‹ Traité d'histologie et d'histochimieChapitre 48 sur 50 · X -^3 i) ^ y nent, en majeure partie, du système cérrin · texte numérisé non relu

X -^3 i) ^ y nent, en majeure partie, du système cérrin

(*j(^^gk\^jf spinal.

Oi^i ^Q^ /(^ Les capsules articulaires reçoivent épit a- ®^ © ,y^ 0 mont beaucoup de nerfs ; les ligaments, pti -^ contre, en sont presque dépourvus (5). FiB- 1B3.- ceiiai«,k !.. ,uo«ii, de* «,. ^^^ ^3^;^^^ osseuscs sont rempHos lurb

■, iHMVpmnl Je. l'Iiumfrua d'un rnlu» „ , ■ ,, . . "^ , ,

hunaiDdPcinquHiis: t. d<! iiiDiiirrii, moello. 1^ moelle sc présente sous deux nit- * mes différentes. Dans les os longs, elle est - Jaunittrc; au microscope on y apercoitdo """' l'ijiscoaux assez rares de tissu cuujoMlir

j^^ làcliR (4), mélangé de cellules adipeow

/'iJ^?V\ (lig. i!)3, d, e). Bcrzelius, qui a analyséKtb

substance, y a trouvé 06 pour 100 Jr graisses neutres (Voy. g \22 et 147). DiDi les épipbysos, au eonlraîrc, dans les os pliL' et courts, on trouve une autre sub^lillI^r [lins molle, rougeàtrc ou incmc rouge; elk est également formée par du tissu conjondiT. mais fort peu abondant, par un petit nonibn de a'Iluli's adipeuses, puis par de petitr» cellules à noyau distinct et à contenu gnuiloux. Ces cellules, qui ont, en nioyi^nne, dt 0"',00» à 0'",01 do diamètre, sont identiquw à colles que l'on observe dans la moelle de Fig. ini. — Gnrnric- erihii™ à noyaiii nuuvoaii-ncs |fig. 495, b), et provieiUMl î!«u!l.l",,i''(ï",>i™d!;!l^).''" "* *"'"" également dos cellules de cartilage (g 147|. A la surface de la moelle jaune on obsem également, en certains pointai, des cellules de ce genre. (Luschka.) SuiTuI Berzclius, la moelle rouge du diploé renferme 75,5 parties d'eau, ''2-l,î parties solides (substance protéique et sels), et des traces seulement àt graisse. On trouve, en outre, dans la moelle dos os, et à tous les âges, de

éléments isolés, volumineux, à noyaux multiples, dépourvus d'enveloppe. Ce sont les cellules mères (myéloplaxes) [fig. 494 (5)]. On rencontre ces éléments à la surface de la moelle, contre la paroi osseuse ; ils sont plus nombreux dans les os spongieux qujc dans les os longs ; la forme de ces cellules est très-variable et fort bizarre; le nombre des noyaux peut aller de 50 à 40, et plus; ces cellules, ont, en moyenne, P"*, 2 de diamètre.

Remarques. — (1) Outre les traités généraux de Henle (p. 817), Gerlach (p. 146), Kœlliker (vol. II, part. 1, p. 551) et Todd et Bowman (vol. I, p. 106), voy. BREscHtT, in Nova Acta Acad. Leop. Carol., vol. XIII, part. I, p. 561. — (2) Kœluker, loc. cit.j p. 557, EWkimge (MùUefs Ârchiv, 1845, p. 281), Pappllnheim (même ouvrage, 1845, p. 441), Halbërtsma (id., 1847, p. 505), Engel (Zeitschrift der Wiener iErzte, 4* année, I, p. 506) et Gros (Comptes rendus, tome XXIII, p. 106) ont décrit les nerfs du périoste. — Les anciens anatomistes connaissaient, en partie, les nerfs des os. — Voy. Kobelt (in Arnold's Anatoniie, vol. I, p. 245 ; Beck (Anat. phys. Abhandlung, liber einige in Knochen verlaufende und an der Markhaul sich vcrzweigende Ncrven, Étude anal. phys. sur quelques nerfs qui se reudenc aux os et à la moelle osseuse. Fribourg, 1846) et Luscuka (Die Nerven in der Harten Uirnhaut, Nerfs des os du crâne. Ttibingen, 1850). — (5) Budin- CER (Die Gelenknerven des raenschlichen Korpers. Les nerfs désarticulations). Erlangen, 1857. — (4) Dans la cavité des os longs, le tissu conjonctif qui avoisinc Tos se condense ; on lui a donné le nom de periosteum internum ou endosleum. Cette membrane n'offre cependant aucune analogie avec le périoste. — Les deux variétés de moelle peuvent se confondre. Le développement nous apprend également que la moelle jaune provient de la moelle rouge qui se forme en premier lieu. La moelle rouge rappelle un tissu pathologique, le tissu de granulations. Voyez, pour les altérations pathologiques de la moelle, le Traité de pathologie cellulaire de Vikchow, 5* édit., p. 588; le Traité des tumeurs du même auteur, vol. I, p. 599, et vol. II, p. 5; Robin, in Gaz. méd., 1865, p. 67 et 105. Outre la moelle jaune et rouge, on rencontre quelquefois de la moelle gélatineuse, qui se rapproche beaucoup, par sa structure, du tissu muqueux.— Mamegazza et Bizzozero (Rendiconli del Reale Instituto Lombardo, Classe di scienze maternât, e natur., vol. Il, fasc. 1 ) ont indiqué la contractilité vitale des cellules de la moelle de la grenouille. — (5) Les myéloplaxes, qui peuvent également exister dans des tumeurs, ont été étudiés par RoBiif in Journ. de Tanat. el phys., tome I, p. 80. Voy. aussi la Pathologie cellulaire de ViRCHo^', p. 284, et le Traité des tumeurs, vol. II, p. 5, 210 et 292. — Voyez, pour la strucliu'e des os des oiseaux, l'Histologie de Leydig, p. 160.

Les organes que nous avons à décrire dans ce chapitre ont été étudiés déjà au sujet du tissu musculaire (g 162 à 173). Nous avons indiqué la structure des tendons et des aponévroses à propos du tissu conjonctif (g 134). Nous avons vu également (§ 109) qu'au niveau du point d'insertion des tendons sur les os, on trouve quelquefois, entre les faisceaux de tissu conjonctif, des dépôts de cellules de cartilage, de manière que le tissu offre l'aspect du cartilage à substance fondamentale conjonctive. Du reste, le même tissu cartilagineux peut également se développer dans la masse tendineuse. C'est ainsi que se forment les cartilages sésamo'ides. Quelquefois, même, c'est du tissu osseux qui se développe, et l'on a alors des os sésamoïdes.

68G TRAITÉ D^UISTOLOGIE ET D'HISTOCHIMIE.

Les vaisseaux (1 ) des tendons sont peu nombreux ; les petits teniou sont même dépourvus de vaisseaux ; on observe seulement des résom à larges mailles dans le tissu conjonctif périphérique. Dans les coucki superficielles des gros tendons on obsçrve quelquefois des vaisseaux isolés. Ils peuvent atteindre même les couches profondes, mais on ne les reicontre jamais au centre.

Les gaines muqueuses ou synoviales des tendons, vaginœ, sywmâa. ont été étudiées à propos des tendons. Les gaines muqueuses des muadti présentent la même structure, ainsi que les bourses muqueuses. CesgBin ne sont point formées par des sacs séreux clos, comme on le croyait »trefois. Ce fait est assez rare. Le revêtement épithélial, composé «fuie seule couche de cellules pavimenteuses (g 87), existe par places seokment ; on trouve quelquefois des cellules de cartilage dans la paroi k tissu conjonctif. Nous avons étudié la nature et les caractères des liquidu contenus dans ces cavités en parlant de la synovie (g 96) .

La disposition des vaisseaux des muscles a été décrite à propos du 6m musculaire (g 168) ; il en est de même des nerfs des muscles, dont wm avons parlé en étudiant le système nerveux (g 182). Les vaisseaux lympi» tiques semblent être fort peu nombreux dans le tissu musculaire. [Teicbmann (2).] Tomsa (3) a trouvé chez le chien des canaux lymphatiques, situés dans le tissu conjonctif interstitiel des fibres; His (4) a décrit les vaisseaux lymphatiques superficiels de la charpente musculaire do ooenr.

Remarques. — (I)Utrtl, in (Ester. Zeitschr. f. prakt. Heiik., 1859, n* 8. — (S)Ijcl cit., p. 100. — (3) Wiener Silzungsberichte, vol. XLYI,p. 326. — (4) ZeiUdir. f. ~ Zool.,vol. XU, p. 225.

8« AppareU wterwtmK»

Nous avons déjà étudié la plus grande partie du système uerveux en décrivant la structure du tissu nerveux (g 174 à 192). Il nous reste cependant ù compléter quelques points importants relatifs à la moelle d au cerveau.

La moelle épin'tère [mednlla spinalis (1)] est un cordon cylindrique composé d'une masse grise ou d'un gris rougeâtre centrale, et d'une masse blanche extérieure. La première se continue à travers toute li moelle, et présente généralement, sur une coupe transversale (6g. 495), l'aspect d'un H; on distingue par conséquent une portion moyenne et des prolongements pairs, qui sont les cornes antérieures (d) et les cornes postérieures (e). Ces dernières sont enveloppées par une couche transparente, gélatineuse, c'est la substance gélatineuse de Rolando (/). Dans le centre de la substance grise on trouve le canal de répendyme \caMlis centralis (c)], (|ui s'est formé au moment où la moelle fœtsde s^enroule

APPAREIL IfERVEUX. 087

en cylindre. Ce canal est tapissé d'une couche d'épithélium à cils vibratilcs.

La substance blanche est décomposée profondément par deux sillons, l'un antérieur (a), l'autre postérieur {b) {fUgura anterior etposterior) ; les doux moitiés de ta moelle formées de substance blanche sont réunies par un cordon blanc (A') situé au fond du sillon antérieur, et connu sous le nom lie commissure blanche antérieure {commissura anterior).

Cette commissure renferme cependant un peu de substance grise. Quant à la commissure postérieure (e), elle est exclusivement formée par de la substance }rrise. — La substance blanche est formée par trois cordons pairs, mal limités ; ce sont :

le cordon antérieur [ fwiiculue tttita-ior (;/)]; le cordon latéral [F, lateralU {h)], et le cordon postérieur [F, posterior {i)\.

Bans la portion cervicale de la moelle, le cordon pestérieilr forme le cordon de GoU, sur lequel nous reviendrons en parlant de la moelle allongée.

A la limilc du cordon latéral et du cordon antérieur, on voit entrer Jans la moelle les racines antérieures (motrices) des nerfs spinaux qui ï'étendent jusqu'à la corne antérieure; les racines postérieures (sensilives) pénètrent d'une manière analogue entre les cordons moyen et postérieur.

La moelle est traversée on tous sens par une cliarpente de tissu conjonctif non développé qui supporte les vaisseaux; les fibres-et les cellules nerveuses sont emprisonnées dans cette charpente. La substance blanche >8t exclusivement composée d'éléments lihreux; dans la substance grise m rencontre, outre les tubes nerveux, des cellules ganglionnaires. Les rapports et l'union de ces divers éléments nerveux sont fort difficiles à Hudier; aussi faut-il avouer que la structure de la moelle et du cerveau ;st une des parties les moins bien connues de l'histologie. De plus, nous iTons déjà fait remarquer Ig 11!)) qu'il était souvent difficile, sinon inifossible, de déterminer la limite qui existe entre les éiénienls nerveux ït les éléments de tissu cunjonctif. Les uns (*2), en ctTct, attribuent une grande importance à l'extension du tissu cunjonctif dans la moelle; d'au-

llon poitirieur ; c, caoïl tenlnl ; ; e, ïiicnes poitineoru ; f, nihde RaliadDj g, cordon iDlérioii 'ice>; k. cordon litinl avec hï iua conloactir; I, cordoo pwtj-

trcs auteurs, par contre, sont d*une opinion diamétralement o{ip>sée (5).

Remarques. — (1) Beaucoup d'auteurs se sont occupés de la structure de h moA épinière. Nous citerons, entre autres : Stilling et Walucb, Untemichungen iiber iât . Textur des RUckenniarks, Recherches sur la texture de la moelle épiniére. Leifoç. \U'l: LocKART Clabke, inPhil. Transact., 1851, P. II, p. 607, et 1853, P. IM,p. 547,<i in Bealc's Archives of médecine, 1858, III, p. 200; vovez, en outre, in Procëodio^ i Royal Soc, vol. VIII, n* 27, et Phil. Transact., 1858, P. I, p. 251, et 1859, P. L p. "137; Bratscu et Ranchner, Zur Anatoniie des Rtickenmarks, Structure de la moiik. Erlangcn, 1854; von Lenhossbk, in Denkschriflen der Wiener Akademic, vol. X, part IL p. 1, et dans Wiener Sitzungsberichte, vol. XXX, p. 54; ScoRôder ¥a?i der Kolk, in. phys. onJcrzoek over het ruggemerg. Amsterdam, 1854 ; Rau und Funciionen der IkOk spinalis et oblongata, Structure et fondions de la moelle allongée et de la moelle rpnière. Brunswick, 1859; Schilling, De medullse spinalis textura. Dorpali, 1852, Ié«.; KuppFER, Do nicdullaî spinalis in ranis textura. Dorpati, 1854, Diss.; Owsjaxsikov. Iii»quisitiuncs microscopicie de meduUœ spinalis textura in primis in piscibus faclicatx. l«> pâli, 1854, Diss.; Metzler, De medullïe spinalis avium textura. Dorpati, 1855, 1>b^: l'ouvrage de Bidder et de Kupffer, Untersuchungen iiber die Textur des RUckeoimrL's liecherches sur la texture de la moelle épiniére, Leipzig, 1857 ; Jacubowitscb, MittbÀlungcn tiber die feinere Struktur des Gehirns und Rtickenmarks, Recherches nr k structure intime du cerveau et de la moelle. Breslau, 1857; Gerlach, Mikr. Studio. Erlangen, 1858; Stilling, Neue Untersuchungen ubcr den Bau des Rûckenmarks, i^ cherches nouvelles sur la structure de la moelle, Kassel, 1857 à 1859: KŒLLiEEK.ia Zeilsclirifl f. >vis8ensch. Zool., vol. IX, p. 1 ; L. Mauthnek, dans les "Wiener SitznB^richte, vol. XXXIV, et vol. XXXIX, p. 583; F. Goll, dans Dcnksdirifl (zûr feier des dl juhrigen Stiftungstages) der nied. cîiir. Ges. in Zurich. Ztiricb, 1860; F. RfiSEim. ii Reiclierfs et Du Bois-Reymond's Archiv, 18G0, p. 545, ainsi que dans la monographie ée cet auteur : Der Bau des centralen Nervcnsystems der ungeschvânzten Batrachier. Bonit, 18Gi; J. B. Trask, Contributions to the anatomy ()f spinal cord.San Franôsco, Im; Ë. VON BocuMAN.N, Ein Beitrag zur Histologie des Rtickenmarks. Contributions à l'hùttlogic de la moelle. Dorpat, 1860, Diss. ; L. Siieda, Ueber das RUckcnmark und einidv Tlieile des Gehirns von Esox lucicus. Dorpat, 1861, Diss.; J. Traugoit, £în Beitrag bt fciucren Anatoniie des Rtickenmarks von Hana temporaria^ Cbntributions àréUiàeii la structure de la moelle de la Rana temporaria. Dorpat, 1861, Diss.; J. Dear, Nicroscopic anatomy oi' the lumbar enlargement of the spinal cord. Cambridge (U. S.). 1861: W. He.ndry, in Micr. Journ., 1863, p. 41; G. Frosiiiann, Untersuchungen ûber die normale und pathol. Anatoniie des Rtickenmarks, Recherclies sur la structure normaU o pathologique de la moelle, lena, 1864; 0. Deiters, Untersuchungen tiber Gehirv nd Rtickenmark, Recherches sur la structure du cerveau et de la moelle. Brunswick, 1S65. — (2) BiDbER et ses élèves. Nous renvoyms à la monographie publiée par cet auteur. « coUaboraticm avec Kupffer, p. 8 et 24.— (3) Stiluinc etLENuossEï ont soutenu celle opinion. Reissmer et ses élèves (Bogumann, TRAUCorr, Stibda) ont considérablement mod^ les théories de Bidder.

Nous avons déjà étudié d'une manière générale les caractères de h charpente de tissu conjonctif qui forme la moelle [g 119 (I)].

(iettc charpente s'étend d'une manière continue à travers toute b moelle: extérieurement elle communique avec la pic-mère; elle noflre la même structure dans aucun point de son étendue.

.Vu [)ourtour du canal central, elle se présente sous forme d'un an-

neau qui se perd insensiblement dans la substance grise; on lui a donné le nom de cordon central de l'épendyme, de noyau gris central, de substance gélatineuse centrale. Il est formé par une substance délicate, homogène ou striée, finement libreuse en quelques points. On y voit arriver des prolongements filiformes des cellules épithéliales du canal cent;'al (2), et des tractus de tissu conjonctif formés par des prolongements de la piemère qui a pénétré dans tes sillons de la moelle. On trouve également des éléments cellulaires dans letîsAi de l'épendyme; ils ont été en partie décrits autrefois comme des cellules nerveuses (5).

