CELLULES SENSORIELLES OU VISUELLES
Couche DES corps des cellules visuelles. — Chez la grande Lamproie (fîg. 819), les corps des cellules visuelles sont tous semblables entre eux, bien que les uns répondent à des cônes et les autres à des bâtonnets. Ils sont disposés sur une seule rangée et sortent, comme des bouquets de fibres courtes, des entonnoirs formés de distance en distance par les fibres des cellules de soutien, qui ensuite divergent pour con-
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FiG.8l9. — Rétine delà grande Lamproie fluviatile. Coupe de la partie marginale, faite après fixation par les vapeurs osmiqups dans la chambre humide. Coloration au picrocarminate ; con?c:'vat:on dans la glycérine.
a,b, cônes et bâtonnets; ~ /^, limitante externe; — v, cellules visuelles, formant des sortes de bouquets dans l'ècârt des fibres de Mùller disposées en arcades ; — fm, arcades formées par les fibres de Millier et souterant le plexus basai qui règne sous les pieds arqués des cellules visuelles; — B, rangée externe d^s cellules géantes du ganglion borizontal : elles ont des prolongements plats qui &*accolenl de f.içon h simuler une membrane continue; — B', rangée interne des cellules géantes du pnnglion horizontal, beaucoup plus rameuses : entre leurs proloogemonls passent les gerbes des cellules de soutien ; — ^,p, grains; — m, plexus cérébral; — /{, limitante interne; — p^ pieds en entonnoir des fibres de Mûller insérés sur la limitante interne.
(Celte rétine est du type juxla-épendymaire, parce que les cellules ganglionnaires les pins importantes se sont différenciées immédiatement au-dessous des cellules visuelles, ici exactement comparables aux cellules épendyniaires du plancher du ventricule rhomboïdal).
courir h la formation du plexus basai. Les cellules visuelles atteignent donc droit la limitante externe quand elles répondent au centre du bouquet, et obliquement quand elles en occupent la marge. Aucune d'elles ne touche ses congénères. Le noyau, ovalaire et dont le grand axe est dirigé dans le sens du corps cellulaire étiré en fibre, est situé à mihauteur de celui-ci. La cellule sensorielle a donc un prolongement
élslLULES VISUELLES, POSITION VARIABLE DE LEURS NOYAUX. 1(5^
supra-oaclêaireou périphérique et un prolongement infra-nucléaire ou central qui forme son pied. Ces deux prolongements sont cylindriques, délicats et réfringents, vaguement fibrillaires et ils différent de ceux des cellules épendymaires en ce qu'ils n'ont point de granulations graisseuses* Le noyau répond à un renflement fusiforme de la cellule. Le prolongement périphérique se termine par un cône ou un bâtonnet. Le ptel du prolongement central se subdivise brusquement en un eDtrelacs de fibres très fines, roides et intriquées avec la flbrillation compliquée du plexus basai subjacent. Dans les intervalles des cellules visuelles règne une formation de membranules délicates, incolores, semblables à des bulles de savon entées les unes sur les autres, et qui sonÈ des expansions des cellules de soutien. Le tout est imprégné d'un plasma analogue à celui de l'épithélium cornéen, c'est-à-dire renfermant une substance grasse diffusée, que l'acide osmique teint en lavis très faible d'encre de Chine. Sur le vivant, ce plasma a une teinte légère de rose de Chine ou de rose thé : c'est le plasma rétinien qui existe dans toutes les rétines et que l'alcool dissout comme celui du corps de Malpighi. — Telle est la disposition qu'on peut considérer comme fondamentale de la couche des cellules visuelles. Elle se présente, chez le vertébré vrai le plus inférieur, avec les caractères nets d'une formation neuro-épithéliale du type épendymaire au minimum de la différenciation : puisque toutes les cellules sensorielles y sont semblables et rangées les unes à côté des autres comme celles d'un épithélium ordinaire.
Chez les batraciens, les reptiles et les chéloniens, la même disposition épithéliale existe, mais on peut distinguer les cellules visuelles répondant aux cônes de celles répondant aux bâtonnets par la position dîi noyau dans le corps cellulaire. Chez la Grenouille et les autres anoures, le noyau des cellules visuelles à bâtonnets est adjacent à la limilante externe et placé immédiatement sous le segment interne du bâtonnet, où il émigré quelquefois quand la rétine a été mal fixée. — Même position chez le Triton, la Salamandre et le Gecko (1). Dans ce cas, le prolongement périphérique de la cellule visuelle est réduit à rien, et la forme générale de celle-ci devient celle d'un cône dont la base répond à la limitante externe. Les cellules répondant aux cônes re:*tent, dans ce cas, fusiformes; leurs noyaux, distants de la limitante externe, forment une rangée au-dessous de ceux des bâtonnets (voy. fig. 815). Mais c'est exactement l'inverse chez les mammifères. Là, tous les noyaux des cônes, qui sont très volumineux, sont adjacents à la limitante externe (fig. 820). Ils émettent un prolongement central épais et strié en long, la fibre du cône. Les noyaux des bâtonnets sont
(l) Les ceU>i1es visuelles des bâtonnets en massue (colorés en vert) de Sghwalbb ont des Doyaux à peu près à mi-hauteur, conaéquemment distants»
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