoste est très-riche en vaisseaux (1) ; mais la plupart ne font que 1 traverser cette membrane pour se rendre dans le tissu osseux, à la nutrition duquel ils président; les autres, beaucoup plus déliés, forment dans f le périoste lui-même un réseau capillaire assez développé. I Pour étudier la disposition des vaisseaux dans le tissu osseux, il est [ bon de choisir des os longs. On voit d*abord partir du périoste de nom- I breux vaisseaux qui vont déboucher dans les canaux de Havers (§ 140) ; ils y forment un réseau allongé, à larges mailles, formé généralement, non point par des capillaires proprement dits, mais par de petites artérioles et des ramuscules veineux. De plus on trouve dans la diaphyse des os longs un canal assez large, silnple ou double (foramen nutridium), par lequel I pénètre un tronc artériel (A. nutritia) ; cette artère se dirige dans la cat vite située le long de Taxe de l'os ; elle émet des branches ascendantes et ( descendantes, qui se transforment en un réseau capillaire qui enveloppe les cellules adipeuses de la moelle ; de ce réseau partent des rameaux isolés ^ qui pénètrent dans les canaux de Havers pour s'anastomoser avec les vaisi geaux venus du périoste. Les vaisseaux des épiphyses arrivent également de deux sources; les uns par Tintermédiaire du périoste ou par les trous nutritifs, très-nombreux en ce point ; les autres par les communications nombreuses de l'épiphyse avec les vaisseaux du canal médullaire. Les vaisseaux de répiphyse sont également situés dans les canaux de Havers, et se répandent ensuite dans les espaces médullaires.
Le trajet des veines est analogue à celui des artères ; les unes passent par les trous nutritifs de Tos, les autres se rendent au périoste par l'intermédiaire des canalicules périphériques de la moelle.
La disposition vasculairc des os courts et des os plats est la même que celle des épiphyses, à l'exception toutefois de celle des os plats du cr«^ne. Les artères et les veines fort déliées, pénètrent en grand nombre par les orifices multiples de la surface osseuse; les ramuscules terminaux de ces vaisseaux sont plus nombreux dans les cellules de la moelle que dans les canaux de Havers. Les os plats du crâne reçoivent également un grand nombre d'artérioles qui pénètrent par les orifices de la table externe et de la table interne de l'os; ces vaisseaux forment un réseau capillaire dans le diploé. Les veines, dont les parois sont fort minces, sont situées, comme l'a démontré Breschet, dans des canaux osseux, larges et ramifiés, qui traversent le diploé dans tous les sens ; ces veines vont se jeter dans les veines du cuir chevelu ou dans la dure-mère. Les cartilages qui recouvrent les extrémités osseuses sont dépourvus de vaisseaux.
L'existence des vaisseaux lymphatiques du tissu osseux n'est pas démontrée d'une manière certaine.
I^ disposition des nerfs (2) des os est analogue à celle des vaisseaux sanguins. Le périoste reçoit beaucoup de nerfs; mais ils ne font, généra-
684 TRAITÉ D'RISTOI/KIE ET D'HISTOCHUIE.
Icment, que traverser cette membrane pour aller sa rendre dans Y(»\]t périoste hiî-iiièiiic n'en rei^oit qu'un petit nombre. On observe qndqiirfois (le grandes élenilucs do périoste dépour\-ues de nerfs, qui sont bien plus nombreux en d'niitreii points. Ces nerfs sont formés par des film largeR, de moyen cnlibrc; ils se terminent en se divisant.
Les nerfs accompagnent les vaisseaux qui perforent le périoste, et vom
se rendre, sous forme de minces rameaux, dans les canaux de Haven: dr
petits troncs nerveux arrivent également dans J'os en pénétrant pirle
trous nutritifs; ils se divisent ensuite dans la grande cavité médullÙR:
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Z^"/*' à % \ connu. Quelques os plats et courts, parai
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