La substance gélatineuse de Rolando, que nous avons signalée dans le paragraphe précédent, ofTre également les caractères du tissu conjonctif, mais d'une façon plus nette.

La charpente de la substance grise de la moelle est traversée par des tubes nerveux, des cellules ganglionnaires, les prolongements de ces cellules et des vaisseaux sanguins. Elle est constituée par un tissu poreux, spongieux, à structure extrêmement délicate, dont nous avons déjà parlé (§1191; il renferme un grand nombre de noyaux libres ou enveloppés d'une mince couche de protoplasma; ces derniers pourraient être considérés comme de petits éléments cellulaires (4).

La charpente conjonctive de ta substance blanche a une consistance plus ferme; elle est tantôt homogène, tantôt striée ; au niveau des nœuds, on trouve des .an. noyaux, et, sur une coupe transversale (fig. 495), on aperçoit un réseau continu dont les mailles enveloppent les sections des tubes nerveux. Sur des coupes longitudinales, ces cloisons semblent former des cylindres réguliers.

Autour des groupes de fibres nerveuses les cloisons sont plus épaisses ; par leurs anastamoses nombreuses elles donnent à la moelle l'aspect d'un réseau (fig.495. h) A la périphérie, la charpente conjonctive de la substance blanche se confond avec la pie-mère.

Les vaisseaux de la moelle présentent une disposition particulière (fig. 497), Sur des coupes transversales, on voit partir de l'artère spinale médiane antérieure deux rameaux qui pénètrent dans le sillon antérieur ; à ces rameaux correspond une troisième branche (b, e) située dans le sillon postérieur. D'autres artérioles plus déliées suivent tes cloisons de tissu conjonctif qui pénètrent en rayonnant dans la moelle et arrivent ainsi dans la substance blanche (f, g, h.), dont elles forment te réseau capillaire ; ce dernier offre de larges mailles composées de tube^ cxlrèmement fins.

Le réseau capillaire de la substance grise (d, e.) est Iwaucoup plus serré. 11 est formé, en grande par^e, par les rameaux arlérî«ls qui longent les sillons, mais il communique, néanmoins, à la périphérie, avec les vaisseaux de la !<ubstance blanche.

Fig. 497. — Canin Irantirrule dp U ponion dom1< de la naelle tpinière d'un chai.

a. cBDBl ccDlnl; i, siUon anl^rirur; f, Filloii

postérieure; f, g, k. («rdoni de lu «ilBlance bianclie iTec leur r^Hlu TMCUlain il larges

On trouve deux veines principales sur les parties latà^les du oiul central. (Clarke, Lenhossek.) Cal i étudié récemment avec beaucoup dr soin k disposition des réseaux capitlaires de la moelle. Les mailles les pli» étroites lie la substance blanche « trouvent dans les cordon» latéraui:l»

plus larges existent dans les cordon* antérieurs.

Dans la substance grise on obsent les mailles les plus petites dans le»

points où se trouvent des groupes tic cellules ganglionnaires. Les pyramides renferment un réseau à mailles au^i serrées que celui de la substance griït de la moelle.

Nous avons déjà tu (g 207) que les vaisseaux sanguins, artères, veines et capillaires de la moelle et du cer\e«i étaient enveloppés d'une gaine extrêmement lâche de tissu conjonctîr. Od j rencontre un liquide aqueux qui peut être considéré comme la lymphe des centres nerveux. Ce système périvasculairo (His) mérite d'être étudié avec plus de détails (5).

Revirques. — (1) Vnyei, pour les outrages (lubliés à ce sujcl, la retnanjuc du fêngraphe 119. — (3) Ces proloni-cnicnls ont été oJisertcSf il y a de longues tanèet. ptr UtiMOTiii (Recli. microitcop., p. 30), puis par Stillimg. Voy. aussi l'ouvrage de Bimu (t KDPFFeB. GKiiucn {Étuilos iiiicroscopj(|ues, p. 9G) aviiil cm voir une communicatioD eotre les prolonge menis iilirormps des cellules cpilhiilialcs de l'ai]ucduc de Sylvius et les rlrmenti cellulaires de la charpente conjonclive. — CunkE (Pbil. Tninsact., 1859. 1'. 1. p. 455), KsLuten, Hislnln<!ie. 4* l'dit.. p. 308 ; Reissher, Monographie, p. 8. Les ohMfvaleurs les plus récents ne |)arlent pas ilc la prétendue corn munical ion des cellules adiuLv par Gerlach ; mais Srnn.v.-i a prétendu, liiTiiiùrenicnt, qu'il n'eiisliit pas d'épilliélium dans le canal eeniral de ia moelle, et qu'on avait pris pour des Cellules de vérilabies tubis neneux (Ueberdas iinjiebliche tpilhel des Kttckciimark-ZcnlralliBnaJcs, Sur leprèlenil» épilhélium du canal centrnl de la moelle, 1865. — (3) Kouxirer, Mikr. Anat., toI. II. pari. I, p. i\ô. — (4) On a voulu nier l'exislence du réseau formé par la chaqiente cosjoDctive de h substiince prise, et on a considéré l'enscmblEt de L'eue substance coduk une masse nerveuse moléculaire. Voj. HE^LE (in Meissner's Jabresbericht fUr 1 857, p. Ùi: et R. WicNEH (Golting. Kaihrichtcn, il* U, 1Hô9). Levdig a émis une opinion analo^ (VomBau des Thierischen Korpers, Delà ilrticliire du corpi des animntLr, vol. I, p. SSi- — (5) Il est trég-facilc de se convaincre de l'existence de ces gainea pcriv*9ailaire«. Quand on y pousse une injection jiroloiigéc, on la voit pénétrer sous la pie-mère, et aitot dans le sillon antérieur; mais on ne voit pas de vaisseaux Ijmpbaliques de la moelt se remplir ric matière i injection. L'ciislcnce de ces vaisseaux n'a été démontrée {nr personne; il faut donc admettre que le liquide ronlcnu dans le système périvascubin l'écoulé d'une miinière indirecte pour se rendre au cerveau ou dans le« eï|iaevs «omarachooïdicns. Quand la pression est considérable, il faut supposer que le liquide poum filtrer i travers la pie-mère et se mélanger au liquide cérébro-spinal.

APPàRElL NERVEUX. Ml

Il nous reste inaiiitenant à étudier les éléments nerveux de la moelle èpmière (1).

Id substance blanche est uniquement composée de tubes nerveux. Ces tubes présentent les caractères des éléments nerveux centraux (Pig. 498. f, g, k.), c'est-à-dire qu'ils ne possèdent point la gaine primitive des tubes nerveux périphériques ; aussi ne les obtient-on généralement qu'à Tétat de fragments ; les tubes les plus déliés [présentent des varicosités

l'IuHumt j }, liibe, danl la partie cellule ganglignniire.

niiiïure grite poalérinire i i

(g 1 76) et renferment un cylindre-axe très-net. Ils ont, en moyenne, de ()",002 à 0°'009 de diamètre ; on peut donc trouver des tubes assex larges à côté de tubes très-fins. Ces tubes nerveux semblent pouvoir se diviser ; mais ce ne sont là, jusqu'à présent, que des hypothèses.

Quand on étudie la disposition (fig. 499) des tubes nerveux dans les cordons delà moelle on rencontre des faisceaux longitudinaux, horizontaux et obliques. Les premiers (/, m, it.) forment la masse principale, et ne sont généralement pas mélangés à d'autres tubes d'une direction différente. Ils suivent un trajet parallèle et régulier à la périphérie; près de la substance grise, au contraire, ils s'cntre-croisent et se rassemblent sous forme de faisceaux.

De plus, et ce lait a son importance physiologique, les tubes neneui de la substance blanche présentent des différences de diamètre nettement déterminées.

Ainsi les tubes nerveux qui avoisinent la substance grise ont un diimètre plus faible que les tubes situés à la périphérie. Dans Fangle do cordon latéral, au niveau du point d'union de la corne antérieure anic la corne postérieure, on observe une place dans laquelle les tubes sont extrêmement tins.

Le diamètre des tubes est également variable dans les différents cordons de la moelle. Les cordons antérieurs (/) renferment les tubes les plus larges et en sont presque exclusivement formés. Les parties du cordon latéral qui avoisinent la substance grise contiennent des tubes fort minces. Vers la périphérie on observe des tubes beaucoup plus larges (m), et a l'extérieur ces derniers sont entremêlés de tubes plus fins. Les cordons postérieurs (n) se distinguent nettement des cordons antérieurs par le petit diamètre de leurs tubes nerveux. Les cordons de GoU renferment les tubes les plus fins et les plus réguliers.

Il nous reste à examiner la disposition des tubes à direction transversale et oblique.

Ces tubes représentent les racines des nerfs spinaux (t, k) parties d& cornes de la substance grise ; elles traversent les faisceaux longitudinaui de la substance blanche.

Les racines antérieures ou motrices traversent en assez droite ligne li substance blanche, où elles séparent le cordon antérieur du cordon latéral. Elles arrivent ainsi jusqu'à la corne antérieure (d). Là elles s^irradienl dans tous les sens en forme de pinceau, s'enroulent, serpentent et sont situées dans des plans différents. Quelques faisceaux de tubes nerveux suivent la surface de la corne antérieure en formant un arc tourné vers le sillon antérieur. D'autres tubes se dirigent en dehors vers la limite des cordons latéraux, pour se recourber ensuite en dedans. Enfin quelques faisceaux de tubes se dirigent plus on arrière et on peut les poursuivre jusqu'à la base de la corne postérieure.

Pour savoir ce que deviennent ces tubes nerveux, nous allons pour suivre les faisceaux nerveux dans la corne antérieure et étudier, tout d'abord, la structure si compliquée de la substance grise.

La substance spongieuse fort délicate, qni constitue la charpente de la substance grise, est traversée, dans tous les sens et dans toutes les directions, par des tubes nerveux extrêmement déliés. Dans la charpente de la corne antérieure on trouve, en outre, des cellules ganglionnaires (d) très-volumineuses, étoilées, renfermant un pigment brunâtre. La forme et les prolongements de ces cellules sont fort variables. Ces cellules sont situées au sommet de la corne antérieure ; elles forment généralement des groupes réunis m réseau. Entre ces cellules se trouvent des faisceaux de tubes nerveux. On rencontre également à la surface de la substance grise des cellules ganglionnaires disséminées.

Oïl les retrouve dans les parties centrales, près de Taxe do la moelle et à la base de la corne postérieure ; elles sont généralement plus petites, mais offrent tous les caractères des cellules nerveuses.

Les prolongements nombreux des cellules ganglionnaires se dirigent dans tous les sens, et ils échappent bientôt aux yeux de l'observateur, car ils pénètrent dans d'autres plans. Comme Ta indiqué Deiters, dont nous suivons ici les indications, ces prolongements peuvent suivre les cloisons conjonctives rayonnantes qui traversent la substance blanche ; ils peuvent même enlacer d'une manière complète un faisceau de fibres nerveuses. (Clarke, Deiters.)

Presque tous les auteurs disent que les groupes de cellules multipolaires sont réunis par leurs prolongements, et ils ont fait jouer un rôle physiologique important à ces prolongements, en les considérant comme des commissures. On a, en réalité,, beaucoup exagéré les faits (2) (fig. 288), car il est fort rare d'observer cette union intime des groupes cellulaires. Certains observateurs, parmi lesquels nous citerons Goll et Kœlliker, n'ont jamais observé une disposition semblable, et Deiters (3) va même jusqu'à nier l'existence des commissures; d'autres prétendent que ce mode d'union est excessivement rare. (Reissner.) Les recherches que nous avons faites concordent en tous points avec celles de ces auteurs. Dean, lui-même, qui avait d'abord attaché une certaine importance à l'existence de ces commissures, ne les considère plus que comme des exceptions.

D'autres prolongements des cellules ganglionnaires iraient former, suivant quelques auteurs, les cylindres-axes des^ tubes nerveux de la racine antérieure. Quelques observateurs ont traité ce sujet à la légère et déclaré qu'il était facile d'en constater l'exactitude. Mais, en réalité, il est fort difficile de se persuader d'une manière certaine de la réalité de cette disposition anatomique, dont Goll lui-même déclare n'avoir pu se convaincre. Quand on tombe sur une préparation appropriée, on voit généralement le prolongement cellulaire s'associer à une racine motrice. (Clarke, Dean.)

Deiters, qui a étudié à fond ce sujet difficile, a publié des recherches fort curieuses sur la structure et la disposition des cellules ganglionnaires centrales. Dans la seconde partie de cet ouvrage (§ 179) nous avons déjà parlé des découvertes fort intéressantes de cet observateur. Il a vu que les prolongements des cellules ganglionnaires sont de nature différente (fig. 500) ; les uns soat constitués par des prolongements du protoplasma (6), les autres par un prolongement du cylindre-axe (a). Sur des coupes de la moelle épinière, Deiters a pu suivre exceptionnellement ces derniers dans une certaine étendue.

On voit partir à angle droit des prolongements du protoplasma, des filaments très-nombreux et très-déliés. Deiters a pris ces filaments pour les cylindres-axes des tubes nerveux les plus déliés.

Les cellules nerveuses situées vers le canal central et à la base de la corne postérieure offrent une structure analogue.

«i TRAITE D'HISTOLOGIE ET ITHISTOCHIIflE.

Quand on avance plus en arrière dans la corne postérieure (fig. 499, 1), on rencontre de petita cellules , souvent faàformos, à structure Tort délicate. Dn des prolongements de ces celluln fornie également un cilindre-axe ; on y obiene aussi les prolongemenli du protoplasms.aTecla filaments déliés qui constituent les cyl indres^ui de deuxième ordre. Us dimensions et la foniM de ces cellules varient, du reste, à l'infini.

Les cellules les plus volumineuses resKmblent aux cellules de Ii corne antérieure . Lescdlules de la corne postérieure correspondent i l'origine des' racines des nerfs sensitirs ; aussi leur a-t-on donné le nom de cellules sensitives ; il faut dire, cependant, que ces faits ne sont nullement prouvés jusqu'à ce jour (4).

A la base de la corne postérieuro, et dans U plus grande étendue de la moelle, on trouve de petits amas de cellules : ce sont les colonnes de Clarke ou les noyaui de Stilling. (Kœlliker.) Ces cellules, de dimension moyenne, sont arrondies et pourvues de prolongements ; elles méritent d'être étudiées à nouveau (5).

Re«*iiQUES. — (i) Ce serait dépasser les limites de cet ouvrage que d^nsister «ur le» dilTércnls travaux qui ont été publiés sur la structure de la moelle ^intire. — (3) Ct reproche s'adresse, entre autres, i Schhëprr tau dbr Kolk. —(3) ioc. cit., p. U7. — (4) JkCuBowiTSCH distingue. » l'origine des libres de la racine postérieure, outre le* gT««» cellules multipoluires motrices de la corne antérieure, de petites cellules fusiformes {ai- Inles sensilives) qui ont Inut au plus quatre prolongemcnis. Suivaut cet auteur, il eiislerait une troisième forme de cellules ganglionnaires, les cellules sympathiques, qui ne présenteraient que deux prolongemeiiU. — (5) Il est asseï difficile de déterminer les di-

Fig. 500. — Cellule giB;.ionuire inultipoliire de U conte i

Tisuta d* la moellg épiniire du bout.

a, proloDgenieDt du rflindre-iu; i, prolongeinenl^ runifléi prolopUtini, d'oA niiswDl des filimenri Ai\iit.

APPAREIL NERYËDX. 695

mensions des cellules nerveuses de la moelle épinière, à cause de leurs prolongements. Celles de la corne antérieure peuvent avoir, en moyenne, de 0",06 k 0*,15 de diamètre; celles de la corne postérieure n'ont quelquefois que 0*,018 de diamètre- (Kœluker.)

En étudiant les racines postérieures de la moelle épinière (fc), on observe des dispositions anatomiques bien plus compliquées que celles des nerfs moteurs des faisceaux antérieurs ; de là aussi toutes les lacunes qui restent à remplir dans cette étude. De plus les tubes nerveux sensitifs s'amincissent d'une manière très-notable en pénétrant dans la substance grise, à tel point qu'on ne peut les suivre que lorsqu'ils sont réunis en faisceaux, et non pas quand ils sont isolés. Il est très-rare d'observer, sur des coupes, Tunion de ces tubes avec des cellules glanglionnaires ; Dean a cependant signalé le fait.

