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I0J4 BOUQUETS DE WAGNER

directe des éléments respectifs des deux lames. — Eittre ra^trêmite du pied supérieur et le talon du pied inférieur, s^insinue une couche mince de lissu conjonctif, qui se poursuit d'une part au-dessus de la lame électrique pour doubler sa lamelle dorsale ou YÏtrée propre, et d'autre part se continue avec Tenvebïppe connective du prisme. — La pièce de soutien, tendue comme au diaphragme au-dessus de chaque lame électrique, est donc une expatjsioii transversale de la charpente conitective latérale ou gaine conjonctive du prisme. Elle ferme en travers le compartiment dévolu à chacune des lames électriques,

Bouiinets de Wagner, nerfs et lolftes nervcnsi éleclrii|ne«. " — I^S

nerfs électriques émanent de deux centres spéciaux, de volume considérable, adjacents à droite et à gauche au bulbe rachidien. Ils scmt formés de fibres à myéline toutes volumineuses et sensiblement loules aussi d'égal diamètre, formées de segments inlerannulaires environ de moitié plus courts que ceux des fibres nerveuses ordinaires. Us s'étendent directement de leur origine à leur termi liaison dans les organes éleclriques; leurs fibres a myéline ne subissent dans ce parcours aucun branchement. Us chen^inent entourés d'une charpente connective formée de lames concentriques emboîtées les unes dans les autres, de façon que chaque fibre nerveuse soit individuellement tmtourée d'une gaine propre au sein du cordon nerveux. Dans ce nerf, chaque fibre nerveuse représente donc a elle seule un cordon tierveux individualisé; les nerfs ne renferment en outre aucune travée de fibres de Remak (Ranvier).

Les fibres nerveuses conservent dans toute leur étendue le même diamètre, et s'engagent dans les întervalles des prismes électriques. Puis, dans l'épaisseur de la gaine interne de ceux-ci, elles se résolvent brusquement en un bouquet de branches filles naissant toutes d'un seul et même élranglenjeut annulaire qui termine la fibre restét* jusque-là indivise : c'est ce qu'on appelle le bouqtwi dp Wagner (i).

Les bouquets de Wagner sont placés à la surface des prismes électriques ; ils font saillie dans l'intérieur du prisme lui même. Us sont formés d'un nombre variable de branches- filles, toutes nées sur rétranglement annulaire préterminal : on peut en compter jusqu'à douze dans un même bouquet. Aussitôt après leur naissancej elles se grtmpent en deux faisceaux divergeant Tua vers le sommet, lautre vers la base du prisme, et la gaine lanielleuse stratifiée se subdivise pour les accompagner. Chemin faisaat et successivement, chaque branche du faisceau se replie brusquement^quilte le faisceau en entraînant avec elle sa gaine propre et pénètre entre deux lames électriques-

(I) R, Wagner, Ueber den feineren fîat* des éleetrmhtn Or^ans in Zkîerrû-

c/*#n (Goeltingen, 1847).

VAISSEAUX, — GKLLULBS OANOLIONNAIRES DU LOBE ELECTRIQUE. 1015

Elle atteint la face ventrale concave de la lame électrique qui forme la voûte de l'intervalle, concourt à former sa lamelle ventrale et s'y résout en arborisations préterminales et terminales comme je l'ai indiqué plus haut.

Les vaisseaux de l'organe électrique des Torpilles sont peu nom breux, et ceux d'entre eux soumis à des oscillations hydrauliques brusques (c'est-à-dire les artères et les veines) sont contenus dans les cloisons des prismes : pièces de charpente solides où s'épuisent leurs mouvements sans influencer les parties délicates de l'appareil élec trique proprement dit. Les lames électriques ne contiennent que des capillaires vrais d'un très gros diamètre, présentant des bifurcations rares et des mailles très larges, sans aucune analogie avec le dispositif typique des capillaires d'un cordon nerveux ni d'un muscle strié ou lisse.

Quant aux lobes électriques, ils sont constitués essentiellement par une énorme quantité de cellules multipolaires de grande taille et pour ainsi dire géantes. Chacune d'elles émet un prolongement de Deiters qui devient le cylindre d'axe d'une fibre à myéline du nerf électrique (Ranvier). De ce chef, elle commande directement un bouquet de Wagner, puisque les fibres du nerf ne donnent ni branches de subdivision, ni collatérales sur leur trajet du lobe au bouquet. Chaque fibre nerveuse tient ainsi sous sa dépendance et actionne autant de lames électriques que le bouquet de Wagner compte de branches.

