TIGES NERVEUSES TERMINALES
en formant entre elles des points nodaux (Ranvier). Cette disposition rappelle le plexus fondamental de la cornée du Lapin. De là partent les ramuscules nerveux intra-épithéliaux.
Ils s'engagent dans le corps de Malpighi en suivant toujours la voie des lignes de ciment. Ils montent et circulent entre les cellules malpighiennes en divers sens et par un trajet compliqué, se divisent et se subdivisent comme les branches d'un arbre, et se terminent dans les lignes de ciment par une extrémité renflée en larme ou bien par une de leurs perles soit an peu plus grosse, soit de diamètre égal aux autres. La petite tige nerveuse réunit les perles comme un âl ténu. Souvent, eue monte tout droit le long des cellules à pied ou des séries élévatoires de cellules malpighiennes, et se termine en faisant front aux couches épidermiques qui passent au-dessus du corps de Malpighi et dans lesquelles elle ne s'engage pas. D'autres fibres nerveuses prennent un trajet oblique ou horizontal au bout duquel se fait leur terminaison. Sur une coupe de la peau faite sans durcissement préalable, on peut se rendre compte, en déplaçant la lamelle, que les branches terminales perlées sont tenues fixées en place dans l'intervalle des cellules malpighiennes. Elles n'ont point de jeu dans les lignes de ciment, et suivent sans perdre leurs connexions tous les mouvements d'extension ou de retrait. L'extrémité nerveuse, engagée dans le corps muqueux, est donc disposée de façon à pouvoir rapporter les contacts à leur direction exacte et à les orienter sûrement. De plus, étant fixée, elle ne peut plus subir dès lors que le simple jeu de tension tel qu'il résulte nécessairement des variations de son dispositif perlé. Celui-ci étant surpris par le bleu alors qu'il est plus ou moins accusé sur les diverses branches nerveuses fibrillaires ou dans les diverses parties d'une même branche, il devient évident qu'il est susceptible de changements sur le nerf vivant. Toutes ces branches perlées sont si nombreuses sur la peau et la muqueuse des lèvres du Lapin, qu'elles forment dans le corps de Malpighi des arborisations comparables à celles d'un gazon serré. A la surface interne des joues et dans les régions peu tactiles de la peau, elles sont encore assez abondantes pour suggérer une conception toute nouvelle de la surface tégumentaire. On voit en effet que bien que celle-ci ne renferme plus, comme à l'origine, les cellules nerveuses sensitives, ces dernières s'y sont derechef engagées non pas en totalité, mais par rimmense chevelu de leurs pôles réceptifs. Telles des
les avoir examinées rapidement dans la solution salée à 7 pour 1000 afin de constater quels senties points de Tarborisation intra-épidermique où existe le dispositif perlé, on fixe la coupe par la solution de picrate d*animoniaque. On conserve les préparations dans la glycérine salée saturée de picrate d'ammoniaque et de bleu de méthylène. Ces préparations sont persistantes. Le procédé du bleu direct, moins sûr mais plus commode, sera employé de même façon.
Rbnaut. — Histologie, II. 66
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PIQURES STELLAIHES DE LANOERHANS.
plantes sorties du sol et devenues à tige aérienne envoient, au loin, le chevelu de leurs radicelles se déployer dans la terre arable, source de leur activité. De même les cellules nerveuses sensitives des centres,
qui tirent leurs premières impressions et, par suite, l'origine de leur mise en jeu des- surfaces tégumentaires, sont redevenues présentes au sein de celles-ci par le nombre infini des prolongements protoplasmiques issus deleurs corps reportés au loin. Considéré de cette façon, le tégument devient une sorte de membrane nerveuse comme l'avait pressenti Gubler.
Lanoherans était allé plus loin : ilpensaitquelecorps de Malpighi renferme de véritables cellules nerveuses placées sur le trajet des nerfs; mais c'est une erreur : Eberth (1 ), Arnstein (2), puis RanviER (3) ont faitvoir que les figures stellaires observées par Langerhans ne sont autre chose que des cellules migralricés, en voie de marche dans les lignes de ciment qui sont aussi les chemins des nerfs. Ces cellules, pour s*insinuer dans les espaces intercellulaires étroits, s'étirent de mille manières souvent sur une grande étendue. Et parfois elles s'accolent aux nerfs, de façon à faite -croire que ces derniers répondent à l'un de leurs prolongements (4).
Fia. 772. — Arboripation tfrminale perlée d'une fibre nerveuse sensitive dans Tépithélium de l'œsophage du Chat. (D'après G. Retzius, méthode rapide de Golgi) — Figure empruntée à Déjerine.)
o, surface libre de rèpithélium ; — n, fibre nerveufte sortant du tissu conjonctif bg^ pour s*arboriser dans le corps de Malpighi.
(i) Eberth, Die Endigung der Hautnerven (Arch, f, mikr. Anat.^ t. VI, p. 223, 1870).
(2) Arnstein, Die Nerven der behaarten Haut (Acad. des Sciences de ViennCt t. LXXIV, 1876).
(3) L. Ranvier, Traité techn. d'Histologie ^2^ édit., p. 692.
(4) Il est facile de démontrer, sur une préparation à l'or renfermant des figures stellaires colorées en violet et placée» sur le trajet des norfs, que celles-ci répondent à des cellules migiatrices On colore fonement à Thématéine ; on lave dans l'eau acidulée par une ou deux goutter d'aci le formique, et on examine. Au centre de chacune des figures stellaires, on voit apparaître le noyau bosselé, multiforme et d'apparence fragmentaire, des cellules migratrices dites « leucocytes polynucléés » . Ce noyau, coloré en bleu intense, est absolument caractéristique ; et on en voit apparaître une série de tout semblables là où l'or, par sa réduction, n*avait pas marqué de figure stellaire^ ou bien au centre de celles des figures stellaires dessinées par Tor qui n'ont aucun rapport avec les nerfs engagés dans le corps de Malpighi.