‹ Traité d'histologie pratiqueChapitre 163 sur 489 · CORPUSCULES DE PACINI · texte numérisé non relu

CORPUSCULES DE PACINI

riétésde terminaisons nerveuses sensitives ; il faut donc les considérer comme appartenant à une seule et même famille morphologique.

Corpuscules de Pacini. — Les corpuscules de Paciui de l'hypoderme de l'Homme ou ceux du mésentère et du mésocôlon du Chat, ont la même structure générale ; mais les seconds sont plus volumineux. Ils affectent la forme d'qne petile perle allongée, chatoyante et brillante, appendue par un pédicule aux petits filets nerveux. Ce pédicule répond à une fibre nerveuse à moelle entourée d'une gaine lamelleuse épaisse, mais formée d*un grand nombre de lamelles très minces.

FiG. 786. — Corpuscule du lact composé et corpuscule pacinien du bec du Canard pris dans une coupe du thécorbynque (méthode de Tor) où les deux corpuscules sont commandés par les branches d'un seul et même fascicule nerveux.

H, gaine de Healc du fascicule nerveux dont les fibres se Icrminenl dans le corpuscule du tact et dans le corpuscule pacinien; — aa, libre destinée au corpuscule pacinien et recevant une anastomose do celle n' qui donne une branche au corpuscule du lact; — n m^ fibre du corpuscale du tact, tordue en boucle avant d'aborder celui-«^i; — rt^ terminaison en pompon du cylindre-axe de celte fibre dans la massue c du corpuscule pacinien; — cap, capsule stratifiée du corpuscule pacinien; — 1, ?, 3, cellules tactiles du corpuscule du lact; — d<, <i/, ses deux disques tactiles; — E, couche profonde de répithélium nialpigbien du bec; — P, relief d'une papille sous l'épithélium.

Le corpuscule lui-même est constitué par des capsules emboîtées, résultant du développement, et en même temps de Técart successif et à angle vif autour de lui, de chacune des lamelles delà gaine en commençant par les plus externes. Ces capsules entourent et circonscri vent, de la sorte, une cavité centrale en forme de massue — la massue centrale — que leur transparence permet de distinguer sur le corpuscule examiné dans son propre plasma, et qui renferme une substance granuleuse et réfringente. C'est dans l'axe de cette massue et dans la substance qu'elle contient que se termine la fibre nerveuse afférente. — Arrivée par l'un des pôles du corpuscule, elle s'engage

lÛÔ'j TERMINAISON DU CYLINDRB-AXE DANS LA MAëSUË.

daus la paroi de ce dernier et traverse droit les ca()sules emboîtées san£> perdre sa myéline. Juste au niveau de rentrée de la libre daus la cavité en massue, la myéline disparaît ; le dernier segment interannulaira finit par une extrémité effllétj d'où se dégage le cylindre d'axe. Celui-ci, très nettement flbrillaire» de diamètre pres{[ue égal a celui de la fibre à moelle qui Ta fourni et conséquemmeiit s'étant reiitlé, monte dans Taxe de la cavité cerUnde. Dans ce trajet, il se divise et se subdivise et donne même des branches laténiles. Ces branches se divisent elles-mêmes ; elles i>e contournent de diverses manières, puis se terminent par de petits renflements inégalement développés. On peut suivre leur fibrillation jusque dans les renfle mentir terminaux, à la surface desquels U!ie ponctuation régulière marque la fin des fibrilles. On a donc affaire ici h une arborisation terminale cylindraxile.

Dans certains corpuscules, il n'en est pas ainsi. Le cylindre d'axe, dépouillé de sa gaine de myéline, ne fait que traverser la cavité eu massue. Parvenu au pôle opposé, il reprend sa gaine myéliniquepour fnuicliir la paroi derechef et aller plus loin, snit pour se terminer dans un autre corpuscule dePacini, ^oit pour en traverser un second avant de se terminer dans un troisième.

