FIXATION DBS TIGES NERVEUSES DANS LES LIGNES DE CIMENT
J'ai déjà parlé plusieurs fois de révolution des nerfs engagés dans le corps muqueux et sur laquelle a justement insisté Ranvier. Les branches âbriliaires intra-épithéliales ne dépassent jamais la couche granuleuse dans la peau, et ne pénètrent pas dans la couche des cel> Iules épidermiques des muqueuses du type malpighien (flg. 772), du moins à l'état de tiges nerveuses actives et continues. Comme il l'a vu dans l'épiderme du plateau terminal du groin du Porc, où les nerfs iotra-épithéliaux sont très nombreux et de disposition trèsélé* gante, chaque assise du corps de Malpighi, en même temps qu'elle s'élève à son tour pour passer dans l'épiderme, emporte avec elle les extrémités des tiges nerveuses terminales engagées dans l'écart de ses cellules propres.
Ces tiges « se décomposent, au voisinage de leur terminaison, en grains ou en gouttes qui, par suite de l'évolution épithéliale, peuvent être entraînés jusque dans la couche cornée (1) ». Ceci prouve deux choses : 1® que les extrémités des fibrilles sensitives sont si bien fixées en place entre les cellules malpighiennes, qu'elles ne s'en peuvent dégager par glissement, quand ces cellules montent pour gagner Tassise épidermique; 2^ que chaque assise épidermique émonde, en se séparant du corps de Malpighi, toutes les branches nerveuses par leur extrémité.
Dans les épithéliums cylindriques stratifiés, tels que ceux des voies aériennes, il pénètre également un grand nombre d'arborisations nerveuses fibrillaires et perlées qui se terminent entre les cellules par des extrémités libres ainsi que Ta décrit et figuré Retzius (fig. 773). Les tiges terminales, sur lesquelles le chromate d'argent dessine le dispositif perlé par des varicosités, finissent à une courte distance de la ligne des plateaux par de petits renflements ; ou bien elles se recourbent en anse pour prendre un trajet rétrograde avant de se terminer à mi-hauteur ou vers la base des cellules cylindriques. D'autres fois, comme dans le vestibule laryngé, nombre d'entre elles prennent un trajet tangentiel au
Fig. 773.— Arborisations nerveuses sensitives perlées (variqueuses) dans répitbélium ae la région sus-glottique du larynx d'un Chat desix semaines. — Méthode rapide de GoLGi. (D'après G. Rktzius.
— Figure empruntée à Déjbrinb )
Au niveaa des couches épidormiquês, les branches de Tarborisation des deux fibres nerveuses n^n^ prennent une direction tangentielle.
(1) L. Ranvier, Traité techn. d'Histologie^ 2« édit.j p. *
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voisinage immédiat ^de la surface libre sous la ligne des plateaux; et elles dessinent là une intrication perlée. Ce dispositif semble en rapport avec la sensibilité superficielle et très délicate de cette région, où le moindre corps étranger suscite le réflexe violent de la toux.
FiQ. 774. — Distribution des fibres nerveuses sensitives dans râpithéliuin pavimenteux stratifié de la vessie du Lapin. Méthode rapide de Golgl {D*apibs G. R£T' zius; figure empruntée à Déjerine.)
0, surface libre de rèpithèlium vésical; — h g, tissu conjonctif sous-^pithéliûl ; — n^ (tbr« nerveuse s*engageant dans répithélium et s^arbor.'aant en branrhes taDg«ntie]le» dool les ramuscules terminaux sont récurrents.
— Pas plus que dans la cornée, on ne trouve là des tiges terminales projetant leur extrémité libre hors de la ligne des plateaux* Dans les épithéliums soit cylindriques, soit pavimenteux stratifiés (fig. 774) d*une autre origine que ceux dont je viens de parler (intestin, vessie, par exemple), les nerfs sensitifs pénètrent de la même façon et se comportent d'une manière analogue. Aucun d'eux n entre en relation de continuité avec des cellules épithéliales ni surtout ne présente de dispositifs spéciaux, en vue du toucher réelleraont différencié. Aux arborisations terminales semble répondre le sens des contacts p\xr et simple, soit conscient d'emblée, soit origine de divers réflexes : comme par exemple à la surface interne de rintestin^ d^la vessie, des canaux excréteurs des glandes, etc«