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FIBRES CENTRIFUGES DES RACINES POSTERIEURES

amammaliens il put les suivre par la méthode du chromate d'argent jusque dans les ganglions sympathiques etles y voir former autour des cellules nerveuses de ceux-ci des dispositifs terminaux en corbeilles. L'existence de telles fibres de passage, venues de régions motrices de la moelle et ne faisant que traverser les ganglions spinaux après s'y être engagées par la voie delà racine postérieure, a cependant soulevé de nombreuses controverses jusqu'à ce que Gh. Bonne (1), dans un travail fait sous mes yeux et dirigé au point de vue physiologique parMoRAT, eût tranché définitivement la question. Chez le Chien et après section de douze racines postérieures entre la moelle et le ganglion, il a trouvé : — a) dans le segment ganglionnaire un petit nombre de fibres dégénérées au milieu d'une grande majorité de fibres saines ; — b) dans le segment médullaire, un petit nombre de fibres saines au milieu d'une grande majorité de fibres dégénérées. Il y a donc des fibres traversant le ganglion pour se poursuivre dans le nerf périphérique ; elles répondent à des cylindres d'axe engagés dans la racine dorsale et dont la cellule nerveuse est dans la moelle. En effet. Bonne a constaté que, après les délais de dégénération, il y a tout aussi bien des fibres nerveuses dégénérées dans le bout transganglionnaire de la racine postérieure et dans l'origine du nerf mixte qu'entre le ganglion et le point de section de la racine postérieure. Enfin, Bonne a assisté, à partir du treizième jour après la section, à la régénération des fibres centrifuges. Elles bourgeonnent du bout central (médullaire), marchent dans le tissu de cicatrice, puis abordent le bout ganglionnaire où elles cheminent entre les fibres nerveuses restées saines. Le petit nombre des fibres qui dégénèrent dans le segment en rapport avec le ganglion, ne met à la disposition des fibres régénérée? que très peu de gaines de Schwann vides ; c'est pourquoi ces fibres ne prennent ordinairement pas cette voie de marche. Elles s'engagent dans les intervalles des fibres saines pour végéter vers la périphérie au delà du ganglion. Nulle lésion des cornes antérieures ne I correspond à la dégénération ou à la régénération des fibres centri-

I fuges des racines postérieures; et quand le sympathique fut examiné

\ par Bonne, il ne renfermait, dans les portions tributaires delà racine

\ sectionnée, aucune fibre nerveuse en voie de dégénération.

I Les fibres centrifuges passant par la racine postérieure et le ganglion

I spinal pour s'engager dans les nerfs périphériques, sont des fibres

f" vaso-motrices. Comme l'avait indiqué Morat(2), elles sont vaso-

I (1) Gh. Bonnb, Recherches sur les éléments centrifuges des racines posté-

\ rieures (thèse de Lyon, juillet 1897).

}. (2) MoRAT, Les fonctions vaso-motrices des racines postérieures (Arch. de

ti Physiologie^ 1892) et Comptes rendus de V Académie des Sciences, pp. 969, 972,

l 3 mai 1897.

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dilatatrices; car après section de la racine postérieure et leur dégénération du centre k la périphérie, l'excitation du bout ganglionnaire ne détermine plus la rougeur congestive de la peau dans la sphère de dislrihution du nerf, ou bien il ne s'agit plus que d'une congestion très atléiiuée. De plus, ces mêmes fibres semblent exercer une action trophique bien mise en lumière par Gh. Bonne et qui parfois aboutit h des lésions pseudo-acromégaliques des pièces du squelette (1).

Fibres sympathiques. — Les fibres sympathiques abordent le ganglion par son pôle périphérique et prennent pour entrer la voie de la racine sympathique qui vient s'accoler à la racine antérieure sur son point de jonction au ganglion. Comme Ta montré Dogiel, quelquesunes d'entrés elles se terminent dans le ganglion. Ce sont des fibres à myéline. Elles se divisent un petit nombre de fois et se terminent par des dispositifs enveloppants péricellulaires au pourtour du globe des a unipolaires du deuxième type » — cellules de Dogiel, dont les branches multiples vont se terminer de la même manière autour du globe cellulaire des « unipolaires à prolongement en T» — cellules de Ramier, sans quitter le ganglion.

La capsule et le tissu conjonctif des ganglions spinaux ont une constitution variable avec les espèces et même suivant l'âge des animaux. Chez le Ctiien, la capsule est épaisse et envoie dans l'intérieur du ganglion des cloisons solides et très multipliées. Chez le Lapin et le Cobaye, la capsule est très mince surtout chez les jeunes sujets et les cloisons intra-j^anglionnaires insignifiantes. Chez le Poulet, la cliarpente connective des ganglions est si délicate qu'on ne peut, même avec le plus de soin, faire une section de la racine postérieure sans désorganiser le ganglion (Ch. Bonne). — Les vaisseaux sanguins, disposés dans les racines et le bout transganglionnaire comme dans les cordons nerveux ordinaires, développent autour des cellules nerveuses un dispositif enveloppant très semblable à celui du tissu adipeux. Cliaque cellule ganglionnaire est comprise dans une maille du réseau

[{) Dû a beaucoup discuté la question de savoir si, par les racines postérieures et le ganglion spinal, passent aussi des fibre? motrices. C'est surtout chez les anoures (Greaoutlle) qu'on a cru les trouver; la physiologie n'a mentionné riea de semblable chçi les vertébrés plus élevés. Waïer (Journ. of physiology, 1885) visa surtout lea vaso-iijuteurs des viscères. De plus, il mentionne qu'un fort courant appliqué aux o', i , 5 cl 6° nerfs rachidiens à la sortie du canal fait contracter les portions supérieures du tube digestif. On conçoit qu'il puisse s'agir ici de fibres sympathiques. Même observation pour les résultats annoncés par Gaskell (ibii.j 1886, vol. VII) et par Steinach (Motorische Functionen hinterer Spinalnervenwurzeln, Pfiûger^s Arcfiiv., vol. LX, p. 593, 623). Les recherches de R. J. Hortlm Smith (On efferent fibres iu tbe posterior roots of the Fro^, Journ, of pliysioL, mars 1807, p. 101 à Ili) auraient une tout autre portée si elles étaient vérifiées. Il admet que les fibres etrérentes des racioeà spinales ne sont pas constantes, mais que lorsqu'elles existent elles se rendent aux muscles squelettaux et non aux viscères, ce qui rompt positivement la loi do Bell.

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