(^ïnand on a traité les corpuscules de Pacini, par la méthode de Toi* (1) et qu'on les sectionne ensuite en long ou en travers on recon-

(Ij Pour étudier les corpuscules de PaciDÏ, on peut cdever l'un d'eux sur le mésentère du Chat et le fixer pendant quelques hotires par la aglulion ckamïque à 1 pour lOO; ou bien on pratique sur le trajet Aqb eollatêraus des doigts réeemment amputés une injection interstitielle d'acideosmi^jue à i paur 100. On L'hoi^ît les corp^ do Pacini entourés de pelotons adipeux nettement colorés eu noir, pour êhe *ur que l'iujeetion lésa bien atteints et fixés. On les dissèque, et on les colora ^^q ma^ae pendant vingt-quatre à quarante-huit heures avec le carîuin alunc ; puîii ou les lave, ou ucliève li^ durcissement par Talcool et ensuite on pratique le^ coupes^ Mgictales ou transverealeSf à main levée, le corpuscule étant tenu et oiienté dans une fente d'un c vlmdre de moelle de sureau. On peut aussi faire les > oupea suv le corpuscule simplement fixé par l'acide osmique, et les colorer ensuite avec réo&în© bomatoxjïique. On les li-aite par Talccool éositic, puis par les deux essences de girofle et de bergamote et on ruonte dans le baume. On obtient de la sorte des préparations à ta fuis persistantes et magnifiques.

Dans Thypoderme des doigts traités par h métliode de Tor (proc-tnlé du jus de citron), les corps de Facini montrent le plus souvent leur'^laïueB concentriques et les i^appoi'ts de celles-ci avec le fuuicule, d*uae fjii;on partiijuUere nient évidente; mai* quelquefois la rcJuction deTor est trop complèto,et l(? curpuscule parait culoié unifor* mome'uten violet. On remédie à cet inconvénient en faisant lomb&r sur le» coupes quelques gouttes d'une solution de cyanure de potassium à 1 pour 100 (Raj^vier, Traité Uchnique^ p. 713). On voit alors la décoloratiou s'oporer de ïa surfat'e vers la profondeur. Quand elle est suffisante pour permet tir> TobservaiioQ, soit des lames, soll des espaces interlamellaires et des cellules endatiiéliales qiiMs reuferroeut, ou bien pour mettre en évidence la terminaison ^nerveuse daû^ la cadté en masàue^ on rarrôle en ajoutant de Tacide formique à la préparation.

LAMES GAPSULAIRES, - FUNIGULE. 1065

naît aisément que, dans chaque interligne des capsules emboîtées les unes dans les autres qui constituent leur enveloppe, il existe une rangée de cellules plates colorées en violet et formant aux capsules un revêtement continu sur leur plan de contact. La dernière capsule qui entoure la cavité de la massue est également limitée par une rangée de ces cellules plates. Autour de cette cavité, les lames capsulaires sont superposées en ordre serré et deviennent d'autant plus minces qu'elles en sont plus voisines. A la périphérie du corpuscule, elles sont également serrées les unes contre les autres, mais beaucoup moins minces. Dans la région moyenne, les lames capsulaires sont très épaisses et transparentes ; elles sont aussi beaucoup plus susceptibles de se gonfler que les extrêmes, soit par l'eau, soit par les acides dilués qu'on emploie en appliquant la méthode de l'or. Sur les préparations à l'acide osmique, on peut reconnaître que ces lames sont composées chacune de deux plans de fibres connectives noyées dans une substance fondamentale amorphe, très hygrométrique, et gonflée pendant la vie par un plasma abondant, surtout dans la région moyenne. Le plan le plus externe ne comprend que des fibres annulaires, le plus interne que des fibres longitudinales ; les deux plans sont reliés par des fibres transversales, qui les traversent à la façon de chevilles et afiectent dans les coupes en travers du corpuscule une direction rayonnante. Dans les capsules internes et dans les superficielles, qui sont à la fois plus minces que les moyennes et disposées en ordre plus serré, ce sont les fibres connectives longitudinales qui prédominent (1).