On a admis (Kœiliker) que la portion extérieure des faisceaux de tubes nerveux de la racine postérieure pénétrait directement dans la substance grise en traversant les cordons postérieurs. La plus grande partie des tubes nerveux se recourberait, au contraire, dans les cordons postérieurs pour aller se jeter ensuite de côté dans le bord convexe de la corne postérieure tournée vers la ligne médiane. Ils se dirigeraient ensuite vers la corne antérieure pour aller se terminer dans la commissure antérieure et dans le f^roupe postérieur des cellules ganglionnaires motrices ; on les verrait même se rendre dans la partie antérieure des cordons latéraux, où ils se perdraient. Les faisceaux extérieurs se dirigeraient en rayonnant pour atteindre les colonnes de Clarke et sans communiquer avec les cellules ganglionnaires. Quelques-uns de ces faisceaux se rendraient à la corne et à la commissure antérieure.

Deiters a fait observer que la plus grande partie des faisceaux appartenant aux racines postérieures suivaient cette voie détournée pour arriver à la corne, en traversant les cordons postérieurs. La substance gélatineuse de Rolande est parcourue par* une série de faisceaux écartés, formés de tubes extrêmement fins, qui se rendent ensuite, soit à la base delà corne postérieure, soit aux colonnes de Clarke. Au delà de ces colonnes, on observe d'autres faisceaux de tubes qui s'étendent en avant pour aller se perdre dans la substance grise. D'autres vont se rendre à la commissure postérieure; il y en a même qui pénètrent dans la portion grise de la commissure antérieure.

I! est donc plus que probable, aujourd'hui, que tous les tubes de la racine postérieure pénètrent également dans la substance grise ; là ils sont situés entre les cellules ganglionnaires sensitives. Ces dernières présentent un prolongement que nous avons considéré comme un cylindre-axe ; il est donc à supposer qu'ici, de même que dans la corne antérieure, le tube nerveux communique avec la cellule. On avait admis qu'une portion de la racine postérieure se recourbait dans la corne postérieure pour se

696 TRAITÉ D^mSTOLOGIE ET D'H

rendre de là au cerveau (Bbres sensitives de Schrôder van der Kolk); cette opinion est inadmissible.

D'après ce que nous venons de dire, il faut admettre que les faisceaux dos trois cordons blancs de la moelle, c'est-à-dire la partie de la moelle qui communique au cerveau, provient de la substance grise (1 ) ; entre cette portion de la moelle et les racines des nerfs spinaux se trouverait întcrcalp le système des cellules ganglionnaires. Ce dernier remplirait le rôle d'un centre nerveux provisoire, que les nerfs quitteraient pour se rendre au cerveau, en suivant une direction différente et simplifiée.' On admet aujourd'hui comme une loi que toutes les fibres nerveuses des racines communiquent avec les cellules ganglionnaires. La science a à répondre aujourd'hui à bien des questions : les cylindres-axes secondaires de Deiters remplissent-ils le rôle de commissures entre les cellules ganglionnaires? les cylindres secondaires isolés peuvent-ils, en s'élargissant, devenir les cylindres-axes de nerfs contenus dans les cordons de la substance blanche, ou plusieurs de ces cylindres se réunissent-ils pour former le cylindre-axe d'un tube nerveux? On n'a pas pu établir d'une manière certaine, jusqu a ce jour, la communication des cellules sensitives avec les cellules motrices (2).

On admet généralement que le cordon antérieur conduit au cerveau les nerfs moteurs, que le cordon postérieur conduit les nerfs sensitifs, tandis que les cordons latéraux renferment des nerfs des deux ordres.

Nous terminerons cette description, fort incomplète, par Fétude des deux commissures de la moelle.

Quand ou examine la commissure antérieure (/*), on voit bientôt qu'elle est constituée par des tubes nerveux entre-croisés, enveloppés par une charpente de tissu conjonctif. Dans la moelle épinière du veau et du bœuf, cette disposition est fort nette (Deiters) ; aussi les tubes nerveux entrecroisés perforent-ils même la substance blanche des cordons postérieurs. Ces traînées naissent de la substance grise d'un côté de la moelle (sans qu'il soit possible d'établir la communication de ces éléments avec les cellules ganglionnaires) et regagnent les fibres du cordon antérieur du côté opposé, où elles suivent une direction ascendante et descendante. On a admis, pour ce fait, l'entre-croisement complet de tous les nerfs moteurs de la moelle , mais c'est à tort. Dans la portion grise de la commissure antérieure on observe également, en certains points, le passage de tubes nerveux très-fins.

Dans la commissure postérieure (h) , on retrouve, une substance de tissu conjonctif traversée par de nombreuses fibres nerveuses. Lies auteurs ont prétendu alternativement que ces fibres communiquaient avec le cordon latéral, avec les racines postérieures, qu'elles allaient enfin se terminer à la substance grise, située à la limite des racines antérieures et postérieures.

Remarques.— (1 ) Il n'est pas permis de douter que la substance grise joue le rôle de conducteur, à regard du cerveau, aussi bien que les cordons blancs postérieurs. Les colonnes

APPAREIL NERVEUlk. 697

de Clarke, dont les coupes transversales présentent des faisceaux de tubes nerreux, ont sans doute là leur importance. — (2) L'école de Bidder avait publié autrefois un schéma dek structure de la moelle, fort attrayant au point de vue physiologique, mais complètement inexact. Chacune des cellules ganglionnaires multipolaires de la corne antérieure présente, chez les vertébrés inférieurs, quatre prolongements : Tun sert à réunir la cellule avec un élément cellulaire deTautre moitié de la moelle; le second est une fibre de la racine postérieure qui se jette dans la cellule ; le troisième correspond à la fibre motrice de la racine antérieure ; le quatrième, cnfin^ sert de conducteur et s'élève vers le cerveau (Owsjanri- Kow). Les cellules de la corne postérieure devraient être considérées alors comme des éléments de nature conjonctive.

L'étude de ta structure si compliquée de la moelle allongée présente des difficultés bien plus grandes encore. Les travaux anciens de Stilling (1), Schrœder van der Kolk (2), Kœiliker (3), Lenhossek (4), Clarke (5) et Dean (6), renferment des données complètement différentes. Deiters (7) est arrivé à des résultats plus concluants et plus sûrs.

Il n'est pas inutile sans doute de rappeler ici au lecteur que la moelle allongée, qui sert de trait d'union entre le cerveau et la moelle épinièrc, renferme le quatrième ventricule avec le calamus scriptorius ; ces parties sont formées par le canal central de la moelle, qui s'ouvre et s'étale au niveau de l'origine de la moelle allongée. Les cordons de la moelle, qui étaient situés près du canal central, 's'étendent, ainsi que la substance grise, vers les parties latérales et forment des couches épaisses.

Tandis que le quatrième ventricule se constitue sur la portion dorsale de la moelle allongée, la fissure antérieure se transforme en raphé médian. De plus, on observe extérieurement de nouveaux organes. Sur les parties latérales de la ligne médiane se trouvent les pyramides dans lesquelles se produit l'entre-croisement des fibres. Plus en dehors, on aperçoit les olives, enveloppées par des couches de fibres ascendantes, puis les faisceaux latéraux du bulbe ; enfin, plus en arrière et en dehors, le faisceau postérieur ou corps rcstiforme, et un petit faisceau fort grêle (funiculus gracilis), qui est la continuation du cordon de GoU.

La base du bulbe rachidien est limitée en avant par le bord inférieur de la protubérance annulaire ou pont de Varole. La moelle allongée est unie au cervelet par l'intermédiaire de cordons blancs assez épais ; ce sont les pédoncules cérébelleux. On distingue trois parties dans les pédoncules cérébelleux : ce sont les pédoncules cérébelleux supérieurs, moyens et inférieurs, crura cerebelli ad medullam oblongatam^ adpontem^ et ad corpora quadrigemina. Enfin, de la moelle allongée naissent dix troncs nerveux, c'est-à-dire tous les nerfs crâniens, à l'exception de l'olfactif et du nerf optique.

Si l'on passe de l'anatomie descriptive à l'étude histologique de la moelle allongée, on découvre des particularités nombreuses.

Les cornes de la substance grise ne présentent plus les caractères que nous avons observés dans la moelle ; les modifications se présentent d'abord

r.98 TRAITÉ DHTSTOLOGIE ET D'HISTOCHÏMIE.

dans l'angle qui sépare la corpe antérieure de la corne postérieare. Li substance grise, au lieu d'être homogène, est formée par un réseau traversé de faisceaux de tubes nerveux (formatio reticularis) . Cette métamorphose s'étend petit à petit aux cordons de substance blanche et presque à toute la moelle allongée.

En certains points, on voit subsister des masses de substance grise, ooonucs sous le nom de noyaux de la moelle allongée.

Ces noyaux offrent deux caractères principaux. On y trouve tout d^abord l'origine et. la terminaison des nerfs de la moelle allongée (noyaux nerveux de Stilling). Ces noyaux, qui correspondent aux origines des nerfs spinaux que nous avons observés dans la moelle, sont très-nombreux. Mais, outre ces noyaux, on observe des masses ganglionnaires qui onirent un caractère spécial. Elles ne contribuent nullement à la naissance des nerfs périphériques ; mais, par contre, les tubes et les Gbres des con)oa$ de la moelle allongée se terminent provisoirement dans les cellules de ce masses, pour former d'autres nerfs qui, changeant d'épaisseur et de direction, se dirigent vers le cerveau.

Parmi ces noyaux spécifiques, nous signalerons les oliTes inférieures, les olives secondaires, les olives supérieures, considérées à tort, par Stilling, comme un noyau supérieur du trijumeau, un noyau de substance grise, assez volumineux, emprisonné dans les cordons latéraux (noyau de Deiters), le noyau des pyramides, les ganglions postpyramidaux deCIarke, qui sont situés dans les cordons postérieurs, et enfin les niasses grises spéciales du pont de Varole. On peut également ranger parmi ces noyau, avec Deiters, le corpus dentaium cerebelli, les amas de substance grise situés dans les pédoncules cérébelleux, et la plus grande portion des pédoncules quadrijumeaux.

On retrouve dans la moelle allongée les cordons de substance blandie venus de la moelle; la direction de ces cordons n'est plus régulière comme dans la moelle ; elle suit, au contraire, des directions différentes.

On trouve enfin un système de fibres transversales, arquées et circulaires , qui traversent la moelle allongée obliquement et en traTcrs. Arnold (8) a désigné, il y a longtemps, ce système sous le nom de système zonale. Au niveau du raphé, on observe un entre-croisement très-prononcé des fibres; cependant, on voit apparaître graduellement la substance grise.

La structure des racines des nerfs de la moelle allongée est bien autrement compliquée; c est, à première vue, un véritable labyrinthe.

Rkmarques. — (1) De la moelle allongée. Erlangen, 1845. — (2) Structure et fonctions (le la moelle, p. Hh. — (5) Voy. l'Anatomie microscopique de cet auteur, vol. II. pari. l. p. 451, et son Maimel, 4*pdil., p. 515. — (4) Loc.cit. (§ 290, remarque i). — (5)Phil. Transact. for tho yoar, 1858, P. 1, p. 251. — (6) Tho gray substance of the Nedulb oblonjiata and Irapczium. Washington City, 1804. — (7) Loc, cil. L'ouvrage delkiTELs qui. en\v\ô. trop toi à la science, n'est malheureusement qu'un simple fragment, est rempli de lacunes i?l fort diflicih^ à c(«nprendre. Il serait à désirer qu'un obîscn'ateur rapablf achevât cotte œuvre si admirablement commencée. — (8) Vov. son Anatomie de rhomine. vol. Il, part. U, p. 705.

APPARKIL iNERYEll);. 699

Essayons, autant que le comporte un traité élémentaire, de décrire la structure si compliquée de la moelle allongée.

Commençons par la substance grise. Quand on examine des coupes transversales des portions supérieures de la moelle épinièrc, on voit apparaître, dans Tangle de réunion de la corne antérieure et de la corne postérieure, un prolongement effilé de la substance grise, connu sous le nom de corne latérale de Jacubowitsch. Cette partie de la substance grise (tracUis intermediO'lateralis de Clarke et de Dean) se développe à mesure qu'on arrive dans la moelle allongée, et présente une structure réticulée ; dans les lacunes du tissu, on aperçoit des traînées de fibres du cordon latéral. Nous verrons tout à l'heure l'importance de cette région de la moelle allongée ; c'est là, en effet, que se trouve l'origine d'un système de nerfs particuliers, à commencer par le spinal. On a donné à celte région le nom de formatio reticularis.

En poursuivant Texamen de la moelle allongée vers le cerveau, on voit que cette masse réticulée s'étend, non-rseulement au niveau de la corne antérieure, mais surent à la base de la corne postérieure. Bientôt même, la transformation est telle, que l'on peut considérer la portion supérieure de la moelle allongée comme un réseau de substance grise traversé par des faisceaux de substance blanche. La masse grise s'étend presque jusqu'à la périphérie, et communique avec les noyaux de substance grise qui y sont situés. Comme les parties centrales de la substance grise, c'està-dire celles qui enveloppent le canal central, n'ont en général subi aucune modification, on pourrait supposer qu'elles sont la continuation des cornes de la moelle.

On retrouve dans cette masse grise réticulée, de même que dans les noyaux, des cellules ganglionnaires de forme variable, quelquefois trèsvolumineuses, et présentant des cylindres-axes primaires et secondaires (§ 292). Il est évident que cette masse réticulée doit également prendre part à la formation des racines des nerfs crâniens, etc.

Il est facile de comprendre également que les cornes postérieures doivent s'étaler dans le quatrième ventricule, et qu'elles sont repoussées vers les parties latérales.

Nous avons déjà parlé, dans le chapitre précédent, de la transformation du cordon postérieur de GoU qui va constituer le funciculus gracilis,

La masse grise réticulée refoule le cordon postérieur, de façon que le plancher du quatrième ventricule est presque exclusivement tapissé de substance grise. La charpente conjonctive qui limitait le 'canal central dans la moelle s'épaissit, et prend une part importante dans la formation de la paroi de l'aqueduc de Sylvius, du troisième ventricule et de YinfundibtUum.

I Minii:

Quittons pour un instant la substance grise de la moelle allongée, et

jetons un coup d'œil sur l'origine des dix nerfs crâniens.

Dciters a fait à ce sujet une découverte remarquable. Outre la racine antérieure et la racine postérieure que possèdent les nerfs de la moelle, on trouve dans la moelle allongée une troisième racine latérale. OnlaToit déjà naître dans la pailie supérieure de la moelle cervicale, en même temps que la corne latérale et sous forme d'un faisceau de nerfs trèsmince.

Les nerfs crâniens qui naissent de la moelle allongée tirent leur origiiK de ces trois ordres de racines.

Du système latéral naissent plusieurs nerfs. D'abord le spinal, puis le pneumogastrique et le glossopharyngien. A son origine,- ce système laténl est représenté par une ramification de la corne antérieure destinée au nerf spinal. A cette ramification viennent bientôt se réunir des parties sensitives de la corne postérieure, que l'on peut poursuivre sous le pont de Yarole. Les nerfs qui naissent de la portion latérale de la moelle peuvent donc être, à la fois, et moteurs et sensitifs.

Le nerf facial et Tacoustiquc , ainsi que les racines antérieures do trijumeau naissent également de cette portion latérale de la substance grise. Cette dernière s'est de nouveau séparée, à cet effet, en une portioB sensitive destinée à l'acoustique, et en une portion motrice destinée ao facial et aux racines antérieures du trijumeau.

Les fibres sensitives du trijumeau naissent, par contre, du système des racines postérieures. Les fibres de ce système se réunissent, à partir du premier nerf spinal, en bandes qui ne quittent point la moelle allongée sous forme de faisceaux sensitifs séparés comme dans la moelle épinière.

L'hypoglosse, le moteur oculaire commun, le pathétique et le moteur oculaire externe correspondent aux racines antérieures de la moelle.

Les noyaux de substance grise les plus inférieurs appartiennent à b corne antérieure, et sont situés au pourtour du canal central ; ils correspondent à l'origine des nerfs grand hypoglosse et spinal ; on y observe un grand nombre de cellules ganglionnaires motrices rayonnantes. Au niveao du plancher du quatrième ventricule et de Taqueduc de Sylvius, on observe des noyaux analogues destinés au pneumogastrique, au glossopharyngien, au pathétique et aux nerfs moteurs oculaires externe (2) et commun.

La substance grise de la portion extérieure de la corne postérieure reste intacte ; elle constitue l'origine de la racine sensitive du nerf acoustique, qui ne naît point, comme on l'a admis jusqu'alors, de la ràmion de grosses cellules des pédoncules cérébelleux, mais de petites cellules situées dans les cornes postérieures et dans le raphé (Deiters) ; il en est de même de la portion sensitive du pneumogastrique et du glossopharyngien.

On trouve enfin dans la substance grise des masses périphériques et réunies, d'où naît la portion motrice du trijumeau, dont la racine concourt à la formation du rameau acoustique de Bergmann (Stilling, Len-

APPAREIL NERVEOX. 701

hossek, Deiters) ; le facial a également la même origine. Deiiers a décrit une courbure du facial, située dans le quatrième ventricule au niveau de l'éminence teres ; le noyau du facial serait situé près du noyau moteur du trijumeau, et non à côté de celui du pathétique, comme Tout admis Stilling, Clarke et Dean; on trouve enfin dans cette masse grise l'origine de la portion motrice du pneumogastrique découverte par Deiters (5).

