RACINES ANTÉRIEURES ET POSTÉRIEURES
actuelle, issue de la conception de Ranvier(I) que von Lenhossêk qualifie à bon droit de a géniale (2) ».
Les racines postérieures, renfermant tous les prolongements centraux des unipolaires du ganglion devenus chacun le cylindre-axe d'une fibre nerveuse à myéline, ont exactement la constitution d'un cordon nerveux périphérique dans leur parcours du ganglion à la moelle. Les fibres possèdent une gaine de Schwann, des étranglements équidistants, et conséquemment sont formées de segments interannulaires successifs. Elles sont en général plus grêles (Chien) que celles de la racine antérieure ou motrice du ganglion. Leurs cylindres d*axe sont considérés par les auteurs qui ont employé la méthode du chromale d'argent (v. Lknhossék, G. Retzïos, van Gehuchten), comme en règle moins volumineux que ceux des fibres nerveuses sensitives périphériques, auxquels ils attribuent la signification de prolongements protoplasmiques. Ces fibres sont séparées les unes des autres par du tissu conjonctif intrafasciculaire ordinaire, et nourries par des vaisseaux sanguins en tout disposés comme dans les cordons nerveux. Enfin, elles abordent la moelle parle sillon collatéral postérieur. Les racines antérieures se comportent de la même façon, et sortent par le sillon collatéral antérieur. Mais leurs fibres se poursuivent dans la moelle à travers les cordons latéraux jusqu'aux cornes antérieures. Dans ce trajet intra-méduUaire, elles perdent leur membrane de Schwann et se continuent sous forme de fibres à myéline du type neuraxial, c'est-à-dire dépourvues de segments interannulaires. Voici comment s'efi'ectue cette continuation. La fibre nerveuse radiculaire traverse la pie-mère et s'engage dans la mince couche de névroglie sous-pie-mérienne qui règne sur tout le pourtour de la moelle. L'engagement ne répond pas en règle à l'extrémité, mais à un point quelconque du dernier segment interannulaire. Tantôt le noyau du milieu de celui-ci reste en dehors du névraxe : c'est ce qui arrive si le segment n'est engagé dans la moelle que de moins de sa moitié. Tantôt, on ne voit plus dégaine deSchwann'ni de noyau placé dans une dépression en capsule de la myéline le long de la fibre engagée: c'est ce qui arrive quand l'engagement a dépassé la moitié de la longueur du dernier segment. En ce cas, on trouve bien à la surface de la fibre engagée quelquefois un noj^au ; mais il fait saillie et est logé dans une masse de protoplasma enveloppant la myéline comme d'un manchon. C'est la caractéristique de la fibre à moelle des
(1) L. Ranvier, Des tubes nerveux en T et de leurs relation avec les cellules ganglionnaires ('C. R,de VAcad, des sciences, p. 1274, 1875).
(2) « Geistvolle Divination », ce n'est en effet que neuf ans après quev. Lenbosfék démontra, dans les ganglions spinaux de la Grenouille, qu'une des branches de division du T va à la périphérie, tandis que l'autre gagne la moelle (Arch, f, m^krosko' pïsche Anatotnie, t. XXVI, p. 227, 1886).
Dîsmmtn'ioN des fibres radiculaires postérieures dans lv moei.lk 935
centres. La gaine de Schwann cesse en effet d'exister net, comme Ta moûtrê Ka?ivier, dans la traversée de la pie-mère ou un peu au delà. Les segments cylindro-coniques subsistent autour du cylindre d'axe, et celui' ci se poursuit directement dans le névraxe sous forme de fila meut axile d'une fibre nerveuse à myéline des centres (1).
Les cylintlres d'axe des fibres radiculaires antérieures sont formés par les filaments de Deiters des cellules multipolaires des cornes antérieures de la moelle. Ils représentent chacun la partie essentielle d'une fibre nerveuse exclusivement motrice. Les cylindres d'axe des fibres radiculaires postérieures engagées dans la moelle pénètrent directement dans la portion externe du cordon postérieur. Là, ils se bifurquent eïj une branche ascendante et une branche descendante, qui deviendront l'une et l'autre le cylindre-axe d'une fibre nerveuse des cordons postérieurs. Les branches descendantes %oïi\. courtes; elles descendent quelque peu dans le cordon postérieur. Puis, elles se recourbent à angle droit ou presque droit sur elles-mêmes, et pénètrent horizontalement dans la substance grise pour y développer leur arborisation cylindraxile terminale. Les branches ascendantes^ ou bien sont courtes et se comportent de la même façon; ou bien elles sont longues et peuvent aller se terminer serablablement dans la partie inférieure de la moelle allongée. Entre ces deux ordres de branches il yen a d'intermédiaires (fibres moyennes). Toutes ces fibres émettent sur leur trajet des collatérales qui pénètrent horizontalement dans la substance grise et s'y résolvent en arborisations terminales. Les collatérales sont longues ou courtes. Les longues, nées au voisinage delà
(l) Ranvier fïVat^e technique d'histologie^ 2« édition, pp. 823,825), a mis ces faits CD évidence sur le Chien. Il fixe d* abord un segment de moelle épinière, répondant à des racines et long de 1 centimètre environ, par Tacide osmique à 1 pour 100 pendant dix heures. Puis il enlève les racines par arrachement et les dissocie aisément. 11 constate ainsi que les segments interannulaires finissent sur des points variables de leur longueur. Pour voir où finit la gaine de Schwann, il fait sur une moelle durcie par le bichromate d'ammoniaque des coupes dirigées dans le sens de l'entrée des fibres radiculaires dans le névraxe. 11 les colore fortement au picrocarminate, puis il les traite pendant dix à douze heures par un mélange à parties égales d'alcool et d'acide formique. On voit alors la gaine de Schwann comme tracée à l'encre au pourtour des fibres, et l'on peut déterminer le point où elle cesse d'exister.
On an ive au même résultat très aisément en faisant dans la racine une injection interstitielle de mélange osmio-picro-argentique (liquide B) dirigée vers la moelle et poussée sous forte pression, afin de dissocier légèrement les fibres nerveuses avant de les fixer. On achève le durcissement par l'alcool fort; et vingt- quatre heures après on pratique des coupes épaisses ou minces, qu'on peut ou colorer par le carmin aluné en les traitant ensuite par l'acide acétique cristal lisable ou l'acide formique, ou laisser incolores et enfin dissocier. On constate ainsi très aisément tous les faits déjà indiqués par RANviEa et, en outre, cet autre fait qu'à partir de l'engagement des fibreâ à myéline dans le névraxe, il n'y a plus sur le trajet du cylindreaxe aucun renilement biconique, — donc, plus un seul étranglement annulaire et conséquemment plus de gaine de Schwann.