J'ai dit que la fibre nerveuse abordant chaque corpuscule est entourée d'une gaine lamelleuse à feuillets très nombreux et serrés. De prime abord, il semble que cette gaine suive la fibre jusqu'à son entrée dans la cavité en massue. Dans ce trajet, elle dessine autour du tube nerveux ce qu'on appelle le funicule. En réalité, la lamelle la plus externe de la gaine lamelleuse se continue, en se repliant à angle vif, avec la lame capsulaire la plus superficielle du corpuscule ; et la plus interne forme la paroi de la cavité en massue. Entre ces deux extrêmes, chacune à leur tour et de dehors en dedans, les lamelles de la gaine lamelleuse se continuent avec les capsules en fournissant l'origine de celles-ci par leurs reflets successifs. Chaque capsule est ainsi comparable à un ballon dont le col, représenté ici par la lamelle de la gaine lamelleuse qui a fourni la lame capsulaire,

(1) Ranvier (Traité technique, 2« édit., p. 711) a donné des lames capsulaires une description qu*on peut considérer comme définitive pour les corpuscules de Pacini de THomme et du Chat. Elle diffère de celle donnée par A. Key et G. Retzius en ce qu'elle comprend la description des fibres longitudinales et des fibres rayonnantes. Ces derniers auteurs pensaient au contraire que dans cbaquc lame capsulaire il n*y a que des fibres annulaires (Sludien in der Anaiomie des Nervensy stems ^ 1876).

COUCHES ENDOTHÉLIAI.ES INTËRLÀMELLAIRËS.

serait d'autant plus long et étroit, que la capsule devient plus interne.

Comme Ta constaté Hoyer(I), la surface des corpiisculesdePacini est

revêtue d'un endothélium continu, formé de grandes cellules à bords

rectilignes tout à fait comparables à celles des gaines de Henledes nerfs.

11 est facile de démontrer (fig. 787) que les cellules plates occupant les lignes concentriques intercapsulaires répondent également chacune à une couche endothéliale absolumentsemblable à celle de la surface (2). On peut ainsi en compter dix ou douze.

Toutefois, quand ellearrive à la zone profonde à lamelles très serrées, l'imprégnation n'est plus régulière.On nepeutdoncsavoir si à ce niveau l'endothélium restecontinudans les espaces interlamellaires. En tout cas,lorsqu*après l'imprégnation d'argent on colore le corps de Pacini au carmin aluné et qu'on y fait des coupes sagittales, on voit que les noyaux des espaces interlamellaires de la gaine lamelleuse se continuent, à chaque pli latéral des lames de celle-ci dans le funicule, avec la ligne des noyaux des couches épithéliales intercapsulaires. 11 s'ensuit qu'on doit consi-

Fio. 787. — Une moitié d'un corpuscule de Pacini dos doigts de l'Homme, préparé par section du bout, puis comprimé pour faire sortii* ses lamelles avec leurs plans endothéliauz et enfin imprégné d*argent. Conservation dans le baume du Canada.

A, cndolhé'ium du premier espace inlcrlamelîairo exposé on 1 ; — B, endothélium du second espace interlamcUaire expos* en 2; —3, 4, 5, espaces i n terl a mel laires suivants exposas avec leur endothélium auvi^i lui imprégné; — en nn' n''^ oa voit éga'oment se présenter des espaces interlanncllaires revêtus d'cndotliélium exposé plus ou moins largement comme en BË\ mais on no peut plus déterminer leur rang j'arco que les lamc'los deviennent de plus en plus serrées; — LG, point répondant aux lamelles centrales très serrées et à la cavité en mas» suc : là, l'argent s^cst réduit en masse.

(1) HoTER, Ein Beitrag zur Histologie bindegewebiger Gebilde (Arch. de Reichet't et du Bois* Raymond, i8Gb).

(2) Un corpuscule de Pacini de l'Homme est enlevé, puis coupé à Tun de ses bouts à Taide d*un coup de ciseaux dorés ; après quoi on Taplatit légèrement avec une petite aiguille de bois ou d'ivoire. Comme il n'a pas été touché par le fer, on peut rimprégner d'argent d'une façon satisfaisante. De plus, en l'écrasant légèrement auparavant, on a fait saillir sur Textrémité sectionncd une série de capsules qui font pour ainsi dire hernie et sont étagées comme les tubes d'une lorgnette déployée. Chacune de ces capsules ainsi artificiellement exposées peut être observée sans qu'on soit trompé par des superpositions de plans. De plus, l'argent atteindra chacune d'elles directement. J'ai obtenu de cette façon des préparations qui montrent clairement que chaque lamelle possède sur ses deux faces un revêtement endothélial continu.

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