Remarques. — (i) Le travail de Deiters est rempli de lacunes et la disposition des noyaux de la moelle y est incomplètement décrite. — (2) Deiters (Le, p. 11) dit que ce nerf prend son origine dans une portion fortement pigmentée, située dans le plancher du quatrième ventricule, et pourvue de cellules ganglionnaires volumineuses rappelant les éléments moteurs de la moelle. — (5) Le travail de Deiters est également muet sur ce point.

11 ne faut point s'attendre à retrouver dans la moelle allongée la continuation des fibres nerveuses de la moelle épinière, c'est-à-dire la continuation des trois cordons de substance blanche. Tout au contraire, on retrouve moins de fibres dans la moelle allongée, et cette transformation est due sans doute à l'intervention de cellules ganglionnaires.

Schrœder van der Kolk pensait que l'entre-croisement des pyramides se produisait par l'intermédiaire des cordons antérieurs de la moelle; c*est à tort, car les cordons antérieurs conservent leur forme et leur disposition dans la moelle allongée. Ils sont refoulés d'abord par les pyramides entre-croisées, mais reprennent bientôt leur position première, et. renforcés par les fibres de l'hypoglosse et par celles du pneumogastrique, ils s'étendent sur les parties latérales du raphé, et sous le pont de Yarole, sous forme de cordons allongés.

Dans ce trajet, les cordons de la moelle subissent cependant plus d'une modification. Ils sont tout d'abord traversés par des fibres circulaires qui viennent en grande partie des cordons postérieurs. Puis on y voit apparaître de bonne heure des ilôts de substance grise. Les cordons antérieurs sont également caractérisés ici, comme dans la moelle épinière, par des tubes nerveux Irès-larges.

Au-dessous du pont deVarolc, ces fibres larges sont remplacées par des tubes nerveux très-fins et très-dêliés. En ce point, on observe l'interposition des cellules ganglionnaires dont nous avons déjà parlé ; la continuation du cordon antérieur au-dessous du pont de Yarole est apparente ; en effet, ce deuxième ordre de fibres nait des cellules gangUonnaires interposées, et sert d'organe de transmission pour le cerveau et peut-être, en partie, pour le cervelet.

Les cordons latéraux se prolongent dans la moelle allongée sous le nom de funiculm lateraliSj et arrivent en partie sans doute jusqu'au cerveau ; c'est à tort qu'on a prétendu qu'ils prenaient part à l'entre-croisement des pyramides. Dans la moelle allongée, la structure des cordons latéraux devient également fort compliquée.

Nous avons décrit, dans Tangle de réunion des cornes antérieure et

70!2 TRAITE D^HISTOLOGIË ET D'BISTOGHDIIE.

postérieure, une masse réticulée que nous avons désignée sous le nom de formatio retictdaris. Deiters croit que cette masse est formée en partie parles cordons latéraux transformés; c'est-à-dire, il suppose que les tube^ des cordons latéraux se terminent momentanément dans les cellules deb formatio retkularis (nous retrouverons les faisceaux de tubes partis de m cellules ganglionnaires, en étudiant la formation des pyraniides). L'autre portion du cordon latéral continue pendant un certain temps sa marche ascendante vers le cerveau, sans subir aucune altération. Mais on y obsenre également le développement de noyaux de substance grise réticulée; noo» citerons, entre autres, le noyau de substance grise, formé de petites cellules ganglionnaires, et découvert par Deiters. Ce noyau, comme tous ceux de la moelle allongée, est un centre qui reçoit un système de fibres et en émet un autre destiné au cerveau. Le premier système appartient au cordon latéral ; le second forme le stratum zonale Amoldii^ qui se dirige vers le cervelet. On n'a pas déterminé, jusqu'à ce jour, si des lai^ ceaux de tubes du cordon latéral suivaient leur direction primitive pour se rendre directement au cerveau.

La région du cordon latéral est encore occupée par d'autres masses de substance ganglionnaire, et d'abord par Tolive inférieure, qui doit recevoir des fibres circulaires venues du cordon latéral ; par le tubercule de Roiando, la masse de substance grise située à l'origine du pédoncule cérébelleux iolérieur, et par l'olive supérieure. Cette dernière semble composée de film» qui sont en communication avec lés cordons latéraux; on en voit partir également un système de fibres circulaires, situé chez les mammifères ea avant du pont de Varole, et chez l'homme dans la protubérance même ; ee système est connu sous le nom de corpus trapezoides.

On a cru et répété pendant longtemps que les cordons postérieurs se prolongeaient directement vers le cervelet, en formant les pédoncules cérébelleux inférieurs. 11 est vrai de dire, et c'est là la cause de Terreur, que la' direction des fibres est la même dans ces deux parties. Mais les libres nerveuses du cordon postérieur sont remplacées dans leur parcours par des faisceaux de fibres tout différents.

Nous avons vu que la portion interne du cordon postérieur delà moelle épinière forme le cordon de Goll, qui constitue ensuite le funictUus graâlk de la moelle allongée; l'autre portion du cordon spinal se continue ai prenant le nom de fnnicidm cuneattis.

Ces deux cordons présentent également de la substance grise dans leur intérieur (ganglia postpyramidalia de C^larkc) et augmentent par là roéiiie de volume. La substance blanche du cordon postérieur, composée de tubes nerveux très-fins, diminue peu à peu d^mportance et se termine provisoirement dans les noyaux de substance grise dont nous venons de parler, ou dans les parties avoisinantcs de la corne postérieure ; en sortant de ces niasses de sultstance grise, elle se continue en formant un système de fibrcf. circulaires. On peut donc dire que le cordon postérieur a complète ment disparu de son siège primitif.

Le système de fibres circulaires semble destiné, en partie, à renforcer les pyramides (voy. plus bas), puis à former le pédoncule cérébelleux inférieur; c'est là qu'on croit découvrir la continuation du cordon posté- I rieur ; enfin il pénètre en partie dans Tolive, où il se termine, ou bien se I dirige, en s*entrc-croisant avec d'autres fibres, dans Tolive du côté opposé. Ce système de fibres circulaires forme donc la source la plus-importante i des fibres qui se rendent à ce noyau spécifique de la moelle allongée. » Les pyramides se caractérisent par des tubes nerveux très-fins ; elles ne I constituent pas, suivant Deiters, la continuation directe des cordons blancs de la moelle; elles seraient, au contraire, formées par un de ces systèmes de fibres secondaires, qui partent des cellules de la formatio reticularis, à laquelle se rendent des fibres venues des cordons latéraux et postérieurs. On comprend également de la sorte l'augmentation considérable de volume qui caractérise le développement des pyramides. Après Tentre-croisement, les pyramides, renforcées par d'autres faisceaux de fibres, se dirigent au cerveau, sans communiquer néanmoins avec aucun noyau de substance grise.

Les olives, c'est-à-dire les olives inférieures, sont une des parties caractéristiques de la moelle allongée. La substance grise du corps olivaire se présente, chez l'homme, sous forme d'une feuille repliée (corpus dentatum oliva;), qui enveloppe un noyau de substance blanche, à la manière d'une capsule qui serait ouverte par son bord interne. Dans la charpente spongieuse de cette substance grise, on observe de petites cellules ganglionnaires pigmentées, jaunâtres, de 0"',0i 5 à 0'",01 8 de diamètre (Clarke et Dean) ; le corps de ces cellules est arrondi et présente des prolongements de deux ordres qui correspondent aux cylindres-axes, dont nous avons déjà parlé. Entre ces cellules on observe des faisceaux de tubes nerveux extrêmement fins (1 ).

On a cherché un rapport entre l'olive et le nerf grand hypoglosse, et on a considéré à tort l'olive comme un ganglion accessoire de ce nerf. La racine de ce nerf moteur, caractérisée par de larges tubes nerveux, passe bien à côté de l'olive ; quelques faisceaux de tubes traversent même cet organe, mais sans avoir aucune connexion avec les éléments de l'olive.

Suivant Deiters, dont nous résumons encore ici le travail, ce sont des fibres des cordons postérieurs qui pénètrent, sous forme de tubes nerveux très-fins, dans l'olive ; ces derniers se terminent dans les cellules de l'organe. De ces cellules nait un nouveau système de fibres, qui se dirigent en partie vers le cervelet, puis vers le cerveau « L'olive constitue donc un organe de transition, qui joue le rôle de conducteur à l'égard des organes centraux. Les olives sont également traversées par un grand nombre de faisceaux transversaux et circulaires^ Leur bord extérieur est entouré par une zone de fibres venues des cordons postérieurs. Au niveau de la moitié supérieure de l'olive, et en arrière, on observe le noyau olivaire secondaire de Stilling, qui oiîre, du reste, la même structure. Plus haut, au niveau de l'origine du pathétique et du facial, et en dehors du premier de ces

704 TRAITÉ D'fflSTOLOGIE ET D^ISTOCDIMIE.

nerfs, on trouve l^olive supérieure, qui présente une structure analogue. L'olive supérieure existe également chez l'homme, mais est cachée dans le pont de Yarole. On y retrouve aussi un système de fibres circulaires. Quelques auteurs ont décrit une communication des olives supérieures avec le facial ou l'acoustique.

Jetons un dernier coup d'œil sur la structure des pédoncules oérèbellcux.

Les pédoncules cérébelleux inférieurs représentent les prolongonenb de Ja moelle allongée dans le cervelet. Ils sont constitués, en grande partie, par des prolongements du stratum zonale Arnoldii, qui proviennent avant tout des olives, puis du noyau des cordons latéraux (noyau de Deiters) e( du corpus trapezoides.

Les pédoncules cérébelleux moyens (cruraB cerebelli ad pontem) ne sont point formés de fibres ascendantes comme les précédents; ils contiennent, au contraire, des fibres qui se rendent du cervelet au cerveau.

On peut admettre que des fibres qui ont pénétré dans le cervelet par rintermédiaire du pédoncule cérébelleux inférieur, s'y terminent provisoirement, pour en sortir ensuite par l'autre pédoncule. Une partie seulement des fibres fera le détour par le cervelet, tandis que les autres se rendront directement au cerveau. L'ablation du cervelet devra donc, dod point arrêter, mais du moins troubler la conductibilité de certains nerfe.

Les pédoncules cérébelleux inférieurs semblent formés par des fibres qui proviennent du cervelet ; mais de nouvelles recherches sont indispensables pour éclairer ce sujet.

Les vaisseaux sanguins et lymphatiques de la moelle allongée offrent h même disposition que dans la moelle.

De même que dans la moelle épinière, la substance blanche de li moelle allongée est parcourue par un système de vaisseaux capillaires i larges mailles. Les noyaux de substance grise sdnt bien plus vasculair» et sont traversés par des réseaux de vaisseaux capillaires beaucoup plus serrés. Le réseau capillaire de la couche de substance grise de rdive oOre, chez l'homme, une disposition fort élégante ; ce réseau est alimenté par des vaisseaux qui viennent de la périphérie et par d'autres vaisseaux qui sont contenus dans le noyau de substance blanche.

Remarque. — (1)1^ description donnée par Deân se rapproche tout à fait de celle de Clarkë ; il a donné une description fort détaillée et fort minutieuse de la structure de cet organe (iig. 39).

A mesure qu'on s'éloigne de la moelle allongée pour examiner la structure du cerveau proprement dit, on s'aperçoit que cette étude devient de plus en plus compliquée et obscure.

Dans les paragraphes précédents, nous avons déjà dit quelques mots de la structure du cervelet et du pont de Yarole.

Nous avons retrouvé dans le pont de Yarole les noyaux de substance grise et les cordons delà moelle allongée. On y rencontre également un système de fibres transversales fort développées.

Nous avons également vu que les faisceaux de fibres partis du cervelet allaient former les pédoncules cérébelleux moyens (cruraî cerebelli ad pontem).

Les autres fibres qui se dirigent vers le cerveau passent par les pédoncules cérébraux.

' Le cervelet (2), dont nous avons déjà vu l'importance en parlant de la moelle allongée, est constitué essentiellement par des masses de substance blanche ; la substance grise n'existe qu'à la voûte du quatrième ventricule, dans le corpus dentatum, puis elle tapisse la surface des circonvolutions du cervelet.

Les pédoncules cérébelleux inférieurs, c'est-à-dire les prolongements des cordons de la moelle allongée, vont se rendre dans le cervelet. On voit partir, au contraire,' de cet organe, les pédoncules cérébelleux moyens, crura cerebelli ad pontem, et les pédoncules cérébelleux supérieurs, crura ad corpora quadrigemina.

La charpente de tissu conjonctif, avec ses éléments nucléés (§119), traverse également ici toute la masse. Elle est surtout développée dans la couche corticale, où nous la rencontrerons plus loin, et s'étend jusqu'à la pie-mère.

Les tubes nerveux de la substance blanche du cervelet présentent des ^ caractères assez uniformes; ils ont, en moyenne, de 0<°,002 à 0°',009 de diamètre. (Kœlliker.)

La substance grise est peu abondante au niveau de la voûte du quatrième ventricule. On y rencontre des cellules ganglionnaires de 0*^,04 à 0'",06 de diamètre, d'une teinte brunâtre, qui font saillie dans la substance blanche (suhstantia ferruginea superior, Kœlliker).

On trouve dans le cervelet un noyau de substance grise qui porte le même nom et qui présente la même structure que le corpus* dentatum de Tolive. On voit arriver à la plaque dentelée, formée de substance grise, des faisceaux des pédoncules cérébelleux inférieurs,'qui vont se terminer provisoirement dans les cellules. D'autres fibres partent delà portion interne de cette couche de substance grise, pour pénétrer dans les pédoncules cérébelleux supérieurs. (Ruthowsky.) Les cellules ganglionnaires, fort nombreuses et de moyen volume, forment trois couches distinctes ; deux couches. Tune extérieure, l'autre intérieure, formées de cellules fusiformes, l'autre moyenne, composée d'éléments étoiles. Le corps de ces cellules présente également ici une pigmentation jaunâtre.

La couche corticale du cervelet a été étudiée avec beaucoup de soin dans ces dernières années. Les résultats obtenus par différents auteurs, tels que Gerlach, Kœlliker, Hess, Rutkowsky, Schuize, etc., sont loin cependant de concorder entre eux (3).

On observe dans la substance corticale deux [couches distinctes : Tune

grisâtre, extérieure ; l'autre d'un brun de rouille, plus interne. Cette dernière est moins épaisse que la couche extérieure.

On a admis (Gerlach, Hess, Rulkowsky) que les tubes iiervem it la substance blanche, après s'être divisés, divergeaient sous rorme de |hdccau, et se transformaient, après s'être plusieurs fois subdivisés, en un réseau fonné dt tubes de (i'',00'2 de diamètre; dans ce réseau on retrouverait des éléments à fonne de noyaui, de O-.OOe à 0",009 de diamètre (Gerlach). La figure 501 représente en partie cette disposition.

Quelquefois ces divisions des tubes nerveui semblent manquer ; il n'existe plus alors qu'un simple amincissement des tubes qui rayonnent vers la substance corticale. (Kocllilfer, Schuize.)

La couche brune, dont l'épaisseur est peu considérable au fond de la circonvolution, i une épaisseur qui varie entre 1 millimètre et ii",^ ; elle u'est point séparée de la substance blanche par une limite accentuée. On j rencontre des éléments arrondis qui offrent li forme d'un noyau (Gerlach); ils sont fort nombreux et ont, en moyenne, 0'',006 de diamètre; ils renferment un ou deux nucléoles. Il serait difficile de dire si l'on doit considérer ces éléments comme des cellules oo comme des noyaux ; en tous ces cas, ces éléments oflrent de l'analogie avec ceux qu'on ol>scnc dans la couche granuleuse de la rétine. Beaucoup de ces éléments possèdent des prolongements filiformes, extrêmement 6ns; quelquefois il y en u deux diamétralement o\y

■. tube aervl^uI ittc te- diii- SchuIze admet deux fonues d'éléments : le» 9Joi>.din>b>ub,tiDce blanche; y^g petits, dc 0", 006 dc diamètre, à bord:

*, iim»uï iiec itan filaments , r . , . . -

(rè^éiijsci réunis en forme de tpes-ncts, qui présentent, quBud on les traite rf^™prabiin™'ni^ph°f?îu" P^ '^ bichromate de potasse, un contour brilpuurTus en partie de noj>m, lant ; ils renferment un ou deux petits nocléoles et envoient des prolongements; le» autres éléments sont plus volumineux, de U°',009 de diamètre, à noyau très-distinct. Ils n'ont point de prolongements; mais on y trouve appendus des lambeaux du tissu conjonctif qui forme la charpente; aussi Taulflir considère-t-il ces éléments comme appartenant au tissu conjonctif, tandis qu'il assimile les premiers aux éléments nerveux de la rétine.

Fig. SOI. - Cellule ,

Du reste, les opinions les plus contradictoires ont été émises à ce sujet et par les hommes les plus distingués (Kœlliker, Stieda, Deitcrs); ils rangent Tensemble de ce tissu dans le tissu spongieux de la charpente, et nient, par conséquent, toute communication avec les tubes nerveux venus de la profondeur ; cette manière de voir nous semble être également la plus juste. Les tubes nerveux traverseraient, du reste, toute la couche brunâtre, sous forme d'un plexus serré mais trùs-délicat.

 la limite de cette couche on a encore découvert de petites cellules gan- (^lionnaires, munies de plusieurs prolongements ramiiiés. (Kœlliker, Schulze.)

