‹ Traité d'histologie pratiqueChapitre 144 sur 489 · TIGES NERVEUSES TERMINALES INTERCBLLULAIRES · texte numérisé non relu

TIGES NERVEUSES TERMINALES INTERCBLLULAIRES

épithélial de Cohnheim », qui, à vrai dire, n'est qu'une intrication plexiforme. Le chromate d'argent, tout comme le bleu de méthylène, montre en effet que, dans l'entrelacs, les diverses branches* de végétation issues du plexus sous -épithélial conservent leur individualité et se ramifient comme les branches d'un arbre. Elles sont toutes perlées et, engageant enfin leurs tiges terminales entre les cellules plates de la couche superficielle de l'épithélium qu'elles contournent parfois en pas de vis, elles se terminent au voisinage de la surface par de petits renflements en bouton. Avec le bleu de méthylène, on reconnaît que ce- bouton, ordinairement étiré en forme de poire ou de larme, est la dernière perle du dispositif perlé. Souvent elle n'est pas plus grosse que les autres. La découverte de ces nerfs intra-épi~ théliaux est due à Ck)HNHEiM qui n'a pas laissé grand* chose à y ajouter. Toutefois, il pensait à tort que les boutons terminaux dépassent l'épithélium et flottent dans le liquide des larmes. En réalité, comme l'ont présumé Kollïker (1) et ensuite Ranvier (2), les nerfs sont toujours compris dans les assises superficielles de l'épithélium et quand exceptionnellement on les voit complètement libres, on est en droit de supposer qu'ils ont été mis à nu par la chute des cellules qui les recouvraient. En effet, par la méthode du bleu de méthylène on se convainc facilement qu'au dessus d'eux passent toujours une ou deux rangées de cellules épidermiques.

Chaque branche autonome de l'arborisation intra-épithéliale avec ses tiges terminales perlées, répond ainsi au pôle réceptif d'une cellule ganglionnaire du trijumeau. L'autonomie et la marche de ces l)ranches sont bien montrées par la métliode du chromate d'argent qui n'en saisit que quelques-unes, les dégage de l'entrelacs général intra-épithélial, et permet de les voir s'arboriser dans l'épithélium comme les ramifications d'une plante. On peut suivre de la même façon les branches au loin à travers le plexus fondamental, et se convaincre qu'en aucun point de Tintrication plexiforme il n'y a de réseau vrai. D'autre part, il est actuellement certain qu'aucune branche de l'arborisation ne va se terminer dans une cellule épithéliale. Cette question, suscitée par les travaux de Merkel dont je parlerai plus loin, a été l'objet d'un débat prolongé (3), mais aujourd'hui entière

(1) KôLLiRER, Ueber (lie Nervenendigaiigen in der Hornhautf Wtïrf-j 6m r^ Nainrio, Zeitschr.,iSm).

(2) Ranvier, Traité technique d'histologie j 2« édit., p. 668.

(3) 11 y a vingt ans, Waldeyer, dans son article sur la cornée du Manuel de Graefe et Sœmisch, indiquait comme non résolus un certain nombre de problèmes et parmi eux les suivants: — i" Les nerfs de l'épithélium et de la substance propre de la cornée se terminent-ils dans des organes spéciaux, ou forment ils des réseaux et des plexus terminaux? — 2° Les fibres nerveuses se terminent- elles toutes par une extrémité libre dans l'épithélium, ou sont- elles en rapports organiques avec les cellules, c'est-à-dire s«e soudent-elles à une partie quelconque de ces cellules? —3* Les

Page 1