PROLONGEMENTS PROTOPLASMIQUES ET FILAMENT DE DEITERS
entre eux. Le cylindre d'axe est ici au contraire absolument indivis. Il prend naissance par un petit prolongement conique du corps cellulaire : le cône d'émergence^ qui s'effile considérablement d'abord, puis se poursuit sous forme d'une fibre unique, laquelle passe directe-
FiG. 623. — Cellules nerveuses multipolaires (du type de Deiters) du ganglion optique de la rétine du Lapin. Injection au bleu de méthylène par voie arté> rielle sur l'animal vivant. Ifixation au sublimé. Conservation dans la glycérine neutre. Dessin fait aussitôt après la fixation. — (Ocul. l,obj.6, de Leitz, chambre claire.)
Les deux cellules multipolaires envoient leur cylindre d*axe dans une travée de fibres optiques : en or, l»s deux filaments de Deiters s'enroulent Tun autour de Tautre sur un certain parcours; -^ ce, cône d'émergence; — s p, segment perlé du filament de Deiters; - ^ prolongements protuplasmiques lisses s'arborisant dans un plan plus externe, au sein de rintricalion perlée d'un des étages du plexus cérébral où un certain nombre d'entre enx deviennent perlés .
ment dans les fibres optiques pour former l'un des éléments flbrillaires d'un quelconque des tubes nerveux de ce nerf. Si maintenant on fixe la préparation par une goutte de solution aqueuse concentrée de sublimé, on a rendu persistante une disposition dont la découverte, due à Deïters, a complètement changé les idées qui régnaient précédemment quant aux rapports des fibres nerveuses avec les cellules
CONCEPTION DB DEITBRS. - NEURONE. 649
ganglionnaires. Deiters (1) établit le premier, en effet (1865), que le cylindre- axe des nerfs n'est rien autre chose qu'un prolongement particulier de la cellule nerveuse ou, pour mieux dire, un faisceau de fibres formé par de tels prolongements réunis.
Or, si l'on suit jusqu'aux muscles le prolongement cylindre- axe d'une cellule multipolaire des cornes antérieures de la moelle, on le verra se diviser et se subdiviser, et par exemple dans les muscles striés, se terminer par une arborisation délicate au sein de la substance granuleuse d'une plaque motrice. Si de même, on suit le filament cylindre-axe d'une cellule d'ordre sensitif telle qu'une cellule multipolaire du ganglion optique de la rétine, on le verra, lui aussi, s'arboriservers sa terminaison, dans certains points particuliers de la substance grise du cerveau. Il en résulte qu'on doit considérer la cellule nerveuse, ses prolongements protoplasmiques, le filament de la fibre nerveuse répondant à son prolongement de Deiters et l'arborisation ultime de celui-ci, comme les diverses parties d'un tout répondant à un seul et même élément cellulaire nerveux. Telle est, en effet, la conception vraiment magistrale substituée par Deiters à la notion de cellules nerveuses eiàe fibres nerveuses aLysmi une existence distincte et indépendante. A l'élément nerveux considéré ainsi dans sa totalité, son indépendance et son individualité histologique, Waldeyer a donné le nom de 7ieurone,qmsLle mérite de le désignerd'un seul mot.
C^BStlUitloB histologique des grandes eellales multipolaires on du
type de Deiters. — Le noyau des grandes cellules multipolaires soit des cornes antérieures de la moelle des vertébrés, soit au ganglion optique de leur rétine (que nous prenons ici pour types de la description parce qu'elles émettent un cylindre-axe passant de suite dans une fibre nerveuse), offre exactement la même constitution que celui des cellules bipolaires de la moelle et des ganglions périphériques, et que celui des cellules dites unipolaires de ces mêmes ganglions. Il ne se colore pas du tout par la purpurine et très faiblement par l'hématoxiline ou l'hématéine. Il est entouré d'une masse plus ou moins considérable de protoplasma granuleux. Le corps protoplasmique affecte des configurations extrêmement variables, mais il est toujours de structure fibrillaire comme l'avait affirmé Max-Schultze. On peut s'en convaincre en fixant convenablement les cellules nerveuses par le mélange osmio-picrique, ou, comme l'a bien démontré Dogiel pour les cellules de la rétine colorée par le bleu de méthylène direct, en faisant agir après le bleu un mélange de solution d'acide osmique et de solution de picrate d'ammoniaque. Ce sont, dans ces conditions, les fibrilles qui restent colorées en bleu. On les voit passer du corps cellu-
(1) Dbitbrs, Untersuchungen ûber Gehirn u, Ruchenmark des Menschen u. d. Sâugethiere, BrauDSchweig, 1865.