Dans la couche extérieure, couche grise, ou couche des cellules, on trouve des cellules ganglionnaires volumineuses, qui ont été découvertes il y a de longues années par Purkinje [(4) fig. 501, dj. Ces éléments extraordinaires occupent la portion moyenne de la couche extérieure ; ils ne sont nullement serrés et forment une couche unique. Ils envoient un seul prolongement vers le centre. Suivant Gerlach, ce prolongement irait se ramifier avec les noyaux (b) de la couche brune ; il y aurait donc là une communication tout à fait spéciale des tubes nerveux avec les cellules, lless et Rutkowsky se sont prononcés en faveur de Topinion de Gerlach, qui ne saurait cependant être admise. Le prolongement de la cellule ne se ramifie point ; il se recouvre, au contraire, d'une couche de moelle, et correspond, par conséquent, au cylindre-axe ordinaire des cellules gan- «xlionnaires centrales. [Deiters (5).]

A l'extérieur, c'est-à-dire vers la surface du cenelet, et dans la couche moléculaire (Hess), on trouve des prolongements caractéristiques du protoplasma ; ils partent, au nombre de deux généralement, des corpuscules ganghonnaires; ils sont d'abord assez épais, puis ils se ramifient et forment des ramuscules très-fins. Leur ensemble offre l'aspect des cornes d'un cerf. On n'observe pas d'union des cellules à l'aide de commissures ; par contre, on remarque sur le trajet de ces prolongements les cylindresaxes secondaires de Deiters, dont nous avons parlé dans les paragraphes précédents.

Le réseau de fibres nerveuses qui provient de la couche brune se prolonge à travers le tiers intérieur de la couche moléculaire ; dansée trajet, les tubes nerveux deviennent de plus en plus déliés. Les rapports de ce réseau nerveux avec la surface et avec les prolongements protoplasmatiques des grosses cellules ganglionnaires, méritent d'être étudiés avec une nouvelle attention.

Le substratum de la couche grise est formé par la charpente spongieuse ordinaire (Kœlliker, Rutkowsky), avec ses éléments disséminés et en forme de noyau ; on peut également, avec Schulze, en distinguer deux variétés distinctes (6).

Dans la portion la plus extérieure de cette couche grise, on observe une disposition de texture fort intéressante et qui rappelle celle de la rétine. Au-dessous de la pie-mère, on trouve une couche limitante homogène, f^r-

mée de tissu conjonctif, et qui envoie. vers le centre un système de fibres de renforcement, à direction rayonnante ; on peut quelquefois suivre ces fibres jusqu'au delà de la moitié de la couche grise. (Bergmann, Schulze.)

Rbmakqoes. — (i) Outre les travaux déjà indiqués, voy. Stilldig, Ueber den Bau des Hirnknotens oder der Yarolis'chen Brtkcke, Structure du pont de Varole. lena, 1846. — (2) Kœlliker, Ânat. microscop., yoI. II, part. I, p. 446 ; E. Ruteowsky, Ueber die graoe Substanz der Hemisphâren des kleinen Gekirns, Élude sur la substance grise des hémisphères du cervelet, Dorpat, 1861, Diss.; Loys, in Journ. de l'anat. et de la pfaysiol., tome I, p. 225. — (3) Yoy. Gerlach, Études microsc, p. 1 ; N. Hess, De cerebelii gyrorum textura disquisitiones microscopicae. Dorpati, 1858, Diss.; Rotkowskt, loc. cU.\ KŒLgKER, Traité d'histologie, 4* édit., p. 321; G. Bergmann, in Henle's und Pfeufer's Zeitschrift, nouY. série, vol. VIII, p. 360; G. Walter, in Virchow's Archiv, yoI. XXII, p. 251 ; F. E. Schulze, Ueber den feineren Bau der Rinde des kleinen Gehims, Sur k structure fine de la couche corticale du cervelet, Rostok, 1863; F. Stieda, in Reicbert's et Du Bois-Rejmond's Archiv, 1865, p. 407. — (4) B^richt ûber die Yersammiung deulscher Naturforscher und Âertze im Jahre 1837, Comptes rendus de la réunion des naturalistes et médecins allemands en 1837. Prag, 1838, p. 177. — (5) Loc. cit.^ p. 12. — (6) Hess (loc, cil,, p. 29) a fait remarquer que chez les sujets jeunes ces noyaox s*acciimulent dans la portion extérieure de la couche de substance grise, et y forment une couche granuleuse externe, en tous points analogue à la couche brune. Cette couche diminue peu à peu d*épaisseur et n'existe plus chez Tadulte. (Schulze. )

Cerveau, — 11 nous reste à dire quelques mots de la structure du cerveau (1).

Les pédoncules cérébraux (crura cerebri ad pontem) sont composés de faisceaux de fibres qui se rendent de la moelle allongée au cerveau, et inversement de ce dernier à la moelle. Sur une coupe transversale, on voit que le pédoncule est décomposé en deux cordons par une couche de substance grise foncée, à forme semi-lunaire (substantia nigra) ; Tun de ces cordons, Tinférieur ou base, a la forme d'une demi-lune ; Tautre, supérieur, est arrondi et a la forme d'un bonnet. A l'examen microscopique, on trouve dans la substance blanche les tubes nerveux centraux ordinaires; dans la substance grise, on observe des cellules ganglionnaires volumineuses dont les prolongements s'entre-croisent, et qui renferment des molécules pigmentaires foncées (la fig. 288, 4, p. 379, donnera une bonne idée de cette disposition anatomique) .

Les corps striés, les couches optiques et les corps quadrijumeaux ont été fort incomplètement étudiés jusqu'à ce jour.

Le corps strié renferme plusieurs noyaux de substance grise; ce sont : le nuclcus caudatus, N. Icnticularis, N. tseniiformis et le N. amygdalœ.

Dans ces noyaux, on trouve des cellules ganglionnaires pigmentées ou non pigmentées, à deux et même cinq prolongements. (Kœlliker.)

Les faisceaux nerveux du corps strié ont une double origine. Ils proviennent, en premier lieu, et en majorité, de la base des pédoncules, lisse terminent dans le cerveau, en traversant, sous forme de pinceaux, les noyaux que nous avons signalés. Un autre système de fibres fort moins

APPAREri NERVEUX. 709

important, constitue Tunion des hémisphères avec la substance de la moelle.

La structure des tubercules quadrijumeaux et des couches optiques est moins bien connue. Dans ces deux parties de Torgane on observe les faisceaux nerveux de la portion supérieure des pédoncules cérébraux ; ils s'y terminent en partie, suivant Kœlliker. Dans les couches optiques, on observe également, suivant cet observateur, des faisceaux de* tubes nerveux venus des hémisphères.

J. Wagner (2) a étudié avec soin, dans ces dernières années, Torigine des nerfs optiques.

Le nerf optique nait, d'après cet auteur, par deux racines, Tune antérieure, qui appartient au thalamus opticus, l'autre postérieure, qui provient de la région des tubercules quadrijumeaux.

La portion principale de la racine antérieure nait d'un amas ie petites cellules ganglionnaires, uni ou bipolaire, situées dans les couches optiques, et que Ton a désigné sous le nom de noyau des nerfs optiques. L'autre portion de la racine provient du corps géniculé interne, qui forme partie intégrante de la couche optique. Les cellules ganglionnaires offrent la même disposition, mais sont plus volumineuses.

La racine postérieure des nerfs optiques nait, en grande partie, d'un amas de petites cellules ganglionnaires, qui sont situées vers le côté interne de la portion supérieure de la racine postérieure. Une petite portion des fibres de cette racine nait des fibres limitantes du corps géniculé interne.

Enfin Ton observe encore des fibres accessoires, venues de la substance perforée latérale, puis de la lame terminale du tuber ciiiereum. Elles parlent néanmoins de cellules ganglionaires volumineuses.

Comme les faisceaux nerveux des pédoncules cérébraux semblent se terminer dans les ganglions cérébraux, on peut admettre que le système nerveux des hémisphères du cerveau est indépendant, et qu'il se relie aux fonctions intellectuelles.

La couche corticale est formée d'une couche supérieure blanche ; elle rappelle, par ses différences de coloration, les différentes couches du cervelet [§ 296 (3)]. Dans la couche grise, on observe, outre des corpuscules de tissu conjonctif, des cellules ganglionnaires multipolaires ; elles sont tantôt pâles, tantôt foncées, mais ne présentent ni la forme, ni les dimensions, ni les ramifications extraordinaires qui caractérisent les éléments nerveux de la couche corticale du cervelet. Les tubes nerveux de la substance blanche arrivent par faisceaux et en rayonnant dans la substance grise. Les tubes nerveux deviennent beaucoup plus fins et ne forment bientôt plus de faisceaux. Leur mode de terminaison est encore inconnu. Les fibres de la substance blanche sont composées de tubes nerveux foncés, contenant de la moelle; ils se dirigent de la surface des hémisphères dans le corps calleux, puis dans le corps strié et les couches optiques. Les deux ordres de fibres s' entre-croisent en tous sens. Les commis-

sures sont formées par le corps calleux et par les deux commissures blanches.

C. Kupffer a très-bien étudié la corne (TAmmon chez le lapin (4).

Suivant cet auteur, la texture de cette portion du cerveau serait fort compliquée, mais se rapprocherait de celle d'une circonvolution cérébrale. On rencontre dans la corne d'Ammon, au-dessous de la couche superficielle, formée de tubes nerveux, une couche de substance grise, ou couche moléculaire, qui présente profondément des couches de cellules ganglionnaires serrées; les prolongements de ces éléments rayonnent vers le centre et forment une couche de substance grise plus profonde et striée. Au-dessous de cette dernière, on observe encore une couche réticulée, une deuxième couche moléculaire, et enGn une couche de novaux serrés les uns contre les autres.

Le bulbe olfactif (5) est, comme on le sait, creux chez beaucoup de mammifères. La paroi est formée de deux groupes de couches, les unes internes et blanches, les autres externes et grises. Ces dernières prennent plus d'importance à mesure qu'on se rapproche des cellules de Fethmoide.

Dans la substance blanche, on voit arriver les faisceaux des racines, qui sont au nombre de deux ; l'une externe, plus épaisse, est formée par un prolongement de la circonvolution cérébrale antérieure et inférieure, et par une portion très-gréle que l'on peut poursuivre jusqu'au corps calleux. La seconde, la racine interne et inférieure du bulbe, est plus mince; elle est formée par trois faisceaux de fibres venus du corps strié, du chiasma des nerfs optiques et du pédoncule du cerveau. La description de Clarke diffère, en beaucoup de points, de pelle que nous venons de donner.

Quand on étudie la paroi du bulbe olfactif du centre à la périphérie, on retrouve la structure si compliquée des organes nerveux centraux.

La cavité est tapissée par une couche fort délicate de cellules épithéliales à cils vibratiles ; ces dernières présentent des prolongements filiformes qui pénètrent dans la charpente spongieuse sous-jacente. Cette dernière est occupée, dans une petite profondeur, par une couche longitudinale, composée de tubes nerveux très-fins, contenant de la moelle ; ce sont les prolongements des fibres des racines. A cette couche de tubes vient s'ajouter une couche composée d'éléments nerveux, réunis en forme de plexus (Clarke) ; ce sont des tubes très-fins et des fibres nerveuses h direction perpendiculaire; entre eux on aperçoit les noyaux de la charpente. Cette dernière est fort délicate et renferme de nombreux noyaux; quelquesns de ces noyaux sont très-volumineux ; Waller les considère comme de ^ etites cellules ganglionnaires bipolaires ; on trouve également une couche assez importante, formée de cellules ganglionnaires étoilées, pourvues de prolongements protoplasmatiques, subdivisés à l'infini. L'ensemble de cette structure rappelle, en tous points, celle de la couche corticale du cervelet (g 296). Inféricurement, ou, pour mieux dire, extérieurement, la paroi du bulbe prend des caractères fort difficiles à apprécier, à cause de

cUules arrondies, sans aucun prolongement, tl des tulies nerveux assex lins. On y rencontre également des concrétions spéciales, conlaus le nom de sable cérébral lacervulus cerebri), et dont nous aurons sien de parler en décrivant la structure du plexus choroïde, ypophyse est formée, dans sa partie postérieure, qui est la plus pelar un substratum de tissu conjonctif, qui renferme des tubes ncrtrès-lîns el isolés. La jiortion antérieure offre la stnicturc d'une c ; nous en avons déjà parlé en décrivant les glandes vasculaires san- M8 238).

en est de même de la composition chimique du cerveau et de la e, que nous avons indiquée dans la deuxième partie de cet ouvrage

iitflCBS. — (I) Voj.KŒUikKR, Anal, inicrasc., vol. Il, pi'tie I, p. *67. — (3)IIeber ■spning Jer Setinervenrasern iin mensthliehen Gehirn, Origine îles nerfs optiques ; cerveau humain. Dorpal, 1862, Diss. pro venia legentti. — (5) R. Beblik. Bciur Slruklurlehre des Gi'ossliimwinitungen. Conlribulions à l'étude de la sCnicture xmvoiutiêis cérébrales. Erlangen. IHS8, Diss. —(4) C. KDprrEit, De cornu Arateilura disquisiliones pra-tipue io cuniculis instiluta. Darpali . 1859, bh». — «iisiïow. in ReLdierlB el Du Bois-Rejmond's Archiv. 186(1, p. 469; G, Walteb. hom't ArcbÏT, toI. XXII, p. SU ; L. Gi.«nKE, Ueber den Bju dus lulbus olfactorius r Ci^nicluiscbleinihuul, De la structure du bulbe olfactif elde Ift mniitieuse olfac- Mtachr. f. w'm. Zool., vnl. XI, p. 31. — (6) Vo;. Lf.tdcc, llUlologie, p. 215. L'bu- 1 avait observés en premier lieu chei tes ptagioalomes. — WALTEnj loc. cil., p. 355. Lzv, fiau der .Kasenschleinihaiil, Strueliire de la pUuitaire, p. 63'.

aide de la mélbode que je vais indiquer, on arrive i liilre du pn^ntier coup dis prépai-ab»f*rnilte<i du syslËntR nerveux cpntrnl el dei Ironca nencux p£ripli£riqucs. Ceuo mé- :pose >ar de> donnfea i^Ubliei depuis lon^mps ; j'y li ajouté limi^ntent quelques piremenla qui en rendent 1e« résullati eertiîni et l'application tr^fkcile. Pour cela, on ]m ar^ne] â des apjmtiont successWei qui paniuont d'abord isme etimpliquées, mus réalité, sont TortiimpleB.

I veut étudier lecerieDu et la moelle de l'homme h l'élat pbyaiotngîque, il hut choisir t dans la force de l'i;^, el proruer d'une btixr lempératuiv. Ces orfaatt doivent ^Ire avec le plus grand soin. La moelle est ïépar^, lu dure-mère rachidienne est tendue aiir médÏBac. en ivml pi vn orrît'iv. On 9u<i[>?nd la miielli.' dunt un ^ruiid bocal rempli d'uni'

ITfUrrÉ D'HISTOLOGIE ET D'HISTOOflinE.

Le cerveau et la molle ont trois enveloppes : l'une extérieure, résislanle, fibreuse, c'est la dure-mère (g 135) ; l'autre moyenDe, délicate, qui offre les caractères des membranes séreuses; c'est Varaeknoide; eofio, une troisième enveloppe, fort mince, qui sert de limite immédiate à 11 substance cérébrale ; c'est la p'te-mère.

La dure-mère, sur la structure de laquelle nous ne reviendrons pas. renferme beaucoup de (ibres élastiques fines ; elle ne présente pas les mêmes caractères au niveau de la moelle et du cerveau. La dure-mère forme autour de lu moelle une véritable gaine, non adhérente, en arrière et sur les parties latérales, au canal tapissé de son périoste ; en avant 11 traîne est fixée par du tissu conjonctifau ligament longitudinal postérieur. L'espace compris entre la gaine et la paroi osseuse est occupé par du tissu conjonctif mou, gélatineux, qui renferme des corpuscules de tissu godjonctif et des cellules adipeuses ; outre les vaisseaux qui parcourent ce

de section. \u bout de dii à douze jours, cliaque tronçon lie moelle est devenue isiei fenne a peut £lre enchâesé dans un morceiu de moelle de sureau.

Celle parlic de j'opéntion te fiît en perfinl h moelle de Eureiu iTec une lim« dilc qntsc de rat, comme on le pratique en chimie dins im boucboB pour y p«uer un tube. Le canal ejliadrique que l'on produit ainsi doit avoir un diamùlre inférieur i celui de la moelle ffouln. Pour lui Taire acquérir une largeur lufllsanle, on rcloule la moelle de luretu dam toiu lei ta», jiisqu'i ce que le Iraient de moelle ^pinière y entre san* difficulté. 11 suHit alun de plinr it nouveau le tout dan* la aolulioa d'acide cbromi^K, pour voir les parties de la moelle de iiirean, qui ont été comprimées, reyenir sur ctlei-mêmes et l'appliqur sur la surface du la moelle, de manière à U maint"" solidement (%. 6).