€)oBiparalsoii entre le» tomes éleetrlqaes et lea émlBeBees termlnalea

de* mnaeies atrién. — On a comparé longtemps les prismes électriques à des muscles dans lesquels la substance contractile aurait disparu, tandis qu'en revanche leurs éminences terminales auraient pris un développement majeur et une grande complication. Défait, ces prismes ne se développent pas du tout comme des muscles. Ils ont seulement ceci de commun avec un muscle strié ordinaire, que de même que la contraction de ce dernier, la décharge véritablement électrique et qui peut servir à charger un condensateur (Armand Moreau) est absolument volo.itaire. Dans les deux cas aussi, la mise enjeu des deux appareils s'efiFectue brusquement. A moins de vouloir transporter en Anatomie générale des conceptions morphologiques transcendantes tout à fait étrangères à la science, il faut s'arrêter là et conclure qu'un muscle strié et un organe électrique sont deux appareils moteurs tout différents, mais en revanche au sein desquels la terminaison des nerfs s'effectue de façon très analogue.

Cela posé, les lames électriques et leurs arborisations, les éminences motrices complexes et leurs arborisations, se ressemblent beaucoup. Même mode de distribution, de terminaison libre des nerfs à leurs extrémités, d'anastomoses rares de branche à branche au voisinage des terminaisons ; même concours entre les tiges nerveuses terminales et des

i0i6 COMPARAISON DES LAMES ELECTRIQUES AVEC LES PLAfJUKS MOTRICES

lames protoplasmiques granuleuses semées de noy^niix fondâmeataux. La différence essentielle est que, dans la lame électrique, il part — serable-t-il — des branches extrêmes de Tarborisation unti brosse de cils montant droit et parallèlement les uns aux autres pour se terminer librement tous à même hauteur dans la zone semi-liquide de la couche granuleuse qui règne entre celle-ci et le plan de rarborisation. Ces cils ne sont peut-être que les Bbrilles élémentaires des branches de l'arborisation nerveuse terminale, dégagées de leur fasciculatioQ en fibres par une série de coudes successifs qui les rendent parallèles, libres à leur extrémité et, de ce chef, capables de répartir d'un seul coup l'action nerveuse totale sur une grande surface par une multitude de points terminaux, pour Vy distribuer ainsi avec le maximum de rapidité.

De fait, l'existence dans une terminaison motrice de muscle strié de la lame granuleuse semée de noyaux semble bien être en rapport avec la rapidité de la mise en jeu du faisceau primitif à la suite de rincilation motrice qu'il reçoit du nerf. Rien n'égale la sorte d'instantanéité des mouvements volontaires du Lézard qui, de tous les vertébrés, possède les éminences terminales les plus étendues, les plus complexe;? et aussi les plus riches en substance granuleuse. La larne granuleuse semée de noyaux est également développée au maximum dans les fuseaux névro-musculaires, tels que ceux du Chat, du Cobaye, eic* qui semblent bien agir comme des signaux réfléchi^^Ë^ant immédiatement l'état d'excitation du muscle à un moment donné, de manière à fournir la conscience de cet état d'une façon pour ainsi dire continue dans ses stades consécutifs. Inversement, chez les animaux dont les mouvements, même exécutés par les muscles striés, sont lents et progressifs, — les Salamandres, leâ Tortues, les Anoures par exemple, — les terminaisons motrices sont ordinairement dépourvues de semelle granuleuse. Elles ressemblent à celles des muscles lisses* De même, chez les mammifères, les muscles qui déploient une action soit brusque dans certains cas, soit dans d'autres cas lente et progressive, renferment, à côté des éminences motrices complexes, des terminaisons comparables à celles des muscles striés de la Salamandre. Tels sont ceux qui meuvent le globe oculaire, comme G. Rhttzics Ta fait voir chez le Lapin.

Temiiiaisoiia notriees glandulaires. — Je serai bnnf sur cette question, qui d'ailleurs est encore h l'étude si on la prend dans son sens le plus étendu : celui de la loi des terminaisons des nerfs dans toutes les glandes en général. Personne n'admet plus aujounrhui l'opinion de Pfloger (1) qui pensait que, dans les glandes aalivaires, les dernières branches nerveuses, amyéliniques, après avoir franchi la meni-

(1) PPi.uJEa, Die Speicheldrii-^enCAf mwW de Strigrbr, 18Ô9).

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