CONSTITUTION DES FIBRES DU CRISTALLIN
yariâbles et butant contre elle. Les cellules, tant à pied qu'en calottes, ont sensiblement la même structure que celles de l'épithélium antérieur de la cornée. L'ensemble forme un petit cristallin entièrement transparent, bien qu'il se soit achevé sur un type inférieur et abortif.
L'étude lie ce cristallin est instructive à un autre point de vue. Elle montre que l'épithélium cristallinien postérieur végète non pas par une poussée uniforme sur toute la surface concave de l'hémisphère postérieur de la cristalloïde, mais bien par groupes distincts, indiqués ici par chacun des groupes flocculeux. Ceci explique la raison d'être des étoiles du cristallin : elles répondent aux surfaces de rencontre des divers groupes de végétation secondaires qui viennent doubler le noyau cristallinien primitif tel qu'il a été décrit un peu plus haut. Cette poussée nouvelle a pour siège exclusif l'équateur de l'organe. Là, les cellules cubiques de la zone marginale de l'épithélium antérieur se divisent, en donnant d'abord des figures de juxtaposition répondant à des éléments qui sont rejetés au delà de la ligne de cuticulisation. Ceux-ci donnent, à leur tour, des figures de superposition ; mais au lieu de se diviser ensuite comme chez la Taupe, ils prennent la forme de fibres du cristallin renfer*mant des noyaux multiples.
Pour dégager la structure intime des fibres cristalliniennes qui semblentabsolumenthomogènes et sont transparentes dans toutes leurs parties, il convient d'étudier celles très courtes et très grosses du cristallin de l'Ammocète, à l'aide de l'acide osmique ou en employant la méthode de l'or. On peut alors se convaincre qu'elles comprennent deux parties : 1^ un protoplasma central semi-liquide, qui vacuole finement et que l'or colore en rose, l'acide osmique en noir enfumé c il renferme par conséquent une substance grasse plus ou moins analogue à la myéline au sein de laquelle les noyaux sont placés; 2® une écorce, ou exoplasme délicat et membraniforme, limitant la fibre et déterminant sa configuration. L'écorce est parcourue par des cannelures parallèles, homologues des crêtes en relief existant à la surface des séries élévatoires de cellules ectodermiques dans l'épithélium cornéen et dans celui du corps de Malpighi. Les saillants et les rentrants de cette striation s'appliquent les uns dans les autres sur les fibres juxtaposées du cristallin. Quand celles-ci sont sectionnées en travers, elles paraissent par suite dentées sur leur pourtour, comme tous les histologistes qui se sont succédé l'ont fait remarquer.
Dans l'ectoderme tégumentaire des vertébrés supérieurs, on ne rencontre d'autre homologue lointain des cellules cristalliniennes que les hautes cellules à pied. D'autre part, Tétude du cristallin développé sur un type abortif tel que celui de la Taupe, montre qu'en efiet une végétation par le mécanisme des cellules à pied peut remplacer celle des fibres cristalliniennes et fonctionnellement l'équivaloir. Chez les
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vertébrés iaférieurs, on trouve dans recloderme diffus du léguraent une autre forme cellulaire qui se rapproche davantage des fibres du cristallin : ce sont les a massues » de F.-E, ScHULTiiE. Les massues (voy. t. II, p. 727, 4), sur la signification desquelles on a émis nombre d*hypothèses, forment évidemmetit dans répitliélium légumentaire des cycles tomes une sorte de fulcrum radial discontinu. De plus, elles sont très réfringentes et absolument transparentes. Leur tête, renflée, pourrait bien jouer un rôle pour concentrer la lumière sur certains points de la ligne d'insertion de Tectoderme, occupés par de grands chromoblastes que chacun peut aisément observer, Enflo, dans leurs intervalles prennent place Its « cellules granuleuses de Kolliker » : formations neuroïdes ou paz^anenrales très probablement de répithélium tégumentaire des poissons à peau nue. Pour ces divers motifs, j'incline à penser que Tectoderme de la tf plaque cristallinienne » subit, en regard du neuro-épithélium de la vésicule optique primaire qui bute contre lui, une différenciation fondamentalement semblable à celle des « massues de Kolliker ». Ces cellules deviennent à la fois des pièces de soutien et des agents de transmission et de concentration de la lumière de dehors en dedaus. l>e même eclodemie constituerait aussi, dans cette conception, un neuro-épithélium ayant évolué tout entier en cellules de soutien assurant du même coup la convergence des ondes lumineuses vers le point occupé par Tévagination visuelle du névraxe. Il est d'ailleurs certain qu'avant de jouer le rôle d'organe dioptrique, le cristallin embryonnaire se comporte, à regard de la vésicule optique, comme une formation de soutien comparable à la corde dorsale par rapport au névraxe entier. C'est en effet à la surface du cristallin que la rétine se modèle et prend sa forme définitive, au moment où la vésicule optique primaire se tourne en cupule optique.