Ce procédé, que je meta en uuge depuis pluieun années, peut être également employé paaT Una la liFSjis préalablement durcis dans l'adde cbromiqM, l'alcool et l'acide picriquc. 11 a aur rindusion dut des substances imperméables, la prafline par eiemple, l'aviDtaKC de permettre au durcissement de te poursuivre. En ce qui regarde les préparatioas de li iiioelle épinière et du cerveau, cet avantage est trègrand, car un durcissement assci complet pour que les coupes qu'on y [Halique soient bien réunies m ^'élenJ jamais au deU de 1 ou :i milljmètret de II surface. On pourra donc, ^ce i ce procéilé, enlever quelques tranches de la moelle, la replacer dioi li solution ofi le durcissement se poursuivra, et revenir, quelques jours après, faire de nouveau quelques préparations. Les personnes qui se livreront i cette elnlc jugeront biemftt de l'utilité de ce mode opératoire. Pour obtenir des coupes bien régulières, on se sert d'un petit appareil, ou microionK, que JU fait construire par M. Verick, et qui e«l figuré en A. 11 consiste dans un cylindre crem ayant 1 l'une de ses eitrémil^s une plale-fonne (, et à son autre bout une vis micrométrique v qui bit monter un disque horiionlal dans l'intérieur du cylindrique. La moelle de sureau contenait le fragment de moelle épinière est placée dans le calibre o du microtame. £n loumanl U Tis, m li fait monter de telle sorte qu'elle alReure la plate-forme, au la dépasse plus ou niobi, suivant Is volonté det'opéraleur. En imprimant a la vis^,^ ou 4 tour, on enlève, avec un raioir dont l'une des faces /ilnn» est appliquée eiaclenu-nt sur la plale-Cumie du mierotome, des tranche* demoelle

tissu, on y observe un grand nombre de raniuscules vasculaires très-fins et très-déliés.

Dans le crâne, le périoste est soudé intimement à la dure-mère ; aussi cette dernière membrane est-elle très-épaisse, et ses couches extérieures, plus vasculaires et plus lâches que les couches intérieures, remplissent le rôle de périoste. La dure-mère de la moelle renferme fort peu de vaisseaux. On n'y a ^as observé de nerfs ; dans la dure-mère crânienne, on a trouvé, au contraire, des rameaux du grand sympathique et du trijumeau (1). On ne connaît pas encore d'une manière bien exacte la terminaison de ces éléments nerveux, sur le trajet desquels on a observé des divisions des tubes nerveux ; on suppose, néanmoins, qu'ils se terminent dans les parois des vaisseaux et dans les os.

On considère généralement l'arachnoïde comme un sac séreux fermé ; mais comme il est impossible de démontrer Texistence du feuillet pariétal au niveau de la dure-mère, il faut admettre que ces deux membranes sont soudées Tune à l'autre (2). L'arachnoïde est une membrane délicate et fort mince, composée de faisceaux entre-croisés et tressés en forme de réseau. La pie-mère recouvre la moelle d'une manière fort lâche; elle n'adhère au tissu de la moelle et aux racines que par des tractus nombreux de tissu conjonctif. Il se forme ainsi entre la pie-mère et la moelle un espace assez considérable, connu sous le nom d'espace sous-arachnoïdien f§ 135). Au niveau de la surface cérébrale, les rapports ne sont pas les mêmes ; la pie-mère est soudée à la pulpe cérébrale ; elle descend dans les sillons qui séparent les circonvolutions, tandis que l'arachnoïde les recouvre en forme de pont. L'arachnoïde offre la même disposition au niveau des dépressions plus considérables qui existent à la base du cer\'eau. Il se produit de la sorte un grand nombre de petits espaces sous-arachnoïdiens. Le tissu conjonctif qui entre dans la structure de ces tissus renferme des fibres

de ,0, 1 ou ^ de millimètre d'épaisseur. Lorsque Ton fait la coupe, le rasoir et la surface de la pièce doivent être imbibés d'alcool en assez grande quantité pour qu'au moment où elle se dégage la préparation flotte dans le liquide. Elle est placée dans l'eau, et on l'y laisse pendant quelques instants.

On procède ensuite à la coloration au carmin de la manière suivante : on verse goutte à goutte dans de l'eau distillée contenue dans une soucoupe du carmin neutre, jusqu'à ce que le liquide ait une couleur fleur de pécher ; on agite, puis on dépose au fond du vase un morceau de papier à filtrer sur lequel les préparations sont portées. Mans cette dernière précaution, la face de la préparation qui repose sur la paroi du vase ne se colore pas. Une macération de vingt-quatre heures au moins est nécessaire pour obtenir une bonne coloration. Au bout de ce temps, les coupes sont lavées, puis portées dans un mélan;;e d'alcool et d'eau à parties égales ; au bout d'un quart d'^heurc, on les met dans l'alcool pur, ensuite dans l'alcool absolu renrermé dans un flacon bien bouché et on les y laisse vin;:t-quatre heures. Ce traitement successif par des alcools de plus en plus forts a pour but d'empêcher les préparations de se ratatiner par l'action brusque de l'alcool. Le séjour prolongé dans l'alcool absolu est nécessaire pour enlever l'eau aussi complètement que possible ; il permet de traiter ensuite les préparations par l'essence de térébenthine, qui les rend transparentes.

Pour placer les préparations dans l'essence, on fait écouler l'alcool de manière à les laisser à »ec au fond du flacon ; on renverse celui-ci, et on le laisse s'égouttcr complètement. C'est seulement alors que l'on verse l'essence de térébenthine. Les préparations peuvent y être conservées pendant fort longtemps. Pour les étudier et leur donner de la fiiité, on les monte dans le baume du Canada. R.

élastiques contournées en spirales ou en anneaux (voy. p. 245, |128\

Tous les espaces sous-arachnoïdiens du cerveau et de la moelle communiquent plus ou moins entre eux et renferment le liquide cérébro-spinal. Ce dernier est composé de 99 parties sur 100 d'eau, de petites quantités d'albuminate de soude, de substances extractives et de sels. [C. Schmidt, Hoppc (3).]

l'arachnoïde est fort peu vasculaire ; on y a souvent observé des nerfs; reste encore à savoir s'ils se terminent dans cette membrane; le fait est probable (4).

La face extérieure de l'arachnoïde et la face interne de la dure- mère sont tapissées d'épithélium pavimenteux. (§87.)

On observe dans Tarachnoïdc de petites masses arrondies, connues sous le nom de corpuscules de Pacchioni; elles sont forméespar du tissu conjonctif non développé; on les rencontre surtout au niveau du sinus longitudinal supérieur (5).

ta pie-mère est une membrane fort mince, délicate et très-lâche, formée de tissu conjonctif non développé et fibreux ; on y observe par place de» cellules de tissu conjonctif pigmentées (g 132). La pie-mère est Irès-vasculaire; les vaisseaux qui s'y rendent forment des réseaux capillaires trèsriches, ou bien se rendent directement dans la substance cérébrale. Nous avons déjà indiqué la disposition des vaisseaux superficiels de la moelle (g 291). La membrane qui recouvre les circonvolutions cérébrales est encore beaucoup plus mince et plus vasculaire. La pie-mère doit jouer un certain rôle pour régulariser la quantité de sang qui se distribue aux organes centraux.

La portion de pie-mère interne qui communique avec la pie-mère externe au-dessous du corps calleux, porte le nom de toile choroîdienne (tela choroidea). La pie-mère pénètre dans les cavités cérébrales par li

fente cérébrale de Bichat ; elle va former les plexus choroïdes (6), prolongements aplatis en forme de feuilles ; ils sont composés de vaisseaux contournés sur eux-mêmes (§136) et emprisonnés dans du tissu conjonctif muqueux, homogène, plus tard strié; la surface Fijr. HOi. - Cellules épiihéiiaies d.s dc CCS plcxus cst tapisséc par des cellules

plexus choroïdes de rhomme. épithélialcs spécialcs (fig. 502), dont nous

.. cellules v"es^de^chnn.p ; H. cellules ^^^^^ j . • , p^^,^ ^g g ^^ ^ j^CS Cavités cérébndeS

ne sont point tapissées par la pie-mère. On y observe, au-dessous de Tépilhélium, le tissu conjonctif non développé de Tépendymc (§ 169).

La pie-mère du cerveau et de la moelle renferme un grand nombre de nerfs. Les nerfs (7) suivent les vaisseaux et forment même dans le tissu conjonctif des plexus serrés. Suivant Kœlliker, quelques-uns de ces nerfs suivent les rameaux artériels les plus déliés pour pénétrer dans la substance cérébrale. Les nerfs de la dure-mère proviennent

des cordons postérieurs do la moelle (Remak), des nerfs crâniens et du grand sympathique, par l'intermédiaire du plexus carotidien interne et vertébral. Les tubes nerveux semblent également passer du cerveau et de la moelle dans la pie-mère. jBochdalek (8), Lenhossek (9).

Les vaisseaux sanguins (10) de la substance cérébrale offrent la même disposition que dans la moelle, c'est-à-dire qu'ils forment des réseaux à larges mailles, dans la substance blanche, et des réseaux serrés dans la substance grise.

Gerlach a trouvé que les vaisseaux offraient une disposition variable dans les couches blanches, rougeàtres et grises de la substance corticale du cervelet. Dans la substance blanche, les vaisseaux forment de larges mailles qui correspondent aux faisceaux des tubes nerveux ; le réseau capillaire le plus serré existe dans la couche rougeàtre. Les mailles de ce réseau sont arrondies ou polygonales, plus accentuées inféricurement ; à Texterieur, elles enveloppent les grosses cellules ganglionaires de la substance grise. Les mailles de ce dernier réseau sont moins serrées et offrent une direction rayonnante. La couche de substance grise la plus extérieure est dépourvue de capillaires. Ils s'y terminent en anse. Les vaisseaux afférents les plus volumineux pénètrent par les prolongements de la dure-mère jusqu'à la surface du cerveau ; là ils émettent des rameaux latéraux perpendiculaires, que l'on peut poursuivre dans la substance grise et qui ne tardent pas à former un réseau capillaire. D'autres troncs vasculaires plus importants parcourent la substance blanche.

La disposition des vaisseaux du bulbe olfactif est fort analogue à celle des vaisseaux de la couche corticale du cervelet (lapin).

Entre les deux bulbes olfactifs, on observe un vaisseau assez important qui envoie des rameaux latéraux dans la substance grise et à la surface. Dans la substance grise, on trouve un réseau assez dense qui offre des mailles allongées dans les couches extérieures, et des mailles arrondies dans les couches intérieures. Ce dernier réseau communique avec le réseau capillaire à larges mailles de la substance blanche.

Les vaisseaux lymphatiques (11) du cerveau présentent les mêmes dispositions que ceux de la moelle, (llis.) Les vaisseaux sanguins du cerveau sont également entourés par une gaine très-Iàche ; les canaux périvasculaires communiquent avec un système lacunaire épicérébral, qui s'étend au-dessous de la pie-mère et immédiatement sur la surface du cerveau. Ce système lacunaire communique avec les canaux lymphatiques de la pie-mère. (Arnold.) Ils forment un réseau fort serré qui engaine les vaisseaux sanguins à la manière d'un manteau.

il nous reste à parler des concrétions sablées du cerveau (fig. 505) ; on les observe dans la glande pinéale aussi bien que dans les plexus choroïdes. Ces concrétions (1) sont constituées par des masses irrégulières de 0",012 à 0",4 de diamètre, tantôt aplaties, généralement arrondies, ou de forme bizarre ; elles présentent des couches concentriques et un double contour. Les masses sont formées par du carbonate de chaux mé-

TIfi TRAITE D-HISTOLOGŒ ET irmSTOCHailE.

langé de phosphate de chaux, par du laïc et par une mentale organique ; on hs rencontre en général dans les laisceaui dt tissu conjonctif. On ne les a obaerni que chez l'homme, et leur structure hittologique n'est pas encore complêtefflenl connue*.

Nous avons déjà dit que le cerreuid la moelle se développaieot aui dépnt du feuillet corné du blasloderme, oa plutôt d'une portion de ce Teuillet qui touche l'axe de l'embryon et à laquellr Remak avait donné le nom de feuillEl médullaire (15).

Au début, le canal central de li moelle, encore très-large, est entouré par une substance grise conipo!«e de petites cellules arrondies, serrées Ips unes contre les autres (14). Ces éléments s'accumulent au niveau du point où se trouvera plus tard la corne antérieure, et de là partent les tubes nerveux de la racine antérieure. Les cordons de la substance blanche se forment plus tard ; leur développement, et le rapport de ces cordoK avec la substance blanche méritent d'être étudiés à nouveau. Les 6bre de la racine postérieure apparaissent en même temps que les cordons postérieurs. L'épithélium, qui est d'abord épais et à plusieurs couche», apparaît de bonne heure ainsi que la charpente limitante.

L'histoire de l'histogenèse du cerveau et des différentes parties qui If composent est encore fort incomplète (15). L'origine de la charpente de tissu conjonctif des organes centraux n'est pas connue. Il est (brt pa probable qu'elle se développe aux dépens du feuillet moyen du blastoderme, comme nous l'avons déjà dit (§119).

Les enveloppes du cerveau et de la moelle, les vaisseaux sanguins et les canaux lymphatiques de ces organes se développent au contraire lui dépens du feuillet moyen. Les vaisseaux partent des enveloppes sous forme de bourgeons qui avancent dans la substuice cérébrale pour s'i ramifier et s'y anastainoser. (His.) On aperçoit également de très-boniK . heure les espaces périvasculaires.

Remauqdbs, — (I) Voj. Ahnold, Analomie, toI. Il, p. ft72; Praiiiui, in H Olkr'i Arcliiv, 18(5. p. 54S: Luscbii, Die N'errcD der harlen Hirnhaut, Ù^-n^rft de la àirtmére. Tubingen, 1850, el Kiellieeh, Anatamio microu:., lol. II, part. I, p, 495.— (3) lii'scHKk, Uie SlrjkiLir dcr serusen llâule. p. &i, Slriiclure du membranes iéraua,ii Die AdtrgeQechle des mensdilicben Gehirns, yaissravx du cerveau humain. Bwlin, iSSi, p. 69; lUcKKL. in Vîrchow'K Archiv, vol. XVI. p. 253. — (S) C. St^min, Chardlniia der epideinischen Choiera, p. 137; Kopfe, in Vjrchow's Arctiir, »ol. XTl, p. SH. — (4)Li;!CHM {loc. cU.. p. 69, pi. Il, fig. 4) a observé des divjsiona dufibrec pi' — (5) Voy. L. Meïeh, in Virchow's ArdiiT, *ol. XIX, p. 171. — (6) Lcbcbu, 1

' Voj, Ranvirrct Cornil. Manmlithûtologie pathologique, IIHIO, I, p. 133.

phie der Adergeflechte, Des artères du cerveau; Hjbckbl, loc, cil., p. t253. — (7) Pua- KuijE, loc. cit. ; Rbmak, in Mtiller's Archiv, 1841, p. 418; Kœlliker, loc. cil.j p. 498. — (8) Prager Vierteljahrsschria, 1849, vol. I, p. 121. — (9) Loc. cit., p. 44. — (10) Voy. F). H. Ekker, De cerebri et meduUae spinalis System, vas. capill. Trajecli, 1853; Diss. ; J. Œgg, Untcrsuchungen ijber die Anordnungund Yerlheilung der Gefâsse der Windungen des kleinen Gehirns, Eludes sur la (Usposilion et la dislribu lion des vaisseaux des circonvolutions du cervelet. Aschaflenburg, 1857, Diss. ; Gerlacd, Mikrosk. Studien, p. 18. — (11) Voy. Arnold, Anatomie, vol. Il, part. Il, p. 680; Hiss, Le système pèrùtasculaire. — (12) Ë. Harless, iti Mttllers Archiv, 18ô4, p. 354. Heckel (p. 255) a décrit dans son beau travail les autres altérations pathologiques des artères du cerveau. Steu> deiibr ZurKeutniss di^r Sandgeschwulste, in Yirchow's Archiv., mai 1870. — (13) Voy. Touvrage de Remar ; Kœlliker, Histoire du développement, p. 226 • la monographie de BiDDER et Kupffer sur la texture de la moelle; Uensen, in Virchow's Archiv, vol. XXX, p. 1 76f et le travail de llis, Die HâOte und Hôhlen des Kôrpers, Les membraneset les cavités du corps humain. — (14) Suivant Scuônn, on aurait pris pour des cellules des coupes transversales de fibres nerveuses longitudinales. — (15) Voy. les ouvragesd'embryologie que nous avons indiques, et F. Schmidt, in Zeitschr. f. wissensch. Zool.,vol. 11, p. 76.

•• ApiMirell des sens.

