‹ Traité d'histologie pratiqueChapitre 105 sur 489 · SIGNIFICATION FONCTIONNELLE DE L'UNIPOLAIRE EN T · texte numérisé non relu

SIGNIFICATION FONCTIONNELLE DE L'UNIPOLAIRE EN T

bifurcation en T intra-mêdullaire de la fibre radiculaire, st^ terminent eotre les cellules nerveuses motrices de la corne antérieure. Les collatérales deviennent de plus en plus courtes au fur et h mesure qu'elles Daissenl plus loin de la bifurcation précitée, et elles se ramifient et se terminent dans les diverses régions de la corne postérieure (1).

Considérée d'après ces données, la cellule unipolaire à prolongement en 1\ — cellule de Ranrier — apparaîc comme le centre du neuronn sensitif périphérique par excellence dont les arborisations réceptives vontt à la périphérie, se terminer en des points multiples .soit dans les épithéliums, soit dans les organes variés du tact et du toucher pour y recueillir des incitations d'ordre sensitif. Par la branche radiculaire de sa bifurcation en T, ce même neurone va distribuer, à diverses hauteurs et dans toute la moelle au-dessus de la racine correspondante, et ainsi en une multitude de points du névraxe, des impressions ou seusitivo-motrices distribuées aux neurones moteurs des cornes antérieures, ousensitives distribuées aux neurones sensitifs intra-médullaires. Dans cette conception, la u cellule de Ranvier >i est le neurone sensitif qui fait pendant au neurone moteur : type représenté par la cellule multipolaire des cornes antérieures, d'où procèdent les cylindres d'axe des fibres motrices de la racine antérieure des nerfs spinaux.

A l'appui de celte manière de voir, vient plaider la méthode wallérien ne. Quand on coupe la racine postérieure entre le ganglion et la ittoelle, le segment médullaire subit la dégénération en masse de ses fibres jusque dans la moelle : tandis que les fibres attf^uant au ganglion ne dégénèrent que jusqu'au premier étranglement annulaire. Elles se comportent donc à l'égard des « cellules de Ranvier », comme de véritables cylindres d'axe, et c'est cette cellule qui les entretient à lelat actif et qui les anime. Quand cette cellule est détruite, elles dégénèrent, ainsi du reste que la fibre sensitive correspondante du cordon nerveux périphérique. La cellule à prolongement en T est donc bien réellement bipolaire comme la bipolaire vraie des ganglions spinaux des poissons ou des embryons de mammifères (eellule de Bidder). Ses deux prolongements ont également la signification axile. Inversement, toute lésion ou retranchement du ganglion est sans influence sur les fibres de la racine antérieure. Celles ci, après sectioif, dégénèrent toujours entre la périphérie et la section. La cellule nerveuse qui les commande est la cellule multipolaire de la corne antérieure. Ces faits sont bien c?onnus, et également le fait que les fibres

(1) Va.n Gkhuchtkn, Anat. du système nerveux de VHornmffj 2^ édit., p. 302 Tou^ ces faits ont été rais en évidence par la méthode du chroraate d'argent sur de^ nioellf'a fœtales. Ils ont une importance capitale; c'est pourquoi, bioa qu'ils appiirtienneàt à la Systématique du système nerveux et non à TAnatomie générale. Je tes rappelle ici brièvement.

liLKMKXT:^ CE.^raiFaaEs DKS RACINKS POSTERIKURKS. 937

âympathiques des nerfs mixtes pénètrent dans les ganglions par la racine antérieure df^ ceux-ci, qui reçoit le rameau communicant ou racine sympathique. De même, les racines antérieures reçoivent les fibres sensilives récurrentes. Mais en réalité, la constitution des racines postérieures est un peu plus complexe que ne l'indique le schèmeprécédent.

Eléments centrifuges des racines postérieures . — Aug. Waller avait déjà constaté qu'après la section des racines postérieures entre la moelle et le ganglion, le segment médullaire renferme des fibres normales en très petit nombre, ne dépassant pas 3 pour 100 des fibres dégénérées (1). D'autre part, Stricker (2) montra que l'excitation mécanique ou électrique du bout périphérique des racines postérieures du sciatique est, dans certaines conditions, suivie d'élévation de la température dans le territoire de ce nerf. Ce fait fut vérifié par Das- TRE et MoRAT et reconnu par eux exact. Il impliquait naturellement l'existence dans les racines postérieures de fibres à conduction centrifuge; mais la question, née dans le domaine delà physiologie, y resta cantonnée tant que la structure des racines postérieures ne fut pas complètement élucidée. Le premier, en 1890, Ramôn y Cajal (3) put déceler et suivre par la méthode du chroroate d'argent, chez l'embrvon de Poulet, des cylindres d'axe qui, partis des racines postérieures, ne se divisent pas dans la moelle en deux branches, Tune ascendante et l'autre descendante, mais vont directement se perdre au milieu des cellules de la corne antérieure du même côté. V. Lenhossék (4) relia ces mêmes fibres axiles à des cellules de la corne antérieure assez semblables aux autres, mais dont le cylindreaxe, au lieu de s'engager dans la racine antérieure, se dirige directement en arrière, traverse toute l'épaisseur de la substance grise, sort de la moelle par le sillon collatéral dorsal et passe par le ganglion spinal sans entrer en rapport avec les cellules de ce dernier. Kolliker ne put retrouver ces fibres chez les mammifères ; mais chez divers

(1) Aug.Wallbr (C. R. de VXcad. des Sciences, séance du 24 mai 1852, t. XXIV, p. 842).

(2) STRiCREa, UntersuchuDgeD ueber die GefasBnervdiwurzeln des Ischiadicus (Sitzungsberichte d, Wiener Akad. der Wissenschaften, 1876),

(3) Ram<5n y Gajal, Sur Torigine et les ramifications des fibres nerveuses de la moelle embryonnaire (Anat. Anseiger^ Jarg. V. 1890, p, 85). — A quelle époque appai'aissent les expansions des cellules nerveuses de la moelle épinière du Poulet ? (ibid.,^, 613).

(4) V. Lenhossék, Uebei" Nervenfasern in den hinteren Wurzeln welche aus dem Vooderhorn entspiiogen (AnaU Anseiger, t. V. 1890, p. 360). Les recherches de Tauteur furent confirmées par van Itehuchten (Les éléments moteurs dos racines postérieures : Anat. Anzeiger, t. VIII, 1893, p. 215),et par G. Retzius ( Biologische Untersuchungen^ 1893). Enfin J. Martin (La cellule^ 1895) retrouva ces mêmes éléments dans la moelle épinière de la Truite .

Page 1