TACHES MOTRICES DES MUSCLES LISSES VOLONTAIRES ET INVOLONTAIRES
sur leur trajet des cellules ganglionnaires. Ces nerfs concourent entre eux pour former des plexus avant de se terminer, à la surface des cellules musculaires, par des taches motrices tout à fait semblables à celles des muscles lisses de la vie de relation. Le dispositif des terminaisons nerveuses dans les deux ordres de muscles, volontaires et involontaires, est donc essentiellement le même chez les invertébrés et les vertébrés.
Pour bien se rendre compte de la façon dont se terminent les nerfs
FiG. 753. — Terminaison des fibres nerveuses motrices sur les fibres musculaires lisses d*un cul-de -sac gastrique de la Sangsue officinale, traité par la méthode de Tor.
m^mf cellales musculaires lisses; — a, noyau de Tune d*elies; -^ g, cellule gaaglioonaire ; -* n, fibre nerveuse sans moelle d'où se dégageât des fils nerveux qui vont se terminer par des taches motrices, f,t, à la surface des cellules musculaires; — c^c^ cellules conncctives.
sur les cellules musculaires, c'est aux invertébrés qu'il faut s'adresser: parce que les fibres cellules y sont très développées, et que les détails de leur structure propre sont plus accusés que chez aucun vertébré. Le meilleur objet d'étude est celui qui a servi à Ranvikr : les culs-desac gastriques de la sangsue (i). Les cellules musculaires (fig. 753)
(1) Voici le procédé indiqué par Ranvier ( Traité technique, p. 649, 2° édition). On immobilise d'abord la Sangsue en l'immergeant dans Teau chloroformée. Puis on répingle sur une lame de liège, et Ton injecte dans le tube digestif^par la bouche, du jus de citron filtré, de façon à distendre Testomac. Au bout de cinq à six minutes, on ouvre l'animal ; on détache ses culs-de-sac gastnques et on les incise dans Teau
TKRMINAiSONS DANS LBS MUSCLJes aASTRlQUES DE LA SANGSUE. {i^3
y forment un treillis à larges mailles et sont tout à fait séparées les unes des autres. Elles atteignent des dimensions colossales et sont for mées d'un axe de protoplasma granuleux entouré d'une écorce de substance contractile. Quand on a employé la méthode de l'or, Taxe central protoplasmique est teint en violet et l'écorce contractile reste a peu près incolore. Sur une petite étendue, les fibres musculaires sont à peu près parallèles entre elles ; car pour former un rets, elles se rapprochent, s'accolent et divergent derechef sous des incidences très obliques.
Les travées nerveuses principales, formées de fibres amyéliniques du type de Remak et portant sur leur trajet ou appendues sur leurs côtés des cellules ganglionnaires bipolaires ou multipolaires, croisent en général la direction des cellules musculaires.il se dégage, des travées, des fibres nerveuses fines qui longent les cellules musculaires et concourent entre elles de distance en distance pour former un rets dont les mailles sont parallèles et décurrentes à celles de la formation musculaire. De ce rets plexiforme, partent de distance en distance des branches courtes qui se terminent chacune par une tache motrice à la surface d'une cellule musculaire : c'est-à-dire en s'appuyant sur l'écorce contractile sans pénétrer dans son épaisseur.
Terminalaonii motrices des muselés lisses des vertébrés. — Chez
les vertébrés, aucun muscle lisse n'est soumis à la volonté ; tous font partie du système de la vie organique tel que l'entendait Bichat. Comme ceux correspondants des invertébrés, tous aussi sont abordés par des fibres nerveuses qui, avant de se terminer, afi'ectent des dispositions en plexus et sont en rapport avec des cellules ganglionnaires du type sympathique.
Prenons pour exemple les nerfs commandant les fibres musculaires lisses d'une artériole telle que celles qui parcourent le tissu conjonctif lâche et lamelleux interlobulaire de la lacrymale du Lapin, mis en évidence par la méthode du bleu de méthylène direct. Dans les
distillée. On chasse au pinceau Tépithélium gastrique ; puis, on plonge la membrane dans une solution de chlorure d'or à 1 pour 100. On l'en retire au bout de vingt minutes pour la porter, après lavage rapide à Teau distillée, dans une solution d*acide formique au quart, où on Taban'lonne douze ou quinze heures à Tobscurité. On examine ensuite des lambeaux, tendus sur la lame de verre par demi-dessiccation, dans la glycérine saturée de sel marin où Tor ne se réduit plus. Au bout de quelques semaines, on peut rendre la préparation tout à fiait persistante en la faisant passer par Talcool, Tessence de girofle, Tessence de bergamote et en montant dans la résine Dammar. La même opération peut être faite pour les plaques motrices de la Couleuvre et du Lézard, sans aucune altération des images fournies par l'or. On ne peut au contraire monter d'emblée dans le baume la préparation à l'or, du moins dans la majorité des cas, parce que le passage par l'alcool effectué d'emblée et avant que les parties aient pris lentement dans la glycérine leur disposition définitive, amène des rétractions qui embrouillent tout et créent même parfois des images fausses.