Peau. — La peau (fig. 504) qui est le siège du tact et du toucher, est composée de l'épiderme (a, b)^ du derme (c), du tissu cellulaire sous-dermique (h), de nerfs (t), de vaisseaux (d), de glandes sudoripares (g, e^ f) et sébacées. Les poils et les ongles en font également partie (1).

Nous avons déjà étudié, en détail, la structure de chacun de ces organes. Voyez pour la structure du derme le paragraphe 156, pour celle de Tépiderme le paragraphe 90. Nous avons étudié la structure du tissu cellulaire sous-cutané et du tissu adipeux qu'on y rencontre dans les paragraphes 120 à 123. On trouvera au paragraphe 185 la description des différents modes de terminaison des nerfs dans la peau*; nous avons parlé des glandes en étudiant le tissu glandulaire en général (g 196). Voyez, pour les poils, le paragraphe 212 et pour les ongles le paragraphe 99.

L'épaisseur du derme varie considérablement dans les différents points

* D'après Langerhans*, les nerfs de la peau ne se terminent pas tous dans le chorion; quelques filets nerveux arrivent dans le corps muqucux de Malpighi, cheminent entre les cellules épithéliales et vont aboutir à des cellules ramîGées situées dans la couche moyenne du corps muqueux.

Pour observer ces cellules, il faut employer rimprégnation d'or, mélhodc inventée par Colinheim et qui a conduit ce dernier auteur à une découverte importante sur la terminaison des nerfs dans répilhélium antérieur de la cornée. De Irès-pelils fragments de peau fraîche sont placées dans une solution de chlorure d'orà 1/2 pour 100. Lorsqu'ils sont devenus jaunes dans toute leur épaisseur, on y pratique des sections très-minces, que l'on soumet à l'oclion de la lumière solaire ; puis on les étudie dans la glycérine. Les cellules ramifiées de l'épidcrme se montrent alors colorées en viulet, tandis que les cellules épithéliales sont jaunes; leui*s prolo-^gements sont également violets. Un de ces prolongements se dirige du côté du chorion, y pénètre et se continue avec les nerfs. Les autres, au nombre de 3 ou 4, cheminent entre les cdlules épithéliales et se terminent dans la substance intercellulaire par des renflements en forme de bouton. K.

• IV Langcrhau», Ucbcr di '. X:v^/^n der meuschlichcn Haut, in Virtliow's ^Vrcliiv, louic XLIV, p.5S5, 1868.

H du c(

TKilTÉ b'HISTOLOGlE CTIVffi

du corps ; pLIe peut iiller de 0"',4 à 2 millimètres. C'est au niveau des paupières, du prépuce, du gland, el sur la face inleriic de la grande \èm. que le derme esl le plus mince. A la face, au scrotum, au mamploii, il iitleinl 0"', 6 à I inillimétre; lu front l'",â. Sur le reste de li peau, cette épaisseur varie »ilrr l^.g ut ■2 tnilltm^lrcs. A U planlr des pieds, aux fessus et au ila?.

souvent aussi à la |>aunie d»

mains, le derme alleinl sa plu> grande épaisseur. Il e>l plus épat?

chez l'homme que chei la feminf.

Cliex les enfantn au-des^aiu 7 ans, Pépaisseur a-i moitié it ce qu'elle sera cbez l'adulte.

Kransc.)

L'épiderme, dont nous ai décrit la structure en détail (^90).

présente également uni! épaisseur iort variable suivant les pmnlf que l'on examine. Ces différencia portent surtout sur (es conebé?

cornéep. L'épaisseur des coudn^ cellulaires les plus molles vam entre O"",! et 0-.2; celle des couches cornées oscille au contraire entre 0'",02 et 2 miiliitiètres. Daii* la plupart des points de la peau, l'épaisseur de l'ensemble des coucbei épidcrmiqucs varie entre 0"°,(}6 et 0'',\^. (Krnuse.) L'épiderme atteint m plus grande épaisseur à la face palmaire de la main et à la face plantain' du pied. On sait depuis longtemps que celte dilTérence d'éjiaisseur existe même chez l'embryon.

Nous avons déjà parlé des corpuscules du tact ou papillrs <le la (^ 15t)|. I^n les rencontre sur Itiute la surface de la peau ; le siè^c, le

é il I M). ^

Vif,, SUl. — CtAipi! vertieals du II ptnu ds I'Iiuibuik.

1, cauchs* «uperGciellet ils l'ipiderine; i, rûaeau de

Milpighi; au-duMnuA, le dmtne atnc ie> pspilIcB

hirae et la forme de ces papilles sont complètement différents. Sansd tains points, uotanmi'-iit si la face palmaire de la m^in, ces papilles fi

ff

ment souvent de petits groupes situés en rangées sur des saillies du choriou.

Dans d*autres points, les papilles sont irrégulièrement groupées, serrées les unes contre les autres ou bien isolées. Les dimensions des papilles varient considérablemont. Los plus longues ont de 0"*,13 à 0°*,2. On les rencontre à la face palmaire de la main, à la plante du pied et au mamelon. Sar la peau, les papilles ont, en moyenne, de O",! à 0'",04 de long. Les papilles les plus petites, celles de la face, par exemple, n'ont que 0'",04 et même 0",02 de long. Les papilles d'un certain volume offrent la forme d'un cône ou d'une langue: les plus petites sont représentées par de simples petites saillies mamelonnées. Outre les papilles simples, on distingue les papilles composées, c'est-à-dire des mamelons divisés en deux, plus rarement trois petits mamelons secondaires (fig. 505 au milieu) . Nous avons déjà étudié le tissu fondamental homogène de ces papilles, paragraphe 1a6. La surface de la papille est généralement dentelée; cet aspect est dû à un nombre considérable de petites saillies. (Mcissner.)

Les vaisseaux sanguins de la peau forment d'abord des réseaux capillaires dans le tissu conjonctif sous-cutané où ils enveloppent les cellules adipeuses, les follicules piJeux et les glomérules des glandes sudoripares (fig. 506, c). Dans le derme on observe un réseau fort riche, composé de canaux capillaires très-fins, de 0'°,006 à 0'°,0i de diamètre. Ce réseau forme une véritable nappe d'où partent des anses de 0'",0()9 de diamètre et plus; ces anses sont destinées aux papilles, à l'exception toutefois de celles qui renferment des corpuscules du tact (g 186).

Les vaisseaux lymphatiques de la peau, dont les anciens observateurs avaient déjà décrit les réseaux serrés, ont été dicrits et représentés dans ces derniers temps par Teichmann (2). Ils sont surtout fort développés dans les points où la peau est flasque et ridée, et susce^ptible par conséquent de s'étendre et de revenir sur elle-même, comme au scrotum. Ils sont également fort riches dans les points où se trouvent de nombreuses papilles, comme aux doigts, aux orteils, à la face palmaire des mains et plantaire des pieds. On distingue deux réseaux lymphatiques dans la peau ; l'un profond, formé par des canaux larges, l'autre superGciel, composé de canaux très-étroits. Cette distinction n'existe pas partout, notamment au scrotum. Teichmann a trouvé dans des papilles, qui s'étaient développées sous une influence pathologique, un canal central rappelant le vaisseau chylifère central des villosités intestinales. Cet auteur n'a pas trouvé de canaux lymphatiques ni dans le tissu conjonctif sous-cutané, ni dans le tissu adipeux, les glandes sudoripares et sébacées, ni dans' les follicules pileux (5).

Nous avons parlé de la disposition des nerfs de la peau et de leurs plexus dans la deuxième partie de cet ouvrage ; nous avons également décrit les différents modes de terminaison de ces nerfs (g 185 et g 187). On trouvera dans le paragraphe 184 quelques détails sur les corpuscules terminaux de Krause.

Nous avons étudié le développement de l'épidermc en décrivant celui

730 TitAITË D'HISTOLOGIE ET D'HISTOCRUHE.

des épithéliums (g 98). Dans la quatrième et cinquième semaÏDe de la vh intra-ulérine, le derme est encore formé uniquement d'un amas de cellules embryonnaires arrondies et fusiformes; son épaisseur varie, à ce moment, entre O^iOIS et 0",02. [Kœlliker. (4).| Au troisième mois, on distingue le tissu conjonctif sous-cutané ; les deux couches ont alors, à ptu près, la même épaisseur. L'épaisseur de la peau, en son entier, estcuTiroD de O",!?. Un mois plus lard, on observe les premiers groupes de cellules adipeuses. Au sixième mois, on voit apparaître les papilles. Le derme a, à ce moment, 1 millimètre d'épaisseur et plus. Le pannicule adipeux tA très- développé chez les enfants nouveau-nés.

Rehahudbs. — (1) Vov. l'article de Khause : a Peau >, in Handw. der Riysiol., lol. II. p. 108; Heiss^ibr, BeitrSge lur Analomie und Physiologie der Haut, Coiitributiùiu àtanatomie H à laphymU>gie de la peau. Leipzig. 18b3, et Hïhle, Traité de sp]ai]cliDoti>gie, p. I. —(2) Voj. son ouvi'age, p. 61. — (3) Tbich«aici» (p. 65) a pu injecter des canaui lymphatiques dans le lit de l'ongle. Les détails manquent. — (4) ADalomie microscopiquf, vol. Il, part. I. p. 33. — Roobet a trouvé de la matière glycogèoe dans b pem du ftelus (Joum. delà phts., tontell, p. 330).

La peau renferme deux variétés de glandes : des glandes sudoripare» et des glandes sébacées. ,

Nous avons déjà étudié ( 1 98) la structure et la disposition des glandes sudoriparcs. [{!) fig. 505 à 507.)

Le glomérule de ces glandes est situé dans les couches inférieures du chorioo, ou bien même dans le tissu cellulaire sous-cutané , plus profondément que les follicules pileux ; le glomérule est enveloppé par les cellules du pannicule adipeux. Le canal excréteur, dont les dimensions varient suivant l'épaisseur de la peau, traverse le chorion et va s'ouvrir au niveau de l'épidcrme entre les papilles. A ce niveau, le canil

a, ;:iuiii;riiif enioun ii'ung veine; i. cODauii eumeur: ■, ■

c, r^au capilliire avw le rimeiu irWriel. CXCrCteUr SC reCOUfbe OU SB

contourne en forme de tirebouclion. Les orilices de ces canaux excréteurs sont microscopiques ; cependant, à la paume des mains et à la plante des pieds, ils offrent une dilatation en forme d'entonnoir. A ce niveau, les orilices glandulaires forment des rangées qui suivent les sillons de la peau. Généralement, ces orifices sont disposes irrégulièretnent. Ces glandes sont tapissées par une

Fig. M)C. — (ILiDde Mi.loripBre

couche simple ou double de cellules polygonales arrondies, assez petites, de 0",01 à 0"\013 de diamètre, qui renferment généralement des molécules d^une matière colorante brunâtre et des graisses neutres. La cavité située au centre du cul-de-sac glandulaire contient un liquide aqueux, nongranuleux; dans les grosses glandes glomérulces, le liquide est épais et renferme des molécules de graisse et d'albumine ; cette masse est formée par la rupture des cellules et rappelle la matière grasse sécrétée par des glandes analogues, telles que les glandes à cérumen ou les glandes sébacées. Les vaisseaux forment autour du glomérule un réseau élégant en forme de corbeille (c, c). Les nerfs ne sont pas connus; il faut admettre, cependant, que le système nerveux exerce son action sur ces glandes comme sur les glandes salivaires.

Les glandes sudoripares existent sur toute la surface du corps, à l'exception toutefois de quelques points fort limités. Leur disposition, leur volume, leur nombre sont fort variables dans les différents points où on les examine. Elles sont disposées en rangées ré<;ulières dans les sillons cutanés de la plante du pied et de la paume de la main. Généralement, elles sont réunies sous forme de petits groupes irréguliers; ces derniers j^ont séparés les uns des autres par des espaces de peau d'étendue variable et qui ne renferment point de glandes. Les glandes s'étendent jusqu'au bord rosé des lèvres, jusqu'à l'entrée des narines, et s'arrêtent au rebord du prépuce et au bord antérieur de la grande lèvre. Les glandes du plus petit volume se trouvent dans presque tous les points du corps ; dans Taisselle on observe des glandes serrées, nombreuses et d'un volume considérable. Krause a fait des recherches fort curieuses sur le nombre des glandes sudoripares. Dans l'étendue d'un pouce carré, il a trouvé, à la nuque, au dos et aux fesses, une moyenne de 417 glandes ; aux joues, 548 ; sur la face interne de la cuisse et de la jambe, 576 ; à la face externe de Tavant-bras, 1093; à la face interne, 1 125 ; en avant du thorax et du ventre, H56 ; au front, 1258; à la face dorsale de la main, 1490 ; à la face palmaire, 2736; à la plante du pied, 2685. L'auteur a trouvé, par le calcul, qu'il existait environ 2,381,248 glandes à la surface du corps humain. 11 est évident que cette proportion est variable chez les différents individus. Nous avons déjà étudié le développement des glandes sudoripares chez l'embryon (g 200).

Les glandes de l'aisselle, dont la sécrétion est épaisse et grasse, peuvent être à peine considérées comme des glandes sudoripares, et méritent d'être désignées par un nom spécial, de même que les glandes cérumineuses du conduit auditif externe.

Les glandes cérumineuses (2) occupent la portion cartilagineuse du conduit auditif externe ; elles sont nombreuses, serrées, et offrent la structure des glandes sudoripares. Le glomérule de ces glandes a environ 0'",2 à 1°*,4 de diamètre ; le conduit excréttiur est presque droit et court; jamais il n'est contourné en spirale. Les cellules glandulaires du glomérule renferment des granulations et des gouttelettes de graisse et des molécules d'un pigment brunâtre auquel le liquide sécrété doit sa coloration.

Le cérumen est un liquide jaunâtre, épais, amer ; à Texamen microscopique, on y observe, outre des écailles épidermiques, des granulations el des gouttelettes d'une graisse jaunâtre ; des molécules de matière colorante brune, isolées ou réunies en bloc, puis des cellules d'un certain volume remplies de graisse ; ces dernières proviennent sans doute, comme le suppose Kœlliker, des glandes sébacées de la région.

Berzelius a analysé le cérumen et y a trouvé, outre la substance qui forme les écailles épidermiques, une graisse blanchâtre, une substance jaunâtre, soluble dans l'alcool, à saveur amère, mais qui n'offre aucune analogie avec les éléments de la bile (Lehmann), puis des matières extractives et des sels de chaux et de potasse.

Remarques. — (1) Voyez, outre le Traité de splanchnologie de Heni.e (p. 29), les ouvrages de ToDD et BowMAN (vol. 1, p. '422), et Kœlliker, Anat. microsc., toI. II, part. I, p. 156 ; le travail de Kradse (p. 127); puis Bresciiet et Roussel de Yauzème, in Annales d. se. nat., série 2, tome II, p. 167 et 321 ; Gurlt, in Muller*s Archiv, 1835, p. 599. el Wagner, Icon.phys., tab. 16, lig. 9 et 10. — (2) Wagner, Icon.pliys., lab. 16, lig.il; Krause et KoHLRAUscu, in Muller*s Archiv, 1839, p. 107 (Jahresbericbt), Kœlliker, lac. cit., p. 174.

Une portion de l'eau contenue dans la peau s^échappc d'une manière continue à travers la couche de cellules cpithéliales qui la recouvre. On a donné à ce phénomène, qui est constant, mais dont Ténergie est fort variable, le nom de perspiration. Le liquide qui se perd de la sorte provient ' des vaisseaux sanguins du corps papillaire, des sucs qui baignent ces organes, puis du contenu aqueux des conduits des glandes sudoripares. Il serait difficile de dire la(|uelie de ces deux sources fournit la plus grande part dans le phénomène de la perspiration. Krause croit que l'eau qui s'évapore par la [)crspiration provient principalement du corps papillaire. Cet auteur a également observé que les couches cornées de l'épiderme sont imperméables aux liquides, mais qu'elles sont facilement traversées par tous les gaz.

Il est un autre phénomène, non plus constant et purement physique, comme celui de la perspiration, mais périodique, c'est la sécrétion de la sueur, qui s'écoule à Tétat liquide des orifices nombreux des glandes sudoripares; les petites gouttelettes de sueur qui s'écoulent des glandes viennent se réunir sur la peau, qui est recouverte d'un enduit gras, de manière à former de grosses gouttes de sueur.

La proportion d'eau qui s'exhale, soit par la perspiration, soit par la sueur, est naturellement fort variable. Klle peut être de 8 à 900 grammes, en moyenne, dans une journée, avec des extrêmes de 550 à 1 ,500 grammes. (Krause.) Elle est inférieure à la proportion de liquide qui est sécrété par les reins (275) ; du reste, la sueur renferme fort peu de produits de décomposition. Celle proportion est, par contre, plus forte que celle du liquide perdu par Texhalation pulmonaire (5 à 700 grammes par jour).

APPAREIL DES SEiNS. 7:>5

^'ous n'entrerons pas dans d^autres détails qui ressortent de la physiologie. On a analysé chimiquement (1) le liquide exhalé par la peau, puis conlensé sous forme de goutelettes à la surfape , le liquide qui s'écoule ous forme de gouttes du conduit excréteur des glandes sudori pares, et mBn ces deux liquides réunis. On désigne généralement ce mélange sous e nom de sueur.

