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FONCTIONNALITE DES GANGLIONS SPINAUX

tant que, bien que n'agissant pas sur Vintensiié des impressions sensitives, les cellules à prolongement en T entrent du moins en jeu pour ?norfa/î5er celles-ci. Le fait de la modalisation, par Tintermédiaire des cellules ganglion-

naires, d'une impression reçue à la périphérie, saute du reste aux yeux quand on passe, par exemple, d'un ganglion spinal à un ganglion sensoriel tel que l'acoustique.

D'autre part, l'hypothèse de Morat(I), qui reporte le véritable lieu du centre nerveux fonctionnel au point d'articulation des neurones entre eux et restreint dans chaque neurone l'activité du corps cellulaire à un rôle purement trophique, ne peut être acceptée en anatomie générale où Ton admet, et je crois avec raison , que l'individualité cellulaire est indivisible. A son encontre militent en outre des faits histologiques de premier ordre, dont le principal est l'existence de dispositifs terminaux d'autres neurones au pourtour des globes cellulaires des unipolaires. Ces cellules sont donc à ce niveau excitables et capables d'agir par la partie qui renferme leur noyau, sinon il n'y auraitpoint la de terminaisons nerveuses.

FiG. 737. — Schéma de Dogikl pour les ganglions des paires rachidiennes.

A» racine antérieure; — B, racine pottérieure; — Ef faisceau aensitif; — D, faisceau moteur du nerf mixte G; — F, racine sympathique.

a^a^a^ les cellules de Ranvier ou cellules à pro* longement on T, entourées des corbeilles quVlles reçoivent des prolongements 7t,n, des cellules de Dogiel 6&; — /i, A, /i, prolongement en T des cellules de Uanvier.La presse branche duT va dans le nerf mixte, la branche mince dans la racine postérieure et de là dans la moelle.

Autour du corps des cellules de Dogiel 6,6, on voit les corbeilles fournies par les Abres sympathiques 5,;, — En haut du schéma, on a figuré une cellule de Ranvier sans sa corbeille; en bas, est une cellule de Dogiel aussi dépourvu; de sa corbeille.

se perd de Ténergie dan.s* les gaines

du nerf. De tout cela il résulte que

les fibres sensitives reçoivent alor.«,

malgré les apparences d'égalité,

une excitation beaucoup moindre

que lorsqu'on porte la même excitation sur la racine seiisitive, qui la reçoit dès lors

sans partage et aussi avec moins de perte dans les enveloppes conjonctives, beaucoup

plus minces à ce niveau qu'à Torigine du nerf mixte.

(l) P. MoRAT, Qu'est-ce qu'un centre nerveux? (centres fonctionnels et centres irophiques). Reçue scientifique, 29 novembre et ier décembre 1894.

942 SCHEMA DE DOGIEL.

Or, voici comment (fig. 737) on peut actuellement concevoir l'organisation d'un ganglion spinal, prise pour type de celle des ganglions des nerfs sensitifs cérébro -rachidieixs en général. A part les quelques bipolaires (formes larvaires subsistantes) qu'il renferme, le ganglion est essentiellement constitué par deux ordres de cellules mises en relation entre elles dans son sein.

1° Les unipolaires à prolongement en T, « cellules de Ranvier », sont les équivalents morphologiques des cellules bipolaires des ganglions des poissons et des cyclostomes. La cellule de Ranvier est une cellule à portée extra-gangliommire. Elle projette à la périphérie, très loin, ses prolongemente réceptifs qui se résument, à une certaine distance du corps cellulaire, en une branche formant le fais ceau majeur des fibres du prolongement en T. Elle projette d'autre part également très loin, par la voie du faisceau mineur de son prolongement en T et de la fibre radiculaire y faisant suite, son pôle d'application subdivisé comme son pôle réceptif en une multitude de filaments terminaux. Elle distribue ceux-ci dans toute la substance grise de la moelle située au-dessus du point d'entrée de la fibre radiculaire, et dans une courte portion de celle située au-dessous. C'est là une véritable « fibre-cellule^nerveuse » tout comme la longue bipolaire du ganglion acoustique des cyclostomes. Or, nous avons vu que dans celle-ci, autant qu'on enpeut juger par les expansions du protoplasma central s'avançant au sein des deux prolongements jusqu'à une très grande distance du noyau, le corps cellulaire réel se continue en somme par ceux-ci bien au delà du renflement renfermant le noyau. — De cette conception, il n'y a pas très loin à admettre qu'en actionnant la fibre qui, à l'origine du nerf mixte, résume tous les prolongements périphériques et n'est elle-même qu'un prolongement du corps, on donne à sentir à la cellule tout ce qu'elle est apte à sentir et à projeter. On l'actionne directement et en bloc. Dans ces conditions, il n'est pas étonnant qu'une excitation équivalente, portée sur les fibres radiculaires, ait exactement aussi le même efl"et sur les terminaisons cyiindraxiles intramédullaires. Car la cellule transmet, modalisé sous forme de mouvement cellulifuge, exactement ce qu'elle reçoit sous forme de mouvement cellulipèle. En tout cas, elle est l'agent de cette transmission : puisque dans le cas particulier et très instructif des ganglions sensoriels, elle imprime au mouvement nerveux qui Ta traversée des modalités évidentes. Et, je le répète, la preuve que la cellule agit par son corps, c'est qu'il existe au niveau de celui-ci des dispositifs terminaux.

2° Ils lui sont fournis par des cellules d'un second genre: les unipolaires à prolongement d'abord unique, puis divisé en fibres multiples toutes distribuées dans le ganglion. Ce sont les « cellules de Dogiel ». Leurs branches d'application viennent former des corbeilles

GANGLIONS SYMPATHIQUES. 9i3

pêricapsulaires OU des terminaisons iiitracapsulaires sur le globe des unipolaires a prûlongemeiit en T, « cellules de Ranvier ». La cellule fie Dogiel est une fclhile à portée intra-yanglionnaire. Elle est elle mêmtî action neG par des terminaisons en corbeille disposées autour de son globe cellulaire, et toutes venues des fibres sympathiques entrées dans le ganglion par le rameau communicant. Les fibres ej^mpatliiques sont évidemment issues de cellules d 'ordre sensitif extraganglionnaires, 11 y a donc un relai sensitif, dontla cellule de Dogiel est l'agent, entre les neurones sensitifs sympathiques et les neurones sensilifs des ganglions spinaux, Ck)mmeje ne crois pas du tout aux appareils de luxe dans l'organisme, je conclus que la, cellule de Ranvier ainsi actionnée doit réagir, par une expression individuelle et projetée au loin, à l'excitation qu'elle reçoit alors. D'autre part, il me paraît peu probable qu*il s'agisse purement ici d'une excitation d'ordre trojjhique. Le dispositif à relais multiples ressemble au coniraire singulièrement à celui d'un arc conscient, peut-être établi là en vue de transmettre au nérruxe, le cas échéant, certains modes de la sensibilité viscérale par la voie — alors contingente et d'emprunt — des raciijei4 dorsales. Kn tout cas, c'est là un dispositif évident de modalisation dé l'action propre et personnelle delà cellule de Ranvier (1). Cette action propre existe donc bien, puisqu'elle est l'objet de dispos^tlioûé modiricatrices nettement établies et même constantes.

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