CONTENU DES MASSUES
dérer Tenveloppe du corps de Pacini comme une gaine lamelleuse qui. brusquemenl, a pris au nivenu du corps de Pacini un développement à la fois particulier et colossal.
La question du contenu de la cavité en massue a donné lieu à de nombreuses discussions (1). Ce contenu, réfringent et qui semble bien être dans le corpuscule enlevé sur le vivant délicatement slrié en long, est coagulé par Tacide osmique sous forme d'une substance molle et serai -liquide» brunâtre, granuleuse comme un caillot de Ivmphe, La substance granuleuse semble aussi formée de couches concentriques sur les coupes transversales (Schafer). Elle renferme chez THomme et chez le Chat quelques noyaux appartenant à des cellules très délicates signalées par Mbrkel (2), et qui de fait ressemblent assez aux cellules godronnées des nodules fibro -hyalins encore très peu développées, plongées comme je l'ai indiqué (voy. t. II, p. 347) dans une masse gélatineuse limitée par des trabécules intra-vagitiales. Je crois qu*il s'agit encore ici d'une formation parliculière de la gaine lamelleuse en vue du soutènement de la terminaison nerveuse ou du fîlament axile en transit dans la cavité centrale du corps de Pacini.
Celui-ci coDstilue chez THomme, le Chat, etc., un petit organe assez individualisé, volumineux et développé pour recevoir des vaisseaux sanguins propres, qui donnent un réseau capillaire dans les capsules superûcielles et engagent seulement des anses plus ou moins longues dans les capsules moyennes. Ces capillaires sont compris dans 1 épaisseur même des lames capsulaires ; ils y sont limités par une paroi propre très épaisse, doublée d'une couche rameuse périvasculaire qui les sépare du tissu conj jnctif de chacune des capsules dans lesquelles ils sont engagés (Raxvier).
Corpuscules paciiiiens de la langue et du bec des Oiseaux, ou Corpuscules de Herbst. — Ces corpuscules, tout d'abord étudiés par Herbst (3), puis plus tard par Grandry, réalisent à vrai dire le type le plus simple et liistologiquement le mieux défini des terminaisons paciniennes. Beaucoup plus petits que les corps de Pacini des
(1) AxvL Keï et G. Retzeus pensaient que le contenu de la massue est formé par un tissu CDD jonc t if délicat, représentant le tissu intra-fasciculaire prolongé du petit nerfaflcrént uDi-liibulaire. yca\FER, de même qu'antérieurement Kolliker (Traité iTHiit. 2= éd. franc, p. 14.S), Va considéré de son côté comme formé de couches emboîtées (The structure of the Pacin'en corpuscles Quart. Journ, of microscopical Scienc^^i, XV, 1875, p. 137). MERKELa ensuite prétendu que la massue est entièrement formée de cellules. On verra dans le texte que la constitution de la massue, qui est un milieu de soutènement intra- vaginal, prend en réalité une constitution variable dans les diverses espèces de corpuscules paciniens.
(2) Mbrkbl, Ueber die Endigung der sensibien Nerven in der lîaut der Wirhelthiere, Rostock, 1880).
(3) Hbrbst, Gôttinger Nachrichten, 1848.
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mammifères,, ils occupent chez les palmipèdes l'épaisseur du derme subjacent au bec corné, côte à côte avec les corpuscules du tact décrits plus haut. Le plus souvent, les troncules nerveux sensitifs qui parcourent ce derme donnent à la fois des branches aux corpuscules du tact et à ceux de Herbst. On voit même fréquemment une fibre nerveuse à moelle se résoudre en branches dont les unes vont aux corpuscules du tact et les autres à ceux de Herbst. On ne saurait donc douter que ces derniers ne soient des organes du tact ; seulement on ignore à quel mode précis de la sensibilité tactile ils répondent.
Chez le Canard domestique, leur enveloppe a une constitution plus simple que celle des corpuscules de Pacinî de l'Homme et du Chien. Dans la portion périphérique, les lames capsulaires sont très épaisses et transparentes, gonflées par le plasma conneclif et séparées par des espaces interlamellaires occupés par des plans endothéliaux, par suite très distants les uns des autres. L'épaisseur, qui est un peu plus considérable dans les lames moyennes, décroît ensuite dans celles plus profondes; mais les traînées de cellules plates intercapsulai res se peuvent aisément compter. Dans le tiers interne, brusquement, l'aspect change. Les lames capsulaires deviennent de véritables lamelles serrées les unes contre les autres à la manière des traits concentriques au moyen desquels les graveurs expriment les ombres. Les lignes de cellules plates sont moins régulières qu'à la périphérie. Bref, cette région ressemble beaucoup à celle que j'ai appelée la « gaine hyaline » d'une gaine lamelleuse de nerf. Elle se colore également en brun par l'acide osmique.
La cavité en massue est, relativement au corpuscule entier, plus considérable que dans un corps de Pacini de l'Homme. Elle est bordée par une rangée unique de cellules prismatiques basses qui se continue dans le funicule avec l'endothélium de la cavité vaginale de ce dernier, occupée exactement par la fibre à myéline. Celle-ci dégage un cylindre d'axe à son extrémité, répondant à son point d'entrée dans la massue. Ce cylindre d'axe nu, assez souvent aplati comme un ruban (fig. 788), d'autres fois cylindroïde, se renfle progressivement en une sorte de spatule très allongée, admirablement striée en long et conséquemment formée de fibrilles distinctes. Il parcourt droit l'axe de la cavité et se termine au voisinage du pôle opposé à celui d'entrée, soit en se/enflant progressivement en un bulbe terminal, soit par une extrémité arrondie comparable à un pompon de grenadier (voy. fig. 786) : c'est-à-dire formée de fibrilles rayonnant toutes au contact les unes des autres, de façon à former par leur ensemble une sphère régulière. — Ici, il n'y a aucun doute à avoir sur la nature du contenu de la massue : c'est une masse homogène semi-liquide que l'acide osmique colore en brun et que parcourt lecyhndre-axe teint en noir enfumé, comme s'il était imprégné d'un plasma analogue à celui du corps de Malpighi.