La sueur est toujours chargée de cellules épithéliales détachées et de nolécules de graissse qui proviennent, ou bien des glandes sébacées, ou lien des glandes glomérulées. On ne trouve pas d'autres éléments formés Jans la sueur.

La sueur est un liquide transparent, incolore ; acide à l'état frais et normal, il devient neutre et alcalin au bout d'un certain temps. Sa saveur est salée ; il répand une odeur plus ou moins intense, qui rappelle celle des acides gras volatiles.

La sueur renferme peu d'éléments solides; la proportion de ces matières varie, du reste, avec la quantité de liquide excrété. La proportion est, en moyenne, de 2 à 4 pour 100. Ces matières solides sont des substances organiques et minérales. Parmi les premières, on compte plusieurs acides gras volatiles, et avant tout les acides formique, butyrique et acétique. Les acides métacétonique, capronique, caprylique et capriniquc existent aussi très-probablement dans la sueur. Du reste, la proportion des différents éléments de la sueur doit être variable, car l'odeur de la sueur varie, non-seulement dans les différents points du corps, mais encore chez les différentes races d'hommes (nègres et européens). Suivant Favre, on trouverait encore dans la sueur un acide particulier, l'acide hydrotinique (2).

La sueur renferme, en outre, même à l'état normal, de l'urée (5). L'altération rapide de la réaction de la sueur et le dégagement d'ammoniaque sont dus à la présence de ce corps, qui est très-abondant dans les cas où la fonction rénale est supprimée. On n'a pas signalé jusqu'alors dans la sueur la présence d'autres bases organiques.

On y rencontre, d'une manière constante, des graisses neutres; Schottiu y a trouvé également de la cholestérine.

On a signalé la présence de pigments biliaires dans la sueur de certains malades (4).

On ^ trouvé également dans la sueur des substances minérales : du fer et du phosphate de chaux, provenant sans doute de cellules épithéliales; des chlorures alcalins, avec prédominance du chlorure de sodium ; puis de petites proportions de phosphates et de sulfates alcalins. On y observe, enfin, de l'acide carbonique libre. Les sels ammoniacaux qu'on y rcncon* tre se forment seulement après la décomposition de la sueur.

UEMAnQUEs. — (1) Voy. Leijmanx, Chimie phvsiol., vol. Il, p. 55^, et la Zoochimie du iiiéiue auteur, p. 298; Gorup, Chimie physiol., p. 505; Favre, in Erdmann's Journal, vol. LVIII, p. 305'; ScHOTTiN, De sudore. Lipsiœ, 1851, Diss., et in Archiv fUr physiol. Heilkunde, vol. Il, p. 75; Funke, Physiologie, 4" cdit., >dl. 1, p. 574. — (*i) On n*a pas

T34 TEtAlTË D'HISTOLOGIE ET D'HISTOCHUIE.

troufé d'acide lactique dans la sueur. — (3) Fivni. hc. cit.; Piurd, De la préuiicede lurée, clc, et Fiihke, Physiol-, loc. cil., p. 578. — (4) La présence du sucre de raisin dans la sueur parait assez douteuse. Biiio y a trouvé une foi» de Tindigo (Wiener Siliungsberichte, 1860, p. 5ô).

Glandes sébacées. — Les glandes sébacées [(1) flg. 507] sont de petites glandes en grappe, disséminées dans toute l'étendue de la peau, bien

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({u'ellcii s'y trouvent en nombre moindre que les glandes sudoripares. Le produit de sécrétion des glandes sébacées (lig. 508) est gras: le développement de ces organes a déjà été étudié (g 196).

Les glandes séliacées sont toujours situées dans le chorîon et jamais dans le tissu conjonctif sous-cutanc; elles sont généralement annexées aux poils, dans les follicules desquels elles se terminent (g 218) au nombre de deux ou plus. Quand on examine de gros poils, les glandes apparaissent comme de petits organes appendus aux parties latérales du bulbe pileux; dans les poils du duvet, au contraire, c'est le bulbe pileux qui semble constituer un des appendices des glandes, pans les points du corps oît il n'y a pas de poils, les glandes sébacées débouchent directement à la surface de la peau. Ces glandes font complètement défaut dans les parties nues du corps, telles que la paume de la main, la piaule des pieds, la peau qui recouvre les deux dernières phalanges : on les retrouve, bien qu'en petit nombre, dans quelques points des organes génitaux, au niveau du prépuce, du gland (glandes de Tyson), à la surface des petites lèvres.

Les glandes sébacées nnt, en moyenne, de 0"','i à 0"',5 et iiiêine 1 millimètre de diuniètrc ; leur structure est fort variable. Les glandes les plus

petites sont formées par de simples culs-de-sac ; d'autres présentent, à leur partie inférieure, de petites dépressions qui deviennent de plus en plus nombreuses, et présentent tantôt la forme de bouteilles (fig. 508, A), tantôt une fornie arrondie. Ces culs-de-sac glandulaires, dont la longueur est fort variable, ont, en moyenne, de 0",04 à 0"',06 et 0",2 de diamètre. On observe les culs-de-sac les plus volumineux au nez, au scrotum, au au mont de Vénus et aux grandes lèvres. La paroi des culs-de-sac glandulaires et du conduit excréteur n'est point formée par une membrane transparente et dépourvue de structure comme dans les autres glandes. Elle est au contraire composée par du tissu conjonctif strié. On n'observe pas en général de vaisseaux sanguins autour du corps de la glande. La sécrétion de ces glandes est peu abondante ; elles ne sont du reste destinées qu'à fournir un enduit gras aux poils et à la surface de la peau.

L'enduit sébacé de la peau [sébum cutaneum (2)] se présente, à l'état frais, sous forme d'une masse épaisse, huileuse, qui ne tarde pas à prendre, à l'air, la consistance de la graisse. On y observe des éléments formés B, parmi lesquels nous signalerons des écailles épidermiques dont nous avons déjà parlé § 196. L'enduit sébacé de la peau est composé d'une forte proportion de graisses neutres auxquelles viennent se joindre des savons, la cholestérine et des substances protéiques. Les chlorures et les phosphates alcalins y sont en petite quantité et sont remplacés par des phosphates terreux.

Les glandes sébacées se développent aux dépens du feuillet externe du blastoderme, de même que les glandes sudoripares et la mamelle; elles se développent en même temps que les poils, et du quatrième au cinquième mois de la vie fœtale.

Au début, ces glandes se présentent sous l'aspect de masses véruqueuses ou en forme de bouteilles qui sont fixées sur la gaîne externe de la racine du poil; elles se développent aux dépens des cellules embryonnaires de cette gaîne qui prolifèrent (g 218).

De très-bonne heure on observe déjà, comme l'a démontré Kœlliker, la transformation graisseuse des cellules centrales de ces glandes rudimentaires.

La glande ne prend les caractères d'une véritable glande en grappe que dans les derniers mois de la vie fœtale. Cette transformation se produit grâce à une prolifération des cellules périphériques de la surface de la glande.

Remarques. — (i) Voy. Tarticle de Krause, « Peau, ■ loc. cit., p, 126; Todd et Bownan, Tol. I, p. 424; Kœlliker, Anat. microsc, vol. II, part. II, p. 160; Simok, in MûIIer's Archiv, 1844, p. 1. — (2) Lehiianii, Chimie physiol., vol. H, p. 326, et Zoochimie, p. 294. — (7») Voy. Kœlliker, in Zeitschr. f. wiss. Zool., vol. II, p. 90.

Appareil de la gustation. — La terminaison des nerfs de la langue, qui président à la gustation, est encore fort incomplètement connue à

rheurc actuelle. Nous avons déjà étudié la structure de la langue en décrivant celle de l'appareil digestif en général (g 247).

Key a publié (1 ) des observations fort curieuses qu'il avait faites sur des langues de grenouilles.

Chez cet animal, on observe, outre des papilles minces et allongées, une autre forme de papilles gustatives qui ressemblent aux papilles fungiformes des mammifères. On parvient facilement à étudier la structure de ces organes.

Les parois latérales et le bord de la surface libre de ces larges papilles sont tapissés par de longues cellules à cils vibratiles. La couronne, par contre, est recouverte d'une couche de cellules dépourvues de cils vibratiles. L'extrémité profonde des cellules cylindriques se termine par des rameaux qui s'anastamosent en forme de réseau ; on observe par place des noyaux emprisonnés par le réseau.

Entre ces cellules cylindriques on trouve, en outre, à des hauteurs différentes, de petites cellules arrondies ou elliptiques pourvues d'un noyau assez voluniineux. Ces cellules présentent deux prolongements, l'un supérieur, l'autre inférieur. Le premier s'élève jusqu'à la surface, en passant entre les cellules cylindri(|ues; il présente la forme d'un bâtonnet mince et élancé; le prolongement inférieur est un filament extrêmement délié, sur le trajet duquel on observe les petites varicosités qui caractérisent les fibrilles nerveuses les plus déliées.

Dans Taxe de la papille, on trouve un ramuscule nerveux, formé de quelques tubes assez larges et pourvus de moelle. A l'extrémité de ce rameau les cylindres-axes des tubes nerveux se continuent par des fibrilles très-fine§ et variqueuses. Ces dernières sont identiques aux prolongements inférieurs des cellules elliptiques, et Key prétend avoir observé Tunion directe de ces éléments entre eux.

Los tubes des nerfs qui président à la gustation, ou plutôt leurs cylindresaxes, se termineraient donc dans les cellules munies d'un prolongement en forme de bâtonnet. Ces cellules constitueraient par leur ensemble un véritable système de cellules gustatives. Nous retrouverons du reste la même disposition dans d'autres organes des sens.

Krause (*2) a décrit des massues terminales dans les papilles fungiformes et caliciformes de la langue de l'homme et des mammifères. Sohultze(5) a également trouvé dans la muqueuse des éléments terminaux particuliers.

Hemarques. — (1) Voy. A. Key, in Heichert's und Dii Bois-Reymond's Archiv, 1801, p. 329. BiiLKOTH a fait ios premières observations sur ce sujet (Deutsche klinik. 1857, n" 21, et Miiller's Archiv, 1858, p. 159. — (2) Les corpuscules terminaux, p. 119, 151. — (5) Voy. sa Monographie : Untersucbungen uber den Bau der Nasenschleiinhanl, Recherches sur la structure de la muqueuse olfactive. Halle, 1862, p. 10. Les tubes terminaux pâles et libres décrits par R. Wagner (Gottinger Nachricbten, 1855, n* 6) et Walier (Nouvelle méthode analoniique pour Tinvestigation du système nerveux. Bern, 1852) n*existent assurément pas, pas plus que les anses terminales de leurs prédécesseurs. Voy. encore Hartmann, in Reicbert's und Du Bois-Reymond's Archiv, 186 », p. 654.

(h*gane de Vol faction, — L'organe de rolfaction (1 )se compose des deux fosses nasales et d'un système de cavités accessoires qui communiquent avec ces dernières. Cet organe n'a pas seulement pour but de présider à l'olfaction, il constitue en outre la première portion des voies respiratoires et reçoit également les larmes.

Tout l'organe,, à l'exception des parties supérieures des deux fosses nasales, ne prend pas une part directe à Tolfaction ; il prépare plutôt cette sensation ou constitue simplement un organe du tact. Aussi Torgane de TolFaction reçoit-il des rameaux nerveux du trijumeau.

Au point destiné à la perception des odeurs correspond la terminaison du nerf olfactif qui a lieu dans la portion supérieure de la cloison, dans le cornet supérieur et dans une partie du cornet moyen. Toute cette partie de la muqueuse est caractérisée par une coloration brune ou jaunâtre qui est plus marquée chez l'adulte que chez le nouveau-né ; chez l'homme ce caractère est peu accentué. L'étendue de cette région, à laquelle Todd et Bowman ont donné le nom de région olfactive, est fort variable, surtout chez l'homme. On peut conserver le nom de membrane de Schneider à l'autre portion de la muqueuse nasale qui ne préside pas à rolfac.tion.

Inutile d'insister sur la structure des os qui entrent dans la formation du nez et sur celle des cartilages de cet organe.

La peau qui recouvre le nez est recouverte de couches épithéliales assez minces; on observe quelques glandes sudoripares isolées et de nombreuses glandes sébacées (§ 198). A l'entrée des fosses nasales on observe des poils très-forts destinés à arrêter les corps étrangers qui pourraient pénétrer dans les cavités du nez. L'épithélium pavimenteux stratifié s'étend à une certaine distance dans les fosses nasales, pour faire bientôt place à de l'épithélium à cils vibratiles qui- tapisse tous les sinus (§ 95).

La membrane de Schneider, dont la structure varie suivant les points où on l'examine, est très-vasculaire dans les principales cavités du nez. Dans les sinus elle est plus mince et soudée à la surface osseuse, de manière que le tissu sous-muqueux joue en même temps le rôle de périoste. Dans les fosses nasales proprement dites la muqueuse est, au contraire, bien plus épaisse. Elle renferme de nombreuses glandes muqueuses qui deviennent plus rares dans les sinus (2), et des plexus artériels et surtout veineux fort développés (5); la fréquence des hémorrhagies nasales est due évidemment à la richesse de ces réseaux vasculaires. — La terminaison des nerfs sensitifs de la muqueuse nasale n'est pas encore connue.

Hemarques. — (I) Voy. Tood et Bowman, loc. ci7., vol. II, p. i ; Kœluker, Mikr. Anat., vol. II, pari. II, p. 763, ot son Traité d'histologie, 4* édit., p. 72; Henle, Traité de splanclinolo^ne, p. 818. Parmi les travaux spéciaux, nous citerons : C. Eckhard, Beitrâge zur Aniiloinic und Physiologie, Contributions à Varratomie et à la physiologie, cah. i. Giessen, 1855, p. 97; Ecker, dans les Comptes rendus de la Société des naturalistes de FrilM)unî, n« 12, 1855; in Zoitschr. fUr wiss. Zool., vol. YIII, p. 505; in Henle's und

738 TRAire D'mSTOLOGœ ET D'HISTOCBUIE.

Hcissncr's Jahresbcricht pour 1SS6, p. 117, et [con. phys., planche XVIII, Ug. 1-il-. ScMuLT7E, in Comptes rendus do l' Académie de Berlin, 1856, p. 505, el l.i monographie <le cet aulcur ; Unlcrsuchungcn (ilwr den Bau der Nasensch]eimh»ul, namcnllirh dif SlrukturundBndiguDgsneisedcrGeruchsnervenbci dem Menschenund derWirWIUiîm, Recherches sur la slruciure de la mutjueuse nasale et le mode de terminaison des nerfs olfactifs chez l'homme et ches. les vertébrés. Balle, 1862; R. Seeberg, DisqnisiliopM microscopicfe de leilura niembrann; pituilariEe nasL Dorpali, 1856, Diss.; H. Uoiei, De tunicx mucosx naiinum slructura. Bcrolini, 1857. Dis»., cl in Htiller's Archiv, 1S57, p. 51 ; Ericiisen, De lexlura nervi olraclorii. Dorpati, 1857, \)\ss. ; C. Bàlogu, in Wiener Silziingsbedchten, vol. XLII. p. 4i9, el L Clarkb, in Zciiscbr. f. wi«s. Zool., roi. Il, p. 37; C. K. HoFFMAHN, Onderztekingen ovcr den analomischen Bouw tan de Hembnni oiractoria en het peripherische nitende van den nervus oltàclorius. Amsterdam. 1866, Diss. — (2) SipPEY, in Uaietle médicale de Paris, 1853, p. 543; LrocBii, in Hùtler'i ArclitT, 1857. p. 333. — (3) Tddd el Bowain, toc. cit., p. 5, et 0. KoBUitiisre, in luller's Archiv, 1853, p. 149. Cu réseau vasculairc est surtout développé au nivenu du romel inférieur. On observe à ce niveau un vérilable lissu spoiigieui.

La région olfactive (Hg. 509, à gauche) présente une structure fort remarquahle mais très-délîcatc , qui a été étudiée successivement par

Eckhard, Rckcretsui^ tout par Schultzc (1).

Elle se distingue des tissus environnantpar sa couleur, son épaisseur plus considénbic, (les glandes spéciales et l'absence de s épitliélialesi vibratiles.

donné aux glandes de celte région le nom deglandes de Bownian (2), qui les a découvertes.

Ces glandp.s sont for- 1 mées par des tubes [ terminés en cul-dcsac; elles ressemblent aux glandes de Lîeberkûhn et sont trèsnombreuses dans les portions moyennes de la région olfactive ; elles sont moins nombreuses à la limite de la région et finissent bientôt par disparaître d'une manière complète.

Les culs-de-sac des glandes sont tantôt allongés tantôt contournés; leur diamètre est variable, et'Icur orifice est très-rétréci (d). On trouve dans ces glandes des cellules glandulaires assez volumineuses, arrondies,

/ ^T^à.—- cellules ép

Fig, 50». -

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