INSERTION DES FRANGES A LA LIMITANTE EXTERNE
bâtonnets et des cônes, ce qu'on appelle les corbeilles. Quand l'épithélinra pigmenté tend (1) à se séparer du feuillet rétinien à partir d'un point donné, on voit les franges s'étirer d'abord de plus en plus comme de petits fils élastiques, qui plus loin se rompent On voit de même les segments externes des bâtonnets, et ceux des cônes longs dans les rétines à cônes, s'étirer de la même façon entre leur insertion sur la limitante externe et le feuillet pigmentaire soulevé. Ils adhèrent donc, par leur extrémité répondant au fond des calices, aux cellules épithélialespigmentaires correspondantes. Chez la Grenouille, une cellule pigmentaire enveloppe de ses franges un bâtonnet au fond de l'œil et de douze à quinze vers l'équateur. Elle enveloppe quarante cônes chez la Tortue grecque (Morano). La fonction pigmentaire s'exerce donc plus activement à Tégard des bâtonnets qu'à l'égard des cônes ; et le travail est d'autant plus divisé que la cellule répond à une région plus visuelle de la rétine.
Entre les franges pigmentaires et les bâtonnets ou les cônes, il n'y a point de ciment, même comparable au ciment interstitiel liquide des épithéliums. Là règne seulement le plasma rétinien. Dans ce milieu liquide, les segments externes des bâtonnets et des cônes, intriqués avec les franges pigmentaires, sont tenus tendus les uns et les autres, sauf quand il existe des cônes courts ou abortifs dont le segment externe ne rejoint pas le corps des cellules de l'épithélium pigmenté.
Le pigment n'occupe jamais ni le noyau, ni la petite masse de protoplasma entourant celui-ci. Il est contenu dans les pans et dans
(1) Pour étudier la rétine des animaux ayant des yeux de petite taille, tels que par exemple la Grenouille; la Tortue grecque, la Lamproie, etc., le meilleur moyen consiste à suspendre Tœil par son nerf optique au-dessus d'une solution d'acide osmique à 2 pour 100, dans la chambre humide, après avoir au besoin diminué Tépaisseur de la sclérotique en en enlevant un copeau au rasoir, sans ouvrir le globe oculaire. Au bout de six à dix heures, la rétine est fixée dans sa forme et, sur nombre de points, sans que le feuillet pigmentaire se soit séparé du feuillet rétinien. Mais cela n'a pas lieu partout. Là où les vapeurs d'acide osmique ont pénétré trop lentement pour fixer net les deux feuillets dans leurs rapports exacts, un décollement se produit sur une étendue variable. C'est là où il commence à s'opérer qu'on peut observer très aisément, sur les coupes sagittales de la rétine, Télongation simultanée des segments externes des bâtonnets (Grenouille) ou celle des segments f xtemes des cônes (Caméléon) ou des deux à la fois (Lamproie), et celle des franges pigmentaires. Puis on voit les uns et les autres se rompre au delà.
On fait les coupes de la rétine sur un fragment de l'œil comprenant aussi la choroïde et la sclérotique, engagé dans la fente d'une moelle de sureau immédiatement au sortir des vapeurs osmiques. On colore à la purpurine, ou mieux au picrocarminate ou à Téosine hématoxyliqae qui donne des colorations électives immédiates et magnifiques. Si l'on veut que ces colorations ne foncent pas, il ùmi monter dans le baume au xylol après passage dans Talcool éosiné, l'essence de bergamote et celle de girofles. Dans la glycérine, lea préparations deviennent noires très rapidement ; elles perdent leurs élections et très vite toute leur netteté et leur beauté.