C'est pendant la période fœtale que le développement du crtstallin est le plus actif. Chez le fœtus humain de quatre mois, il a même acquis presque le terme de sa croissance ; puisqu en moyenne il pèse déjà 123 milligrammes, et celui de l'adulte seulement 07 milligrammes de plus, soit 190 milligrammes. Entre les deux stades, il gagne donc moins d'un tiers de son poids. Cette croissance précoce et rapide de l'organe dioptrique, qui le rend prêt à fonctionner bien avant Torgane sensoriel de la vision, est tout entière due à ce que^ dans la phase fœtale, le cristallin possède la vie par le sang, qui lui manquera ensuite totalement au delà de cette phase.
Chez l'embryon, puis dans la phase fœtale, le cristallin possède un système vasculaire enveloppant, tout à fait comparable à celui des culs- de-sac glandulaires et formant ce qu'on appelle la tunique vasculaire du cristallin (fig. 807), déjà complètement développée chez l'embryon humain du deuxième mois. Ses vaisseaux sont des branches
TUNIQUE VASCULAIRB DU CRISTALLIN FŒTAL.
de ceux du corps vitré, fournis par le rameau hyaloïdien qui continue l'artère centrale de la rétine en avant. Ce rameau, divisé en plusieurs branches qui traversent le corps vitré, est comme tous ceux du tissu conjonctif à ce stade un vaisseau fœtal, c'est-à-dire à parois embryonnaires bien que fonctioonellement il représente une artère. A sa surface on voit des cellules plates représentant la couche périvasculaire. Tout autour du cristallin, le vaisseau afférent se résout en un rets de capil-
Fi(i. 807. — Coupe sagittale de l'œil d'un embryon de Lapin, passant un peu en dehors du pédicule optique. Fixation par le liquide de Millier; coloration à la purpuiine et léosine. Faible grossissement.
O, pédicule de la copule optique; — R, son feuillet rétinien, doublé à petite distance en arrière par le feuillet pign.ontaire ep^ déjà réduit à une seule assise de cellules et pigmenté ; — ea, épithéliam antérieur dii cristallin, encore formé de deux rangées de cellules; — c, fibres da cristallin; -— rc, vaisseaux du cristallin ; — «, ectoderme téguraenlaire se doublant,- de la marge au cenlre, de tissu cotjonctit* embrj'onnaire origine de celui de la cornée; — P, P, boorgcons papébraux, formés par deux reliefs du tissu conjonctif embryonnaire «n,tn.
laires fœtaux appliqués sur la surface externe de la cristalloïde. Les capillaires contournent le cristallin au niveau du genou de la cupule optique et se dirigent comme des rayons vers le centre. Arrivés là, Qs se réfléchissent en formant des anses terminales ; ^t à ce niveau aussi ils communiquent avec les vaisseaux enveloppants de l'œil. Ces vaisseaux antérieurs, rampant sur la face externe de la cristalloïde antérieure, forment en avant ce qu'on appelle la a membrane pupillaire», qui avec eux disparaît avant la naissance. L'ensemble des vaisseaux sanguins entourant le cristallin répond au réseau lentictilaire de ce dernier. D'autre part, sur le point où il aborde le corps